Le Forum Catholique

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images/icones/1d.gif  ( 786856 )François et la gauche par Aigle (2015-09-11 19:32:46) 

Une anecdote qui en vaut une autre.

À midi j'ai déjeuné avec deux hommes de gauche.

Le premier était un catho de gauche effrayé par l'accueil donné par Mgr Rey à la petite 'Marion.

Le second était un anticlérical farouche qui n'était pas étonné par cet accueil car " Rey est un facho" mais il souffrait "pour ce pauvre pape François" qui voulait "moderniser l'Eglise et l'ouvrir au monde."

Pas une seule seconde ces deux braves gens, par ailleurs intelligents et cultivés, n'ont imaginé que les consignes d'ouverture du pontife pouvait impliquer le dialogue avec le FN...
images/icones/iphone.jpg  ( 786870 )Stop arnaque. par Paul Reveriche (2015-09-11 23:05:36) 
[en réponse à 786856]

Enfin...

Le FN... Tout sauf catho-compatible, et pas moins que l'UMPS. Non ?
images/icones/fleche2.gif  ( 786884 )Dialoguer, mais pour dire quoi ou pour taire quoi ? par Scrutator Sapientiæ (2015-09-12 10:02:47) 
[en réponse à 786870]

Bonjour Paul Reveriche,

Je m'exprime ci-dessous d'une manière générale, pour pointer du doigt l'arnaque principale relative à la mise en oeuvre et en valeur du dialogue, dans son acception contemporaine et dominatrice.

Un peu partout, en effet, y compris dans le monde du travail, il est souvent question de dialoguer, dans le cadre du "dialogue de gestion" ou du "dialogue social".

Dialoguer, mais pour dire quoi, et, surtout, pour taire quoi ?

Pour toutes sortes de raisons légitimes, à cause de contraintes telles que

- le cadre sectoriel ou technique dans lequel on dialogue,

- l'ordre du jour auquel on est tenu,

- le peu de temps dont on dispose,

- la nécessité d'aboutir à un résultat tangible, au lieu "d'explorer les virtualités", dans toutes les directions et tous les domaines,

c'est la moindre des choses que l'on ne puisse pas tout dire, quand on dialogue.

Mais qui ne voit que le dialogue sert, de plus en plus souvent, en politique comme en religion, à faire silence sur l'essentiel ?

S'il y a bien une arnaque, en matière de dialogue, elle se situe à cet endroit-là : l'essentiel ayant contre lui le très grand tort de ne pas être consensuel, on l'édulcore ou on l'escamote, au moyen du dialogue, au préjudice du service de la vérité, et au bénéfice de la soumission à tel ou tel élément générateur de consensus.

Il ne s'agit pas ici de vanter les vertus...du monologue, ou de l'absence de dialogue, mais il s'agit ici de dire que des antagonismes fondamentaux, dès lors qu'ils sont explicités dans le respect des personnes (je n'ai pas dit : dans le respect de toutes les positions auxquelles adhèrent toutes les personnes), peuvent être extrêmement sains, je dirais même : informatifs, voire libérateurs.

Tout dialogue qui permet de préciser à ciel ouvert à cause de quels effets de surplomb incapacitants, voulus par quelques-uns, subis par tous les autres, nous en sommes là où nous en sommes (en politique, en religion, dans l'économie, dans la société), est toujours bon à prendre, mais force est de constater que le dialogue sert plus souvent à occulter qu'à préciser ce que sont ces effets de surplomb.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 786878 )Je vous suggère quelques questions préalables et une réflexion. par Scrutator Sapientiæ (2015-09-12 09:32:20) 
[en réponse à 786856]

Bonjour Aigle,

1. Je vous cite :

"À midi j'ai déjeuné avec deux hommes de gauche."

Première question préalable : Non pas, bien sûr : qu'est-ce qu'un déjeuner, mais bien plutôt : qu'est-ce qu'un homme "de gauche", ou, si vous préférez, en quoi se disent-ils ou sont-ils "de gauche", notamment en matière religieuse (puisque, faut-il le rappeler, l'anarchisme, le communisme, le socialisme, le sociétalisme, sont, entre autres, des religions séculières) ?

"Le premier était un catho de gauche effrayé par l'accueil donné par Mgr Rey à la petite 'Marion."

Deuxième question préalable : qu'est-ce qu'un "catho de gauche", en 2015, en France, non pas avant tout à vos yeux ou aux miens, mais à ses propres yeux ? Quelle signification particulière votre interlocuteur donne t-il à son positionnement, et en quoi celui-ci est-il à la fois cohérent et conséquent, ou, si, vous préférez, en quoi est-il, d'une manière selon lui crédible, à la fois "catho" et "de gauche" ?

" Le second était un anticlérical farouche qui n'était pas étonné par cet accueil car "Rey est un facho" mais il souffrait "pour ce pauvre pape François" qui voulait "moderniser l'Eglise et l'ouvrir au monde." "

Troisième question préalable : comme je n'ose imaginer que votre anticlérical farouche puisse être restrictif ou sélectif, dans son anticléricalisme, car alors il risquerait d'être sectaire, en quoi est-il anticlérical au point de l'être contre tout le clergé "atlantiquement correct" qui sévit aujourd'hui dans le paysage audio-visuel et dans le paysage intellectuel, ou pseudo intellectuel ?

Quatrième question préalable : que sait-il vraiment de ce qu'il dit sur Mgr Rey et sur le Pape François ? En quoi votre interlocuteur a-t-il pris appui sur quoi que ce soit d'un tant soit peu "fondé" ou "sourcé", pour formuler de telles appréciations, plus caricaturales qu'anticléricales ?

2. J'en viens à présent à votre remarque : si je puis l'écrire ainsi, il y a, en matière de sémantique, une signification "dominante", ou "partisane", et une signification "objective", ou "neutraliste". Le mieux est de prendre un exemple.

Voici une phrase fréquente : "C'est un chrétien très engagé et très ouvert".

Objectivement, on peut considérer qu'un chrétien très engagé et très ouvert pour faire connaître, au sein ou autour de l'Eglise catholique, le fait que Jésus-Christ est le Fils unique du seul vrai Dieu, Père, Fils, Esprit, n'est pas un chrétien moins engagé ou moins ouvert qu'un chrétien très engagé ou très ouvert pour rendre visite aux malades ou aux prisonniers.

Le problème, c'est que nos contemporains, le plus souvent, ne réfléchissent pas ainsi, et ne s'interrogent pas sur les raisons, d'inspiration ou d'origine médiatiquement correcte, pour lesquelles ils ne raisonnent pas ainsi : en effet, pour la très grande majorité d'entre eux,

- un chrétien très engagé et très ouvert est très engagé et très ouvert, ou bien dans du caritatif ou de l'humanitaire, ou bien...à gauche, bien sûr, par exemple pour que l'Etat et l'Eglise reconnaissent comme également légitimes tous les positionnement axiologiques, sauf les positionnement qualifiés, à juste titre ou non, "d'extrémistes" ou "d'intégristes", par la doxa médiatique,

- un chrétien qui est très engagé et très ouvert pour faire connaître, comprendre, aimer, respecter, transmettre, le patrimoine de l'Eglise catholique, en matière dogmatique ou en matière liturgique, EN TANT QUE patrimoine dont est dépositaire l'Eglise catholique, dans le cadre de la seule vraie religion,

a) n'a pas "le droit" d'être considéré comme légitimement "engagé", comme légitimement "ouvert",

b) a le devoir de se considérer lui-même comme illégitimement "réac", ou "tradi", ou "intégriste".

3. Qu'est-ce que l'on a mis dans la tête des gens pour qu'ils considèrent en substance

- que Mgr Gaillot est un évêque très engagé et très ouvert,

- que Mgr Lefebvre n'était pas un évêque très engagé ni très ouvert ?

L'un est très engagé et très ouvert dans une certaine direction, et l'autre était très engagé et très ouvert dans une autre direction ; il ne s'agit pas de dire ici que ces deux directions sont complémentaires, mais il s'agit de dire ici qu'en première analyse Mgr Lefebvre n'était pas moins engagé, n'étais pas moins ouvert, que Mgr Gaillot. Simplement, le moins que l'on puisse dire est que l'un et l'autre n'étaient pas ouverts de la même manière, ni sur les mêmes matières...

4. Je viens d'essayer de montrer que tous les mots qui contribuent, je le dis comme je le pense, à dénaturer le christianisme catholique, et qui ont plutôt tendance à le transformer en instance d'accompagnement ou de légitimation, avec "effet-retard", de la ligne axiologique constitutive de notre temps, sont des mots piégés, à commencer par les mots "accueil", "adaptation", "aspirations", "avenir", "bonheur", "cheminement", "conscience", "dialogue", "dignité", "échange" ou "écoute", "égalité", "engagement", "évolution", "fraternité", "innovation", "libération", "orientations", "ouverture", "paix", "partage", "pastorale", "périphéries", "service", "signes des temps", "unité".

Tant que, dans l'Eglise catholique, il n'y aura pas eu de clarification, pour ainsi dire "définitoire", sur chacun de ces mots, nous serons piégés par des effets langagiers tels que celui selon lequel le oui "inconditionnel" au dialogue implique un non "évangélique" au dialogue avec, en l'occurrence, le Front national.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 786886 )On est engagé par Jean-Paul PARFU (2015-09-12 10:22:13) 
[en réponse à 786878]

quand on est de gauche et "controversé" quand on est engagé à droite !
images/icones/iphone.jpg  ( 786951 )Simplement. par Paul Reveriche (2015-09-13 13:02:50) 
[en réponse à 786886]

Je voulais exprimer qu'enfin... Le FN n'est pas vraiment de droite, et n'a rien de catholique ! Ceci autant que le PS, les Républicains...