Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 790750 )Chanoine Roussel et Port-Marly par Baudouin (2015-11-05 15:14:58) 

Quelqu'un saurait me dire si le chanoine Roussel célébrait la nouvelle messe à Port-Marly?
Ou a-t-il célébré uniquement l'ancien rit pendant toute sa vie?

Connaissez-vous en outre les raisons de son départ de la cathédrale de Versailles?

Par ailleurs, qu'en est-il de l'église Saint Louis de Port-Marly actuellement? Est-elle desservie exclusivement par l'ICRSP?

Merci d'avance.


images/icones/1a.gif  ( 790752 )Réponse par Johanis (2015-11-05 15:21:25) 
[en réponse à 790750]

Le chanoine Roussel célébrait uniquement la messe tridentine à Port-Marly ainsi qu'à la chapelle du chateau de Versailles (dont il était chapelain).
Pour la Cathédrale de Versailles, dont il était maître de chapelle, je ne sais pas pour quelle raison sa fonction a cessé.
Cordialement.
images/icones/hein.gif  ( 790753 )Et après? par Baudouin (2015-11-05 16:30:09) 
[en réponse à 790752]

Merci beaucoup de ces précisions.

Et savez-vous ce qui s'est passé à Port-Marly après le décès du chanoine Roussel et avant l'arrivée de l'ICRSP?

Merci encore.

images/icones/salutscout.gif  ( 790756 )Il célébrait l'ancien missel avec quelques adaptations par Athanase (2015-11-05 16:47:34) 
[en réponse à 790750]

Si j'ai bien compris, c'était le missel de 1965. Le chanoine avait intégré quelques réformes post-conciliaires, ce qui fait qu'il a pu adapter le missel traditionnel - dans le sens classique du terme -, sans le dénaturer. Quelqu'un peut-il en dire plus ?
images/icones/info3.gif  ( 790788 )Il célébrait selon la réforme de 65, comme le monastère du Barroux par Chouette (2015-11-05 23:28:56) 
[en réponse à 790756]

c'est-à-dire qu'aux messes chantées, il n'y avait ni prières au bas de l'autel, ni dernier évangile.
Effectivement, il n'y a jamais eu de messe autre que Saint Pie V du temps du chanoine.

Voici une petite présentation faite du Chanoine, à l'occasion du 30e anniversaire de sa mort

Le chanoine Gaston Roussel (1913-1985), prêtre et musicien, fervent serviteur de l’Eglise et de la France, maître de chapelle de la cathédrale Saint-Louis de Versailles et curé de Saint-Louis du Port-Marly, obtint, en 1961, la réouverture au culte catholique de la Chapelle royale du château de Versailles dont il tint l’orgue pendant de nombreuses années.

Elève de Pierson et de Léonce de Saint-Martin, défenseur inlassable du patrimoine liturgique et musical français, il redécouvrit notamment Michel-Richard Delalande (1657-1726) dont il restitua ou orchestra de nombreuses œuvres oubliées.

Il fut, avec l’actrice Marcelle Tassencourt (qui dirigea le théâtre Montansier à partir de 1960), le fondateur du Mai de Versailles, festival musical et théâtral annuel qui préluda à l’actuel Mois Molière.

Prêtre, musicien, soldat et résistant, il reste une personnalité haute en couleurs et incontournable qui mérite notre admiration et notre reconnaissance.

La messe du dimanche 6 décembre prochain, à 17h30, à la Chapelle royale de Versailles,
sera célébrée par l’abbé Gérald de Servigny (vice-chapelain de Notre-Dame-des-Armées à Versailles), assisté du chanoine Gilles Guitard (ICRSP, prieur de Saint-Louis du Port-Marly) et de l’abbé Vianney Le Roux (FSSP, vice-chapelain de la chapelle de l’Immaculée Conception de Versailles) en hommage à sa mémoire, à l’occasion des trente ans de sa disparition.

une messe de requiem à son intention sera célébrée le samedi 12 décembre à 10h30 en l’église Saint-Louis du Port-Marly
images/icones/coeur.gif  ( 790820 )Merci pour ces rappels, chère Chouette par Ion (2015-11-06 11:01:43) 
[en réponse à 790788]

Voilà une belle occasion, pour beaucoup, de rendre hommage à cette personnalité si forte et en même temps si attachante, et ce dans un cadre sublime dont lui devons la réouverture au culte jusqu'à aujourd'hui encore. Le son de l'orgue, si particulier, la beauté de l'édifice, et sans nul doute le programme musical qui sera choisi pour cette occasion, nous ramèneront avec bonheur quelques années en arrière.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 790833 )dommage par Nominoé (2015-11-06 13:13:20) 
[en réponse à 790788]

que deux évenements se télescopent......le même jour,il y a la vente du livre de Renaissance Catholique;
Pourtant que de souvenirs d'enfance à Port-Marly,de cérémonies gravées dans nos mémoires
images/icones/neutre.gif  ( 790910 )Comme le Barroux? par Bertrand (2015-11-07 11:09:06) 
[en réponse à 790788]

Pas vraiment, dans la mesure où les moines chantent l'office de Tierce juste avant la messe ce qui remplace, en quelque sorte, avec la procession au cloitre,le psaume iudica me.

Chose qui ne se faisait pas à Port Marly si mes souvenirs d'enfant sont bons.
images/icones/hein.gif  ( 790953 )Remplace ? par Nemo (2015-11-07 19:39:43) 
[en réponse à 790910]

Dans toutes les églises cathédrales, collégiales, conventuelles, les chanoines moines ou religieux ont toujours chanté tierce avant la messe. Jamais je n'avais entendu dire que ça pouvait "remplacer" les prières au bas de l'autel.
Ce serait d'autant plus extraordinaire que généralement les officiants de la grand messe sont en train de se vêtir pendant le chant de tierce donc ce n'est pas eux qui chantent tierce.
Et quand on récite les prières au bas de l'autel c'est l'intrït qui est chanté et non tierce.
Vue la nature totalement différente de tierce et des prières au bas de l'autel, c'est un peu remplacer une brosse à dent par un poste à galène.
J'avoue que je n'avais jamais entendu parler de cette substitution.
Plus rien ne me surprend.
images/icones/neutre.gif  ( 790962 )Il s'agit sans doute par Bertrand (2015-11-07 22:33:29) 
[en réponse à 790953]

des "fruits" de la réforme monastique, avec suppression des "triplons" et autres doublons...
images/icones/bible.gif  ( 790964 )Missel de 1965 par Turlure (2015-11-07 23:37:20) 
[en réponse à 790953]

Dans le missel de 1965, l'ordinaire de la messe comprend les prières au bas de l'autel, avec l'antienne Introïbo ad altare Dei mais sans le psaume Judica me, et on ne se signe pas à Adjutorium nostrum in nomine Domini.
Cependant - je cite ici une édition française (Feder 1966) mais il faudrait voir la rubrique latine : "Lorsqu'une action liturgique a précédé la messe (aspersion, bénédiction, levée du corps aux funérailles...), on ne dit pas les prières au bas de l'autel".
Il n'y a jamais de dernier évangile.

C'est la norme que suivent les abbayes de la branche de Fontgombault (certes, il se fondent sur un indult qui ne cite pas l'édition de 1965 mais en énumère les principales caractéristiques, ce qui revient au même). Pour le Barroux, je ne saurais dire s'il s'agit du même cas où d'une interprétation libre du missel de 1962.

A partir de la réforme de la Semaine Sainte apparaît progressivement l'idée que prières au bas de l'autel et dernier évangile doivent céder aux actons liturgiques qui précèdent où suivent immédiatement la messe, comme s'ils leur faisaient concurrence. La règle s'est étendue et généralisée et on est maintenant persuadé que des actes liturgiques complétements différents se remplacent les uns les autres.

J'ai remarqué qu'un certain nombre de prêtres refusent l'eau bénite qu'on leur tend en quittant la sacristie le dimanche matin car "il y a l'aspersion". Je me trompe peut-être, mais j'ai toujours trouvé cela surprenant, les deux choses étant complétement différentes.
images/icones/neutre.gif  ( 790759 )En général il était à l'orgue ! par Donapaleu (2015-11-05 17:18:25) 
[en réponse à 790750]

pendant qu'un autre célébrant disait la messe de saint Pie V. Il quittait l'orgue pour donner une homélie "tonitruante".
Souvenir d'enfance à Port Marly...
images/icones/idee.gif  ( 790761 )video de l'INA par Réginald (2015-11-05 17:43:58) 
[en réponse à 790750]

Voici une video de l'INA où l'on entend la belle claire du chanoine Roussel parler de la chapelle de Versailles et de la musique du XVIIe siècle

CLIC INA
images/icones/coeur.gif  ( 790767 )Quelle langue ! par Candidus (2015-11-05 18:11:53) 
[en réponse à 790761]

C'est un plaisir d'entendre parler un français aussi pur, avec des tournures et un accent délicieusement désuets et le respect scrupuleux de la concordance des temps.
images/icones/bravo.gif  ( 790769 )Oui par Réginald (2015-11-05 18:18:32) 
[en réponse à 790767]

Je me faisais exactement la même réflexion
Voilà un modèle de prêtre, fréquent autrefois, mais qui a presque hélas complètement disparu....
images/icones/musique.gif  ( 790803 )un Bémol par baudelairec2000 (2015-11-06 09:33:15) 
[en réponse à 790761]

On peut, je le comprends, être admiratif.

Mais tout cela, je le crains fort, est désuet, car fort peu adapté à la pastorale; je le sais bien: des fidèles de communautés catholiques traditionnelles de l'Ouest parisien se délectent encore de cette pureté dans la maîtrise de la langue. Mais est-ce encore la priorité, si tant est qu'elle fût un jour une priorité?

Côté liturgie: les compositions religieuses de Delalande, Campra ou Charpentier ont été composées pour accompagner les offices du roi et des grands. Elles conviennent à un cadre, celui de la chapelle du roi. Et le Chanoine Roussel est bien dans son "jus". Pour autant, peut-on, reporter ou transférer cette musique dans d'autres paroisses, des paroisses plus ordinaires? Peut-on greffer dans la liturgie cette forme musicale particulière qui relève d'une certaine magnificence? La messe peut-elle s'accommoder des conditions du concert, spirituel, certes, à plus d'un titre? Avouons le: les milliers de fidèles, qui, en cette nuit de Noël 1957 viennent assister à la messe de Minuit célébrée dans la cathédrale de Versailles - messe retransmmise par Radio-Luxembourg - peuvent facilement s'unir aux choristes et célébrer la Nativité du Christ, communiant ainsi dans la même ferveur. Ferveur populaire perceptible dans ce "Il est né le divin enfant", placé entre le Gloria et le Sanctus.

Sur le plan musical proprement dit: les efforts du chanoine Roussel pour sortir de l'oubli et, ainsi, faire revivre des compositeurs, est une entreprise louable. Mais près de 60 ans après les enregistrements du chanoine, l'interprétation laisse à désirer: restons dans la messe de Minuit qui, si mes informations sont exactes, a bénéficié - sûrement un euphémisme - de trois enregistrements signés Gaston Roussel . Une oreille quelque peu avertie ne peut qu'être effrayée par les tempos délibérément ralentis, lourdement cadencés. La faute, peut-être, à des trompettes omniprésentes et quelque peu emphatiques. Les effectifs intentionnellement lourds, signe d'une esthétique irrémédiablement datée, viennent compenser l'absence de solistes, une partie du choeur prend en effet en charge leur partie.

Si, comme le disait le britannique John Ruskin à la fin du XIX e siècle, "tout grand art est adoration", je crains fort que nous perdions avec ces enregistrements d'un autre âge, peut-être même que le contexte de cette liturgie-concert, pas vraiment "historiquement informée", nous fasse perdre "l'intelligence de l'art et le sens de l'adoration" (Roland Manuel).
images/icones/1a.gif  ( 790811 )Bloqué dans la lettre, la matière des choses ? Voir l'esprit... et aller vers lui... par Glycéra (2015-11-06 10:13:54) 
[en réponse à 790803]

A lire votre mesage, il me vient, tout à trac quelques réflexions :


Si la belle langue n'est pas une priorité, est-elle pour autant désuete, non avenue, inutile ? Tout tend à faire parfait... du mieux du moment. Se contenter d'à peu près, ou dénigrer les gens qui travaillent à faire de la perfection, est de la lâcheté, comme un tissu tissé trop lâche, qui ne fera pas son office.

Le pauvre peuple qui n'est pas royal ne comprendrait pas, ne vibrerait pas ? C'est ainsi qu'on a méprisé les sauvages, ou descendu la liturgie vers les sous-sol. J'y entends un mépris, comme celui du pharisien, ... les pauvres, heureusement que je suis autre !
Ou de l'envie : il y a des gens qui vibrent là, pas moi, donc je leur dénie une efficacité, ou me moque...

Le chanoine a un style, qui est celui de tant de musiciens, quand ils "interprètent" (c'est mieux qu'éxécuter, non ?). La solfégique stricte n'a jamais été de la musique plus qu'un agglomérat d'organe n'est un être vivant. Sur cette base, de son temps de pionnier, on peut continuer à travailler. Il n'est pas questions de bloquer les développements, sinon, nosu en serions à vouloir des fardiers de Cugnot...

Les enregisterements déblayés, car d'un autre âge, vous feront raser les temples égyptiens ou les basiliques romaines, ou romanes, ou baroques ?

Voir l'esprit qui aime le beau, construit et capable d'élever l'âme
n'est-il pas notre job de chrétien ?

S'attacher à la lettre, au vinyle, ou aux prononciations inusitées des a et des o, n'est-ce pas se coller ans la gadoue, et non voir les souffles du Ciel ?


Voilà mon tac au tac de ce matin...
Glycéra

images/icones/neutre.gif  ( 790844 )Je ne crois pas qu'il faille poser la question sous le seul angle de la priorité. par Ubique Fidelis (2015-11-06 17:36:45) 
[en réponse à 790803]

Plus qu'une priorité, la langue est une exigence.

Si le langage n'est pas une fin en soi, il est un puissant moyen au service de la conviction. Il pourrait même être soutenu, non sans une certaine provocation, qu'une bonne syntaxe, une juste concordance des temps et une grammaire exigeante constituent des armes de conviction massive.

Je peux comprendre que l'on s'interroge sur l'importance de défendre une pureté de la langue quand, par ailleurs, le fond même de notre discours ne paraît plus audible pour nos contemporains.

Toutefois, pour être efficace, une pastorale n'a pas besoin, d'appauvrir les moyens de son expression ou pire de les avilir.

J'ai la faiblesse de penser qu'une langue qui se perd est une langue qui nous confond. Et ce n'est pas là un réflexe de fidèle habitant l'ouest parisien...un versaillais :-)


images/icones/neutre.gif  ( 790845 )Lire il peut même être soutenu et non il pourrait par Ubique Fidelis (2015-11-06 17:42:25) 
[en réponse à 790844]

Tout est dans le titre
images/icones/neutre.gif  ( 790846 )Je ne crois pas qu'il faille poser la question sous le seul angle de la priorité par Ubique Fidelis (2015-11-06 17:45:11) 
[en réponse à 790844]

Plus qu'une priorité, la langue est une exigence.

Si le langage n'est pas une fin en soi, il est un puissant moyen au service de la conviction. Il peut même être soutenu, non sans une certaine provocation, qu'une bonne syntaxe, une juste concordance des temps et une grammaire exigeante constituent des armes de conviction massive.

Je peux comprendre que l'on s'interroge sur l'importance de défendre une pureté de la langue quand, par ailleurs, le fond même de notre discours ne paraît plus audible pour nos contemporains.

Toutefois, pour être efficace, une pastorale n'a pas besoin d'appauvrir les moyens de son expression ou pire de les avilir.

J'ai la faiblesse de penser qu'une langue qui se perd est une langue qui nous confond. Et ce n'est pas là un réflexe de fidèle habitant l'ouest parisien...un versaillais :-)
images/icones/porrectus.png  ( 790766 )Sur le chanoine Roussel par Jean-Paul PARFU (2015-11-05 18:07:22) 
[en réponse à 790750]

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