Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 784827 )Miséricorde par Aigle (2015-08-07 08:13:25) 

On sait l'importance de ce thème dans l'enseignement du pape François.

Comme je suis un peu neu neu, je me réfère à des précédents peu glorieux et un peu idiot. Mais je me souviens très bien que lorsque des hommes d'Eglise ont invoqué le pardon, la miséricorde ou le droit d'asile pour abriter des nazis, des fascistes ou des collaborateurs notoires (ex : Touvier), aucun journaliste n'y a vu une application légitime des préceptes évangéliques.

Je n'imagine pas une seule seconde que le pape François ne soit tolérant et miséricordieux à l'egard d'un Touvier par exemple. Je ne l'imagine pas dire " si un nazi cherche Dieu sincèrement, qui suis je pour le juger ?"

Alors que comprendre ?

Pour les médias, la logique est limpide. Être un criminel de guerre est impardonnable. Ce genre de criminel doit être poursuivi sans pitié toujours et partout . Être divorcé et remarié est une situation purement privée qui ne justifie aucune opprobre. Il n'y a donc aucune relation entre un crime et un divorce.

Que pense le pape François ? J'ai bien l'impression que pour lui, le raisonnement est un peu le même . Il y a des crimes impardonnables (pédophilie, mafia) et des fautes certes regrettables (il continue de présenter le mariage comme un idéal à rechercher) mais que le charité et la miséricorde doivent conduire à relativiser voire à effacer.

En fait je me dis que le saint Père parle finalement un peu comme les journalistes.

Alors surgit en mon esprit une grave question : s'agit il d'appliquer une doctrine miséricordieuse ? Ou s'agit il de suivre la pensée des médias ?

Je précise qu'on peut aussi poser la même question aux moines qui ont caché des collaborateurs : l'ont ils fait par charité ? Ou par sympathie idéologique ?
images/icones/1a.gif  ( 784839 )Bonne analyse. par Yves Daoudal (2015-08-07 11:46:10) 
[en réponse à 784827]

Bien sûr que François parle comme les journalistes. Il vient même de publier une encyclique de journaliste. Sans doute en partie écrite par des journalistes (Naomi Klein?) qui ne s'embarrassent guère de précision scientifique (ne parlons pas de vérité) puisque ce qui compte est l'émotion à susciter. Dans le sens du vent. C'est-à-dire du monde...
images/icones/fleche2.gif  ( 784845 )La médiaticorde dessine l'image de son pontificat. par Scrutator Sapientiæ (2015-08-07 13:28:29) 
[en réponse à 784839]

Bonjour Yves Daoudal,

Qu'est-ce que la médiaticorde ? C'est, pour ainsi dire, la conception de la miséricorde chrétienne la moins contra-positionnelle possible, ou la plus proxi-positionnelle possible, par rapport à la relation aux valeurs et au système de valeurs véhiculés par les médias audio-visuels, notamment et surtout dans l'ordre du croire et dans celui de l'agir.

Il serait sans doute injuste de dire qu'il n'y a pas eu de médiaticorde théologienne, ou de médiaticorde épiscopale, en amont de cette médiaticorde pontificale "bergoglienne" ou "franciscaniste", mais il est peut-être inexact de dire qu'il y a déjà eu une telle médiaticorde pontificale, en amont du début de l'actuel pontificat.

Dans les circonstances actuelles, on imagine très mal un évêque dire, en s'adressant notamment à l'extérieur de l'Eglise catholique :

"OUI, bien sûr, à la miséricorde chrétienne, fidèle à l'Ecriture, à la Tradition, et au Magistère (quand ceux qui en ont la charge veulent bien se donner la peine de prescrire une alternative christianisatrice, et non avant tout ni seulement un accompagnement humanisateur),

DONC,

NON, bien sûr, à la conception dominante

- des convictions et croyances religieuses,

- des idées, options, valeurs morales,

qui a plutôt tendance à faire ou à laisser perdre de vue ce qu'est vraiment la miséricorde chrétienne."

Le Pape François donne souvent l'impression de croire que le monde souffre avant tout d'un manque de solidarité, mais, en amont et en surplomb, par rapport à ce manque de solidarité, il y a un excès de relativisme, dans le domaine de la foi comme dans celui des moeurs.

A mon avis, c'est CELA, la médiaticorde, qui aboutit immanquablement à des prises de parole, à des prises de position, hémiplégiques, dans le cadre desquelles on risque le moins possible de s'en prendre, par exemple,

- à la théologie et à la pastorale partisanes de la libération sociale et politique,

ou

- à la théologie et à la pastorale promotrices du pluralisme moral et religieux.

Demandeur et preneur de toute remarque ou suggestion, en ce qui concerne ce qui précède, je vous remercie pour votre attention et vous souhaite un bon après-midi.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 784848 )Pour beaucoup, seuls le fascisme et le nazisme sont impardonnables. par Scrutator Sapientiæ (2015-08-07 14:27:13) 
[en réponse à 784827]

Bonjour Aigle,

1. Comme chacun le sait, "le mal absolu" : le fascisme, le nazisme, le nationalisme, l'autoritarisme ou l'impérialisme "d'extrême-droite", a été vaincu, en 1945 (à moins qu'il ne faille dire : en 1975, à la mort de Franco), mais attention, les cendres de cet enfer là ne seront jamais froides, et le ventre de cette bête là ne sera jamais vide.

2. Pour les médias,

- seuls le fascisme et le nazisme sont donc impardonnables, ainsi que tout ce qui est assimilable au fascisme ou au nazisme, à commencer par le catholicisme des catholiques non irénistes ou anti-irénistes,

- le crime contre l'humanité est aussi impardonnable, ainsi que tout ce qui est assimilable à un "crime" contre la conception dominante de ce crime, ou plutôt contre la conception dominante de l'humanité.

3. Par ailleurs, dans cette affaire, il y a la miséricorde chrétienne, la justice des hommes, et la vérité sur Dieu :

- à ma connaissance, Paul TOUVIER ne s'est pas caché là où il s'est caché uniquement pour approfondir sa compréhension ou pour amplifier sa contemplation de la miséricorde chrétienne, il l'a fait, également, pour échapper, le plus longtemps possible, à la justice des hommes ;

- à ma connaissance, compte tenu du climat actuel, propice à toutes les dissimilations, falsifications, manipulations, récupérations, il convient de rendre les hommes un tant soit peu bénéficiaires et destinataires de la vérité sur Dieu, laquelle n'est pas "consensualiste fraternitaire", afin et avant de les rendre bénéficiaires et destinataires de la véritable miséricorde chrétienne.

4. Le Pape François semble vraiment

- s'en prendre beaucoup plus aux structures collectives de péché génératrices d'asservissements ou d'inégalités, en un mot : génératrices d'injustices organisées, sur des êtres humains non consentants, victimes impuissantes et innocentes,

- s'en prendre un peu moins à certaines pratiques personnelles du péché (qui ne se manifestent pas dans le cadre d'institutions qui ont été organisées, et qui sont mobilisées, précisément, pour imposer, infliger du péché), et qui peuvent être des pratiques personnelles du péché "entre adultes consentants".

5. Ce n'est pas ce que je déplore le plus ; ce que je déplore le plus, et ce depuis avant l'élection du Pape François, c'est la perte de conscience intra-ecclésiale du fait

- qu'il existe AUSSI des péchés personnels et structurels, dans le domaine de la connaissance et de la compréhension de Dieu, dans le domaine des enseignements, des explications sur Dieu, dans le domaine de "l'orientation fondamentale", vers ou sur Dieu, ces péchés n'étant pas avant tout générateurs d'injustices, mais étant avant tout générateurs d'aberrations, ou en tout cas d'erreurs,

et

- qu'il n'existe PAS UNIQUEMENT des péchés dans le domaine de l'action de l'homme, contre l'homme, sur le monde, dans le monde.

6. La mise en avant et en valeur de la médiaticorde, me semble-t-il,

- consiste très fréquemment à recourir à la correction fraternelle, en direction des responsables d'organisations économiques, mafieuses ou non, ou des responsables d'institutions politiques, mafieuses ou non, pour les appeler à se convertir, en direction de davantage de justice dans le monde,

- consiste plus rarement à recourir à la correction fraternelle, en direction de représentants ou de responsables de religions ou de traditions non chrétiennes, pour les appeler à se convertir, en direction de davantage de vérité sur Dieu.

Et quand je parle de correction fraternelle, je devrais sans doute plutôt parler de correction maternelle, puisque l'Eglise catholique est Mater et Magistra, mais comment envisager que cette correction maternelle se concrétise en matière religieuse, quand elle a déjà tant de mal à se concrétiser en matière morale, et alors que d'aucuns voudraient que l'Eglise catholique ne soit plus que Soror et Ancilla, une soeur et une servante du monde ?

Bon après-midi et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 784849 )Le pêché c'est fini ... par Aigle (2015-08-07 15:12:30) 
[en réponse à 784848]

Merci Scrutator sapientiae.

En vous relisant je reviens à ma marotte : le concept de pêché à été oublié non seulement par les médias mais aussi par le clergé ordinaire ...

Restent condamnables les fautes qui font souffrir des victimes innocentes - et que nul, pas même Dieu, ne peut pardonner.

Les désobéissances ponctuelles à la loi divine, lorsqu'elles ne font pas souffrir exagérément une victime précise sont secondaires et parfaitement compréhensibles.

On est passé d'une morale fondée sur l'Ecriture sainte exprimant la volonté d Dieu à une loi pénale purement réaliste.

images/icones/info2.gif  ( 784851 )Jubilé de la miséricorde : le Vatican dévoile l’hymne officiel par Jean Kinzler (2015-08-07 16:24:26) 
[en réponse à 784849]


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A quatre mois de l’ouverture du jubilé de la miséricorde, le Vatican a dévoilé sur internet l’hymne officiel de cette année sainte.


L’hymne officiel du Jubilé de la miséricorde, qui s’ouvrira le 8 décembre prochain et s’achèvera le 20 novembre 2016, a été rendu public sur Youtube. Ce cantique débute avec les paroles en latin "Misericordes sicut Pater" (miséricordieux comme le Père). Répétée à quatre reprises cette phrase compose à elle seule le refrain.

Le texte de cet hymne a été écrit par le père jésuite et liturgiste italien Eugenio Costa, sur indication du conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, en charge de l'organisation du jubilé. Le dicastère a ensuite sollicité près de 90 compositeurs à travers le monde. Une vingtaine d'entre eux ont proposé une composition. Le Vatican a finalement retenu le travail du Britannique Paul Inwood, organiste et chef de chœur diplômé de la Royal Academy of Music de Londres. Ce laïc de 68 ans est à l'origine de nombreux chants liturgiques dans le monde anglophone.

La première version de l'hymne a été enregistrée par le chœur pontifical de la Chapelle Sixtine, dirigé par Mgr Massimo Palombella. Ses partitions sont disponibles sur internet. Les auteurs ont en effet cédé leurs droits afin de permettre la diffusion la plus large possible de ce chant.
Vidéo:YoutubeVatican
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RND et vatican.va
images/icones/1e.gif  ( 784861 )A tel point... par Meneau (2015-08-07 21:48:44) 
[en réponse à 784849]


le concept de pêché à été oublié non seulement par les médias mais aussi par le clergé ordinaire ...



A tel point que beaucoup ne savent même plus orthographier correctement le mot...

Cordialement
Meneau
images/icones/hum2.gif  ( 784862 )Oupps par Aigle (2015-08-07 22:39:21) 
[en réponse à 784861]

Honte à moi !
images/icones/1b.gif  ( 784863 )C'est pourtant facile ! par Lycobates (2015-08-07 22:42:20) 
[en réponse à 784861]


A tel point que beaucoup ne savent même plus orthographier correctement le mot...



Vous n'ignorez sans doute pas, cher Meneau, qu'il y a des pécheurs qui sont devenus des pêcheurs d'hommes, sans pour autant cesser d'être ... pécheurs (si ce n'est par un péché contre la foi ...).

Mais vous avez bien sûr raison.
Et l'astuce est d'une simplicité déconcertante.
Grâce à mon vieux précepteur de français (il m'arrive de le croiser encore lors d'un concert, il est mélomane), et le latin que je sais, je n'oublierai jamais que là où il y a "ê" il y a eu "s".

piscator, cela donne pêcheur
(on escamote le s et on met le petit chapeau à sa place, comme dans maître, en revanche, la maîtresse, ai-je appris, l'a perdu, son élégant petit chapeau, au moins facultativement, et peut-être parce qu'elle ne le possédait que par analogie ?)
et peccator, cela donne pécheur, tout simplement.

Un petit effort, Messieurs!

Enfin, je n'ai rien à dire bien sûr ... bien conscient de mes gaffes.
Rideau!
images/icones/1e.gif  ( 784865 )Un de mes professeurs me disait au sujet du " s" devenu "^" par Ewondo (2015-08-08 00:00:48) 
[en réponse à 784863]

Que le serpent (le "s") était supplanté par le triangle de la Sainte Trinité (le "^") ... c'était un peu tiré par les cheveux, certes !

Pour la pêche, le fruit, le nom viendrait de "persicum", fruit de Perse (encore qu'il vienne de Chine où c'est un emblème national au même titre que sa cousine la cerise au Japon).

Pierre (qui comme son prénom l'indique aime les poissons de la pêche et les pêches-fruits qui sont délicieuses actuellement).

P.S. : Je suis un champion en fautes d'orthographe ou de frappe, donc je ne jetterai pas la première ... pierre !

images/icones/fleur.gif  ( 784942 )Abréviations médiévales par Balbula (2015-08-09 22:32:31) 
[en réponse à 784865]

En fait, le «s», mais aussi le «n» ou d'autres lettres ont été abréviées par une tilde (petit «s» au-dessus de la voyelle qui les précédait) dans les manuscrits médiévaux pour devenir très courants au XIIIe siècle.
Quelques principes d'abréviation
Par la suite, en ancien français, certains ont continué cette habitude d'abrévier de la «mesme» (même) façon en «escrivant» (écrivant) le «s» au-dessus de la voyelle précédante, ce qui a donné naissance à l'accent circonflexe et à certains accent aigus. Certains patois, comme ceux de la région de Lyon, conservent les «s» à l'oral et il est délicieux de les entendre.
Union de prières
Balbula