Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 786857 )Onffray : un athée face au réel par Aigle (2015-09-11 19:52:03) 

"] La religion de l'instant présent dans laquelle communient les médias exige qu'on renvoie l'histoire à la poubelle. L'histoire, donc la mémoire. Depuis 1983, l'Éducation nationale emboîte le pas, droite et gauche confondues. On croit que l'école à moins besoin de cours d'histoire que de cours de programmation informatique, on décide que les Lumières peuvent être facultatives dans les programmes scolaires (on n'en a plus besoin) et l'islam obligatoire (il faudrait le penser et l'école nous dit comment).

On n'enseigne pas plus la géographie dans la perspective de la géostratégie. La géostratégie, la démographie, l'histoire passent pour des disciplines réactionnaires parce qu'elles disent ce qui est, ce qui a été et ce qui sera, alors que l'idéologie libérale qui domine, aussi bien sous Sarkozy que sous Hollande, préfère ce qui devrait être et communie dans ses fictions.

Si un démographe travaille sur les taux de fécondité, il n'a pas encore produit un seul chiffre qu'il est déjà suspect de racisme. Nombre de questions sont désormais devenues impossibles à poser. Comment dès lors pourrait-on les résoudre? Interdire une question, c'est empêcher sa réponse. Criminaliser la seule interrogation, c'est transformer en coupable quiconque se contenterait de la poser."

Sources : Figaro vox et salon beige
images/icones/neutre.gif  ( 786871 )Analyse intéressante mais superficielle par Vincent F (2015-09-11 23:34:14) 
[en réponse à 786857]


Depuis 1983, l'Éducation nationale emboîte le pas, droite et gauche confondues. On croit que l'école à moins besoin de cours d'histoire que de cours de programmation informatique, on décide que les Lumières peuvent être facultatives dans les programmes scolaires (on n'en a plus besoin) et l'islam obligatoire (il faudrait le penser et l'école nous dit comment).


Michel Onfray oublie (ou feint d'oublier) que même à l'époque où elle s'appelait Instruction Publique, le but de l'Éducation Nationale n'a jamais été d'instruire mais d'embrigader.
Si on ignore cela, il est difficile de parler de ce dont l'école a besoin.
L'État utilise l'école pour qu'elle forme des citoyens et donc les besoins de l'école dépendent du type de citoyen dont l'État a besoin. Dès lors il n'y a rien de surprenant à ce que les besoins de l'école changent au cours du temps.

L'analyse deviendrait intéressantes si M. Onfray s'interrogeait sur qu'elle est la légitimité de l'État pour déterminer quelles sont les matières dignes d'être enseignées.

images/icones/fleche2.gif  ( 786909 )Je vous trouve à la fois pas assez et un peu trop sévère. par Scrutator Sapientiæ (2015-09-12 13:36:22) 
[en réponse à 786871]

Bonjour Vincent F,

Je vous suggère de vous intéresser, mais vous l'avez sans doute déjà fait, à l'évolution du contenu des manuels et des programmes scolaires, au collège et au lycée, dans au moins deux domaines : l'histoire de la France et du monde et l'histoire de la littérature française.

Le système éducatif républicain n'a jamais été et ne sera jamais parfait, et je n'idéalise absolument pas les décennies antérieures à la fin des années 1960, mais ce système a néanmoins relevé le défi de la transmission, pendant à peu près un siècle.

Que je sache, ce que Jean-Claude MICHEA appelle "l'enseignement de l'ignorance" n'a commencé à sévir qu'à partir du début ou du milieu des années 1970, avec les conséquences que l'on connaît et subit encore aujourd'hui.

Je vous trouve donc à la fois pas assez sévère à l'égard du système contemporain, et un peu trop sévère vis-à-vis du système antérieur.

Tant que ceux qui étaient à la tête de l'Etat avaient notamment ou plutôt intérêt à ce que les enfants et les adolescents soient instruits, bon nombre d'entre eux l'étaient, mais non pas tous, ne serait-ce que parce que tous n'étaient pas scolarisés jusqu'au bac.

Ce n'est manifestement pas à vous que j'apprendrai que depuis la période 1969-1974, une autre inspiration et une autre orientation générales prévalent...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 786944 )On dévalorise aussi la moindre interrogation sur le Concile. par Scrutator Sapientiæ (2015-09-13 09:09:40) 
[en réponse à 786857]

Bonjour et bon dimanche, Aigle.

Voici tout d'abord le lien internet :

Ici.

Voici ensuite la remarque suivante : encore aujourd'hui, dans l'Eglise catholique, on dévalorise aussi la moindre interrogation sur le Concile, même si on ne le fait plus de la même manière que sous Paul VI, sous Jean-Paul II, ou sous Benoît XVI.

D'une manière générale, les clercs, au sens large, au-dedans ou au dehors de l'Eglise, NE VEULENT PAS que l'on puisse faire réfléchir, en faisant remarquer qu'il arrive qu'une bonne intention, ou qu'une intention tenue pour telle, débouche sur de mauvais résultats, alors que c'est pourtant l'une des constantes de l'histoire humaine.

Que le Concile ait en partie "mal tourné", que la démocratie ait en partie "mal tourné", que "l'esprit" du Concile, d'Assise, de l'Evangile ou de Tibhirine débouche souvent sur une mentalité plutôt propice à une "apostasie" silencieuse et souriante, comme s'il était divinement agréable de s'engager à ne surtout pas exhorter les croyants non chrétiens à la conversion vers Jésus-Christ, en tant que seul Médiateur et seul Rédempteur, n'échappe évidemment pas à bien des clercs, mais le fait que cela ne leur échappe pas ne les empêche de faire en sorte, ou de laisser faire en sorte, qu'il soit considéré comme impensable ou impossible de s'interroger sur les origines et les conséquences intra-ecclésiales de cette "apostasie laodicéenne".

Bon dimanche.

Scrutator.