Au lendemain du premier tour des élections régionales, Monseigneur Jean-Luc Brunin s’adresse aux catholiques du diocèse du Havre et, au-delà, à toutes les personnes qui s’intéressent à l’avenir de la région.
« Nous ne pouvons prendre notre parti de constater que près d’un électeur sur deux s’est abstenu. Le taux est plus élevé encore pour la ville du Havre [NDLR : 37,26 %]. Je mesure le poids des événements tragiques qui ont marqué dernièrement notre vie nationale et l’impact des difficultés quotidiennes pour beaucoup d’entre nous », indique l’évêque du Havre.
« La peur de l’avenir »
« Ces difficultés peuvent mener au découragement, à la peur de l’avenir. Cependant, nous résigner et nous soustraire à nos responsabilités n’est pas une solution », ajoute Jean-Luc Brunin, qui encourage l’électorat à se mobiliser. « L’enjeu du deuxième tour est bien la construction de la nouvelle région de Normandie. En nous abstenant de voter, nous désertons, de fait, le chantier de notre avenir commun », ajoute l’évêque du Havre.
Interrogé au soir du premier tour sur RCF au sujet de la percée du Front national, Monseigneur Brunin avait fait part de sa surprise « dans la mesure où on n’a pas entendu au niveau de ce parti un programme sur les régionales ». L’évêque du Havre s’était fait plus explicite. « On nous a parlé des migrants, mais la question de la régulation migratoire n’est pas une compétence régionale ; on nous a parlé de sécurité, qui n’est pas une compétence régionale. »
Décryptant les chiffres du premier tour, Jean-Luc Brunin juge que « ces résultats révèlent davantage des peurs et des inquiétudes par rapport à l’avenir, mais aussi des rejets », explique l’évêque du Havre, qui estime que « l’on ne peut se réduire à avoir des clivages, et qu’il est important de se diriger vers une cohésion sociale ». Et d’en appeler à « la responsabilité des élus ».
C. P.
pn