Toulouse: La comptine sur le curé, distribuée aux maternelles pour Noël, a du mal à passer
Beatrice Colin
POLEMIQUE Un syndicat reproche à la mairie d’avoir fait une « entorse à la laïcité » en offrant aux élèves de maternelle un recueil de comptines dont une contient les mots « curé » et « paroisse »…
Sous le sapin de la mairie, les petits Toulousains de maternelle trouveront dans leurs petits souliers un livre CD de 25 comptines québécoises illustrées. Un cadeau classique qui cette année prend une tournure polémique.
Monsieur le curé et ses paroissiens
Car au milieu de ces histoires folkloriques, en page 38, les syndicats enseignants ont repéré la présence de La poule à Colin. S’ils montent au créneau, ce n’est pas pour défendre la gallinacée bien mal traitée, à qui on casse les reins, mais pour des questions de respect de la laïcité.
Les couplets parlent en effet de « Monsieur le curé » qui est venu « saucer le pain » de la bonne fricassé de poule. «Tout l'monde de la paroisse est venu saucer leur pain, ainsi que monsieur l'curé qui est venu saucer le sien».
Cette référence à la religion est loin de recevoir la bénédiction du SNUipp. « Tout ça pourrait prêter à sourire, mais ce qui nous inquiète c’est le contexte. Les convictions religieuses relèvent de l’intime et l’école doit rester dans la stricte neutralité et veiller au respect de la laïcité », dénonce Jean-Philippe Gadier du syndicat enseignant.
« Pas de prosélytisme » pour le maire
La commande de ces 16.250 CD pour 95.000 euros a donc du mal à passer. Une critique dont se défend le maire de Toulouse. « Je ne vois pas en quoi c’est une entorse à la laïcité et je n’y vois aucun prosélytisme, certains n’ont rien de mieux à faire », déplore Jean-Luc Moudenc (LR).
«Ce CD contient des comptines pour animaux comme la souris verte. C'est de la polémique pour de la polémique. La laïcité ca n'interdit pas le mot curé ou paroisse, ce n'est d'ailleurs pas un livre de support pédagogique. Et si d'aventure cela posait un souci, il serait distribué lors du temps du Clae», complète son adjointe à l'Education, Marion Lalane de Laubadère.
« Nous sommes bien conscients qu’il y a des entorses à la laïcité bien plus graves, mais le patrimoine de comptines est assez large. Banaliser ce choix, c’est un manque d’attention à ce que nos concitoyens peuvent ressentir et la permissivité à l’égard d’une religion n’est pas bienvenue », répond le syndicaliste.
-> A voir, la version québécoise de La poule à Colin chantée.
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