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Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey par ami de la Miséricorde (2015-10-18 09:46:30)
[en réponse à 789512]
III. La paresse
887. b) Bientôt en effet les tentations se font plus pressantes et plus obsédantes : « car l'oisiveté enseigne beaucoup de mal, multam malitiam docuit otiositas » (Eccli., XXXIII, 29). C'est elle qui, avec l'orgueil, perdit Sodome : « Voici quel fut le crime de Sodome : l'orgueil, l'abondance et l'insouciant repos où elle vivait avec ses filles »
(Ezéch., XVI, 49). L'esprit et le cœur de l'homme ne peuvent en effet demeurer inactifs : s'ils ne sont pas absorbés dans l'étude ou quelque autre travail, ils sont bientôt envahis par une foule d'images, de pensées, de désirs et d'affections ; or, dans l'état de nature déchue, ce qui domine en nous, quand nous ne réagissons pas contre elle, c'est la triple concupiscence ; ce sont donc des pensées sensuelles, ambitieuses, orgueilleuses, égoïstes, intéressées qui vont prendre le dessus en notre âme et l'exposer au péché.
888. C) Ce n'est donc point seulement la perfection de notre âme qui est ici en jeu, mais son salut éternel. Car, outre les fautes positives dans lesquelles nous fait tomber l'oisiveté, le seul fait de ne pas accomplir nos devoirs importants est une cause suffisante de réprobation. Nous avons été créés pour servir Dieu et accomplir nos devoirs d'état, nous sommes des ouvriers envoyés par Dieu pour travailler à sa vigne ; or le maître ne demande pas seulement à ses ouvriers de s'abstenir de mal faire ; il veut qu'ils travaillent ; si donc, sans commettre des actes positifs contre les lois divines, nous nous croisons les bras au lieu de travailler, est-ce que le Maître ne nous reprochera pas, comme aux ouvriers, notre oisiveté ? L’arbre stérile, par le fait seul qu'il ne produit pas de fruit, mérite d'être coupé et jeté au feu : « omnis ergo arbor, que non facit fructum bonum, excidetur et in ignem mittetur » (Matth., III, 10).
889. 3° Remèdes. A) Pour guérir le paresseux, il faut tout d'abord lui inculquer des convictions profondes sur la nécessité du travail, lui faire comprendre que les riches comme les pauvres sont soumis à cette loi, et qu'y manquer suffit pour encourir la damnation éternelle. C'est la leçon que nous donne Notre Seigneur dans la parabole du figuier stérile ; pendant trois ans le maître vient y chercher des fruits ; n'en trouvant point, il commande au vigneron de l'abattre (Luc, XIII, 7).
Qu'on ne dise pas, je suis riche, je n'ai pas besoin de travailler. Si vous n’avez pas besoin de travailler pour vous-mêmes, vous devez le faire pour les autres. C’est Dieu votre maître qui vous le commande : s'il vous a donné des bras, un cerveau, une intelligence, des ressources, c'est pour que vous les utilisiez pour sa gloire et le bien de vos frères. Et certes ce ne sont pas les Œuvres qui manquent : que de pauvres à soulager, que d'ignorants à instruire, que de cœurs meurtris à consoler, que de grandes entreprises à fonder pour donner à ceux qui n'en ont point du travail et du pain ! Et, quand on veut fonder une famille nombreuse, ne faut-il pas peiner et travailler pour assurer l'avenir de ses enfants ? Qu'on n’oublie donc pas la grande loi de la solidarité chrétienne, en vertu de laquelle le travail de chacun sert à tous, tandis que la paresse nuit au bien général comme au bien particulier.
Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey,
Desclée and Co, 1923
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde