Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 793198 )Le confiteor à la communion par Gradualis (2015-12-12 14:49:38) 

Bonjour,
je cherche l'origine du "confiteor" que l'on dit au moment de la communion du prêtre. J'ai cherché dans quelque missel d'autel et aucune rubrique en parle. Est-ce un rajout redondant (on en dit déjà un au prière au bas de l'autel) ?

Je ne sais pas si la question à déjà été posée : en cherchant su le forum j'arrive plus à me perdre sur d'autre sujet (plus ou moins intéressant) mais je ne trouve pas celui-ci.


Merci de vos réponse
images/icones/abbe2.gif  ( 793200 )Explication proposée par Sabaoth (2015-12-12 15:17:10) 
[en réponse à 793198]

Voici ce qu'en dit l'abbé Claude Barthe dans La messe, une forêt de symboles (éd. Via romana, 2011, pp. 205-206) :

La communion des fidèles était devenue rare depuis l'Antiquité (jusqu'en 1953 un jeûne rigoureux était exigé depuis minuit ; en 1953, ce jeûne a été réduit à 3 heures, en 1964 à 1 heure). C'est au point que les rites de la communion des fidèles ne sont pas indiqués dans le Missel lui-même. En fait, les jours de communion du peuple, on donnait souvent la communion à un autre autel que celui de la messe, comme l'indique le Cérémonial des Évêques. Si elle est donnée au cours de la messe aux fidèles, ce qui est le cas général depuis Pie XII, on use des cérémonies prévues par le rituel pour la communion des malades : récitation du Confiteor par les communiants, suivi des prières Misereatur et Indulgentiam, de la présentation de l'hostie par le célébrant qui évoque l'Agnus Dei, et le triple Domine non sum dignus du Centurion.
images/icones/fleche2.gif  ( 793201 )éléments de réponse par Attente ac devote (2015-12-12 15:21:01) 
[en réponse à 793198]

Ce confiteor est mentionné dans le Ritus servandus in celebratione Missae (X, 6) des missels antérieurs à 1962 mais il n'est pas repris explicitement dans ce dernier : il s'agit plus aujourd'hui d'une coutume qui s'est maintenue.
Au XIIIè siècle il était en usage dans la plupart des ordres religieux avant la communion.
Ce rite de la communions des fidèles au cours de la messe se calque en tout état de cause sur celui de la communion des malades.
Je laisse le soin à de plus savants de compléter ou corriger ma réponse...
images/icones/bravo.gif  ( 793212 )Merci par Gradualis (2015-12-12 18:49:16) 
[en réponse à 793201]

Merci déjà pour ces quelques éléments de réponse !
Si j'ai bien compris le confiteor est issu d'un usage ancien qui n'est plus répertorié depuis 1962... C'est donc plus une coutume qu'une "obligation" : la messe en est pas moins changé.

Le confiteor en sois une prière pour demander pardon avant d'aller communier. C'est sûrement pour ça qu'il est dans le rituel de la communions des malades.

La question que je me pose est quel intérêt à redire un confiteor alors qu'on en a déjà dit un au début de la messe ?
images/icones/1b.gif  ( 793213 )Comme dirait Ste Jeanne d'Arc... par Attente ac devote (2015-12-12 19:13:40) 
[en réponse à 793212]

On ne saurait trop nettoyer sa conscience!
images/icones/coeur.gif  ( 793214 )Implorations par Sabaoth (2015-12-12 19:23:36) 
[en réponse à 793212]

Les fidèles ne cessent d'implorer la miséricorde divine pendant la messe : outre les 2 confiteor (au début de la messe et avant la communion), il y a aussi les trois implorations du Kyrie Eleison auxquelles font écho les trois demandes de l'Agnus Dei... miserere nobis qui se résolvent enfin, dans une sorte de soulagement : dona nobis pacem.
images/icones/neutre.gif  ( 793216 )Rite de la communion par Justin Petipeu (2015-12-12 19:30:33) 
[en réponse à 793212]

C'est toujours gênant de se citer mais bon...

Pour appuyer la légitimité du confiteor, on peut aussi penser qu'il est toujours chanté aux messes solennelles...donc il n'y a pas de raison de ne pas le réciter aux messes chantées simples.
images/icones/1a.gif  ( 793219 )De plus... par Nemo (2015-12-12 20:05:18) 
[en réponse à 793216]

Vous avez tout à fait raison de vous citer, sinon on vous aurait accusé de radoter, d'autant que j'adhère parfaitement à vos arguments.

J'ajouterai qu'à la grand-messe, pendant les prières au bas de l'autel qui ne sont pas une prière pour les assistants mais pour les ministres, le choeur qui représente les fidèles ne peut prendre part à ces deux confiteor pour la bonne raison qu'il est en train de chanter l'Introït.

Il est donc tout à fait juste que ceux qui vont communier et n'ont pas participé à ces deux confiteor aient le leur. Les deux premiers ne sont de toutes façons pas dits à voix haute.

Donc à mon sens il n'y avait pas de raison de supprimer le troisième confiteor lorsque l'on donne la communion.
images/icones/1i.gif  ( 793268 )Voui mais... par Fennec (2015-12-14 10:09:38) 
[en réponse à 793219]

Lors d'une messe "lue", les fidèles participent bien au 2 premiers confiteor, et ont droit de plus au 3ème avant la communion...

Jamais très bien compris tout çà, mais je ne suis pas liturgiste pour un sou...

images/icones/neutre.gif  ( 793284 )Deux emplois différents par Turlure (2015-12-14 13:41:22) 
[en réponse à 793268]

Prenons le cas du servant d'une messe basse sans fidèles, qui communie à la messe et qui observe l'ancien usage du Confiteor : il le dira deux fois tout seul, et le prêtre répondra deux fois Misereatur vestri.

Ce n'est pas pour autant un "doublon" (ce qui ne serait pas un problème en soi : le Domine, non sum dignus est un "triplon", on dis cinquante-trois fois la même chose au cours d'nu chapelet...). Ces deux Confiteor ont toutefois une valeur complètement différente : le premier est celui du ministre qui va assister le prêtre à l'autel, participer au sacrifice suivant son rang, le second est celui du communiant.

Le prêtre ne dit pas le Confiteor avant de communier, puisqu'il a confessé ses péchés en vue de célébrer les Saints Mystères, action qui comprend la consommation des saintes espèces, qui en est inséparable. A l'inverse, on peut tout-à-fait servir le prêtre sans pour autant communier sacramentellement.

Avant de communier, notre servant n'est plus le ministre qui s'avance vers l'autel au côté du prêtre mais le fidèle qui attend de lui qu'il lui donne le Saint Sacrement. On remarquera que l'indulgence, l'absolution et la rémission ne sont plus demandées par le prêtre pour "nous" mais pour "vous".
images/icones/1n.gif  ( 793298 )Suffisamment compliqué pour que je n'aie toujours pas de réponse satisfaisante... par Fennec (2015-12-14 17:25:30) 
[en réponse à 793284]

Merci pour votre réponse, mais je reste sur ma faim...

Nemo parle d'une grand-messe, vous me parlez d'une messe basse sans fidèles...

J'entends bien et comprends dans ces 2 cas, mais je parlais bien d'une messe basse ou d'une messe lue, avec fidèles :

- 1er Confiteor dit par le prêtre seul, et le concernant, lui : OK.
- 2ème Confiteor dit par le servant : OK.
- 3ème Confiteor avant la Communion, dit par les fidèles : OK.

Le problème est que, dans le cas d'une messe lue, le 2ème est déjà récité par les fidèles, qui le récitent donc 2 fois.

Est-ce que la bonne réponse ne serait pas : la messe lue est une invention récente, non exempte d'incohérences ?
Il y a :
- la messe chantée,
- la messe basse dans laquelle les fidèles ne récitent pas le 2ème Confiteor ?
- la messe lue, "bâtarde" si j'ose dire...

???

images/icones/neutre.gif  ( 793302 )m'enfin, de grâce ... par Lycobates (2015-12-14 17:59:32) 
[en réponse à 793298]

Je crois rêver.

Le double Confiteor au bas de l'autel prépare (avec les autres prières, le Ps. 42 etc.) le prêtre (et les servants, et si vous voulez, par extension, les autres fidèles assistants à la messe, même s'ils ne participent pas oralement à cette prière), à la célébration de la Messe, pas à la communion.
Le prêtre ne se retourne pas vers les fidèles en donnant l'absolution.

Le Confiteor (le troisième), récité soit dit en passant par le servant (normalement pas par les fidèles, mais au nom de qui désire communier, aussi si le servant lui-même ne commmunie pas), avant la communion, prépare lui à la communion.
Le prêtre se retourne par conséquent vers les fidèles voulant communier pour donner l'absolution.
Ce Confiteor, qui ne fait pas partie de la messe, mais provient du rite de la communion (en dehors de la messe) est seulement dit à cet endroit de la messe (éventuellement chanté dans la messe solennelle) quand la communion est distribuée immédiatement après la communion du prêtre.
(Si les communiants sont très nombreux il convient de reporter la distribution de la communion après la messe, pour ne pas la retarder outre mesure, et souvent depuis un autre autel que celui où la messe a été célébrée, et alors ce Confiteor sera dit par un servant à cet endroit-là.)
Mais si le célébrant est le seul à communier (seule communion strictement nécessaire au déroulement du sacrifice), ce Confiteor est toujours omis.

Les jansénistes qui ont concocté le "missel" de 1962, croyant à tort à un "doublon" haïssable, ont supprimé, se savant déjà assez saints, ce dernier Confiteor préparant à la communion.
Mais ils n'ont évidemment rien compris, ou : voulu comprendre, comme d'habitude.

Ce n'est pas plus difficile que ça.
images/icones/1f.gif  ( 793350 )Pourquoi croyez-vous rêver ? par Fennec (2015-12-15 10:53:10) 
[en réponse à 793302]

Parce qu'on ose poser, de bonne fois, une question sur un sujet qu'on ne maîtrise pas ?

Parce que ce sujet vous est tellement évident que vous prenez ceux qui posent semblables questions pour des billes ?

Alors, "de grâce", comme vous dites, un peu de retenue !

Que vous soyez savant et cultivé sur nombre de sujets, nul ici n'en doute, je pense ; reste la forme, qui est à revoir...

Je vous remercie quand-même pour vos explications.

images/icones/1i.gif  ( 793353 )D'accord par Lycobates (2015-12-15 12:13:23) 
[en réponse à 793350]

Vous me reprenez, et j'accepte.

Mon impatience à votre égard s'expliquait par le fait que les messages de Justin Petipeu, Nemo et Turlure m'avaient paru tellement clairs et évidents, quant au fond, que votre question ultérieure me paraissait volontairement recherchée, voire agaçante.
Mais je me suis donc trompé quant au mobile de votre question et je revois par conséquent volontiers la forme de mon message, avec mes excuses. Une mauvaise compréhension de ma part.

Quant au fond, on peut encore remarquer que l'absolution (Indulgentiam etc. tribuat nobis) du premier Confiteor au bas de l'autel est donnée par le prêtre à la première personne du pluriel (il s'y inclut donc), tandis que que celle donnée aux communiants avant la distribution de la communion est donnée à la deuxième personne du pluriel (tribuat vobis, donc excluant le prêtre).
Un autre indice du caractère foncièrement différent de ces deux Confiteors.
images/icones/1b.gif  ( 793358 )Pour l'absolution, j'avais compris... par Fennec (2015-12-15 14:01:49) 
[en réponse à 793353]

... Mais j'hésitais sur le périmètre du "tribuat nobis", qui me semblait un peu tordu en fonction des messes justement (participation ou non des fidèles).

Beaucoup plus clair grâce à vos explications à tous ! Merci.
images/icones/idee.gif  ( 793309 )Lire encore par Lycobates (2015-12-14 18:33:26) 
[en réponse à 793298]

pour mieux comprendre le procédé du deuxième (ou troisième) Confiteor, celui qui précède la communion des fidèles, ce qu'avait écrit John Daly, ICI.

C'est en effet en récitant ce Confiteor, que le servant avertit le prêtre qu'il y a des communiants à sa messe (ne fût-ce que le seul servant lui-même).