Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 786723 )Sermon de l'abbé de la Roque à Paris! par Miserere (2015-09-10 12:44:15) 



Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Bien chers fidèles,




A écouter vos nombreuses interrogations de ces derniers jours, il me faut revenir aujourd'hui sur un événement qui s'est déroulé cette semaine et qui en laissé plus d'un - et à juste titre – quelque peu perplexe. Le 1er septembre, le Pape, le jour même où il recevait le tristement célèbre Mgr Gaillot, l'évêque déposé par Jean-Paul II, ce même jour le Pape écrivait et publiait une lettre adressée à Mgr Fisichella, lequel est chargé du prochain Jubilé de la Miséricorde. Dans cette lettre, il édicte quelques principes d'application de ce jubilé, tout d'abord pour l'ensemble des fidèles catholiques, puis pour des cas particuliers, les malades, les personnes âgées, les prisonniers, et les membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.




Le paradoxe de ce pape qui, en tout cas par le fait même, nous reconnaît ouvertement, publiquement comme catholiques. Ça fait cinquante ans qu'on le sait, pas de problème, mais voilà qu'il le reconnaît publiquement. Que dit-il nous concernant, dans cette lettre :




«J'établis, dit-il, par ma propre disposition, que ceux qui au cours de l'Année Sainte de la Miséricorde, s'approcheront pour célébrer le sacrement de la réconciliation – vous avez compris la confession, sacrement de pénitence - j'établis donc que ceux qui s'approcheront des prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés.»




Quelle est la portée, la raison d'être de ce texte, de cette disposition?




La première chose qui est claire, c'est qu'à travers elle, le pape nous invite, veut nous impliquer dans ce jubilé de la Miséricorde. Il nous faut en tout premier lieu nous interroger sur cela. Qu'est-ce que ce jubilé? Devons-nous, pouvons-nous y participer, ou non?




Un jubilé, vous le savez, le terme est courant, est un anniversaire. Que l'on célèbre dans la joie, dans la jubilation. Vous venez de célébrer le jubilé d'argent ou d'or de votre mariage, et nous de notre sacerdoce. Evénement joyeux dans lequel nous rendons grâce à Dieu pour ses bienfaits. Dans l'Eglise, les jubilés sont la plupart du temps un anniversaire de la Rédemption de Notre-Seigneur Jésus-Christ.




Par exemple, en l'an 2000, dans sa Bulle d'indiction - c'est l'acte pontifical par lequel le pape décrète un jubilé - eh bien à l'époque le pape Jean-Paul II ouvrait le jubilé de l'an 2000, précisément pour célébrer le grand Mystère, magnifique, de l'Incarnation rédemptrice de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il disait, c'étaient les premiers mots de sa Bulle d'indiction: «les yeux fixés sur le Mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu, l'Eglise s'apprête à franchir le seuil du troisième millénaire».




Les yeux fixés sur le Mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu. Nous étions là, face à un jubilé tout à fait traditionnel, classique, quant à sa nature même, et c'est pourquoi allègrement nous y avons participé, tout en nous tenant largement à l'écart de toutes les manifestations dramatiques qui se sont déroulées à l'occasion de ce jubilé. Qu'elles soient œcuméniques, inter-religieuses, malheureusement, elles se sont multipliées. Mais le jubilé en soi, ce jubilé-là était tout à fait catholique, traditionnel et avec des actes catholiques, traditionnels, nous y avons participé. Faisant une double profession de foi, tout d'abord par ce pèlerinage à Rome de l'an 2000, et puis ensuite, témoignage de foi, de la défense de la foi, et c'est pourquoi à l'époque, Mgr Fellay nous avait demandé de rédiger une étude approfondie sur le problème grave de la nouvelle messe et de la nouvelle liturgie.




Qu'en est-il de ce jubilé d'aujourd'hui? Que vient-il célébrer? Il faut pour cela tout simplement regarder la Bulle d'indiction du pape François par laquelle il décrète ce jubilé. C'est là où [sont] décrits le but et l'intention d'un jubilé. Or, ce texte est extrêmement clair. Il s'agit d'y célébrer les cinquante ans du concile Vatican II. L'Eglise, dit le pape, ressent le besoin de garder vivant cet événement.




Et c'est pourquoi, dit-il, j'ouvrirai la Porte Sainte, pour le cinquantième anniversaire de la conclusion du concile œcuménique du concile Vatican II.




Vatican II qui s'est achevé le 8 décembre 1965 et donc pour le 50ème anniversaire de cet événement s'ouvrira ce jubilé.




Pouvons-nous réjouir, jubiler de cet événement que fut le concile Vatican II ? Il est évident, malheureusement, que non.




Ce concile a en lui-même toutes les causes de la décadence, de la déchéance, qu'a connues l'Eglise depuis 50 ans. Que ce soit au niveau doctrinal, au niveau pastoral, un seul exemple très présent aujourd'hui, cette immense faiblesse de l'Eglise devant les fausses religions. Si l'islam est aujourd'hui présent dans notre pays, si fort et si vif, c'est en premier lieu à cause de l'Eglise qui a caché, qui a eu honte de son message de Jésus-Christ, Unique Sauveur. De l'Eglise hors de laquelle il n'y a point de salut.




Nous subissons toutes les conséquences pratiques de ces principes erronés, énoncés par le concile. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Alors, il est évident que nous ne pouvons pas nous réjouir de cet événement du concile. Ces cinquante ans, pour nous, pour qui cherche à avoir un regard objectif de lucidité, doctrinal et pastoral, ces cinquante ans ne peuvent être l'occasion que de pénitence et non de joie.




Revenons à ce texte de mardi dernier pour en voir les enjeux, ce qu'il cache par derrière lui-même. Il y a là sans aucun doute beaucoup d'habileté de la part du pape François. Depuis des années, des décennies, on cherche, ils cherchent à nous faire admettre, reconnaître le concile Vatican II et ses nouveaux principes erronés. Ils ont cherché à nous les faire reconnaître par principes, avec de prétendues déclarations doctrinales.




Etant à Rome dans ces discussions doctrinales, pendant deux ans, de 2009 à 2011, je peux vous dire qu'on en a vu passer des textes de déclarations doctrinales qu'ils voulaient nous faire signer. Et ils ont échoué. Alors, plutôt que de nous faire reconnaître par principes tous ces nouveaux enseignements, ils cherchent à agir par la praxis, nous faire poser des actes qui, en eux-mêmes, par leur nature, impliquent de manière implicite la reconnaissance de tout cela.




Ils veulent nous faire participer au jubilé célébrant les 50 ans du concile Vatican II.




Nous sommes là - je ne juge nullement des intentions, je prends seulement quelques leçons d'histoire - nous sommes là face à une tactique proprement révolutionnaire, bien connue des marxistes. Quand on ne peut atteindre les principes de celui que le révolutionnaire considère comme son ennemi, il cherche à lui faire poser des actes concrets par lesquels celui-ci met entre parenthèses ses principes.




Par exemple, lisez le livre de Madame Hue, «Dans les prisons de Chine». Elle raconte comment, étant affamée, on lui refusait toute nourriture jusqu'à un vendredi où on est venu lui apporter de la viande, pour qu'elle renonce à ses principes de vie catholique. En théorie pure, elle aurait pu en manger à la rigueur, elle mourait de faim, il y avait une circonstance grave... Mais elle avait très bien compris qu'on voulait porter atteinte à ses principes catholiques. Et elle a refusé. C'est elle qui avait raison.




On rapporte encore toujours, dans cette Chine communiste comment à un moment, pour chercher à réduire à néant une paroisse profondément catholique, les troupes communistes ont cherché à obliger les fidèles simplement à sortir les bancs de leur église pour les brûler. Ce n'était pas un acte directement sacrilège. Ce n'était pas porter atteinte au Saint-Sacrement. Ces catholiques, forts de leur foi vive, évidemment ont refusé.




Je crois que pour nous aujourd'hui, c'est exactement, à une échelle très différente, les mêmes situations dans laquelle nous sommes, et garder cette force dans la foi, cette force paisible, cette force douce mais ferme consiste justement à garder nos principes, les principes catholiques tout simplement qui rejettent l'erreur. Garder ces principes et vivre conformément à ces principes. Ne pas vivre conformément à des principes auxquels on reste intérieurement attaché c'est tout simplement ce qu'on appelle le libéralisme.




Alors, peut-être certains me diraient mais quand même on y gagne puisqu'à travers cela, le pape reconnaît la validité, la licéïté de nos confessions. Je vous répondrai, tant mieux, tant mieux pour les âmes timorées, tant mieux pour les âmes qui ne sont pas de cette paroisse. Mais pour vous, là-dessus, il est évident que vous n'avez aucun doute et que cette reconnaissance n'apporte absolument rien.




Vous le savez, pour se confesser, pour que le prêtre puisse pardonner, il doit avoir juridiction. Or dans l'Eglise, il existe trois sortes de juridictions. Il y a ce qu'on appelle la juridiction ordinaire. Le pape a une juridiction ordinaire sur l'Eglise universelle. L'évêque a une juridiction ordinaire sur son diocèse. Premier type de juridiction, la juridiction ordinaire. Deuxième type de juridiction, c'est la juridiction déléguée. L'évêque ne pouvant pas assumer toutes les confessions de son diocèse, va déléguer une partie de sa juridiction au curé et lequel curé va déléguer à nouveau à ses vicaires.




Deuxième type de juridiction, la juridiction déléguée. Toujours donnée par l'Eglise. Par des intermédiaires, une chaîne humaine. Troisième type de juridiction, toujours donnée par l'Eglise, toute juridiction vient forcément de l'Eglise, vient forcément du pape, et vient donc forcément de la loi de l'Eglise.




Eh bien précisément, dans le droit canonique, il y a dans la loi de l'Eglise, il y a ce troisième type de juridiction qu'on appelle de suppléance et par laquelle l'Eglise, le Souverain Pontife donc, donne sa juridiction automatiquement aux prêtres, à tout prêtre dans certains cas. Dans des cas que l'on appelle de nécessité. Ces cas de nécessité, c'est tout simple, ils sont gérés par ce grand principe du droit canonique : la première loi de l'Eglise, c'est le salut des âmes. Et quand le salut des âmes est menacé, automatiquement l'Eglise donne sa juridiction à tout prêtre pour pouvoir exercer le ministère, le bien auprès de ces âmes. Juridiction de suppléance. Notez bien il y a des petites équivoques. Certains ont dit : elle est donnée par les fidèles aux prêtres. C'est radicalement faux. Les fidèles n'ont aucune juridiction. La juridiction est toujours donnée par l'Eglise. Et l'Eglise, le pape, donne la juridiction directe aux prêtres, indépendamment de la chaîne humaine pour pouvoir accomplir les actes nécessaires au salut. Qu'il y ait cas de nécessité aujourd'hui, c'est hélas plus qu'évident. Ne serait-ce que dans ce domaine de confession pour ne prendre que celui-ci. Indépendamment de tout le reste. Il n'y a pas une semaine au bureau de garde où nous n'avons pas des personnes, qui ne sont pas de cette paroisse, qui viennent nous voir pour se confesser, alors qu'ils sortent d'un confessionnal d'une paroisse parisienne. Scandalisés par ce qu'on leur a dit, par la notion de péché complètement dénaturée que le prêtre censé les confesser avait. Qui sont revenus ici pour pouvoir recevoir une véritable absolution. Et cela n'est pas le fait de tel ou tel curé. C'est malheureusement un fait qui est dans toute l'Eglise.




Il n'y a qu'à regarder le synode sur la famille. Quand on en est à se poser la question de la reconnaissance dans l'Eglise de l'union homosexuelle, quand on en est à dire : « quelqu'un qui pèche contre nature, reste en état de grâce, il peut communier », quand on en est à dire :« quelqu'un qui a renié le serment de fidélité fait devant Dieu le jour de son mariage, peut communier », il y a au plus haut niveau de l'Eglise, un cas grave de nécessité. Et voilà pourquoi, depuis des années, des décennies, toutes les absolutions, tous les sacrements, mariages, absolutions, que vous recevez en cette paroisse, vous le savez, vous avez constaté combien ils étaient sanctificateurs parce qu'à travers eux, oui, le Christ, l'Eglise agissait. Oui, ils étaient valides et licites.




Alors, dans ce jubilé, ce que le pape met dans la balance, face à ce qu'il nous demande, nous réjouir d'un concile délétère, vous voyez, ça n'a aucun poids.




Ce qu'il nous faut aujourd'hui, pour nous, demander à notre saint Patron, à saint Pie X, c'est tout à la fois cette grande fermeté dans la foi, cette grande unité dans notre vie, guidés, dirigés par cette foi magnifique. C'est lui demander cette grande charité en ces temps de confusion où tant et tant de personnes hélas sont perdues, sont comme égarées, une grande charité à leur endroit. Ne les jugeons pas, ne les condamnons pas, mais pour nous restons dans cette grande fidélité qui vous a caractérisés depuis si longtemps, c'est elle qui pour ceux-là sera véritable lumière.




Ainsi soit-il.




Abbé Patrick de La Rocque, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
images/icones/neutre.gif  ( 786731 )de La Rocque par Justin Petipeu (2015-09-10 14:54:18) 
[en réponse à 786723]

siouplaît, de la Rocque...
images/icones/neutre.gif  ( 786734 )Et seulement pendant la durée du jubilé par Mingdi (2015-09-10 16:09:04) 
[en réponse à 786723]

le reste du temps c'est zobi. C'est vraiment une partie de poker menteur
images/icones/1n.gif  ( 786736 )Bon après... par Etienne (2015-09-10 16:21:44) 
[en réponse à 786734]

...compte tenu de tous les échanges sur le forum concernant la validité des mariages et des confessions made in FSSPX, se voir surpris que la sainte Eglise considère ces sacrements comme pour le moins douteux, ça tient de l'ignorance crasse...
images/icones/neutre.gif  ( 786771 )Euh, là c'est le contraire... par Mingdi (2015-09-10 23:01:22) 
[en réponse à 786736]

Le pape reconnaît la validité des confessions données par des prêtres de la FSSPX. Mais à durée limitée. Comme une sorte de CDD. Ce sont de bons prêtres pendant le Jubilé. Mais de mauvais prêtres à fuir avant et après. D'où mon étonnement. Cela dit je ne méconnais pas le travail de mise en garde anti-FSSPX de beaucoup sur ce Forum.
images/icones/1f.gif  ( 786779 )Précisément cela me semble impossible. par Rodolphe (2015-09-11 00:18:35) 
[en réponse à 786771]

Il va y avoir un effet "cliquet". Le pas est franchi et il est, à mes yeux, sans retour possible, puisque effectivement un "CDD" en la matière serait proprement ridicule.

Notez bien que le Pape a reconnu la " bonne foi et pratique sacramentelle" de la FSSPX et cela, pour le coup, ne vaut pas que pour cette année jubilaire...

C'est incontestablement une avancée, la reconnaissance de la "bonne (...) pratique sacramentelle". C'est admettre la validité au moins "virtuelle" de tous les sacrements -certains ne posant aucun problème-... Il n'y a plus qu'une "difficulté de vivre une situation pastorale difficile". Le problème de la juridiction est de ce fait réduit à une simple difficulté pastorale.

Franchement, c'est inespéré !
images/icones/fleche2.gif  ( 786808 )Vous vous trompez dans la problématique par Etienne (2015-09-11 10:47:38) 
[en réponse à 786771]

Il ne s'agit pas de savoir si les prêtres FSSPX sont de bons ou de mauvais prêtres. Il s'agit de savoir si ils sont prêts à obéir à une autorité ecclésiale. C'est aujourd'hui la seule question qui se pose, étant entendu qu'ils sont maintenant considérés "de bonne foi et pratique sacramentelle". D'où la technique des petits pas à effet cliquet. Je ne vois en effet pas le pape revenir en arrière d'ici un an. C'est peut être même le temps qu'il se laisse pour régler définitivement le problème.

Et franchement, vu la réaction épidermique de l'abbé de La Rocque (que je tiens personnellement pour déviant théologiquement parlant en terme de notion de juridiction), la technique des petits pas est certainement moins traumatisante pour les Savonaroles improvisés cripto-Résistant®. Imaginez la réaction du bon abbé si la juridiction avait été accordée en CDI : on l'aurait retrouvé sur orbite...
images/icones/1e.gif  ( 786737 )On a peut-être envie par Quaerere Deum (2015-09-10 16:29:32) 
[en réponse à 786723]

d'entre autre chose que ça dans un sermon à la messe, comme par exemple un commentaire de l'Evangile qui puisse nous élever un peu.

Ce texte aurait plutôt sa place sur La Porte Latine.
images/icones/1n.gif  ( 786738 )Justement! par Miserere (2015-09-10 16:40:02) 
[en réponse à 786737]

Prévenir c'est guérir!

Si vous voulez entendre l'abbé de la Rocque parler de l’évangile, il suffit de venir régulièrement à Saint-Nicolas.

Mais de temps en temps, il n'est pas interdit de parler du Pape en sermon.

N'est-ce pas?
images/icones/neutre.gif  ( 786762 )Equivoque... par Meneau (2015-09-10 20:43:43) 
[en réponse à 786723]

L'abbé parle d'une équivoque quant à la juridiction de suppléance, mais je trouve sa formulation elle-même équivoque !

La juridiction "de suppléance" est donnée
- au prêtre, oui
- par l'Eglise, oui
mais au cas par cas, lorsqu'un fidèle donné se trouve en état de nécessité et demande les sacrements. Non pas en vertu de la volonté du prêtre, mais en vertu de l'état objectif de nécessité du fidèle.

Pourquoi donc cracher sur une juridiction officielle ?

Sinon, pour le reste, je partage bon nombre de ses points de vue.

Cordialement
Meneau
images/icones/1g.gif  ( 786766 )Procès d'intention... par Rodolphe (2015-09-10 22:19:55) 
[en réponse à 786723]

J'entends bien que le Jubilé de la miséricorde est destiné à commémorer les cinquante ans de Vatican II, mais est-ce réellement un "piège" ou une manœuvre "révolutionnaire" du Pape que de reconnaître formellement en cette occasion la validité de l'absolution des prêtres de la FSSPX ?

J'en doute sincèrement.

Après tout, n'est-il pas bon et juste à l'occasion d'une année jubilaire consacrée à la miséricorde en commémoration de Vatican II de commencer par faire montre d'"ouverture" à l'égard précisément des détracteurs du Concile ?..

Une approche authentiquement "révolutionnaire" aurait plutôt consisté à appliquer le fameux aphorisme de Saint-Just: pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Pas de miséricorde pour les "ennemis de la miséricorde", comprenez ceux qui ont quelques hésitations concernant Vatican II.

Je trouve, au contraire, l'attitude du Pape à la hauteur de son ministère pétrinien, d'autant qu'il ne demande rien en retour.

C'est là un autre point qui met à mal la thèse de l'acte "révolutionnaire". Contrairement aux communistes chinois, le Pape ne demande aucun acte concret d'adhésion ou de reniement en échange.

Absolument rien !

La FSSPX n'a pas attendu cette année jubilaire pour confesser! Elle l'a fait avant et continuera de le faire après. Le Pape dit simplement qu'il reconnait formellement la validité des absolutions pendant cette année -à mes yeux c'est en réalité un point de non-retour-. Il n'est nullement demandé aux prêtres de la FSSPX de "s'associer aux festivités".

Le Pape fait ce geste car "Certains confrères évêques [lui] ont fait part" de la "bonne foi et pratique sacramentelle" de la FSSPX. C'est tout.

En somme, c'est vraiment un don gratuit, d'inspiration évangélique, et je ne vois pas pourquoi on va chercher querelle au Pape François à ce sujet.
images/icones/1b.gif  ( 786767 )Assez d'accord avec vous ! par Semetipsum (2015-09-10 22:31:37) 
[en réponse à 786766]

il est toujours préférable, surtout quand il s'agit du Saint Père, de prêter de bonnes intentions à nos interlocuteurs catholiques...
quitte à être décus.
Jusqu'à la prochaine fois !
images/icones/neutre.gif  ( 786772 )D'accord avec vous par Justin Petipeu (2015-09-10 23:02:24) 
[en réponse à 786766]

Madiran s'étonnait en son temps que la FSSPX soit la seule institution à être crossée par les papes alors que ceux-ci auraient dû la soutenir au contraire... Pour une fois que la magnanimité d'un pape post-conciliaire s'étend à la FSSPX, pourquoi ne pas s'en réjouir ?
images/icones/iphone.jpg  ( 786778 )D'accord également. par Paul Reveriche (2015-09-11 00:16:59) 
[en réponse à 786766]

Pourquoi donc cette tendance parfois au soupçon ou aux mots acides dans la FSSPX ?

Quel dommage devant ses œuvres.
images/icones/1n.gif  ( 786780 )Pourquoi? par Miserere (2015-09-11 00:27:37) 
[en réponse à 786778]

Renseignez-vous sur l'historique de Monseigneur Lefebvre.

Il ne s'agit pas de procès d'intention mais de constatation.
images/icones/iphone.jpg  ( 786781 )Tendances... par Paul Reveriche (2015-09-11 00:49:03) 
[en réponse à 786780]

Justement avec le temps une tendance peut évoluer. Je remarque simplement ici une réaction qui ne semble pas absolument nécessaire.
images/icones/1n.gif  ( 786784 )L'évolution! par Miserere (2015-09-11 02:14:36) 
[en réponse à 786781]


Ne se fait pas avec le mauvais et la réaction doit être dans l’esprit de Dieu.

Mes félicitation à l'abbé pour son courage!
images/icones/fleche2.gif  ( 786785 )Je suggère de relire chacune des deux bulles d'indiction. par Scrutator Sapientiæ (2015-09-11 07:11:57) 
[en réponse à 786723]

Bonjour Miserere,

Voici :

Ici.

" L'entrée dans le nouveau millénaire encourage la communauté chrétienne à élargir son regard de foi vers des horizons nouveaux pour l'annonce du Règne de Dieu. En cette circonstance spéciale, il faut revenir avec une fidélité raffermie à l'enseignement du Concile Vatican II, qui a apporté un éclairage nouveau sur l'engagement missionnaire de l'Église face aux exigences actuelles de l'évangélisation. Au Concile, l'Église a pris plus vivement conscience de son mystère et de la tâche apostolique que le Seigneur lui a confiée. Cette prise de conscience engage la communauté des croyants à vivre dans le monde en sachant qu'il faut être « le ferment et pour ainsi dire l'âme de la société humaine destinée à être renouvelée dans le Christ et à être transformée en famille de Dieu ».(4) Pour correspondre efficacement à cet engagement, elle doit demeurer dans l'unité et développer sa vie de communion.(5) L'imminence de l'événement jubilaire constitue un bon stimulant dans ce sens. "

Ici..

" 4. J’ai choisi la date du 8 décembre pour la signification qu’elle revêt dans l’histoire récente de l’Eglise. Ainsi, j’ouvrirai la Porte Sainte pour le cinquantième anniversaire de la conclusion du Concile œcuménique Vatican II. L’Eglise ressent le besoin de garder vivant cet événement. C’est pour elle que commençait alors une nouvelle étape de son histoire. Les Pères du Concile avait perçu vivement, tel un souffle de l’Esprit, qu’il fallait parler de Dieu aux hommes de leur temps de façon plus compréhensible. Les murailles qui avaient trop longtemps enfermé l’Eglise comme dans une citadelle ayant été abattues, le temps était venu d’annoncer l’Evangile de façon renouvelée. Etape nouvelle pour l’évangélisation de toujours. Engagement nouveau de tous les chrétiens à témoigner avec plus d’enthousiasme et de conviction de leur foi. L’Eglise se sentait responsable d’être dans le monde le signe vivant de l’amour du Père.

Les paroles riches de sens que saint Jean XXIII a prononcées à l’ouverture du Concile pour montrer le chemin à parcourir reviennent en mémoire: « Aujourd’hui, l’Épouse du Christ, l’Église, préfère recourir au remède de la miséricorde plutôt que de brandir les armes de la sévérité … L’Eglise catholique, en brandissant le flambeau de la vérité religieuse, veut se montrer la mère très aimante de tous, bienveillante, patiente, pleine d’indulgence et de bonté à l’égard de ses fils séparés ».[2] Dans la même perspective, lors de la conclusion du Concile, le bienheureux Paul VI s’exprimait ainsi : « Nous voulons plutôt souligner que la règle de notre Concile a été avant tout la charité … La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile…. Un courant d’affection et d’admiration a débordé du Concile sur le monde humain moderne. Des erreurs ont été dénoncées. Oui, parce que c’est l’exigence de la charité comme de la vérité mais, à l’adresse des personnes, il n’y eut que rappel, respect et amour. Au lieu de diagnostics déprimants, des remèdes encourageants ; au lieu de présages funestes, des messages de confiance sont partis du Concile vers le monde contemporain : ses valeurs ont été non seulement respectées, mais honorées ; ses efforts soutenus, ses aspirations purifiées et bénies… toute cette richesse doctrinale ne vise qu’à une chose : servir l’homme. Il s’agit, bien entendu, de tout homme, quels que soient sa condition, sa misère et ses besoins ».[3]

Animé par des sentiments de gratitude pour tout ce que l’Eglise a reçu, et conscient de la responsabilité qui est la nôtre, nous passerons la Porte Sainte sûrs d’être accompagnés par la force du Seigneur Ressuscité qui continue de soutenir notre pèlerinage. Que l’Esprit Saint qui guide les pas des croyants pour coopérer à l’oeuvre du salut apporté par le Christ, conduise et soutienne le Peuple de Dieu pour l’aider à contempler le visage de la miséricorde.[4] "

1. Personnellement, je trouverais quelque peu réducteur de réduire chacune des deux bulles d'indiction à la référence de chacune d'entre elles au Concile Vatican II, car leur contenu ne se limite pas à cette référence, ou à cette révérence, face au Concile. Nous sommes en présence de textes qui ne sont pas dépourvus de richesses.

2. On peut néanmoins se demander pourquoi mêmes dans des bulles d'indiction on est en présence de l'une des principales ADDICTIONS caractéristiques du christianisme catholique contemporain :

Pourquoi toutes ces références, obsessionnelles, omniprésentes, ritualistes, systématiques, au Concile Vatican II, présentes dans tant et tant de textes en provenance du Saint Siège, des Papes, des évêques, depuis le début du Concile Vatican II ?

Qu'est-ce que cela dit ou montre, mais aussi, qu'est-ce que cela tait ou cache ?

A quoi donc ferait-on référence, en lieu et place de cette insistance là, si le Concile Vatican II n'avait pas eu lieu ?

En quoi ce marqueur, qui aurait dû pouvoir être seulement un changeur, au moyen de nouvelles formes, est-il devenu un fixeur, au moyen d'un nouveau fond ?

En quoi cette volonté de tout rattacher au Concile Vatican II, ou de profiter de toute occasion pour rappeler le Concile Vatican II, est-elle symptomatique, ou est-elle, en tout cas, génératrice d'une élévation du Concile Vatican II au rang de "mythe donateur et/ou fondateur ?

3. On rappellera ici la remarque d'Yves DAOUDAL, selon laquelle la lettre encyclique Spe Salvi de Benoît XVI fait exception, puisque, selon lui, elle ne comporte pas la moindre référence au Concile Vatican II...

4. Je le formule sans doute mal, mais j'espère, d'une manière candide, que la mise en oeuvre de cette bulle d'indiction en fera aussi une bulle d'INDUCTION, pour que la FSSPX, entre autres, bien sûr, soit à la fois partie prenante de la miséricorde, à l'intérieur de l'Eglise catholique, et destinataire de la miséricorde, en provenance de l'Eglise catholique, au moment puis en aval de ce Jubilé extraordinaire de la Miséricorde.

Je termine ce message sur une allusion à l'actualité : de quel sorte ou type d'actualisation de la miséricorde, le moment venu, s'agira-t-il, dans le contexte du Synode et de l'après-Synode ? Mais là, je laisse la parole à plus clairvoyants et à plus compétents que moi...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 786802 )Prise de conscience par Mingdi (2015-09-11 10:30:44) 
[en réponse à 786785]

On est en plein jargon conciliaire. Ils ont dû pomper leur texte dans Gaudium et Spes. Mgr Fellay a remercié le pape François de sa grande miséricorde. L'abbé de la Rocque y met son bémol. Comme ça tout le monde est content.
images/icones/fleche2.gif  ( 786874 )C'est l'occasion de (ré)activer les oeuvres de miséricorde spirituelle. par Scrutator Sapientiæ (2015-09-12 07:52:59) 
[en réponse à 786723]

Bonjour Miserere,

1. Nous devrions "peut-être" voir dans cette valorisation pontificale de la miséricorde une occasion précieuse de rappeler l'existence et l'importance des oeuvres de miséricorde spirituelle :

Voici les sept œuvres de miséricorde spirituelle :

1. Conseiller ceux qui doutent.
2. Enseigner ceux qui sont ignorants.
3. Réprimander les pécheurs.
4. Consoler les affligés.
5. Pardonner les offenses.
6. Supporter patiemment les personnes importunes.
7. Prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

2. Je n'ai pas à "m'auto-proclamer" conseiller de qui que ce soit, à propos de quoi que ce soit, mais enfin il me semble que la FSSPX, entre autres bien sûr, pourrait tirer parti, d'une manière à la fois habile et intègre (car on peut être l'un ET l'autre), de cette légitimation pontificale de la miséricorde, pour préciser ou rappeler que la prise en compte, la mise en oeuvre, des oeuvres de miséricorde spirituelle, passent notamment

- par des conseils catholiques, id est attentifs, clarifiants, exigeants, objectants, et non "consensualistes" ou "fraternitaires", à l'attention de ceux qui doutent, dans le domaine de la Foi comme dans celui des moeurs,

- par une instruction catholique, plus confessante que dialoguante, en direction des ignorants, conscients ou non de l'être, en matière de religion comme en matière de morale,

- par une réprimande catholique, au bénéfice surnaturel des pécheurs, ou de ceux qui ne disent plus "Va et ne pèche plus", mais qui disent en substance "Va, ce n'est plus un péché",

- par une consolation catholique des affligés, y compris de ceux qui sont affligés par les propos tenus ou les gestes posés les plus affligeants, et par les ravages propagés, en eux ou autour d'eux, par telle ou telle configuration contemporaine de l'esprit du monde,

- par un pardon catholique des offenses, y compris quand ces offenses proviennent de catholiques qui portent "l'esprit du Concile" ou "l'esprit de l'Evangile" en bandoulière, mais qui n'hésitent pas à traiter les catholiques traditionnels "d'intégristes" ou de "schismatiques",

- par la patience et la prudence catholiques, face aux personnes importunes, ou face aux personnes dont les idées ou les actions, notamment en matière de miséricorde, sont apparemment ou vraiment importunes,

- par la prière catholique, en direction du seul vrai Dieu, et inspirée par le seul vrai Dieu, pour les vivants et pour les morts.

3. Sans doute ai-je fort mal formulé ce qui précède, mais les plus...miséricordieux d'entre nous auront compris où je veux en venir : toute occasion de préciser ou de rappeler que les oeuvres de miséricorde spirituelle sont AUSSI des oeuvres de résistance catholique, face à l'esprit du monde, qui règne "souvent" dans le monde et sévit "parfois" dans l'Eglise, toute occasion de cette nature est bonne à prendre, même quand elle est à saisir à l'occasion de la publication de cette bulle d'indiction du Souverain pontife.

4. En l'occurrence, il me semble que nous devrions pouvoir préciser ou rappeler miséricordieusement aux évêques, aux prêtres et aux fidèles, aux catholiques et aux non catholiques,

- que la miséricorde est une chose, et que la conception ascendante ou dominante de la miséricorde en est une autre,

- que la miséricorde est une chose, et que toute "doxa" ou toute "praxis" qui relève de la médiaticorde en est une autre.

Nous avons au dedans de nous et au devant de nous, au dedans et au devant de chacun d'entre nous, un champ d'action extraordinaire, pour signaler ou souligner le fait qu'une certaine survalorisation contemporaine des oeuvres de miséricorde corporelle, survalorisation qui est parfois avant tout d'inspiration horizontaliste ou humanitariste, et non avant tout d'inspiration pleinement chrétienne, a fait perdre de vue la difficulté, mais aussi et surtout la nécessité, de valoriser également les oeuvres de miséricorde spirituelle, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ce message, si jamais il est hors de propos, et je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.