Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 785340 )1954:Pie XII autorise la messe en langue vernaculaire,l'hebreu moderne par Jean Kinzler (2015-08-19 09:29:57) 

En 1954, huit ans avant le Concile Vatican II, le pape Pie XII donnait son accord pour que la messe catholique puisse être célébrée en hébreu, ainsi que les lectures bibliques. Alors que le Concile allait en 1962 opérer une révolution linguistique dans la liturgie, par l’acceptation des langues vernaculaires, cette initiative spécifique ouvrait la route d’une refondation des relations judéo-chrétiennes. Le désir d’un retour aux sources se manifestait au plus haut niveau.(...)

Aujourd’hui, le responsable de l’Eglise hébréophone d’Israël est le père David Neuhaus, qui affirme sereinement son identité de juif israélien devenu prêtre. Son mandat pastoral fait suite à celui de l’évêque Jean Baptiste Gourion, lui aussi de famille juive, décédé récemment d’un cancer. Le vicariat hébréophone est rattaché au Patriarcat latin de Jérusalem, et il recouvre les qehillot de Jérusalem, Tel Aviv, Jaffa et Beer-Sheva.

Si la langue de la liturgie et de la catéchèse est l’hébreu, il n’y a de la part des responsables ou des membres des communautés aucune espèce de prosélytisme. Aucun rapport avec l’attitude de certains groupements évangéliques (souvent d’origine américaine) qui harcèlent les familles et les jeunes de confession juive en leur demandant de se convertir à leur Christ. Il y a une réelle estime de la culture juive dans ces qehillot, mais aucun désir de conquête spirituelle ou confessionnelle. Les célébrations se font en hébreu : baroukh ata Adonaï, « béni soit Dieu » rassemble les participants d’origines multiples : juifs devenus catholiques par cheminement individuel ou issus de foyers mixtes, demandeurs d’asile africains, travailleurs philippins, familles russes venues dans le cadre de transferts des années 80, palestiniens israéliens, etc. Tous parlent hébreu et célèbrent en hébreu. Le Notre Père se récite « Avinou shebashamaîm »…Et pour les nombreux enfants, la catéchèse biblique est en hébreu également, à partir de livres et documents dans la langue du pays. Une douzaine de prêtres animent et accompagnent ces 4 communautés numériquement modestes mais sociologiquement très importantes par les liens qu’elles tissent au sein de la société israélienne où coexistent des ethnies, des cultures et des religions dans un cadre démocratique et tolérant.



Parmi les sœurs de Sion, actives dans les qehillot aux côtés des prêtres, plusieurs religieuses s’affirment comme parfaitement juives et parfaitement chrétiennes, à la manière dont le faisait le cardinal Lustiger qui a lui-même beaucoup œuvré au rapprochement, y compris en Israël, dans la discrétion et malgré l’incompréhension.

Cette présence de l’Eglise de langue hébraïque rétablit un équilibre indispensable par rapport aux communautés arabophones qui avaient tendance à se présenter comme seules héritières des premiers apôtres de Jésus. Avec les ambiguïtés que l’on sait autour du « Jésus palestinien » promu par l’époque Arafat. Le risque à surmonter est celui d’un clivage entre pro-israéliens et pro-palestiniens, et comme partout dans les contextes politiques locaux tendus, il est parfois difficile d’éviter le manichéisme simplificateur. Les chrétiens pro-palestiniens considèrent facilement l’hébreu comme la « langue de l’occupant », dans une sorte d’amnésie liée à l’histoire, ils ont perdu de vue que l’arabe est une langue importée de l’extérieur avec les invasions islamiques, les mêmes qui détruisent par étapes les chrétientés orientales. Certes, l’arabe est une langue officielle en Israël, y compris dans l’expression des églises pour les nombreux rites présents. Mais par ailleurs, de leur côté, certains juifs israéliens estiment que la qehilla catholique est une concurrence déloyale ; cependant, les autorités du pays ne s’inquiètent pas outre mesure de l’existence de ces communautés hébréophones qui établissent des ponts et tissent des liens à l’intérieur du pays. Bon anniversaire à l’œuvre St Jacques !
dreuz.info
images/icones/neutre.gif  ( 785341 )Très bien , mais dans quel rite ? par Minger (2015-08-19 10:13:38) 
[en réponse à 785340]

1954:Pie XII autorise la messe en langue vernaculaire,l'hebreu moderne ...
Contrairement à ce que l’on peut penser , il n’y a pas que la messe Paul VI et Saint Pie V dans notre église …

Je m’excuse , mais j’ai fait copie WIKIPEDI A …
Rite mozarabe :
Le rite mozarabe fut le rite des diocèses catholiques de l'Espagne à partir du VIIe siècle. Il est aujourd'hui célébré dans le diocèse de Tolède, à égalité avec le rite romain. Héritière directe de la liturgie wisigothe, cette liturgie est influencée à la fois par le christianisme oriental, par la liturgie romaine et quelques traditions musulmanes.

Le rite présente de notables différences avec le rite romain. Ainsi lors de la messe, neuf oraisons sont récitées, trois passages des Évangiles sont lus et la communion se fait systématiquement sous les deux espèces. Les images et le cérémonial prennent une place importante, donnant au rite une beauté qui peut expliquer le soutien que le rite a conservé même après l'introduction dans la péninsule ibérique du rite romain.

Rites orientaux:
Les rites orientaux sont le propre des Églises catholiques orientales. Ils se caractérisent par une grande ressemblance avec les rites orthodoxes des mêmes régions.
Il existe six grands rites orientaux :
• le rite copte ou rite alexandrin qui est à l'origine le rite de l'Église d'Alexandrie (église catholique copte) ;
• le rite byzantin, ou rite constantinopolitain qui est à l'origine le rite de l'Église de Constantinople (églises grecques-catholiques) ;
• le rite maronite ou rite syriaque occidental, qui est à l'origine le rite de l'Église d'Antioche (églises maronite, catholique syriaque et syro-malankare) ;
• le rite chaldéen ou rite syriaque oriental, qui est à l'origine le rite de l'Église de Perse (églises catholique chaldéenne et syro-malabare) ;
• le rite arménien, apparenté aux rites syriaque occidental et byzantin (église catholique arménienne) ;
• le rite guèze, qui est une variante du rite copte comportant des pratiques de l'Ancien Testament (église catholique éthio

A propos , le Pape François qui ne vois et ne pense que pour la messe de Paul VI , est t‘il informé qu’il est chef d’une église comportant des rites orientaux catholiques , qui lui sont particulièrement chers , semblables à la liturgie orthodoxe...
images/icones/fleche2.gif  ( 785343 )Des précisions historiques par Jean Kinzler (2015-08-19 10:28:52) 
[en réponse à 785341]

Le cardinal Tisserant, alors préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, encouragea cette fondation et obtint de Pie XII l'autorisation, exceptionnelle alors, de l'emploi de l'hébreu pour la liturgie de la messe. Elle fut définitivement approuvée le 11 février 1955 par Mgr Gori, patriarche latin sous le nom d'Œuvre St-Jacques. Ses statuts expriment clairement une double vocation qui caractérise ses communautés : tout d'abord être une cellule d'Église vivant en Israël en milieu juif et ensuite, œuvrer à la réconciliation entre juifs et chrétiens dans le contexte culturel et religieux particulier dans lequel vivent ces chrétiens.KP
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LA REFORME LITURGIQUE EN ISRAËLNDS
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Un peu d’histoire

En 1950, quelques Pères de Sion vivent à Jérusalem dans les locaux de Ratisbonne, dont le P. Joseph Stiassny, et à Notre Dame de France le P. Jean-Roger, guide pour pèlerins. Deux Petites Sœurs s’installent rue Mamilla, apprennent l’hébreu et commencent à travailler en milieu israélien. L’une d’entre elles est Aliza, membre jusqu’à ce jour de la qehilla de Jérusalem [décédée depuis].

En 1952, Bruno Hussar, dominicain, arrive à Jaffa et regroupe quelque juives chrétiennes, principalement bulgares. Ils se réunissent dans des maisons privées, et la messe est célébrée en latin (les autres prières étant dites en hébreu et en français). Quelques jeunes juifs-chrétiens viennent d’Europe pour vivre en Israël, trois jeunes femmes au kibboutz de Guinégar, M.L. au kibboutz de Tséélim. Rien n’est encore organisé.

En 1954 on envisage de fonder l’"Œuvre Saint Jacques", une association destinée à s’occuper de ces chrétiens qui ne sont ni arabes ni étrangers. Cela se fait dans le cadre du Patriarcat Latin (malgré le fait que le siège du Patriarche est situé dans la Vieille Ville, laquelle se trouve alors en Jordanie). Bruno ouvre un “foyer” à Jaffa où se regroupent maintenant quelques chrétiens (catholiques) juifs ou non. A cette époque arrivent en Israël des milliers d’émigrants d’Europe Centrale, polonais, hongrois, roumains, et parmi eux de nombreux chrétiens, pour la plupart des familles mixtes constituées d’hommes juifs mariés à des femmes chrétiennes, avec des enfants chrétiens. Jean-Roger circule dans le pays pour rencontrer ici et là des chrétiens qui sont dans ce cas.

En 1955 les statuts de l’ “Œuvre Saint Jacques” sont approuvés; citons-en quelques passages :

« L’Œuvre développera chez les membres un solide esprit chrétien, On cherchera à acquérir l’intelligence du Mystère d’Israël; on insistera sur la formation biblique et l’on s’efforcera de promouvoir une culture judéo-chrétienne et une spiritualité s’y rattachant.

On fera tout pour dissiper les préjugés contre l’Eglise notamment qu’un Juif qui a embrassé la religion chrétienne aurait abandonné son Peuple.

Au contraire, comme tout chrétien, “il doit remplir avec intelligence, conscience et fierté les devoirs d'un noble patriotisme, donnant à la patrie terrestre toute la mesure qui lui est due d'amour, de dévouement et de collaboration”. (Pie XII, Summi Pontificatus, 1939).

Bien plus, comme Chrétien issu du Judaïsme, il doit prendre conscience de sa vocation particulière dans l'Eglise et au sein de son peuple et assumer la responsabilité qui en découle. »

A cette époque, les catholiques du monde entier assistaient à la messe en latin. Cela ne changerait qu’à la fin du Concile Vatican II, en 1965. Mais ici, en terre d’Israël, il nous semblait désirable de pouvoir prier en hébreu, langue de la Bible, dans laquelle priait Jésus.

Dès 1954 Yohanan (religieux) rencontra à ce sujet le Cardinal Tisserant à Rome. Il était Préfet de la Congrégation pour les Eglises d’Orient. Historien érudit, il sentait l’importance de la naissance d’une telle communauté hébraïque et soutenait l’idée de la prière en hébreu. Il suggéra alors l’utilisation du rite syrien araméen antique (utilisé chez les chrétiens de Syrie et d’Iraq depuis les premiers siècles du christianisme). Il donna l’autorisation de l’utiliser et permit de dire en hébreu une grande partie de la messe. C’est ainsi que la première messe en hébreu en Israël fut célébrée par Yohanan à son arrivée à Haïfa le 21 mars 1956. A Noël 1956, la messe était célébrée en hébreu chez les Petites Sœurs de Jérusalem, avec un chant de Noël en hébreu sur une mélodie juive ("Har’ifu shamaïm").

Mais un an après, en 1957, il était clair que ce n’était pas la solution idéale ; le Cardinal Tisserant lui-même suggéra de revenir au rite latin comme base (qui était connu des chrétiens d’Israël), et il demanda au Pape Pie XII la permission exceptionnelle de célébrer la messe en hébreu, alors que le monde catholique continuait de prier en latin.

A la suite de cette décision commença tout un effort de traduction, d’adaptation, encouragé par le Cardinal Tisserant. Dans le cadre de ce travail, il y eut aussi une traduction du Nouveau Testament en hébreu moderne en collaboration avec les Protestants.

Le caractère spécial de notre qehilla

Très tôt, dès les débuts des activités de l’"Œuvre", on a senti que cette nouvelle communauté de chrétiens avait un caractère particulier et un rôle spécial au sein de l’Eglise catholique. Cela est sensible dans les passages des statuts cités ci-dessus (quoique ces statuts aient été rédigés 10 ans avant les innovations du Concile Œcuménique), dans des expressions telles que : “l’on s’efforcera de promouvoir une culture judéo-chrétienne et une spiritualité s’y rattachant”, ou que : “il doit prendre conscience de sa vocation particulière dans l'Eglise”.

Peu à peu les membres ont pris conscience du double rôle de leur qehilla, en fait les deux facettes d’un même rôle, d’un même effort :

Il s’agit de prier et parler de notre foi dans un langage proche de celui des premiers chrétiens, sans les divers développements qui furent rendus nécessaires lorsqu’ils se tournèrent vers les peuples grec, latin, germanique (et l’ensemble des nations) au cours des siècles. Cela était légitime dans ce contexte, afin de donner accès à la nouvelle foi, cependant cette adaptation n’est pas nécessaire à qui retourne à la terre d’origine du peuple et de la culture d’où tout est parti. Les deux facettes du rôle de la qehilla sont :

1) Trouver une expression plus adaptée à notre milieu, ce qui n’est pas une tactique missionnaire, une manière de "plaire aux Juifs": c’est d’abord un besoin personnel chez nous, Chrétiens vivant dans notre peuple, sa langue, sa tradition. Nous-mêmes ne pouvons plus prier comme en Europe dans le passé. Et c’est en outre un devoir d’exprimer notre foi de façon qui n’induise pas en erreur les gens qui nous entendent (ou lisent nos livres de prière et de réflexions). On y reviendra.

2) On peut être par là un exemple de retour aux sources, à la Bible, à la pensée sémitique des premiers disciples, pour le reste des Chrétiens dans le monde. Non que ce soit notre but. Il vaut mieux oublier cela dans notre vie quotidienne et ne pas penser à réformer le monde ! Mais bien des Chrétiens de passage nous ont dit l’importance symbolique de notre présence, et ce que notre recherche leur apportait, et en fait ils attendent de nous quelque chose de cet ordre. Cf plus bas la citation de Mgr Rossano.

C’est bien ce qu’ont senti et exprimé, dans divers écrits, lettres ou conversations, plusieurs hommes d’Église. Qu’il nous suffise de quelques exemples :

- Le Cardinal Daniélou, jésuite historien, dans l’article Judéo-christianisme de l’Encyclopedia Universalis, 1971 :

« Le christianisme ayant acquis maintenant cette universalité, le problème est précisément la carence de son expression judaïque, comme l’un des aspects de cette universalité. […] Dès lors que la bonne nouvelle a été annoncée aux nations, la possibilité d’une branche judéo-chrétienne de l’Église se pose à nouveau. »

- Le Cardinal Tisserant, à Rome, encourageait l’adaptation d’un rite spécial indépendant et les recherches que nous faisions.

- Le Cardinal Martini, archevêque de Milan, exégète jésuite connu, a dit au cours de deux congrès :

« Je suis convaincu qu’une connaissance en profondeur du judaïsme est vitale pour l’Eglise non seulement pour surmonter l’ignorance séculaire et favoriser un dialogue fructueux, mais aussi pour approfondir sa compréhension d’elle-même.

[...] Tout schisme et division dans l’histoire du christianisme prive l’Eglise de contributions qui auraient pu être précieuses, et cela produit une certaine carence dans l’équilibre vital de la communauté chrétienne. Si cela est vrai pour toute grande division, ce l’est en particulier dans le cas du premier grand schisme qui a privé l’Eglise de l’aide qui lui serait venu de la tradition juive.

[…] Les racines juives nous ont manqué, et cette blessure est encore ouverte. C’est seulement en retournant à Jérusalem que l’Eglise réussira à guérir. » (Congrès de 1984 et 1993).

Le Cardinal Ratzinger, responsable à Rome de la Doctrine de la Foi, a répondu par lettre à un membre des qehillot :

« Le noyau de vos réflexions touche la question de l'Eglise issue de Juifs et de païens, la question d'une Eglise qui renaît à partir des Juifs et celle de la nouvelle signification que Jérusalem doit avoir pour l'Eglise, à partir du moment où il n'y a plus seulement l'Eglise des païens, mais l'Eglise totale issue de Juifs et de païens, sur laquelle les épîtres pauliniennes mettent précisément un si fort accent. (...) Je crois pouvoir tirer de votre lettre, comme un postulat concret, la nécessité suivante: l'extension de l'Eglise qui retrouverait sa double structure originelle doit s'accomplir de nouveau et doit de nouveau façonner l'Eglise de l'intérieur. »

Lorsque ce même Cardinal Ratzinger entendit le P. Daniel de Haïfa expliquer que nous ne pouvons dire en hébreu “Mère de Dieu” en hébreu, il lui répondit :

« Oui, bien sûr, pour vous, c’est spécial. […] Vous devez pouvoir exprimer votre foi dans un langage plus restreint [auf eine schmählere Weise.] »

L’exégète jésuite Francesco Rossi de Gasperis, qui enseigne à Rome et Jérusalem le TaNaKh et le Nouveau Testament, disait dans le même esprit :

« Vous devez pouvoir exprimer votre foi en hébreu dans le vocabulaire de la Bible et du Nouveau Testament. »

Parmi ceux qui ont compris la situation, il y a également le P. Arranz, Jésuite spécialiste de l’histoire des liturgies à Rome. Après avoir autrefois étudié à Jérusalem, il y est revenu pour deux semaines de conférences sur la liturgie, et s’est intéressé à nos problèmes. Après-coup, il nous a écrit :

« La vraie question est de savoir si l'on a le devoir de donner un témoignage, courageux et fidèle en même temps, aux israéliens et aux arabes de chez vous qui vous regardent pratiquer une religion “européenne”, étrangère. »

Et il nous encourageait dans nos recherches en disant « Il n’y a que vous ici qui puissiez trouver la voie.»

Trois Pères Blancs d’Afrique, venus étudier à Jérusalem, exprimèrent leur déception après avoir assisté à une messe à Saint Isaïe: « On s'attendait à quelques chose de plus original, plus inculturé... ».

Une Petite Sœur chaldéenne d'Irak, de passage à Jérusalem, nous dit : « Comment, vous n'avez pas votre rite propre ici?! »

Un témoignage plus important encore est celui de Monseigneur Rossano, alors Préfet de la Congrégation pour la propagation de la Foi (dans toute l’Église), chargée à Rome des églises du Tiers-Monde. De passage en Israël avec ses collaborateurs, lors d’une visite à Haïfa, il leur désignait le P. Daniel en ces termes : « Voilà un exemple d’inculturation. Prenez exemple sur lui. » Quelques jours après, le Professeur Marcel Dubois invita chez lui à Jérusalem Daniel et Yohanan afin de rencontrer ce même Mgr Rossano. Après lui avoir expliqué quelques-unes de ses idées, Daniel ajouta : « Que se passera-t-il, si nous exprimons notre foi chrétienne dans un langage antérieur à Constantin? » il répondit: « Vous rencontrerez beaucoup de gens qui seront heureux de recevoir cela en Europe. »

Dans le Nord de la France, à l’Abbaye de Vicq, il y avait un Abbé bénédictin qui était un des spécialistes en liturgie que le Pape Pie XII avait invités à Rome afin de préparer le nouveau rite de la Veillée Pascale. Il y a quelques années, il vint en Israël pour un pèlerinage, et rencontra le P. Daniel à Haïfa. Daniel lui exposa sa conception de la veillée pascale comme renouvellement des vœux du baptême, qu’il avait une fois exprimé comme un renou¬vellement de l’alliance, etc. Après une longue conversation, le vieux moine lui dit avec enthousiasme : « Mais c’est très intéressant! Comme c’est dommage que nous n’ayons pas su cela avant de travailler à la réforme à Rome. »

En outre, à propos des questions de liturgie, citons deux réactions intéressantes ; quoiqu’à des époques différentes de l’histoire, elles sont assez semblables et nous ouvrent les yeux :

– St Augustin de Canterbury, apôtre de l’Angleterre en 600, consulta le Pape Grégoire le Grand au sujet du texte de la prière à donner aux Anglais. Le Pape lui envoya les textes utilisés à Rome. Au bout de quelques temps, Augustin lui renvoya la traduction de ces textes en anglais, et Grégoire écrivit à Augustin : “Mais je n’attendais pas que vous traduisiez mes textes ! Je pensais seulement vous donner des exemples, une source d’inspiration, pour que vous fassiez chez vous quelque chose d’original !”

– Il y a quelques années (1980?), le P. Elie (me semble-t-il), un Carme de Haïfa, écrivit à Rome à Mgr Meijia en demandant que Rome prépare une liturgie hébraïque pour nos qehillot en Israël. Mgr Meijia, alors une figure centrale du Secrétariat pour l’Unité des Chrétiens, se trouva perplexe, en parla au Cardinal Lustiger de Paris, et tous deux répondirent : “Ce n’est pas à Rome de dicter de loin la réponse, il y a une communauté hébraïque en Israël, c’est à elle de chercher sur place ce qui convient.”

***

Toutes ces choses sont sans doute nouvelles pour certains qui viennent à la qehilla chercher comment vivre la foi catholique "à 100%" comme dans le reste du monde, prêts à tout accepter ce qu’on leur propose, et pensant que c’est tout ou rien, un “package deal”. Eux aussi seraient peut-être très heureux d’apprendre qu’il y a une autre possibilité, que l’on peut aussi être un bon chrétien dans un cadre plus adapté à la culture du lieu.

Il y a certainement des membres de nos qehillot qui émettront des doutes, ou qui diront : « Trop grand pour nous! Ne nous demandez pas d’être des pionniers dans ce projet ». Qu’ils se rassurent : il n’est pas demandé à tous d’être impliqués dans cet effort d’innovation, mais il est bon que tous entendent parler de cette possibilité, de cette belle tâche, qui ne sera pas accomplie d’un seul coup. Cela vaut la peine de comprendre la chose et de l’accepter avec joie, ou au moins de ne pas s’opposer. Il y a aussi ceux qui sont habitués à d’autres formes de prière, par exemple depuis leur enfance en Europe, qui seront déroutés et préféreront continuer d’être portés par les formes traditionnelles. Il nous faut respecter le chemin de chacun, ne pas forcer ni brusquer. Du reste, avec le temps, ceux qui sont aujour¬d’hui perplexes pourront comprendre et se joindre au groupe des innovateurs, portés par la conviction que ce projet est aussi valable, peut-être même préférable !

On nous dit parfois : « Mais les membres de la qehilla (y compris les nouveaux) ne veulent pas de changements, ils veulent être "de bons catholiques" à 100%. Cela rappelle – malgré la différence – la réponse d’Aharon à Moïse, en colère à cause du veau d’or : « Mais c’est ce que veut le peuple ! » Est-ce donc le peuple qui décide ? Si ces membres comprenaient qu’autre chose est possible, permis, désirable, qu’il y a un accord total de la part d’hommes qui sont des figures centrales de l’Eglise, il est certain que beaucoup réagiraient ainsi : « Ah, très bien, je ne savais pas que c’était possible, en fait c’est mieux comme cela, je l’accepte avec joie ».catholic.co.il
images/icones/hein.gif  ( 785344 )si j'ai bien suivi par jejomau (2015-08-19 10:37:05) 
[en réponse à 785343]

et pour résumer: tout le monde était d'accord déjà pour "oublier" le latin parce que c'était mieux pour transmettre la Foi de l'Eglise ?
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 785345 )[réponse] par MG (2015-08-19 11:09:37) 
[en réponse à 785344]

Si vous aviez un peu de culture vous le sauriez que la réforme liturgique était en gestation depuis de nombreuses années ! Pauvre ami : relisez l'encyclique "Mediator Dei" de Pie XII ; le Pape dénonce ce qui allait arriver, officiellement, quelques années après.
images/icones/1v.gif  ( 785353 )ah par jejomau (2015-08-19 14:06:12) 
[en réponse à 785345]

le pape dénonce ce que lui-même autorise en langue vernaculaire en 1954 ... Qu'est ce que votre culture en dit ?
images/icones/radioactif.gif  ( 785357 )[réponse] par MG (2015-08-19 14:41:56) 
[en réponse à 785353]

Lisez et vous comprendrez : mais cela m'étonnerait beaucoup que
1: vous preniez le temps de lire un texte qui n'est pas pré-mâché !
2 : si par hasard vous lisiez : que vous compreniez !
images/icones/1e.gif  ( 785358 )pfffff par jejomau (2015-08-19 14:46:05) 
[en réponse à 785357]

bref, des vacances vous auraient fait du bien
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 785379 )[réponse] par MG (2015-08-19 19:52:47) 
[en réponse à 785358]

Je suis toujours en vacances ! du 1er janvier au 31 décembre, pauvre ami.
images/icones/nul.gif  ( 785361 )Franchement par Semetipsum (2015-08-19 15:22:18) 
[en réponse à 785357]

votre agressivité permanente et vos attaques ad hominem ne font pas honneur au Sacré Coeur de Jésus que vous vous obstinez à maintenir, sans discernement, en tête de tous vos messages les plus vils comme les plus élevés...
images/icones/1b.gif  ( 785364 )D'autant que, il faut bien l'avouer, par Yves Daoudal (2015-08-19 15:33:19) 
[en réponse à 785361]

c'est plutôt jejomau qui a raison.

Dans Mediator Dei, Pie XII, qui l'a "appris avec grande douleur", dénonce ceux qui "qui dans la célébration de l’auguste sacrifice eucharistique, se servent de la langue vulgaire".

Et dans le paragraphe suivant (selon le procédé qui sera utilisé par Vatican II), il ajoute:


Dans bien des rites cependant, se servir du langage vulgaire peut être très profitable au peuple : mais c’est au seul Siège apostolique qu’il appartient de le concéder.



C'est pourquoi il admettra la liturgie "latine" en hébreu vernaculaire (une langue qui venait d'être inventée...).
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 785378 )[réponse] par MG (2015-08-19 19:47:51) 
[en réponse à 785364]

Ce que je voulais faire comprendre à ce Jejomau c'est que la crise de la liturgie et de l'Eglise n'est pas né brusquement à l'ouverture du Concile Vatican II mais bien en amont : les séminaires qui ont formé les futurs Pères conciliaires, les évêques qui les ont ordonnés puis poussés vers l'épiscopat par des dossiers élogieux sont aussi coupables et nous nous pourrions remonter loin la série des causes.

Tout n'était pas brillant dans les années 30 et suivantes.
images/icones/heho.gif  ( 785377 )Vous avez vu par MG (2015-08-19 19:42:31) 
[en réponse à 785361]

Un Sacré Coeur dans le précédent message : pas moi !



Je prends Jejomau pour quelqu'un de "gentil" au sens méditerranéen et rien de plus et pas encore encore rien de moins !

Il n'y a pas d'attaques perso contre lui d'autant que je ne le connais pas et je n'y tiens pas, vu son obsession sur certains sujets.

Le seul envers qui j'ai eu des mots durs et injustes c'est Nemo que j'ai appris à connaitre et sa culture m'impressionne.
images/icones/1v.gif  ( 785389 )obsession par jejomau (2015-08-19 21:58:24) 
[en réponse à 785377]

L'obsession est fréquemment associée à des compulsions. On parle alors d'obsession-compulsion, phénomène que l'on rencontre le plus souvent au cours de la névrose obsessionnelle ou du trouble obsessionnel compulsif, et plus rarement dans d'autres situations.

Pour la sémiologie psychiatrique, les obsessions constituent un trouble du contenu de la pensée. Elles ont deux caractéristiques :
Le sujet perçoit très bien l'absurdité des pensées qui l'envahissent, faisant irruption dans son psychisme. Par exemple une personne qui est envahie par son obsession anti-jejomesque sait qu'elle est obsessionnelle. Mais la question continue de l'assaillir déclenchant une anxiété vive.
Le sujet tente de chasser, de réprimer ses pensées qu'il sait absurdes, mais c'est un échec, et s'engage alors une lutte contre le Jejomau qui a pour effet d'augmenter dramatiquement l'anxiété en lui!

Chez certains, la solution à cette lutte anxieuse ne peut être trouvée que dans un agir compulsif envers Jejomau, une compulsion étant un acte inutile ou absurde, très ritualisé, que le sujet ne peut pas s'empêcher d'accomplir, même s'il perçoit bien son caractère absurde ..
images/icones/musique.gif  ( 785391 )Occurence de quatre lettres associées par Rémi (2015-08-19 22:06:26) 
[en réponse à 785389]

dans l'ensemble de vos messages (archives récentes) : LGBT ...


C'est peut-être pas pathologique, mais c'est quand même un peu une marotte ...
images/icones/fleche2.gif  ( 785405 )On a bien le droit par Jean Ferrand (2015-08-20 07:25:46) 
[en réponse à 785391]

On a bien le droit d'être pathologique. Moi, je le suis bien depuis quarante ans !
images/icones/1a.gif  ( 785412 )Tout à fait. par Rémi (2015-08-20 08:11:04) 
[en réponse à 785405]

Nul ne dénie ce droit à Jejomau.
images/icones/nul.gif  ( 785409 )bah par jejomau (2015-08-20 07:51:00) 
[en réponse à 785391]

je vous fais remarquer qu'il y a toute une page du FC qui récemment aborde le mot LGBT chez différents intervenants, les posts portant sur le sujet.

Et ce n'est pas vraiment la première fois que d'autres intervenants abordent le sujet

A chaque fois : ni MG ni vous-même ne dites rien sur le sujet

en revanche : il suffit que j'aborde le sujet ou plutôt que je réponde à un post qui n'a même pas été initié par moi-même pour que des remarques acides surviennent

ce n'est pas curieux comme comportement , çà ?

images/icones/1a.gif  ( 785411 )On ne vous dit pas par Rémi (2015-08-20 08:09:53) 
[en réponse à 785409]

que personne n'aborde le sujet, je vous dis que c'est votre marotte, preuve à l'appui, et MG vous dit que c'est votre obsession.
images/icones/1a.gif  ( 785414 )oui par jejomau (2015-08-20 08:15:40) 
[en réponse à 785411]

vous avez surtout une autre marotte.... Celle d'être de mauvaise foi avec MG en ce qui me concerne
images/icones/1d.gif  ( 785417 )De mauvaise foi ... par Rémi (2015-08-20 08:32:26) 
[en réponse à 785414]

Certes vous vous y connaissez en la matière, comme vous nous en avez fait de nombreuses démonstrations lors de discussion récentes, jusqu'à ignorer purement et simplement les objections qui vous gênaient, c'est à dire a peut près toutes, mais enfin ici je ne prétends qu'une chose, vous avez écrit ces messages, et tous sans exception parlent des "LGBT" .

Vrai ou faux ? Où donc suis-je de mauvais foi ? Mais au delà personne ne vous demande de vous justifier de les avoir écrit, et je ne comprends pas pourquoi vous le tentez. Assumez votre prose régulièrement passionnée pour le sujet, tout simplement.
images/icones/rose.gif  ( 785422 )iutile de noyer le poisson par jejomau (2015-08-20 09:27:30) 
[en réponse à 785417]

ce fil ne parlait pas de LGBT. C'est vous qui y êtes venu. En revanche, ma réponse (qui ne parle absolument pas de LGBT itou) à un intervenant a immédiatement fait sortir du bois le loup avec des propos acerbes à mon encontre. J'aurais pu parler de la pluie et du beau temps : c'eût été pareil...

C'est être de mauvaise foi que de prendre prétexte des LGBT pour ergoter alors que manifestement il y a quelque chose d'autre derrière
images/icones/1a.gif  ( 785435 )S'il vous plaît par Rémi (2015-08-20 13:29:41) 
[en réponse à 785422]

de le croire.
images/icones/neutre.gif  ( 785365 )Merci Kinzler pour les ajouts … par Minger (2015-08-19 16:55:39) 
[en réponse à 785343]

En somme , c’est une très petite communauté , placée maintenant sous la juridiction du Patriarcat latin de Jérusalem ,le rite était à la base non latin mais particulier des saints ci-mentionnés…

Extrait : La liturgie des Saint Addai et Saint Mari, dont la tradition est la plus ancienne et qui est toujours en service dans l'Église de l'Orient, a été employée pour les premières célébrations. La traduction-adaptation a été faite en hébreu moderne.

Extrait est pour info : Mar Mari (c'est-à-dire en syriaque saint Mari) est selon la tradition de l'Église de l'Orient le premier missionnaire chrétien qui pénétra dans le territoire du royaume des Parthes, le premier qui prêcha à Séleucie-Ctésiphon, et à ce titre le fondateur de cette Église1. Il y est fêté le 4 août.

Thaddée d'Édesse aussi appelé Addaï ou Judas le Zélote est un disciple de Jésus qui selon la tradition aurait évangélisé des territoires en Mésopotamie et en particulier Édesse et le sud du royaume d'Arménie. Toutefois, cette évangélisation de l'Arménie est contestée par l'Église catholique.

Mais il semble que la réforme liturgique est passée malgré tout chez eux …


Contrairement aux autres communautés catholiques non latines avec rites orientaux , restées très ancrées dans la liturgie traditionnelle comme les orthodoxes…
images/icones/fleche3.gif  ( 785342 )idem : les messes "face au peuple" existaient déjà par jejomau (2015-08-19 10:20:11) 
[en réponse à 785340]

surtout chez les scouts, dans l'armée... Exemple ici en 1950 :



images/icones/vatican.gif  ( 785346 )Les messes "face au peuple" ont toujours existé ... par Exocet (2015-08-19 11:27:35) 
[en réponse à 785342]

Voir les basiliques romaines. C'est lié à la place affectée à l'autel dans une église.