Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=786881
images/icones/flagIt.gif  ( 786881 )Enzo Bianchi:le modèle de Marie, vierge et mère est dépassé par Jean Kinzler (2015-09-12 09:41:54) 

ICI
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et repubblica.it
images/icones/3c.gif  ( 786892 )Dépassé par quoi ? par vistemboir2 (2015-09-12 11:05:55) 
[en réponse à 786881]

Le prieur du monastère de Bose est un adepte de la lecture historico-critique de l'Ecriture sainte, très en vogue dans l'Eglise postconciliaire et dans les milieux "oecuméniques". Elle repose notamment sur l'hypothèse complètement erronée que les Evangiles sont d'époque tardive (IIème siècle) et ont été élaborés dans les communautés chrétiennes de l'époque et non pas par les quatre Evangélistes inspirés par le Saint-Esprit : telle est la base de toute l'exégèse moderniste.

C'est dire que les élucubrations d'Enzo BIanchi n'ont aucune valeur théologique et n'ont d'autre but que de semer le trouble parmi les catholiques de bonne foi. Y aurait-il encore aujourd'hui assez d'autorité dans l'Eglise pour sanctionner de tels propos ? J'en doute fort.
images/icones/fleche2.gif  ( 786900 )Il y a un peu de vrai par Jean Ferrand (2015-09-12 12:27:16) 
[en réponse à 786892]

Il y a un peu (ou beaucoup) de vrai dans ce que vous dites. Lors des fêtes du 15 août au Puy, j'ai eu la surprise d'entendre Mgr Maurice Monier, prélat auditeur de la Rote romaine, dire dans son sermon, je cite en substance : les évangiles ont été écrits après 70. Donc Luc, ou l'inconnu qui a écrit notre troisième évangile canonique, n'a pas eu de témoin pour lui raconter ce qui s'était passé le jour de la Visitation, quand Marie a entonné son Magnificat.

J'aurais pu lui répondre, mais je ne pouvais pas, vous ne me voyez pas interrompre un sermon d'un quasi-évêque : Et la Vierge elle-même, n'était-elle pas témoin ? N'a-t-elle pas pu le raconter à saint Luc, ou tout au moins à saint Jean ? Elle dont on nous dit par deux fois qu'elle conservait tous ces événements et les méditait dans son cœur ?

Effectivement si les évangiles de l'enfance dans Luc n'ont pas été racontés par Marie elle-même, ils sont du pur roman.

Mais l'évangile de Luc n'a pas été écrit après 70, mais publié par Luc, à Rome, avec le livre des Actes, avec lequel il formait un seul volume, juste à la fin de la première captivité romaine de Paul, vers début 62. ICI.

Et Luc, comme il nous le dit dans son prologue, avait interrogé soigneusement tous les témoins encore vivants, dont Marie bien sûr, laquelle accompagnait l'apôtre saint Jean. Luc a fort bien pu rencontrer l'apôtre saint Jean à Éphèse lors de ses séjours en Asie mineure.
images/icones/heho.gif  ( 786911 )Aucun Evangile n'a été écrit après 70 par vistemboir2 (2015-09-12 13:51:47) 
[en réponse à 786900]

c'est-à-dire après la prise de Jérusalem et la destruction du Temple, sinon on comprendrait mal pourquoi aucun ne fait mention de ces évènements majeurs, pourtant prophétisés par Notre Seigneur ...
images/icones/1b.gif  ( 786902 )"L'autorité dans l'Eglise" par Yves Daoudal (2015-09-12 12:35:38) 
[en réponse à 786892]

vous a déjà répondu le 22 juillet 2014 en nommant Enzo Bianchi consulteur du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens.
images/icones/rose.gif  ( 786914 )concernant Marie l'autorité dans l'Église par Luc Perrin (2015-09-12 16:22:11) 
[en réponse à 786902]

n'est ni Enzo Bianchi ni même le pape François sauf pour développer la doctrine pérenne. Je n'ai pas entendu ni lu que les dogmes mariaux eussent été abrogés et nul n'en a le pouvoir, le pape y compris.

Le pape régnant, plus encore que ses prédécesseurs, est parfois mal entouré et peu inspiré quant à ses nominations. Je ne me suis pas privé de l'écrire à de moult reprises pour Benoît XVI - ce qui a en grande partie amené l'échec de son pontificat et la débandade de 2012-2013 -, c'est évident depuis 2013.

Bianchi, Volpi, Cupich, Forte et combien d'autres ... L'échec de Benoît XVI a ouvert la voie à ce que nous voyons. C'était prévisible et c'était annoncé : ne serait-ce que par votre serviteur qui, en pestant contre la lenteur extrême avec laquelle le précédent pape prenait ses décisions, prévoyait un terrible retour de bâton, avec un pontificat court, des forces néo-libérales et néo-modernistes.
Nous y sommes et ce n'est que le début. La coupe amère, nous la boirons jusqu'à la dernière goutte.
images/icones/fleche2.gif  ( 786948 )Dépassé par l'évolution et l'orientation de l'humanité. par Scrutator Sapientiæ (2015-09-13 10:00:18) 
[en réponse à 786892]

Bonjour et bon dimanche, Vistemboir2.

Je n'irai pas jusqu'à dire que plus personne ne pense sérieusement que c'est pour avant tout des raisons exégétiques ou scientifiques que tel ou tel considère que l'adhésion et la relation confessantes et orthodoxes au caractère normatif, transcendant, ou supra-contextuel, du contenu de tel ou tel passage de l'Ecriture, sont aujourd'hui "dépassées", mais je ne suis pas loin de le penser.

Après tout, quand l'exégèse historico-critique donne tort à ces "dépasseurs de la Foi", ou quand quelqu'un recourt à une autre méthode d'exégèse, telle que la méthode canonico-biblique, ils font tout ce qu'ils peuvent pour faire en sorte que les travaux qui les contredisent ou qui se différencient de ceux auxquels ils adhèrent ne soient pas connus, et ils continuent à propager leur philosophie d'affranchissement ou d'émancipation vis-à-vis de l'Ecriture, de la Tradition, ou du Magistère.

Je crois en effet que le fondement de cette attitude est avant tout philosophique :

- d'une part, toute composante du christianisme catholique un tant soit peu archaique, contrariante, exigeante ou irrationnelle, du point de vue contemporain, ou du point de vue attribué à nos contemporains, est considérée par eux comme ringarde ou comme suspecte,

- d'autre part il y a, dans tout cela, me semble-t-il, la "grande idée" selon laquelle l'esprit du monde est apposé, et non pas opposé, à l'Esprit de Dieu, comme si Dieu inspirait deux "corps mystiques", associés l'un à l'autre, et non opposés l'un à l'autre : l'Eglise et le monde.

Je suis bien incapable de dire depuis quand on considère dans l'Eglise que l'évolution et l'orientation générales de l'humanité, ou attribuées à l'humanité, sont "à coup sûr" d'inspiration "christique" ou "divine", mais je crois qu'à partir du moment où l'on considère cela, on est mûr pour prôner le "dépassement" de l'adhésion et de la relation traditionnelles à l'Ecriture, puisque, pour ainsi dire, "il faut bien que l'Eglise se débarrasse", y compris dans l'Ecriture, de tout ce qui est de nature à faire obstacle à sa communion avec ce "mouvement général", extra-ecclésial et intra-mondain, qui est (lui aussi) inspiré par Dieu.

C'est en tout cas comme cela que je vois cette philosophie, ce "convergentialisme" et cet "évolutionnisme".

Il est piquant de constater que pour certains,

- ce qui est présent dans l'Ecriture et qui est de nature contextuelle n'a aucune autorité pour dire à l'Eglise ce qu'elle doit dire, dans la mesure où cela renvoie "à l'Eglise d'hier",

- ce qui est présent dans le monde et qui est lui aussi de nature contextuelle a toute autorité pour dire à l'Eglise ce qu'elle doit taire, dans la mesure où cette auto-censure lui permet d'accueillir "le monde de demain".

Teilhard de Chardin continuerait-il à avoir plus d'autorité que Saint Jean et Saint Paul réunis ? Raimon Pannikar n'est-il pas aujourd'hui l'une des incarnations du rayonnement ou de la survivance de cet état d'esprit ?

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 786952 )Vous ne pouvez pas nier par Jean Ferrand (2015-09-13 13:19:08) 
[en réponse à 786948]

Vous ne pouvez pas nier que le monde soit créé par Dieu. (Il a mis sept jours, et même un peu plus).
images/icones/fleche2.gif  ( 786995 )Je ne crois pas l'avoir nié + l'article en français. par Scrutator Sapientiæ (2015-09-14 07:22:49) 
[en réponse à 786952]

Bonjour Jean Ferrand,

Je ne crois pas avoir nié que le monde soit créé par Dieu, mais si jamais je l'ai fait, je vous prie de bien vouloir m'en excuser.

Par ailleurs, voici :

Ici.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 786949 )Dépassé par l'évolution et l'orientation de l'humanité. par Scrutator Sapientiæ (2015-09-13 10:04:06) 
[en réponse à 786892]

Bonjour et bon dimanche, Vistemboir2.

Je n'irai pas jusqu'à dire que plus personne ne pense sérieusement que c'est pour avant tout des raisons exégétiques ou scientifiques que tel ou tel considère que l'adhésion et la relation confessantes et orthodoxes au caractère normatif, transcendant, ou supra-contextuel, du contenu de tel ou tel passage de l'Ecriture, sont aujourd'hui "dépassées", mais je ne suis pas loin de le penser.

Après tout, quand l'exégèse historico-critique donne tort à ces "dépasseurs de la Foi", ou quand quelqu'un recourt à une autre méthode d'exégèse, telle que la méthode canonico-biblique, ils font tout ce qu'ils peuvent pour faire en sorte que les travaux qui les contredisent ou qui se différencient de ceux auxquels ils adhèrent ne soient pas connus, et ils continuent à propager leur philosophie d'affranchissement ou d'émancipation vis-à-vis de l'Ecriture, de la Tradition, ou du Magistère.

Je crois en effet que le fondement de cette attitude est avant tout philosophique :

- d'une part, toute composante du christianisme catholique un tant soit peu archaique, contrariante, exigeante ou irrationnelle, du point de vue contemporain, ou du point de vue attribué à nos contemporains, est considérée par eux comme ringarde ou comme suspecte,

- d'autre part il y a, dans tout cela, me semble-t-il, la "grande idée" selon laquelle l'esprit du monde est apposé, et non pas opposé, à l'Esprit de Dieu, comme si Dieu inspirait deux "corps mystiques", associés l'un à l'autre, et non opposés l'un à l'autre : l'Eglise et le monde.

Je suis bien incapable de dire depuis quand on considère dans l'Eglise que l'évolution et l'orientation générales de l'humanité, ou attribuées à l'humanité, sont "à coup sûr" d'inspiration "christique" ou "divine", mais je crois qu'à partir du moment où l'on considère cela, on est mûr pour prôner le "dépassement" de l'adhésion et de la relation traditionnelles à l'Ecriture, puisque, pour ainsi dire, "il faut bien que l'Eglise se débarrasse", y compris dans l'Ecriture, de tout ce qui est de nature à faire obstacle à sa communion avec ce "mouvement général", extra-ecclésial et intra-mondain, qui est (lui aussi) inspiré par Dieu.

C'est en tout cas comme cela que je vois cette philosophie, ce "convergentialisme" et cet "évolutionnisme".

Il est piquant de constater que pour certains,

- ce qui est présent dans l'Ecriture et qui est de nature contextuelle n'a aucune autorité pour dire à l'Eglise ce qu'elle doit dire, dans la mesure où cela renvoie "à l'Eglise d'hier",

- ce qui est présent dans le monde et qui est lui aussi de nature contextuelle a toute autorité pour dire à l'Eglise ce qu'elle doit taire, dans la mesure où cette auto-censure lui permet d'accueillir "le monde de demain".

Teilhard de Chardin continuerait-il à avoir plus d'autorité que Saint Jean et Saint Paul réunis ? Raimon Pannikar n'est-il pas aujourd'hui l'une des incarnations du rayonnement ou de la survivance de cet état d'esprit ?

Bon dimanche.

Scrutator.