Le Saint-Père a une pensée typiquement
justicialiste ou péroniste, autrement dit
socialiste non-marxiste. La solution est dans la puissance publique, seul garant légitime du bien commun au côté de la "société civile", amas de blocs politiques à but non lucratif.
Son obsession de la culture du déchet est desséchante.
Le
marché n'est qu'oppression des petites fleurs et des gens. Les machines passent leur temps à broyer du chaton mignon. La propriété collective est préférer à la propriété privée.
Or,
on peut s'inscrire en faux contre les hypothèses papales.
Le Pape parle de protéger les Amérindiens. Mais à cette fin, ne vaut-il pas mieux invoquer la propriété privée et publique de leurs terres traditionnelles? C'est ce que fit Paul III
in illo tempore.
La mécanisation, bien loin d'opprimer, a, au contraire, libéré les personnes. Qui veut revenir au lavoir pour y laver son linge? Qui veut faire travailler les enfants en usine plutôt que des robots. Le temps libéré et la force décuplée donnent à chacun le temps du repos mais aussi de l'éducation, de la culture, de l'échange. Les métiers, certes à réinventer, peuvent se concentrer sur le service rendu à la personne.
Le profit, c'est ce qui permet d'avoir quelque chose à partager. Il ne s'agit pas de le vendre et le distribuer n'importe comment mais de permettre à la terre de donner son fruit. Et d'avoir un fruit à distribuer. Ce fruit n'est pas nécessairement monétisable: cela peut être la jouissance d'un coin de nature préservée, d'une famille stable, de relations riches
&c.
Le marché, s'il n'est pas un capitalisme de connivence, peut assurer plus sûrement que le Gosplan l'allocation optimale des ressources: j'achète si j'ai besoin et je produis si je vends. C'est aussi une forme de démocratie permanente: j'achète et je vends donc je suis.
Quant à la culture du déchet, je pense qu'il faut en venir à une analyse de la destruction et de la création de valeur. Il est évident que toute création de valeur s'accompagne quelque part de la consommation d'une autre valeur. Le pain nécessite de la farine (actif circulant). Le blé pousse sur une terre qui a été arraché à l'état sauvage (immobilisation corporelle). Dans la gestion environnementale, une réserve naturelle représente une destruction de valeur pour les exploitants habituels. Mais elle peut générer de la valeur, dès lors que des espèces de haute qualité peuvent être pêchées au large de Port-Cros.
Cela traduit une mauvaise interprétation de la doctrine de la subsidiarité. J'aurai inversé la construction de l'encyclique en partant de l'action individuelle et du génie des familles et de la libre entreprise. L'Etat n'est que le délégataire de ses sujets et citoyens.
Notons juste que le Chili a relevé la tête après avoir libéré la société du bolchevisme d'Allende grâce à Pinochet. L'Argentine, grande puissance économique en 1945, ne pèse plus très lourd après le désastre péroniste.
Saint Jean-Paul II le Grand, venez-lui en aide!