«Si on pense que même dans le rite du baptême, on ne mentionne plus le mot "foi", lorsque les parents sont invités à dire ce qu'on demande pour l'enfant à l'Église de Dieu, on peut comprendre l'ampleur du problème.»
Célébrant :
Que demandez-vous pour N.................à l’Eglise de Dieu ?
Parents :
Le Baptême
« Que demandez-vous pour votre enfant à l’Église de Dieu ? » C’est la première question que le célébrant pose aux parents sur le seuil de l’église. Nous répondons : « Le baptême » mais les réponses peuvent être diverses : « la foi, la grâce du Christ, l’entrée dans l’Église, la vie éternelle etc… »
Dans la recherche d'une réponse, je voudrais partir de la forme classique du dialogue par lequel le rite du Baptême exprimait l'accueil du nouveau-né dans la communauté des croyants et sa renaissance dans le Christ. Le prêtre demandait d'abord quel nom les parents avaient choisi pour l'enfant, et il poursuivait ensuite par la question: « Que demandez-vous à l'Église? » Réponse: « La foi ». « Et que donne la foi? » « La vie éternelle ».
nombreux sont les témoignages de prêtres qui ont vu le bébé réagir aux exorcismes (ce qui ne signifie pas - ou pas nécessairement ! - que le bébé soit possédé, mais il est arraché au pouvoir du péché et du démon)
L’aveugle jeta son manteau,
bondit et courut vers Jésus.
Remarquons aussi ce qu’il dit à l’aveugle qui s’approche : «Que veux-tu que je fasse pour toi?» Celui qui avait le pouvoir de rendre la vue ignorait-il donc ce que voulait l’aveugle? Non, bien sûr! Mais il veut que nous demandions les choses, bien que d’avance il sache que nous les demanderons et qu’il nous les accordera. Il nous exhorte à prier jusqu’à être importuns, lui qui affirme cependant : «Votre Père céleste sait de quoi vous avez besoin avant que vous ne le lui demandiez.» (Mt 6, 8). S’il interroge, c’est pour qu’on lui demande; s’il interroge, c’est pour exciter notre cœur à la prière. Aussi l’aveugle ajoute-t-il aussitôt : «Seigneur, que je voie!» Ce que demande l’aveugle au Seigneur, ce n’est pas l’or, mais la lumière. Il ne se soucie pas de demander autre chose que la lumière, car même s’il est possible à un aveugle de posséder quelque chose, il ne peut, sans lumière, voir ce qu’il possède. Imitons donc, frères très chers, cet homme dont nous venons d’entendre la guérison du corps et de l’âme. Ne demandons au Seigneur ni des richesses trompeuses, ni des présents terrestres, ni des honneurs passagers, mais la lumière; non la lumière circonscrite par l’espace, limitée par le temps, interrompue par la nuit, et dont nous partageons la vue avec les animaux; mais demandons cette lumière que seuls les anges voient avec nous, qui ne débute par aucun commencement et n’est bornée par aucune fin. Or le chemin pour arriver à cette lumière, c’est la foi. C’est donc avec raison que le Seigneur répond aussitôt à l’aveugle à qui il va rendre la lumière : «Vois! Ta foi t’a sauvé.»
Je pense que lors de la préparation de ce sacrement ou lors des entretiens avec les parents qui se méfient du Baptême, nous nous trouvons dans une situation missionnaire. C'est un message chrétien. Nous devons nous faire les interprètes de la réalité qui a son commencement dans le Baptême. Je ne connais pas suffisamment bien le Rituel italien.
Dans le Rituel classique, hérité de l'Eglise antique, le Baptême commence par la question: "Que demandez-vous à l'Eglise de Dieu?". Aujourd'hui, tout au moins dans le rituel allemand, l'on répond simplement: "Le Baptême". Cela n'explicite pas suffisamment ce qu'il y a à désirer. Dans le Rituel antique, l'on disait: "La foi". C'est-à-dire une relation avec Dieu. Connaître Dieu. "Et pourquoi - continue-t-on - demandez-vous la foi?". "Parce que nous voulons la vie éternelle". C'est-à-dire que nous voulons une vie sûre même au cours des crises à venir, une vie qui a un sens, qui justifie l'être humain. Ce dialogue, quoi qu'il en soit, doit être selon moi mis en oeuvre avec les parents avant même le Baptême.