Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 780737 )Question aux liseurs:demande d'aide par Jean Kinzler (2015-06-11 11:06:26) 

Bonjour, dans ma conférence saint Vincent de Paul, une personne affirme qu'être chrétien ce n'est pas croire en des dogmes mais adhérer à une personne, Jésus-Christ...
Comment lui répondre?
merci de me donner des pistes pour m'aider.
JK
images/icones/fleche2.gif  ( 780739 )Suggestion par Jeanne Smits (2015-06-11 11:57:41) 
[en réponse à 780737]

Si on adhère au Christ, qui est la Vérité, et qui a confié l'enseignement de la vérité à l'Eglise, comment ne pas adhérer aux dogmes que celle-ci enseigne ?

Si je ne crois pas en tel dogme, c'est que que je n'adhère pas totalement au Christ. Je n'ai pas la vraie foi.

Pour reprendre les mots de saint Thomas d'Aquin : " La foi est un habitus de
l’esprit par lequel la vie éternelle commence en nous et qui fait adhérer l’intelligence à ce qu'on ne voit pas. "

Amitiés
Jeanne Smits
images/icones/1a.gif  ( 780740 )Vigilance. par Castille (2015-06-11 12:21:42) 
[en réponse à 780737]

Certains prétendre "suivre le Christ" et se passer de son enseignement (entendre de l'Eglise). Ils sont tous apôtres maintenant directement touchés par un Dieu qui se retrouve de moins en moins être Jésus-Christ.

Pour rester avec Saint Thomas d'Aquin : Nous nous appuyons sur l'ouïe pour croire en Vous. Encore une fois sur les dogmes, sur son enseignement transmis par son Eglise.

"O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours a Vous"
images/icones/1g.gif  ( 780742 )Adhérer à la personne du Christ par Jean-Paul PARFU (2015-06-11 12:42:07) 
[en réponse à 780737]

C'est forcément croire en les 3 principaux dogmes du christianisme :

- la Trinité,
- l'Incarnation,
- la Rédemption.

En réalité, ce qu'on vous oppose, c'est une pirouette intellectuelle qui a pour origine la domination culturelle de l'idéologie des Lumières et de la Franc-Maçonnerie au sein de notre société.

Selon l'idéologie des Lumières et la Maçonnerie, les dogmes, en effet, sont à bannir, parce qu'ils iraient contre la raison, contre la liberté de conscience et la liberté tout court.

Dès lors, dans ce climat, on prétend rester chrétien en se pliant à la domination culturelle de l'adversaire idéologique en affirmant qu'on est contre les dogmes, qui seraient méchants et indéfendables, mais pour Jésus, qui serait "sympa" et "cool" ... !!!
images/icones/1p.gif  ( 780750 )Maître, je vous aime bien, mais par megnace (2015-06-11 13:39:21) 
[en réponse à 780742]

omettre, dans les dogmes principaux, la Résurrection de Jésus, c'est fort de café.

Si Jésus n'est pas ressuscité, ma foi est vide, écrit à peu près Saint PAUL.
images/icones/1j.gif  ( 780764 )Euh, Hum, hum ! par Jean-Paul PARFU (2015-06-11 14:35:34) 
[en réponse à 780750]

Megnace, vous déviez le fil sur mon post, de surcroît en vous égarant quelque peu.

Vous devriez lire ceci
images/icones/fleche2.gif  ( 780762 )Ce n'est pas tout à fait faux par Toussaint (2015-06-11 14:24:37) 
[en réponse à 780737]

L'adhésion à Notre-Seigneur est première, mais par cohérence, il est aussi nécessaire d'adhérer aux dogmes :

« Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi et moi en vous. Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l’aimerai et je me manifesterai à lui."



St Jean 14, 15-21
images/icones/fleur.gif  ( 780763 )On adhère à Jésus-Christ par Rémi (2015-06-11 14:31:44) 
[en réponse à 780737]

parce qu'il est Dieu, qu'on le reconnait comme Dieu. Sinon c'est adhérer à un simple humain qui a dit des choses intéressante, mais ce n'est pas "de la religion", ce n'est donc pas du christianisme, ce n'est pas être chrétien.


Or, reconnaître que Jésus est Dieu, c'est adhérer à un dogme (au moins, cf. JPP ci-dessous), celui de sa Divinité, tout bêtement.

Effectivement vous avez affaire à un artifice rhétorique, sûrement inconscient, mais ne vous privez pas de cette occasion d'apostolat ... à l'endroit de votre frère chrétien mais manquant de certains repères simples, assurément.
images/icones/1b.gif  ( 780766 )Qu'est-ce que ça veut dire "apprivoiser"? par PEB (2015-06-11 15:02:59) 
[en réponse à 780763]

La réponse du renard est éclairante. On s'approche doucement l'un de l'autre. On apprend à se connaître.

Adhérer à Jésus, c'est accepter de se mettre sous son regard et de mettre Jésus sous le nôtre. Le dogme est un moyen sûr authentique et fiable de bien reconnaître, en Eglise, le même Seigneur. Dire ce qu'Il est et ce qu'Il n'est pas, savoir ce que nous sommes et ce que nous sommes pas, c'est mettre la relation dans la vérité.
Le dogme, enfin, c'est le condensé du témoignage ininterrompu qui remonte à ceux qui L'ont connu. C'est la porte vers le Jésus réel que nous fait adorer toute la Tradition toujours et encore vivante aujourd'hui.

A contrario, dire adhérer à Jésus mais se ficher des dogmes, c'est se complaire dans le mensonge. Car ce n'est pas le Maître que l'on écoute stupéfait au pied de la Montagne ou au bord du Lac. Il s'agit plutôt d'une idole des plus perverses: un faux visage du Rédempteur que l'on se construit à son image et ressemblance.
Ce rejet du bon vieux magistère mène in fine au fanatisme et au fatalisme les plus desséchants.
images/icones/neutre.gif  ( 780765 )Adhésion par Jacques (2015-06-11 15:00:18) 
[en réponse à 780737]

NSJC n'est pas un parti politique auquel on adhère un peu par défaut, faute de mieux sur le marché. J'avoue que le terme même d'adhésion me paraît peu adapté, puisque c'est la foi qui est ici la question.

Un prêtre m'a dit un jour qu'au final, inconsciemment ces gens là rejette la personne même du Christ, car comme le disent très justement les autres commentaires, croire dans le Christ c'est nécessairement croire dans l'enseignement des Evangiles mais aussi dans les enseignements de la Tradition, les dogmes en faisant évidemment parti intégrante. L'Eglise à la carte est contraire à la Foi, contraire à la Justice que nous devons à NSJC.

La foi n'est pas question d'adhésion, cela paraît bien trop superficiel et permet justement de rejeter ce qui nous dérangerait dans l'enseignement de la Ste Eglise.
images/icones/hein.gif  ( 780768 )Adhésion tout de même par Rémi (2015-06-11 15:16:13) 
[en réponse à 780765]

de l'intelligence à ce que l'Eglise nous propose de croire, soumission de la même intelligence à ce qui la dépasse et qui tient des Mystères. Voilà la foi, me semble-t-il. Ni fidéisme aveugle, ni libre examen, élévation par la compréhension et le secours de Dieu, abaissement devant ce qui toujours nous dépassera et par les épreuves que Dieu permet, acceptation fidèle des enseignements de l'Eglise, relation personnelle au Seigneur, voire "rencontre" dans la prière privée et celle publique de l'Eglise, singulièrement dans les sacrements, mais encore dans les pauvres, les malades, les prisonniers etc. pour rejoindre le contexte dont nous parle M. Kinzler et que j'ai aussi connu un peu ...

Etant entendu que la foi demeure un don gratuit de Dieu.


Qu'on me corrige ...
images/icones/hum2.gif  ( 780770 )Tenez, un cas douloureux par Rémi (2015-06-11 15:37:09) 
[en réponse à 780768]

qui m'est proche (pardon de faire un peu dévier le fil) :

"Etant entendu que la foi demeure un don gratuit de Dieu."


Que penser et que faire pour une personne qui veut croire, qui aspire à la foi, qui la désire, qui prie sincèrement pour l'obtenir, et qui n'obtient, de ce qu'elle en dit, que silence, impression de monologue, voire de néant ?


Je prie pour elle, nous essayons d'avoir des conversations, bien sûr je lui ai recommandé des prêtres ... mais voilà. J'ai peur qu'elle ne désespère, car prier un Dieu auquel on ne croit pas encore pour obtenir de Lui que justement Il fasse le don de la foi, je pourrais comprendre qu'à force cela semble absurde ... Remarquez, sa persévérance et peut-être déjà un résultat ...
images/icones/5a.gif  ( 780777 )Le premier degré de la Foi par PEB (2015-06-11 16:23:19) 
[en réponse à 780770]

Vouloir la Foi, c'est déjà avoir la Foi. Ce mouvement de l'être est déjà tendu vers le Ciel. Et c'est l'Esprit-Saint qui inspire ce désir.

Il est de ces êtres ardents que l'épreuve du désir insatiable du Souverain Bien creuse. Dans sa nuit apparente, sans doute votre ami ne voit-il pas qu'il est déjà une lumière éclatante aux yeux des autres: aveuglé qu'il est par la propre lumière qu'il dégage: c'était le drame de la bienheureuse Mère Térésa.

Ne faut-il pas demander un abandon de l'âme: je ne te comprend pas, ô Dieu caché, visite le sanctuaire de mon âme, ô toi qui frappes à ma porte?
Dieu est le Très-Haut. Il est donc tout autre que ce qu'on l'imagine. Il n'est ni le tremblement de terre, ni le feu, ni la foudre mais le murmure de la brise légère ou encore le bruit d'un fin silence (cf. 1R 19, 12). Peut-être que votre ami cherche son Rédempteur dans des sensations fortes. Mais ce n'est pas sur ce mode qu'Il veut se faire reconnaître de son ami.

Après le temps de la tristesse, viens le temps de la joie, c'est-à-dire la possession paisible de la grâce. La Grâce, c'est de voir Dieu non comme un juge mortel mais comme un Ami, un Frère, un Père. Peut-être que notre prière doit-elle être: Dieu notre Père, Dieu notre Frère, Dieu notre Ami Consolateur, permets que nous soyons amis, Toi l'Inconnaissable Qui Se révèles à moi. Le Ciel fera le reste.
C'est cela, au fond, la Foi: illuminé par le Sauveur, le petit pâtre sourit à l'Enfant et Lui chante: Gloria in excelsis! Il n'y a pas besoin de grande préparation extraordinaire.
images/icones/coeur.gif  ( 780781 )Merci par Rémi (2015-06-11 16:37:20) 
[en réponse à 780777]

de vos paroles très belles, très vraies, et très réconfortantes. Je vais essayer d'en faire mon beurre, de les "traduire" et de les "appliquer" au profit mon ami, avec sa bonne volonté (vraiment, sa persévérance est édifiante, je ne puis de toutes façons croire qu'elle soit in fine stérile !! ) et le secours de Dieu.



Mais d'ores et déjà c'est un véritable baume au cœur que vous m'apportez, personnellement. Je sais bien ces choses "intuitivement", mais je crois qu'elles ne sont pas assez "carrées" pour moi en quelque sorte. Vraiment merci, PEB.
images/icones/croix.gif  ( 784547 )Merci à nouveau ! par Rémi (2015-08-01 18:06:09) 
[en réponse à 780777]

On avance ... probablement vers l'entrée en catéchuménat en octobre, si Dieu veut. "Il est de ces êtres ardents ... " écriviez-vous ...


Je tiens à vous dire que c'est en bonne partie dû à vos quelques mots, qui m'ont mieux éclairé sur ce problème, et permis de trouver les miens.



Merci PEB. Et merci Seigneur !
images/icones/neutre.gif  ( 780988 )C'est pourtant la "procédure" irrévocable par Castille (2015-06-13 20:43:19) 
[en réponse à 780770]

ll faut prier....et attendre.

Frapper, frapper, frapper Frapper, frapper, frapper Frapper, frapper, frapper Frapper, frapper, frapper. Dieu nous exauce quelquefois pour "avoir la paix" comme le juge inique de la Bible ou encore cet ami qui rallume et redescend ouvrir. Notre Seigneur lui-même n'a pas craint de comparer son Père a ses personnages, qui de notre point de vue humain, nous semblent quelque peu....capricieux.

Mais cela permet d'éprouver notre courage et notre persévérance.

PS/ Vous avez raison de l'accompagner de vos prières.

"O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours a Vous"
images/icones/fleche2.gif  ( 780774 )Jacques comprend le mot adhésion par Jean-Paul PARFU (2015-06-11 15:48:01) 
[en réponse à 780768]

Dans son acception récente, au sens où l'on parle de l'adhésion à un parti ou à un club.

Il ne s'agit pas de cela, évidemment !
images/icones/fleur.gif  ( 780779 )Certes mais il me semble par Rémi (2015-06-11 16:25:48) 
[en réponse à 780774]

que l'adhésion de l'ami de M. Kinzler ne s'entend pas non plus comme une adhésion à un club ou un parti, mais comme une adhésion en quelque sorte mystique à la personne de Jésus-Christ, qui serait possible débarrassée de tout dogme. Ce qui est antinomique, puisqu'on adhère à la personne du Christ en tant qu'il est Dieu, ce qui est déjà un dogme.
images/icones/hum2.gif  ( 780773 )Le problème par Yves Daoudal (2015-06-11 15:46:13) 
[en réponse à 780737]

est que, quelle que soit la réponse qu'on donnera à cette personne, elle répondra que c'est ce que le pape répète tous les jours et que c'est donc forcément vrai.
images/icones/fleche2.gif  ( 780775 )Une foi sans dogme ! par Jean-Paul PARFU (2015-06-11 15:49:10) 
[en réponse à 780773]

C'est cela en effet !
images/icones/fleche2.gif  ( 780782 )fausse dichotomie par Leonid (2015-06-11 17:11:43) 
[en réponse à 780737]

Il s'agit d'une fausse dichotomie. L'adhésion à Jésus-Christ en tant que personne du Verbe de Dieu incarné, implique aussi de faire confiance à ses paroles, aux enseignements qu'il a transmis aux Apôtres, ainsi qu'au secours de l'Esprit-Saint qui se perpétue dans l'Église.

«Mais le Paraclet, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit» (Jn 14, 26).

« J'ai encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. Mais quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière; car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu'il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir. » (Jn 16, 12-13).

Si c'est vrai que la foi est d'abord avant tout de l'ordre de la relation (avec Dieu), avant d'être des connaissances dogmatiques, elle implique un assentiment de la volonté mais *aussi* de l'intelligence.



images/icones/bible.gif  ( 780785 )"il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu'il entendra, il le dira" par Rémi (2015-06-11 17:39:23) 
[en réponse à 780782]

Si l'on s'interrogeait comme moi tout à l'heure sur le sens de ces paroles, surprenantes au premier abord, puisque l'Esprit-Saint étant Dieu Lui-Même, il ne saurait tenir d'un autre la science qu'il transmet, voici quelques commentaires éclairants réunis par saint Thomas.




— Saint Jean Chrysostome : (hom. 78). Ces paroles : « Vous ne pouvez porter maintenant ces vérités, » (mais vous le pourrez plus tard) et ces autres : « L'Esprit saint vous conduira à toute vérité, » pouvaient donner aux Apôtres la pensée que l'Esprit saint était plus grand que lui, il se hâte donc d'ajouter : « Car il ne parlera pas de lui-même, et il vous annoncera les choses à venir».


(Discutable à mon avis, car cela signifierait que Notre Seigneur aurait commis un impair dans son propos aux Apôtres et quant à leurs possibilités de compréhension, que pourtant il connaissait parfaitement, impair, "bourde" , qu'Il se serait empressé de corriger, de rattraper ? Curieux. N.d. Rémi)




- Saint Augustin : (Traité 99 sur Saint Jean). Ces paroles sont semblables à celles que le Sauveur dit de lui-même : « Je ne puis faire rien de moi-même, mais je juge suivant ce que j'entends, » toutefois il parlait ainsi en tant qu'homme.

— Or, comme l'Esprit saint n'est pas devenu créature par son union à un être créé, comment entendre en lui ces paroles de Notre Seigneur ? Nous devons les entendre dans ce sens que l'Esprit saint n'existe point par lui-même, car le Fils est né du Père, et l'Esprit saint procède du Père; or quelle différence entre procéder et naître, c'est ce qui demanderait de longues discussions et ce qu'il serait téméraire de définir. Entendre pour l'Esprit-Saint, c'est savoir, et savoir, c'est être. Puisque donc l'Esprit saint n'existe pas de lui-même, mais par celui de qui il procède, il reçoit la science et la propriété d'entendre de celui duquel il reçoit l'être. L’Esprit saint entend donc, toujours parce qu'il sait toujours; c'est donc de celui qui lui a donné l'être qu'il a entendu, qu'il entend et qu'il entendra.





— Didyme : (De l'Esprit saint). Notre Seigneur dit donc : « Il ne parlera pas de lui-même, » c'est-à-dire sans la volonté de mon Père et la mienne; parce qu'il n’existe pas de lui-même et tire son existence de mon Père et de moi, et c'est de mon Père et de moi qu'il a reçu d'être, et de parler. Pour moi, je dis la vérité, c'est-à-dire je lui inspire ce que je dis, car il est l'Esprit de vérité. Lorsqu'il s'agit de la Trinité, il ne faut point entendre ces expressions dire et parler dans leur signification ordinaire, mais dans le sens qui seul peut convenir aux natures incorporelles, et surtout à la Trinité qui inspire sa volonté dans le cœur des fidèles et de ceux qui sont dignes d'entendre sa voix. Pour le Père parler, et pour le Fils entendre, est le signe d'une entière égalité de nature, et d'une parfaite unité de volonté. Quant à l’Esprit-Saint, qui est l’Esprit de vérité, l'Esprit de sagesse, lorsque le Fils parle, on ne peut dire qu'il entend ce qu'il ne sait pas, puisqu'il est lui-même ce qui sort du Fils, la vérité qui procède de la vérité, le consolateur qui émane du consolateur, le Dieu Esprit de vérité qui procède de Dieu. Et afin que personne ne lui attribuât une volonté différente de celle du Père et du Fils, Notre Seigneur ajoute : « Ce qu'il entendra, il le dira. »



— Saint Augustin : (De la Trin., 2, 43) On ne peut conclure de là que l'Esprit saint soit inférieur [au Père et au Fils], car ces paroles doivent s'entendre de lui en tant qu'il procède du Père.




— Saint Augustin : (Traité 99 sur Saint Jean). Il ne faut pas s'étonner que le verbe « il entendra » soit au futur, le Saint-Esprit entend de toute éternité parce qu'il sait de toute éternité. Or quand il s'agit d'un être éternel sans commencement comme sans fin, quel que soit le temps qu'on emploie, [il n'est pas contraire à la vérité]. Quoique cette nature immuable ne soit pas susceptible de passé et de futur, mais seulement du présent, cependant on ne parle point contre la vérité en disant : « Il a été, il est, et il sera, » il a été, car il n'a jamais cessé d'être; il sera, parce que son existence n'aura jamais de fin; il est, parce qu'il existe toujours.
images/icones/fleche3.gif  ( 780784 )Nul ne peut séparer ce que Dieu unit... par Glycéra (2015-06-11 17:31:25) 
[en réponse à 780737]



Comme Sieur Leonid, je tenterai de montrer que la question est une fausse opposition.

Ce n'est pas OU Jésus OU les dogmes, c'est ET.

Croire en Jésus, Dieu, le dire, et refuser ses oeuvres n'a pas de sens. Qui dit qu'il aime Dieu et refuse son frère est un menteur. Qui dit suivre Jésus et refuser son épouse (Eglise) l'est aussi.

Seule elle peut donner Jésus.
Dire qu'on croit, et refuser les sacrements n'est pas dans la logique de Jésus.
Qui adhère par la foi, en pensant que c'est l'amour et la volonté, et en refusant le reste est comme un mutilé : que fait-il de sa mémoire, de son intelligence, de sa raison ?

Le dogme, la doctrine, est la partie qu'on peut enseigner.
C'est la deuxième jambe pour avancer sur la route chrétienne.
Nul ne peut y échapper, sauf à boitiller à cloche-pied, et donc chuter bientôt.

Jésus a fondé l'Eglise.
Il a donné un chef.
Il a confié les clefs pour délier...
Nul ne le peut faire autrement, c'est doctrinal.
Le dogme précise, pour qui n'a pas une foi implicite, infuse, pure.
Bref, pour tout un chacun de nous, qui a besoin d'apprendre à marcher en marchant, car nul ne sait voler comme un aigle en cette vie...

Ce que votre ami veut dire est-il : il est des gens qui ferment le ciel en se contentant des dogmes et des murs d'une bibliothèque ? Voit-il les dogmes comme des formulations qui bloquent l'élan des coeurs ? Pense-t-il que les gens simples auront de mauvaises notes aux congrès de théologie, et se verront refuser l'entrée dans l'Eglise céleste pour cette raison ?

Alors, ils refusent les lourdauds qui se cramponnent aux textes sans voir l'Esprit qui y chante. Ils ont raison de refuser les lourdeurs. Mais pas raison de refuser de vérifier les fondations, le roc, où s'appuie la Foi dans les période de doute, ou les incertitudes des moments de nuits de l'âme.

Glycéra
images/icones/nounours.gif  ( 780792 )par une citation de Jésus très simple par Luc Perrin (2015-06-11 20:25:29) 
[en réponse à 780737]

« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

Vous lui demandez ensuite ce que "vérité" veut dire ... si ce n'est "dogmes".
Il n'y a donc aucune contradiction, aucune opposition entre la personne du Christ et le "Verbe".
images/icones/fleche2.gif  ( 780818 )Justement non par Ion (2015-06-12 10:24:42) 
[en réponse à 780792]

Vérité ne veut pas dire dogmes. Vérité veut dire Jésus-Christ. Quant à affirmer qu'il n'y a aucune opposition entre Jésus-Christ et le Verbe, j'avoue ne pas comprendre ce que vous voulez dire, car Jésus-Christ est le Verbe.

Il fallait en rester à votre première citation, qui va dans le sens de ce que dit l'ami de JK "Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi".

Jésus ne dit pas "personne ne va vers le Père sans passer par les dogmes" !

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 780813 )Adhérer à la Personne de Jésus-Christ par Peregrinus (2015-06-12 08:56:29) 
[en réponse à 780737]

Adhérer à la Personne de Jésus-Christ, y adhérer vraiment, suppose d'adhérer à toutes ses paroles.
La personne du Christ n'est pas une sorte d'abstraction ou d'ectoplasme : elle est telle que l'enseigne l'Eglise éclairée par les lumières du Saint-Esprit, telle que Notre-Seigneur a parlé de lui-même à ses disciples.
Adhérer à la personne de Jésus-Christ sans adhérer à ce qui nous permet de la connaître, de nous introduire dans sa vie intime, serait parfaitement réducteur voire contradictoire.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 780814 )Jésus n'est pas un dogme par Jean Ferrand (2015-06-12 09:16:07) 
[en réponse à 780813]

Jésus n'est pas un dogme (une vérité définie par l’Église, ou par les apôtres). Il est la Vérité, bien antérieure à l’Église et bien antérieure aux apôtres. Le problème, c'est que c'est Jésus-Christ lui-même qui nous a fourgué l’Église..."Qui vous écoute m'écoute". (Lc 10, 16).
images/icones/fleche2.gif  ( 780815 )Dites à votre ami qu'il a 100% raison par Ion (2015-06-12 09:32:19) 
[en réponse à 780737]

La lettre de St Paul aux Romains est très claire là-dessus. Ce n'est pas la Loi (les dogmes) qui sauvent, mais la foi en Jésus-Christ. La Loi, ajoute-t-il, fait seulement connaître le péché.
Les dogmes viennent après la foi en Jésus-Christ. La Loi donnée par la foi en Jésus-Christ, pour tous ceux qui croient (Ro 2,22)

Votre ami a donc 100% raison. Sauf s'il voulait s'affranchir des dogmes, mais rien dans ce que vous écrivez ne le laisse supposer.

Ion
images/icones/fleche2.gif  ( 780816 )Exact, sauf que par Jean Ferrand (2015-06-12 09:45:24) 
[en réponse à 780815]

Exact, sauf que votre citation de saint Paul n'est pas juste : "Justice de Dieu, par la foi en Jésus-Christ, à l'adresse de tous ceux qui croient." (Rm 3, 22 et non 2, 22). (B.J.).

N.B. Bien vérifier ses citations bibliques avant de les alléguer. On se trompe une fois sur deux.
images/icones/fleche2.gif  ( 780817 )Oui, justice dans le sens de justifier (être sauvé) par Ion (2015-06-12 10:13:45) 
[en réponse à 780816]

Voici, dans la traduction liturgique les versets 20 à 22 du Ch 3


20 Ainsi, par la pratique de la Loi, personne ne deviendra juste devant Dieu. En effet, la Loi fait seulement connaître le péché.
21 Mais aujourd’hui, indépendamment de la Loi, Dieu a manifesté en quoi consiste sa justice : la Loi et les prophètes en sont témoins.
22 Et cette justice de Dieu, donnée par la foi en Jésus Christ, elle est offerte à tous ceux qui croient. En effet, il n’y a pas de différence :

images/icones/fleche2.gif  ( 780819 )La vraie référence Ro. 3,22 par Jean-Paul PARFU (2015-06-12 10:27:28) 
[en réponse à 780815]

Est celle-ci :

"Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n'y a point de distinction. Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu… ici

Encore une fois, St Paul oppose ici la loi de l'Ancien Testament à la foi en Jésus-Christ du Nouveau. (St Paul oppose la foi en Jésus-Christ aux œuvres de la loi de Moïse et non la foi aux œuvres, c'est-à-dire à la charité, comme le prétendent les Protestants) !

Conclusion : la loi de l'Ancien Testament préparait, prévoyait la foi en Jésus-Christ du Nouveau Testament. La loi (de Moïse) ne peut justifier et c'est la foi en Jésus-Christ qui, seule, justifie devant Dieu, que ce soit les juifs ou les païens.
images/icones/fleche2.gif  ( 780821 )Justitia par Jean Ferrand (2015-06-12 10:55:30) 
[en réponse à 780819]


iustitia autem Dei per fidem Iesu Christi, in omnes, qui credunt. Non enim est distinctio : (Rm 3, 22).



Justice de Dieu ne signifie pas exactement être sauvé mais être juste devant Dieu, en état de grâces.
images/icones/neutre.gif  ( 780869 )Très curieux par Peregrinus (2015-06-12 19:16:30) 
[en réponse à 780815]

Mais où saint Paul identifie-t-il les dogmes et la Loi ? La Loi est un ensemble de préceptes à pratiquer, et non un ensemble de vérités qu'il faut croire.
Il me semble donc que vous détournez ici le texte de l'Apôtre, et que de surcroît la position que vous défendez n'est pas tout à fait celle de l'Eglise (cf. Dei Filius, chap. III).

Quant à la priorité de la foi sur les dogmes, nous sommes bien d'accord pour dire qu'il est possible d'adhérer au Christ par la foi sans avoir la connaissance explicite de tous les dogmes : mais alors cette adhésion contient, quoique de manière non explicite, l'adhésion à ces dogmes qui ne sont pas encore connus (et ne le seront peut-être jamais de ce chrétien sur cette terre).
En revanche prétendre adhérer au Christ en refusant les dogmes qui ne sont rien d'autre, en définitive, que ce qu'il a enseigné de lui-même, les paroles mêmes du Verbe, n'a absolument aucun sens.

Peregrinus
images/icones/1d.gif  ( 780822 )Comme Paul Valéry par ptk (2015-06-12 11:08:22) 
[en réponse à 780737]

en lui disant qu'il n'y a que les moules et les imbéciles qui adhèrent!
images/icones/ancre2.gif  ( 784557 )La foi a un contenu par Paterculus (2015-08-01 23:37:53) 
[en réponse à 780737]

Quand l'Eglise catholique a publié son catéchisme, celui-ci a été présenté comme explicitant le contenu de la foi.
Dans "La Vie - Hebdo" un prêtre a réagit : "Première nouvelle : la foi a un contenu" -ce fut un tollé même chez les abonnés fidèles.

Etre chrétien c'est adhérer au Christ, c'est une tautologie. Et cette adhésion se fait dans l'amour. Peut-on dire en vérité qu'on aime quelqu'un qu'on ne connaît pas ?
Pour adhérer au Christ il faut le faire en vérité, il faut savoir qui est Celui à Qui on adhère. Cela suppose qu'on ait un minimum de connaissances sur la Trinité, l'incarnation, etc. Et comme l'adhésion au Christ passe par la réception des sacrements, il faut aussi savoir ce qu'ils sont. Et comme l'adhésion au Christ implique qu'on l'imite, il faut connaître la morale chrétienne. Et comme l'imitation du Christ fait qu'on prie comme Lui, il faut bien recevoir des explications sur le Notre Père...

L'opinion de cette personne est très répandue aujourd'hui et elle est à l'origine de la dégénérescence de la catéchèse. Au lieu d'enseigner les vérités de la foi, comme le demande le droit canon, on veut seulement que les enfants "fassent un bout de chemin avec Jésus". Le résultat est que ceux qui ignorent ce qu'est la messe n'y vont plus, et ceux qui ignorent ce qu'est la confirmation ne la demandent pas ; et que ceux à qui les musulmans demandent "Tu crois, toi, que Dieu a un Fils" ne savent pas quoi répondre et risquent de partir pour le djihad.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleche2.gif  ( 784745 )Ce qui est second n'est pas secondaire, et est même nécessaire. par Scrutator Sapientiæ (2015-08-06 07:10:31) 
[en réponse à 780737]

Bonjour Jean Kinzler,

1. Ce qui est premier, c'est l'adhésion à Jésus-Christ.

Ce qui est second, c'est l'adhésion à des dogmes.

Mais ce qui est second n'est pas secondaire, et est même nécessaire, dans la mesure où les dogmes renvoient à des mystères qui renvoient eux-mêmes à Jésus-Christ, et qui découlent de son être et de son agir.

2. Ainsi, que vaudrait une phrase telle que celle-ci : "J'adhère à Jésus-Christ, mais je n'adhère pas à l'Incarnation" ? De quel Jésus-Christ pourrait-il s'agir, sinon d'un homme adopté par Dieu, et non du Verbe de Dieu, incarné dans un homme ?

Dans ce qui suit, je force un peu le trait, mais peut-être pas beaucoup, en fait.

3. Aujourd'hui, disons au moins depuis 1945,

- on ne veut plus que la Foi catholique ait avant tout une vertu informative, dans l'ordre de la connaissance de Dieu,

mais

- on veut que la Foi catholique ait avant tout une vertu performative, dans l'ordre de l'action dans le monde.

4. Par ailleurs, beaucoup croient, font croire ou laissent croire que la référence dogmatique à la vérité révélée est plutôt un obstacle à l'adhésion à Jésus-Christ, parce que, comme je l'ai déjà entendu, "Jésus-Christ est une personne, alors que la vérité est une idole".

5. C'est absurde, ou c'est un sophisme, d'inspiration indirectement ou infidèlement heideggerienne, notamment parce que Jésus-Christ EST la Voie, la Vérité, la Vie, et parce qu'aucune référence dogmatique à la vérité révélée, dès lors qu'elle est bien comprise, ne constitue un obstacle à l'adhésion à celui qui est l'Incarnation de la vérité, ou la vérité incarnée.

6. Etre chrétien ce n'est donc pas AVANT TOUT croire en des dogmes, c'est AVANT TOUT adhérer à une personne, Jésus-Christ,

- mais, d'une part, l'adhésion à Jésus-Christ ne rend pas escamotable ni facultative l'adhésion à des dogmes, sinon il n'y aurait plus besoin du Credo,

- et, d'autre part, même l'adhésion à Jésus-Christ, nécessite, présuppose, la connaissance, la compréhension, la reconnaissance d'un minimum d'informations sur Jésus-Christ, cette "précompréhension" de Jésus-Christ pouvant être, dans sa forme, à caractère non dogmatique, mais ne pouvant pas, dans son fond, contredire, falsifier, "dépasser" ou "périmer" telle ou telle définition à caractère dogmatique.

7. Des phrases telles que :

- "avant, on croyait que Dieu est Créateur et Juge, mais aujourd'hui, on sait que Dieu est Amour et n'est qu'Amour",

- "avant, on croyait que la vérité est une certitude définie et orthodoxe, mais aujourd'hui, on sait que la vérité est un dévoilement progressif et pluraliste",

sont à peu près aussi BIAISEES que la phrase que vous citez : "être chrétien ce n'est pas croire en des dogmes mais adhérer à une personne, Jésus-Christ".

8. Les "répétiteurs" de ces phrases en ont-ils seulement conscience ? Ont-ils bien conscience du fait que leur explicitation porte en elle un potentiel de fragilisation, et non de clarification, de la Foi catholique ?

Les questions que l'on devrait pouvoir (se) poser dans l'Eglise, sont à peu près les suivantes :

- par quels moyens, et surtout pour quelles raisons, l'adogmatisme, voire l'anti-dogmatisme, a-t-il été élevé au rang de quasi-dogme ?

- par quels moyens, et surtout pour quelles raisons, a-t-on "à ce point là", pour ainsi dire, fait prévaloir la mise en oeuvre de "l'authenticité spirituelle", au détriment de la prise en compte de "l'exactitude dogmatique" ?

- pourquoi un mode de raisonnement "métaphysique" ou "substantialiste" est-il dorénavant considéré comme inapproprié, voire comme incompatible, vis-à-vis du christianisme catholique ?

Si qui que ce soit dispose d'éléments de réponse, merci beaucoup pour tout message...

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.