Le Forum Catholique

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images/icones/1b.gif  ( 785185 )Lire tel qu'écrit : le Samaritain est le prochain à aimer... pas catholique par Glycéra (2015-08-16 20:08:42) 



Réflexions avec le sermon de ce matin :
- Aimer Dieu... et aimer son prochain... et vous irez à l'éternité, répond Jésus.
- Qui est mon prochain ? demande le légiste (pour coincer Jésus qui vient de le "moucher")
- Un homme allait... il est roué de coups... un lévite passe... un Samaritain le soigne, et le conduit à l'abri.
Qui est le prochain de l'homme tombé à terre ? demande Jésus.

Réponse dans le texte... C'est le Samaritain. Un même pas catho ! Un non estampillé réglo selon la Loi et les codes juifs.
Et c'est lui qui a posé le bon acte, qui a fait les bons gestes, et qui a soulevé le symbolisme : l'auberge est l'Eglise, les deux deniers sont confession et communion, le vin est la Vérité, et l'huile la joie qui fait briller les visages.

Alors, ne peut-on aussi y lire que Dieu parle où IL veut, et par qui Il veut... ?
A la Samaritaine, Jésus a affirmé être le Messie. Pas aux Juifs dans le Temple. Et ajouté qu'on allait pouvoir prier partout désormais.
Elle non plus n'était pas catho, et même pas correcte selon la morale sociale naturelle.

Ecouter où DIeu parle est le secret de notre disponibilité.

"L'intégriste est celui qui veut la volonté de DIeu, à condition de lui dicter sa conduite" dit une citation piquante, mais telelment vraie...

C'était ma provoc du jour.
Car nous n'avons pas à prétendre "avoir" la vérité. Nous la buvons, mais ne la possédons pas. Et la seule manière de se nourrir, c'est de "faire la volonté de (mon) Père" comme dit Jésus qui aime que nous imitions ses intentions pour agir.

Les feuilles commencent à sécher, et l'automne va venir nous remettre au rythme habituel.
En espérant que vous aurez eu une sainte et très belle fête de Notre-Dame, je vous salue dans les activités estivales d'une grand'mère ravie, et encore en mode sous-marin débordé.

Glycéra
images/icones/neutre.gif  ( 785198 )Qu'est-ce qu'"avoir" la vérité ? par Meneau (2015-08-17 00:40:13) 
[en réponse à 785185]


Car nous n'avons pas à prétendre "avoir" la vérité.




NOTE SUR LA POSSESSION DE LA VERITE

La prétention d'« être dans le vrai », d'« avoir la vérité » indigne beaucoup de gens qui répliquent: « C'est de l'orgueil » ou encore: « alors, tous les autres sont dans l'erreur » etc... Dans la mesure où un tel préjugé est curable, tâchons de l'éliminer par une -mise au point qui dissipe certaines confusions.

1) Penser, pour des raisons bien fondées, qu'on est dans le vrai n’est nullement un indice d’orgueil, mais - si étonnant que- cela puisse paraître à certains - d'humilité. La connaissance humaine, en effet, en tant précisément que limitée et imparfaite, ne fait pas le réel, mais doit se soumettre à lui. La vérité, c'est l'accord entre l'esprit et la chose connue. Plus l'esprit humain sera modeste et fidèle, plus il y a de chances de voir le réel (scientifique, philosophique, théologique) se découvrir à lui, grâce à une sorte d'ascèse de l'intelligence et de la volonté.

2) « Connaître la vérité », « être dans le vrai », est pris par certains de nos adversaires d'une façon tellement sotte qu'on se demande si parfois cette confusion qu'ils commettent n'est pas volontaire. Dissipons-la cependant :
a) « avoir raison », « être dans le vrai », « détenir la vérité » ne veut nullement dire ni que le philosophe ou le théologien qui affirme posséder ce privilège sait tout et ne se trompe jamais en rien, ce qui serait purement et simplement grotesque. (C'est pourtant bien ce que certains semblent se figurer !)
b) Ni que sa doctrine ne contient aucune obscurité, aucune frange d'inexplicable, ou qu'elle épuise totalement le réel dans toutes ses profondeurs. « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que ne peut en rêver votre philosophie » (Hamlet). Rien de plus vrai. Là encore, un dogmatique sait affirmer quand il faut, et respecter le mystère partout où il le rencontre. (Faut-il redire, pour la nième fois, que l'expression scolastique « adaequatio rei et intellectus » ne signifie nullement « correspondance absolument parfaite entre la chose et la pensée », mais rapport de conformité objectif et valable, quoique limité; aucune connaissance humaine n'est exhaustive).
c) Cela ne veut pas dire non plus qu'en dehors de la doctrine qu'on défend tout soit faux dans les doctrines adverses. Les philosophes thomistes ne songent pas du tout à contester qu'il y ait des vérités chez Berkeley, chez Kant, chez Hegel, chez Marx, chez Bergson; les théologiens catholiques ne veulent nullement nier qu'il y ait des vérités clans le protestantisme, le judaïsme, le brahmanisme. Mais la question qui se pose est tout autre. Il s'agit de savoir si ces vérités sont, si l'on peut dire à l'aise, en liberté, et chez elles dans les doctrines adverses. Or, ce que nous pensons, c'est que ces vérités n'y ont qu'un rôle partiel, fragmentaire, incomplet, qu'elles sont enrobées dans des erreurs flagrantes qui les gauchissent et en faussent la véritable portée - et qu'ainsi, ce qui domine dans une doctrine fausse et ce par quoi elle risque proprement d'être désastreuse, c'est l'esprit de cette doctrine, esprit d'erreur et de négation.

Exemples : Le judaïsme et l'islamisme insistent toujours sur l'unité de Dieu (ce qui est une Vérité), mais ils le font intentionnellement, d'une manière unilatérale, qui exclut le dogme chrétien de la Trinité - Luther insiste sur le fait que c'est la grâce seule qui justifie, et, à l'état brut, cette formule est vraie. Mais chez lui, ceci exclut l'économie catholique des sacrements, etc... De même Kant voit bien que la connaissance est active, mais il conçoit cette activité comme aveugle et fabricatrice, n'atteignant pas l'être. Marx voit bien le rôle trop souvent méconnu du facteur économique. Mais il lui donne une portée exclusive et inacceptable, etc... Tout n'est pas faux, en détail, dans les doctrines, mais l'esprit en infecte tout. Si ces vérités partielles sont recevables et assimilables, c'est à condition d'être arrachées à ces fausses doctrines (donc d'abord critique de l'erreur) et « baptisées » en quelque sorte, repensées dans une autre perspective.

3) Reste que ces prétentions, pourtant assez limitées, choquent certains. C'est qu'ils ne croient pas à la possibilité pour l'esprit humain d'atteindre le vrai avec certitude. ils sont sceptiques ou relativistes par tempérament ; mais précisément, il ne faudrait pas croire qu'il y a là comme la suprême fleur de la culture ou de l'intelligence. Il y a là, au contraire, une pure et simple anémie - (ou impuissance) intellectuelle. Le scepticisme n'est pas une position normale. L'histoire de la pensée comme la pathologie mentale y montre une dégradation de l'esprit, une impuissance à accomplir nos fonctions intellectuelles. Ceci est à corriger et à réformer par une véritable rééducation morale, intellectuelle, spirituelle. Il ne faut pas s'y enliser béatement, si on veut être vraiment homme. Certains disent en entendant quelqu'un leur exposer une doctrine déterminée. « Il dit cela; c'est son point de vue, mais un autre dirait autre chose sur la même question ». Et puis après ? Ceux qui disent cela montrent bien qu'ils sont subjectivistes jusqu'aux moelles, incapables de considérer pour lui-même le contenu d'une doctrine (point de vue de l'objet étudié, de l'être) et capables seulement de considérer le sujet qui parle (un thomiste brun ou un marxiste blond, etc.), c'est dire qu'ils renoncent à juger, à se servir de leur intelligence.


Louis Jugnet

Cordialement
Meneau
images/icones/1b.gif  ( 785201 )Etre dans le vrai... voilà le réel bien qui respire Dieu et reste auprès de Lui, en Lui par Glycéra (2015-08-17 09:06:59) 
[en réponse à 785198]



Merci de votre texte.
Il souligne bien ce qu'est "Etre" dans le vrai.

Tout autre chose qu'avoir.
Nous n'aurons Dieu qu'au Ciel, quand nous aurons fini d'être tenté de posséder sans dignité.

Demander à Dieu de nous introduire en Lui.
Ce n'est pas capturer ce qu'Il est....
Ni nier qu'Il soit aussi en d'autres, malgré les accidents d'expression, malgré les différences de mots.

Puissions-nous prier, pour toujours être dans le vrai, et pour le voir partout où est le vrai.
En tous nos gestes.
En toute justesse.

Avec mes bonnes salutations
Glycéra
images/icones/1a.gif  ( 785212 )version moderne par jejomau (2015-08-17 11:35:15) 
[en réponse à 785185]

Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur Daech ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.

Par hasard, un curé descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.

De même un moine arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.

Mais un laïc lambda, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.

Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’eau et de la Biseptine ; puis il le chargea dans sa 4L, le conduisit dans une Hôpital et prit soin de lui.

Le lendemain, il sortit deux cent dollars, et les donna au docteur, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”

Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains de Daech ? »

Le savant théologien répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » l'Esprit Saint lui souffla alors : « Va, et toi aussi, fais de même. »