Lu sur le site du
Figaro :
L'Église pourrait dire oui à ceux qui se prépareront à retrouver la communion
"INTERVIEW - Le cardinal Walter Kasper, dont l'ouvrage La Miséricorde (Éditions des Béatitudes) vient de paraître en France, fait le point, en exclusivité pour Le Figaro, sur le synode sur la famille.
Le Figaro. - L'Église publie le document de travail du synode sur la famille. Comment résumer l'état de la question?
Walter KASPER. - Nous parlons beaucoup du synode mais nous sommes, en réalité, dans le sillage du concile Vatican II, qui fut un nouveau printemps pour l'Église. Nous ne pouvons pas faire marche arrière, même si des petits groupes le veulent. La grande majorité de l'Église veut avancer, et nous avons besoin d'une nouvelle impulsion dans l'application de ce concile. De ce point de vue, l'idée du pape François de mettre au centre la miséricorde est géniale! [...] (
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Le document préparatoire du synode sur la famille devrait être en revanche plus réservé sur les homosexuels.
"Ce n'est pas un dossier d'été mais il est chaud et sera tranché cet automne à Rome: L'Église fera-t-elle, ou non, un pas en direction des divorcés remariés? La réponse sera donnée lors de la seconde session du synode sur la famille, du 4 au 25 octobre. À Rome, elle réunira, sous l'égide du Pape, évêques et experts venus du monde entier avec à l'ordre du jour une refonte de ce que l'Église catholique appelle «la pastorale de la famille». C'est-à-dire sa vision, à échelle globale et pas seulement occidentale, de tout ce qui touche le mariage catholique, sa préparation mais aussi la gestion de ses échecs et la question des couples homosexuels.
Cet immense chantier, très complexe sur le plan théologique, le pape François a voulu le mettre sur la table parce qu'il constate que l'idéal du mariage catholique est en perte de vitesse. Il lui paraît de sa responsabilité d'apporter des réponses à des questions jusque-là laissées en suspens. Ainsi du sort des divorcés remariés qui ne sont pas admis à participer aux sacrements de l'Église comme la confession, la communion et l'extrême-onction.
François a voulu donner à l'Église le temps de réfléchir à des réformes, d'où cette idée inédite d'organiser ce synode en deux sessions, octobre 2014 et octobre 2015, et de lancer le débat, à la base de l'Église, via un questionnaire adressé à tous les catholiques. Une multitude de paroisses ont répondu. Ce mardi, Rome publie la synthèse de cette phase de consultations en vue des travaux de la session d'octobre. Techniquement cette synthèse s'appelle «l'instrument de travail», «instrumentum laboris». C'est un document de deux cents pages qui aborde tous les problèmes à traiter cet automne.
Sans résumer ce synode dont l'ampleur embrasse l'immense question de la famille, il est clair que le chapitre «divorcés remariés» demeure le plus attendu. Comme jamais depuis le concile Vatican II (1962-1965), il a suscité un débat frontal et public entre cardinaux de haut rang mais également à tous les étages de l'Église. Certains pensent que l'Église ne peut pas admettre les divorcés remariés à la communion. Cette option, du reste, n'a pas obtenu la majorité requise des deux tiers au synode d'octobre 2014. Mais ce n'est pas l'avis du cardinal Kasper. En faveur de la réforme, ce proche conseiller théologique du Pape s'explique en exclusivité au Figaro. Le document romain présenté ce mardi devrait d'ailleurs confirmer cette volonté, même s'il pourrait en revanche geler toute évolution en faveur des couples homosexuels." (
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