Le Forum Catholique

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images/icones/mitre4.png  ( 785286 )Mgr Charles Morerod:«Etre homosexuel n’est ni un crime,ni un péché» par Jean Kinzler (2015-08-18 09:33:43) 

Face à la polémique qui enflamme l’Eglise catholique, l’évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod, a décidé de sortir du silence. Joint par Le Temps, il revient sur les propos de l’évêque de Coire. Vitus Huonder avait en effet cité un passage de l’Ancien Testament condamnant à la mort les homosexuels: «Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ce qu’ils font tous les deux est une abomination: ils seront mis à mort, leur sang retombera sur eux.» Lundi, deux plaintes pénales ont été déposées contre l’évêque ultraconservateur. La Conférence des évêques suisses (CES), elle, se refuse à prendre position.

Le Temps: Que vous inspirent
les propos de votre confrère Vitus Huonder?

Mgr Charles Morerod: Je suis en vacances et j’attends moi aussi, comme la Conférence des évêques de Suisse (CES), que Mgr Huonder s’explique lui-même. Mais je ne veux pas donner pour autant l’impression que cette pénible affaire m’indiffère. J’ajoute que ce genre de question a un potentiel diviseur pour toute Eglise, en raison de divergences sérieuses dans le traitement des textes bibliques.

– C’est-à-dire?

– Par exemple, la Conférence de Lambeth, qui réunit tous les dix ans les évêques anglicans du monde entier depuis 1867, pourrait ne pas se réunir en 2018. Et comme j’ai participé à la commission de dialogue entre catholiques et anglicans, je sais que l’un des premiers motifs de tension interne à l’anglicanisme est la forte divergence concernant l’homosexualité, entre les Eglises anglicanes de type anglais ou américain, plutôt libérales sur le plan moral, et certaines Eglises africaines ou asiatiques, majoritaires dans l’anglicanisme.

– Au sein de l’Eglise catholique, est-ce aussi ce sujet qui provoque
le plus de débats?

– Il y a des sujets plus centraux concernant la foi, mais moins médiatisés… Sur le plan moral, il y a une question générale: prêche-t-on à temps et à contretemps, dans quelle mesure tient-on compte des développements de la société et de la culture? Si on change le contenu, on risque de ne plus être chrétien, mais si on veut continuer à dire la même chose, il faut parfois le dire autrement pour être compris. C’est un peu comme la langue: le sens des mots évolue, et si on garde une même phrase sans l’expliquer, elle sera comprise dans un sens différent. Cette question n’est pas nouvelle, mais elle se pose avec acuité dans notre monde en changement rapide.

– Qui estime encore, à part Mgr Vitus Huonder, qu’il faille transposer les textes du Lévitique tels quels?

– Plus beaucoup de monde, et d’ailleurs, pour autant que je sache, Mgr Huonder n’a pas dit qu’il fallait le faire littéralement. L’interprétation du texte du Lévitique, qui parle de mettre à mort les homosexuels, est rarement pris à la lettre par les juifs. Même si un homme a tragiquement poignardé des participants à la Gay Pride de Jérusalem récemment, évoquant ce passage. Quant aux chrétiens, ils les relisent en principe à la lumière du Nouveau Testament: «Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre», «qui a vécu par l’épée mourra par l’épée», etc. Quant à moi, j’ai toujours été radicalement opposé à la peine de mort, même pour les crimes.
A plus forte raison pour ce qui n’est pas un crime.

– C’est une position progressiste pour l’Eglise catholique. Ceux qui pensent comme vous sont-ils devenus majoritaires?

– Ce n’est ni progressiste ni minoritaire. Le fait d’être homosexuel – surtout sans choix personnel! – n’est pas un crime, ni un péché. L’Eglise, suivant la Bible, parle de certains actes comme des péchés, parce qu’elle pense que la fécondité liée à la différence homme-femme est un caractère central de la sexualité. Mais il est évident qu’en dehors d’une perspective religieuse, pas seulement chrétienne, cette approche semble absurde à la plupart de nos contemporains.

– Au fond, vous êtes proche de Markus Büchel, président de la CES, qui en appelle à «remettre en question le poids de l’histoire» et à «trouver une nouvelle parole équitable envers les hommes»?

– Les discussions entre évêques suisses auront d’abord lieu entre nous. Depuis le début de mon épiscopat j’ai toujours dit que le point de départ de la vie chrétienne est la foi, pas la morale qui en découle. Mais je sais aussi que c’est surtout ce que nous disons sur la morale qui attire l’attention du public et des médias. Du coup nous donnons l’impression de ne parler que de ça…ICI
images/icones/fleche2.gif  ( 785287 )Le Catéchisme par Jean Ferrand (2015-08-18 09:58:13) 
[en réponse à 785286]

Le Catéchisme de l’Église catholique distingue nettement entre la tendance homosexuelle, qui peut être innocente, et les actes homosexuels qui sont gravement peccamineux. On doit respecter l'homosexuel de tendance, et même l'entourer d'amitié. On ne peut approuver en aucun cas les actes homosexuels, et encore moins les unions stables des homosexuels.

On est obligé de citer ici in extenso le Catéchisme à cet égard. Il est parfaitement clair.

Chasteté et homosexualité

2357 L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés " (CDF, décl. " Persona humana " 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

2358 Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

2359 Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.

images/icones/1f.gif  ( 785288 )curieux quand même par jejomau (2015-08-18 09:59:10) 
[en réponse à 785286]

cette insistance du journaliste à dé-for-mer les propos de l'évêque et à faire semblant de de ne pas comprendre ce que dit l'EGLISE, à savoir :

- l'homosexuel n'est pas rejeté par l'Eglise et que le fait d'être homosexuel n'est pas un péché. Ce blog pourrait en témoigner, l'auteur est un témoin engagé dans l'Eglise catholique puisqu'il a participé à la lutte contre le pseudo-mariage...

-mais les actes homosexuels sont condamnés comme des péchés graves par l'Eglise

ce que rappelle Mgr Vitus Huonder avec le Lévitique... dont la Loi n'a pas changé selon le Seigneur Lui-Même sinon qu'elle est soumise désormais à "la Lumière de l'évangile" ... comme le rappelle aussi Mgr Morerod

IL n'y a donc pas de conservateurs ou de progressistes en tout cas ici dans ce domaine puisque les deux évêques DISENT ce que DIT L'Eglise, non ?

Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'on va tranquillement vers une persécution des catholiques si on interdit de citer la Bible. Je comprends que la conférence Anglicane en question ici hésite à se tenir. Tous les chrétiens sont désormais visés par cette secte LGBT..
images/icones/fleche2.gif  ( 785290 )La communion par Jean Ferrand (2015-08-18 10:20:46) 
[en réponse à 785288]

La communion anglicane risque un schisme et son union - ou communion comme ils disent - n'est plus que de façade. C'est pourquoi ils hésitent à tenir la Conférence de Lambeth en 2018, qui se tient normalement tous les 10 ans. Déjà la dernière conférence, en 2008, n'avait réuni que les trois quarts des évêques anglicans, en raison de désaccords profonds. Voir cet article de La Croix, en 2014.
images/icones/fleche2.gif  ( 785415 )L'oecuménisme, victime collatérale de l'homosexualisme ? par Scrutator Sapientiæ (2015-08-20 08:20:06) 
[en réponse à 785290]

Bonjour Jean Ferrand,

L'oecuménisme sera-t-il bientôt, ou n'est-il pas déjà, une victime collatérale de l'homosexualisme, dans la mesure où, si les uns disent oui là où les autres disent non, le mouvement vers l'unité est encore plus difficile ?

Voici ce que j'avais noté, en juin dernier :

Ici.

Il est vrai que pour certains la sainte Ouverture est plus d'inspiration "évangélique" que la sainte Ecriture...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 785448 )Sur ce point par Jean Ferrand (2015-08-20 21:46:10) 
[en réponse à 785415]

Sur ce point je suis tout à fait d'accord avec vous. Pas seulement l'homosexualité, mais aussi le divorce, mais aussi la contraception artificielle. L’œcuménisme achoppe sur la morale. Il y a longtemps que je m'en suis aperçu. Et la divergence ne fait que s'accentuer.

Pour vous dire le fond de ma pensée : en réalité, c'est providentiel.