On a depuis longtemps remarqué que ce n’est pas le continent le plus pauvre de la planète, le continent africain, plus précisément l’Afrique sub-saharienne, qui a fourni depuis un demi-siècle les gros bataillons du terrorisme et si sous nos latitudes des apprentis terroristes sont recrutés dans les « banlieues », ils ne le sont pas parmi les derniers des exclus, les SDF par exemple. Si donc il existe une relation causale entre terrorisme et pauvreté, elle n’est pas mécanique au point que la propension au terrorisme croisse en raison directe de la misère. Le chercheur marocain Samer Aboulkassim écrit : « La pauvreté peut en effet constituer l’une des causes qui pourrait éventuellement pousser les jeunes à faire partie de mouvements terroristes. Mais ceci n’est valable que dans certains cas seulement. En fait, la pauvreté est loin d’être un élément décisif..."
Si l’on considère le terrorisme qui a sévi en Europe à partir du début des années 1970, celui de la Fraction Armée Rouge en Allemagne, des Brigades rouges en Italie, d’Action directe en France, il semble bien difficile de le relier à la misère sociale. Joëlle Aubron était issue d’une famille bourgeoise tout comme Jean-Marc Rouillan, fils d’un inspecteur de la jeunesse et des sports, et Nathalie Ménigon était employée de banque. En Allemagne la journaliste Ulrike Meinhof était la fille d’un historien, tout comme Andreas Baader tandis que Gudrun Esslin, fille d’un célèbre pasteur et descendante directe de Hegel, était doctorante en philosophie. Quant à Horst Mahler il était avocat..... Dans un article intitulé « Terrorisme : la pauvreté n’est pas coupable » l’économiste Daniel Cohen écrit : « Une étude portant sur 350 personnes engagées dans l’Armée rouge japonaise, la bande à Baader, l’IRA ou les brigades rouges a montré que la grande majorité des auteurs d’attentats ne sont pas pauvres : les 2/3 ont fait des études supérieures et viennent de milieux aisés. L’image du « terroriste » recruté dans les bidonvilles de la grande pauvreté apparaît à l’opposé de la réalité »
Qu’en est-il du terrorisme islamiste qui nous occupe aujourd’hui ? Dans un article fameux paru au lendemain des attentats du 11 septembre, Jean Baudrillard parlait d’« un terrorisme de riches ». Personne n’ignore en effet que 15 des 19 pirates de l’air, au service d’une organisation dirigée par un multimillionnaire, étaient issus de la classe moyenne et instruite. De même les huit terroristes arrêtés après les attentats manqués de Londres et de Glasgow, les 29 et 30 juin 2007, appartenaient tous au milieu hospitalier : cinq médecins, une laborantine et deux étudiants, ce que Bob Ayers, spécialiste en sécurité internationale auprès de l’ONG Chatham House commentait ainsi : « Certes ce n’est pas une nouveauté. Après tout les kamikazes du 11 septembre étaient largement éduqués eux aussi.
Je suis catholique et cependant choquée par les déclarations du Pape. Comment peut-il dire des choses pareilles? Il y a des millions de gens vivant dans la pauvreté et dans la "frustration" quotidienne et qui NE sont pas des assassins.
Le Pape oublierait-il que le Mal existe? ou ne dispose-t-il pas d'éléments pour juger la complexité du terrorisme? n'a-t-il jamais entendu parler de financement, des milliards de Daesh, des imams intégristes, etc...
Tout ce qu'il sait dire c'est ce commentaire plein d'ambiguités à peine voilées? Il suffit donc d'être "frustré" pour devenir terroriste?
Il décrédibilise notre religion et se croit permis de nous entraîner dans ses opinions tout-à-fait particulières. Depuis le début, je n'arrive pas à comprendre comment a-t-il été élu et quelles sont ses intentions vis-à-vis de catholiques qu'il est censé représenter.
Mélanger pauvreté et terrorisme, c'est très dégradant pour l'immense majorité des pauvres qui sont dignes, pacifiques, honnêtes et travailleurs.
Il aurait dû réfléchir avant de dire pareille sottise.
Et pourtant, pour le Premier Ministre Manuel Valls: "Aucune excuse sociale, sociologique et culturelle" ne doit être trouvée au terrorisme". - Le remède au désespoir, c'est l'Espérance. C'est la deuxième des trois vertus théologales exposées par la théologie catholique. La troisième des vertus théologales est la Charité. C'est le meilleur remède contre la frustration. Le Pape François va sûrement en parler.