Le Forum Catholique
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( 792872 )
Le droit de communier par Aigle (2015-12-05 19:03:11)
Une observations peut être marginale sur le synode récent.
Existe t il parmi les fidèles un "droit à la communion"?
Saint Bernard de Clairvaux ou Saint Thomas d'Aquin ou même Saint François de Salles auraient certainement été étonnés d'entendre des évêques et des théologiens s'interroger sur un tel droit qui échappait probablement à leurs catégories intellectuelles et spirituelles. Pour communion, il faut remplir des conditions mais quand on remplit ces conditions bénéficie t on d'un droit au sens juridique du terme ?
C'etait avant la communion fréquente de Pie X et avant la communion massive de Paul VI me direz vous. Mais même en 1930 ou en 1980, on ne se serait pas interrogé sur le droit de communier ? Il fallait en état de grâce c'était tout et c'était clair..
Y aurait il une confusion créée par le droit de se marier revendiqué par certains depuis quelques années ?
Ou bien une confusion avec l'obsession (d'origine américaine) de non discrimination ?

( 792874 )
Canons 213, 843 et 912 par Sacerdos simplex (2015-12-05 19:16:55)
[en réponse à 792872]
Can. 213 – Les fidèles ont le droit de recevoir de la part des Pasteurs sacrés l’aide provenant des biens spirituels de l’Église, surtout de la parole de Dieu et des sacrements.
Can. 214 – Les fidèles ont le droit de rendre le culte à Dieu selon les dispositions de leur rite propre approuvé par les Pasteurs légitimes de l’Église, et de suivre leur forme propre de vie spirituelle qui soit toutefois conforme à la doctrine de l’Église.
Can. 843 – § 1. Les ministres sacrés ne peuvent pas refuser les sacrements aux personnes
qui les leur demandent opportunément,
sont dûment disposées
et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir.
§ 2. Les pasteurs d’âmes et les autres fidèles, chacun selon sa fonction ecclésiastique, ont le devoir de veiller à ce que les personnes qui demandent les sacrements soient préparées à les recevoir par l’évangélisation voulue et la formation catéchétique, en observant les règles établies par l’autorité compétente.
Can. 912 – Tout baptisé qui n’en est pas empêché par le droit peut et doit être admis à la sainte communion.
Le Code annoté commente ce c. 912 ainsi :
En vertu du baptême, le fidèle chrétien a un droit fondamental (d'origine divine) à ce qu'on lui administre la sainte communion.(...)
Cela dit, présenter la communion comme un droit à revendiquer, alors qu'on est dans une "situation stable de péché" est évidemment un chose abominable.

( 792875 )
Merci par Aigle (2015-12-05 19:45:20)
[en réponse à 792874]
Cher Sacerdos
Et que disait le code de 1917 ?
Et cette présentation juridique était elle répandue dans les esprits et les discours avant le présent pontificat ? Il me semble que non mais je suis peut être dans l'erreur.
En outre le canon 843 me semble témoigner d'un esprit plus restrictif que le 912...

( 792876 )
ce droit à revendiquer n'est-il pas lié à la perte du droit naturel ? par jejomau (2015-12-05 20:01:20)
[en réponse à 792874]
Déjà, ce sens subversif dans le choix des mots est relevé par Pie XI lui-même dans son encyclique Mit Brennender Sorge; laquelle je crois a de plus en plus une portée prophétique et semble s'adapter au-delà de son temps au nôtre.
Il y a tout un chapître consacré à la subversion des mots intitulé "
Sur les fausses interprétations des mots et concepts sacrés" que les catholiques doivent défendre comme des notions qui leur sont propres et sont leur gloire.
Puis Pie XI continue avec le chapître intitulé "
Reconnaissance du droit naturel":
Le droit naturel fonde le droit positif
Tel est le fatal entraînement de nos temps, qu’il détache du fondement divin de la Révélation, non seulement la morale, mais aussi le droit théorique et pratique.
Nous pensons ici en particulier à ce qu’on appelle le droit naturel, inscrit de la main même du Créateur sur les tables du cœur humain (Rom., II, 14 sq) et que la saine raison peut y lire quand elle n’est pas aveuglée par le péché et la passion.
C’est d’après les commandements de ce droit de nature, que tout droit positif, de quelque législateur qu’il vienne, peut être apprécié dans son contenu moral et, par là même, dans l’autorité qu’il a d’obliger en conscience.
Des lois humaines non fondées sur le droit naturel ne peuvent obliger en conscience
Des lois humaines qui sont en contradiction insoluble avec le droit naturel sont marquées d’un vice originel qu’aucune contrainte, aucun déploiement extérieur de puissance ne peut guérir.
C’est à la lumière de ce principe qu’il faut juger l’axiome :
Le droit, c’est l’utilité du peuple.
On peut, certes, donner à cette proposition un sens correct, si on lui fait dire que ce qui est moralement défendu ne peut jamais servir au véritable bien du peuple.
Cependant, le paganisme ancien reconnaissait déjà que l’axiome, pour être pleinement exact, doit être, en réalité, retourné, et s’exprimer ainsi : "Il est impossible qu’une chose soit utile si elle n’est pas en même temps moralement bonne. Et ce n’est point parce qu’elle est utile qu’elle est moralement bonne, mais parce qu’elle est moralement bonne qu’elle est utile." (Cicéron, De officiis, III, 30.)
Conséquences de l’abandon du droit naturel
Affranchi de cette règle morale, ce principe signifierait, dans la vie internationale, l’état de guerre perpétuel entre les différentes nations.
Dans la vie nationale, il méconnaît, par l’amalgame qu’il fait des considérations de droit et d’utilité, le fait fondamental, que l’homme, en tant que personne, possède des droits qu’il tient de Dieu et qui doivent demeurer vis-à-vis de la collectivité hors de toute atteinte qui tendrait à les nier, à les abolir ou à les négliger.
Les fondements de la société
Mépriser cette vérité, c’est oublier que le véritable bien commun est déterminé et reconnu, en dernière analyse,
- par la nature de l’homme, qui équilibre harmonieusement droits personnels et obligations sociales, et
- par le but de la société, déterminé aussi par cette même nature humaine.
La société est voulue par le Créateur comme le moyen d’amener à leur plein développement les dispositions individuelles et les avantages sociaux que chacun, donnant et recevant tour à tour, doit faire valoir pour son bien et celui des autres.
Quant aux valeurs plus générales et plus hautes, que seule la collectivité, et non plus les individuels isolés, peut réaliser, elles aussi en définitive sont, par le Créateur, voulues pour l’homme, pour son plein épanouissement naturel et surnaturel et l’achèvement de sa perfection.
S’écarter de cet ordre, c’est ébranler les colonnes sur lesquelles repose la société, et donc compromettre la tranquillité, la sécurité et l’existence même de la société.
Ces lois qui persécutent les chrétiens sont opposées au droit naturel
Le croyant a un droit inaliénable à professer sa foi et à la vivre comme elle veut être vécue. Des lois qui étouffent ou rendent difficile la profession et la pratique de cette foi sont en contradiction avec le droit naturel.
Des parents sérieux, conscients de leur devoir d’éducateurs, ont un droit primordial à régler l’éducation des enfants que Dieu leur a donnés, dans l’esprit de leur foi, en accord avec ses principes et ses prescriptions.
Des lois ou d’autres mesures qui éliminent dans les questions scolaires cette libre volonté des parents, fondée sur le Droit Naturel ou qui la rendent inefficace par la menace ou la contrainte, sont en contradiction avec le Droit Naturel et sont foncièrement immorales.
L’Église, à qui revient, de par sa mission, le soin de garder et d’expliquer le droit naturel, divin dans son origine, ne peut s’empêcher de déclarer les toutes récentes inscriptions aux écoles, faites dans l’absence notoire de toute liberté, un résultat de la contrainte, auquel les caractères du droit font totalement défaut.
Ainsi, ceux qui revendiquent "un droit à communier" n'ont plus conscience de la réalité d'un Droit Naturel. Ils ne comprennent pas dès lors pourquoi certains "droits" leur sont refusés. S'applique - en ce qui les concerne - un droit positif que l'Eglise doit faire accepter partout et pour tous, non ?

( 792878 )
C'est une question de droit divin et non de droit naturel !... par Sacerdos simplex (2015-12-05 20:14:22)
[en réponse à 792876]
Les canons que j'ai cités sont clairement de droit divin (ou des conséquences des principes de... etc.).
Le "droit naturel" sur la Communion...
euh...

( 792884 )
jejomau a sans doute voulu dire par Jean-Paul PARFU (2015-12-05 20:42:54)
[en réponse à 792878]
Que, de manière générale, les gens n'ont plus conscience de devoirs, mais ne font que réclamer des droits, hors de tout Ordre naturel et de toute transcendance.
Ces mauvaises habitudes les amènent donc également à croire, dans le domaine qui nous occupe, que la communion leur est due, quoiqu'ils pensent ou fassent.

( 792904 )
Comme si par Jean Ferrand (2015-12-06 12:43:50)
[en réponse à 792876]
Comme si le droit naturel n'était pas de droit divin ! Il est éminemment de droit divin, en particulier les droits de l'homme. La nature humaine est une créature de Dieu.

( 792905 )
exactement par jejomau (2015-12-06 14:14:00)
[en réponse à 792904]
il me semble justement que celui d'entre nous qui reconnaît l'existence du Droit Naturel et par conséquent, l'application de ses lois dans le monde créé par Dieu, se plie sans difficultés aucune à toutes les lois de l'Eglise et ceci, j'ai envie de le dire, en ceci qu'elles lui paraissent naturelles. La Grâce s'applique sur le Droit Naturel. Ca ne peut être quelque chose d'étranger et de bizzarement extra-ordinaire...
Mais inversement, celui qui ne connaît plus l'existence de ce droit trouve ses repères dans le droit positif. Droit sujet au changement permanent d'ailleurs. Un tel sujet n'arrive plus à comprendre la "société des catholiques" et les règles qui la régit. Il se trouvera alors dans une révolte permanente envers ses membres, envers l'Eglise simplement parce qu'il ne comprend pas qu'Elle n'accepte pas, par exemple, le "droit" à euthanasier, le "droit" à marier des prêtres, le "droit" à se marier comme on veut entre homosexuels, le "droit" à ordonner des femmes, le "droit" - ici - à communier évidemment ...
Il réclame au sein de l'Eglise et aux fidèles ce qu'un monde qui a rejeté Dieu aujourd'hui lui accorde en dehors de celle-ci. Pour lui, ce sont des "droits" à conquérir dans une lutte.

( 792882 )
La communion a changé de sens pour beaucoup de fidèles par Jean-Paul PARFU (2015-12-05 20:29:08)
[en réponse à 792872]
Pour beaucoup de fidèles, communier n'est plus s'unir à Jésus-Christ, réellement présent sous les espèces du pain et du vin, s'unir à son sacrifice et combattre le bon combat grâce à cette communion pour pouvoir un jour atteindre le port, le havre céleste.
Pour beaucoup de fidèles, communier, c'est seulement partager le pain et "faire Eglise". Dès lors, pourquoi leur interdirait-on de communier ? Ne doit-on plus "faire Eglise" ? N'ont-ils pas le droit, alors qu'ils sont baptisés, et qu'ils sont déjà sauvés, quoiqu'ils fassent, de partager le pain avec d'autres baptisés, se tenir chaud les uns les autres, en faisant mémoire du salut qui nous a été apporté une fois pour toute ?

( 792883 )
Merci cher maître par Aigle (2015-12-05 20:41:53)
[en réponse à 792882]
Vous exprimez bien ce que je ressens : une perte du sens authentique de l'eucharistie au profit d'une conception mièvre et un peu protestante...
Autre chose : l'humilite qui devrait être le propre du Chrétien ne laisse t elle pas la place à une position revendicatrice qui rappelle celle de l'ouvrier face à on patron ...ou de l'adolescent face à son père ?
Maintenant les citations du droit canon montrent que ces déviations peuvent se vanter d'avoir une racine légale ...
Droit nul part juridisme partout

( 792887 )
Un peu protestante ? par Jean-Paul PARFU (2015-12-05 20:47:46)
[en réponse à 792883]
Totalement protestante, serait plus exacte, cher Aigle !
Comme l'écrivait Justin ou/et Nemo dernièrement, il y avait autrefois des catholiques non-pratiquants, il y a aujourd'hui des pratiquants non-catholiques et j'ajouterai totalement ou partiellement protestants !

( 792888 )
Mais justement on demande que les fidèles soient bien disposés... par Sacerdos simplex (2015-12-05 20:50:48)
[en réponse à 792883]
Le Droit canonique a ceci de remarquable, entre autres, qu'il protège les droits des fidèles contre l'arbitraire possible de membres de la hiérarchie.
Et il a raison de le faire.
Et les liseurs gagneraient à consulter les canons relatifs aux droits des fidèles.
En rappelant que les fidèles doivent être bien disposés, je ne vois pas en quoi il donnerait une base légale à cette détestable attitude de revendication d'une Communion dans des conditions mauvaises.
Le fidèle a le droit fondamental de communier...
...avec les conditions requises (état de grâce) !...

( 792889 )
L'abbé a raison cher Aigle par Jean-Paul PARFU (2015-12-05 20:54:16)
[en réponse à 792888]
Il n'y a pas de base juridique à l'erreur des fidèles. Le droit impose qu'ils soient bien disposés, or ils ne le sont pas !

( 792886 )
C'est précisément un motif plus que suffisant pour... par Sacerdos simplex (2015-12-05 20:43:20)
[en réponse à 792882]
...leur refuser, car ils ne sont pas du tout "bien disposés", puisqu'ils méconnaissent la présence réelle.
Comme aussi, hélas, beaucoup de prêtres...
Et, vu la situation à Rome, cela a toutes les chances de s'aggraver considérablement dans les mois qui viennent.
A nous de garder la Foi et de ne pas nous laisser ébranler.
Attention aux secousses...

( 792891 )
Deux commandements de l'Église ne sont plus ajustés à la réalité par Chicoutimi (2015-12-05 21:07:18)
[en réponse à 792872]
Bonjour Aigle,
Votre question du droit des fidèles est intéressante, et m'amène à réfléchir sur le point suivant : Les fidèles ont certes des droits, mais également des devoirs, en particulier ceux qui sont contenus dans les Commandements de l'Église.
Or, je pense que nous sommes en droit de penser que deux des Commandements de l’Église ne sont plus ajustés à la réalité.
1- Le précepte de la confession : Le fait de demander aux fidèles de se confesser une fois l’an, c’est bien peu (surtout quand on sait que les fidèles communient régulièrement). Ce commandement reflète probablement l’époque où les fidèles ne communiaient qu’une fois l’an – à Pâques – et on leur demandait donc, avant de communier, de se confesser. Mais, puisque la communion fréquente est encouragée depuis Saint Pie X, les Commandements de l’Église ne devraient-ils pas encourager la confession fréquente ? Par exemple, il pourrait être demandé aux fidèles de se confesser au minimum non pas une fois l’an mais une fois par mois (et à chaque fois que cela est nécessaire avant de communier).
2- Le précepte de la communion : Le fait de demander aux fidèles de communier une fois l’an, c’est bien peu, et cela détonne avec l’encouragement de Saint Pie X à la communion fréquente. De plus, comme la participation des fidèles à la messe est encouragée par le Concile Vatican II (et que la communion est le sommet de la participation à la messe) ne pourrait-on pas faire concorder le précepte de la communion avec celui de l’assistance à la messe dominicale en demandant obligatoirement aux fidèles de communier tous les dimanches (dans les dispositions requises bien sûr) ? D’ailleurs, si Pâques est la fête par excellence de la Résurrection, il n’en demeure pas moins que la Résurrection est célébrée tous les dimanches.
Ainsi, en faisant de la communion fréquente et de la confession fréquente des devoirs, on sortirait de l'esprit de droit des fidèles et on s'assure que la communion fréquente est reçue en état de grâce.
Qu'en pensez-vous ?

( 792892 )
Votre première réflexion par AVV-VVK (2015-12-05 21:13:40)
[en réponse à 792891]
est à méditer!

( 792895 )
"Au moins une fois par an" : c. 920 et 989 par Sacerdos simplex (2015-12-05 21:38:41)
[en réponse à 792891]
Can. 920 – § 1. Tout fidèle, après avoir été initié à la très sainte Eucharistie, est tenu par l’obligation de recevoir la sainte communion au moins une fois l’an.
§ 2. Ce précepte doit être rempli durant le temps pascal, à moins que pour une juste cause, il ne le soit à une autre époque de l’année.
Can. 989 – Tout fidèle parvenu à l’âge de discrétion est tenu par l’obligation de confesser fidèlement ses péchés graves (peccata gravia - bof...) au moins une fois par an.
(l'enseignement traditionnel est qu'il est vivement conseillé de se confesser au plus vite si on a des péchés mortels !)
Il n'y a pas lieu de renforcer cette obligation ;
il conviendrait que les prêtres rappellent fréquemment cette nécessité d'être en état de grâce (et d'avoir la foi) pour communier ; c'est ce que je fais.
On pourrait tout au plus introduire un § pour dire qu'il serait très vivement souhaitable que les fidèles qui communient chaque dimanche se confessent chaque mois (variante : que ceux qui communient se soient confessé depuis moins d'un mois environ - ou d'un mois et demi pour avoir une petite marge).
Mais "durcir" la législation semble très hasardeux - et cela risquerait même dans le contexte actuel d'augmenter le nombre de confessions et communions sacrilèges.

( 792896 )
Ce n'est pas un droit mais un devoir. par Ritter (2015-12-05 22:03:35)
[en réponse à 792872]
Il me semble que l’Église prévoit que le fidèle célèbre Pâques...