Le Forum Catholique

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images/icones/bravo.gif  ( 779625 )Cardinal Sarah: dans le rite du baptême, on ne prononce plus le mot foi... par Gaspard (2015-05-29 16:59:02) 

Dans l'entretien du cardinal Sarah traduit par Benoït-et-moi ici, on peut lire dans la bouche du cardinal préfet de la Congrégation pour le culte divin :

«Si on pense que même dans le rite du baptême, on ne mentionne plus le mot "foi", lorsque les parents sont invités à dire ce qu'on demande pour l'enfant à l'Église de Dieu, on peut comprendre l'ampleur du problème.»



En quelques clics on trouve beaucoup d'exemples de cet oubli de la foi en France, par exemple pour le diocèse de Rennes ici::

Célébrant :
Que demandez-vous pour N.................à l’Eglise de Dieu ?

Parents :
Le Baptême



Le Service national de la pastorale sacramentelle et liturgique indique quant à lui ici que l'on peut aussi répondre autre chose, et, pourquoi pas, la foi:

« Que demandez-vous pour votre enfant à l’Église de Dieu ? » C’est la première question que le célébrant pose aux parents sur le seuil de l’église. Nous répondons : « Le baptême » mais les réponses peuvent être diverses : « la foi, la grâce du Christ, l’entrée dans l’Église, la vie éternelle etc… »



Le cardinal Sarah a peut-être aussi parlé du rite d'exorcisme évanoui dans le nouveau rite, ou du péché originel, carrément personna non grata.

Il est à espérer, vu la fonction du cardinal Sarah, que les diocèses entendent ce qui leur est dit ; ce n'est pas un tradi qui cherche la petite bête, mais préfet de la Congrégation pour le culte divin.

Pas sûr que cela suffise à faire tomber des lunettes roses vissées à fond...
images/icones/hum2.gif  ( 779631 )A espérer par AVV-VVK (2015-05-29 17:50:58) 
[en réponse à 779625]

On espère déjà des décennies également hors de la France. Combien de cardinaux n'ont pas suscité des attentes? Combien d' entretiens encourageants et révélateurs n'ont-ils pas donnés?
En réalité, rien ne bouge.
images/icones/neutre.gif  ( 779632 )C 'est le nouveau rituel offciel par Yves Daoudal (2015-05-29 18:04:30) 
[en réponse à 779625]

qui impose ce dialogue stupide: Que demandez-vous à l'Eglise ? Le baptême.

Ben oui. Si c'était pour autre chose je serais allé ailleurs...

Mais comme on peut tout modifier on peut répondre autre chose...

Joseph Ratzinger avait critiqué en profondeur ce nouveau rituel dans un texte de ses "Principes de la théologie catholique".

Et dans son encyclique Spe Salvi, Benoît XVI, au début du chapitre sur la vie éternelle, reprend ouvertement l'ancien rituel pour expliquer ce qu'il veut dire:

Dans la recherche d'une réponse, je voudrais partir de la forme classique du dialogue par lequel le rite du Baptême exprimait l'accueil du nouveau-né dans la communauté des croyants et sa renaissance dans le Christ. Le prêtre demandait d'abord quel nom les parents avaient choisi pour l'enfant, et il poursuivait ensuite par la question: « Que demandez-vous à l'Église? » Réponse: « La foi ». « Et que donne la foi? » « La vie éternelle ».



Le cardinal Sarah est très ratzingérien. On le voit aussi quand il parle de la liturgie, et qu'il cite à plusieurs reprises, dans son livre, "Le sens de la liturgie" de Joseph Ratzinger.

Papa subito !
images/icones/neutre.gif  ( 779635 )Certes, certes, mais j'explique aux gens que ce dialogue... par Sacerdos simplex (2015-05-29 18:45:20) 
[en réponse à 779632]

...(effectivement critiquable, mais ça je ne peux pas le leur dire !) peut se justifier parce que le Baptême est un acte public et donc - bien que les réponses soient connues d'avance et/ou soient évidentes, il y a là une demande, publique, officielle : ce n'est pas le prêtre qui profite d'une simple visite pour baptiser l'enfant par surprise ou par erreur.

Tous les fidèles ne sont pas en mesure d'apprécier un baptême "à l'ancienne", qui reste évidemment préférable.

Il est vrai que le nouveau rituel est très, très léger en matière d'exorcisme : nombreux sont les témoignages de prêtres qui ont vu le bébé réagir aux exorcismes (ce qui ne signifie pas - ou pas nécessairement ! - que le bébé soit possédé, mais il est arraché au pouvoir du péché et du démon).




images/icones/1e.gif  ( 779656 )"très très léger" par Lycobates (2015-05-29 21:29:22) 
[en réponse à 779635]

Comme vous le dites, en effet, cher Sacerdos simplex, dans l'église conciliaire on dispense une religion version light, très très light, comme chez la plupart des protestants. Et encore, il faut avoir de la chance.

Mais votre témoignage

nombreux sont les témoignages de prêtres qui ont vu le bébé réagir aux exorcismes (ce qui ne signifie pas - ou pas nécessairement ! - que le bébé soit possédé, mais il est arraché au pouvoir du péché et du démon)


n'est pas sans objet.

Je possède un enregistrement de mon propre baptême, conféré, par un oncle de ma mère, dans l'Église catholique du rite latin, à laquelle j'appartiens toujours, conféré il y a bien des décennies, et qu'un jeune futé en informatique de notre famille a bien voulu numériser il y a quelque temps, pour que je puisse le reprendre chaque année, le jour de l'anniversaire.

Je dois dire que j'y suis absolument impressionnant : j'y hurle (et ceux qui me connaissent vous confirmeront au besoin que ce n'est pas du tout dans mes habitudes) comme un porcelet égorgé, jusqu'au Accipe sal sapientiae [le sel étant déjà exorcisé avant : car la prière n'y est pas], ensuite cela va en diminuant, jusqu'à un babillage encore très mécontent, à ce qu'il paraît, pour disparaître peu après le maledicte diabole, recognosce sententiam tuam.

Mais, cher Sacerdos simplex, je suppose que vous estimez que dans mon cas ce n'est toujours pas suffisant, n'est-ce pas ?
images/icones/fleche2.gif  ( 779640 )stupide? par AVV-VVK (2015-05-29 19:59:29) 
[en réponse à 779632]

quoique le célébrant parle immédiatement après de la foi, des commandements, etc.
P.S. Une petite remarque de ma part.
images/icones/neutre.gif  ( 779642 )Stupide et trivial. par Yves Daoudal (2015-05-29 20:14:30) 
[en réponse à 779640]

Quand des parents apportent leur bébé pour qu'il soit baptisé, et que le prêtre leur demande ce qu'ils demandent, ça ne m'est pas arrivé souvent mais chaque fois j'ai envie de répondre: "Une tranche de jambon, évidemment".

Parce que c'est exactement (nonobstant la remarque de Sacerdos simplex qui essaie de justifier l'injustifiable) comme si, allant à la boulangerie pour acheter... du pain, le boulanger me demandait ce que je demande à la boulangerie...

Alors que la formulation traditionnelle fait plonger immédiatement dans le Mystère. Dans l'Essentiel. Que demandez-vous à l'Eglise ? La foi. - Et que donne la foi ? La vie éternelle.
images/icones/francis1.gif  ( 779647 )Réponse évidente par jean-marie dobrée (2015-05-29 20:52:16) 
[en réponse à 779642]

L’aveugle jeta son manteau,
bondit et courut vers Jésus.
Prenant la parole, Jésus lui dit :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
L’aveugle lui dit :
« Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
(Marc 10, 50-51)

Cher Monsieur Daoudal, il arrive même à Jésus de poser des questions dont la réponse est évidente.
images/icones/1e.gif  ( 779649 )Ce n'est pas si évident... par Ritter (2015-05-29 21:02:57) 
[en réponse à 779647]


L’aveugle jeta son manteau,
bondit et courut vers Jésus.



Vous voyez quelqu'un courir vers vous, aprés avoir jeté son manteau, et vous devinez qu'il est aveugle?

Vous trouvez cela évident?
images/icones/heho.gif  ( 779663 )Qui est hors évidence... par Glycéra (2015-05-29 22:55:49) 
[en réponse à 779647]



Le petit accueilli à la porte, à un horaire prévu, pour une cérémonie déjà demandée... Pourquoi faire répéter ?


L'homme dans la foule, sans rendez-vous préalable... doit s'exprimer.


Vous trouvez que c'est deux cas identiques ? Précisons bien :


1 - le baptème est déjà demandé et la cérémonie préparée

2 - l'aveugle n'a pas encore abordé Jésus



Quand Dieu dit :
Demandez, et vous recevrez,
Il ordonne (met en ordre, c'est judicieux) notre demande : elle nous sert, elle est pour notre progression, pour que rassemblions notre connaissance de notre vrai désir, et le Lui formulions, car nous avons besoin de le faire pour devenir nous-même.


Notez que c'est le même dialogue avec le paralytique à la piscine de Siloé.


Par contre, cela n'est pas le cas de la femme adultère, ni du paralytique descendu sur son grabat. La demande a été faite par d'autres auparavant.



Donc, je ne retiens pas votre argument.
images/icones/neutre.gif  ( 779687 )Réponse classique: par Yves Daoudal (2015-05-30 13:03:43) 
[en réponse à 779647]

De saint Grégoire le Grand dans sa magnifique exégèse de ce miracle (selon saint Luc, mais c’est le même dialogue) :
Remarquons aussi ce qu’il dit à l’aveugle qui s’approche : «Que veux-tu que je fasse pour toi?» Celui qui avait le pouvoir de rendre la vue ignorait-il donc ce que voulait l’aveugle? Non, bien sûr! Mais il veut que nous demandions les choses, bien que d’avance il sache que nous les demanderons et qu’il nous les accordera. Il nous exhorte à prier jusqu’à être importuns, lui qui affirme cependant : «Votre Père céleste sait de quoi vous avez besoin avant que vous ne le lui demandiez.» (Mt 6, 8). S’il interroge, c’est pour qu’on lui demande; s’il interroge, c’est pour exciter notre cœur à la prière. Aussi l’aveugle ajoute-t-il aussitôt : «Seigneur, que je voie!» Ce que demande l’aveugle au Seigneur, ce n’est pas l’or, mais la lumière. Il ne se soucie pas de demander autre chose que la lumière, car même s’il est possible à un aveugle de posséder quelque chose, il ne peut, sans lumière, voir ce qu’il possède. Imitons donc, frères très chers, cet homme dont nous venons d’entendre la guérison du corps et de l’âme. Ne demandons au Seigneur ni des richesses trompeuses, ni des présents terrestres, ni des honneurs passagers, mais la lumière; non la lumière circonscrite par l’espace, limitée par le temps, interrompue par la nuit, et dont nous partageons la vue avec les animaux; mais demandons cette lumière que seuls les anges voient avec nous, qui ne débute par aucun commencement et n’est bornée par aucune fin. Or le chemin pour arriver à cette lumière, c’est la foi. C’est donc avec raison que le Seigneur répond aussitôt à l’aveugle à qui il va rendre la lumière : «Vois! Ta foi t’a sauvé.»

Et c’est pourquoi les parents qui viennent pour un baptême demandent… la foi. La lumière de la foi.

En outre, ce « Domine, ut videam » est une merveilleuse prière jaculatoire, une de mes préférées. Et comment la connaîtrais-je, si Jésus ne m’avait pas posé la question ?

Du reste la liturgie (de la Quinquagésime) insiste sur ce point, en faisant du dialogue la matière du dernier répons des matines, juste après le texte de saint Grégoire. En y ajoutant un mot : lumen. « Quid vis ut faciam tibi? Domine, ut videam lumen. » Sans doute sous l’influence de saint Grégoire. Ou plutôt parce que l’auteur du répons grégorien est saint Grégoire en personne.

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On ne doit pas seulement demander à Dieu ce dont nous avons besoin alors qu'il le sait, mais aussi ce que nous avons. C'est alors une sorte d'action de grâce qui souligne que tout ce que nous avons vient de Dieu.

J'ai compris cela quand, agacé par la demande de la Divine liturgie de saint Jean Chrysostome que Dieu nous envoie un ange gardien, j'avais fini par demander au curé pourquoi on demandait un ange gardien alors que nous savons que nous en avons un. Il m'avait simplement répondu: Mais on doit aussi demander ce que l'on a.
images/icones/fleche2.gif  ( 779719 )trivial par AVV-VVK (2015-05-30 20:14:06) 
[en réponse à 779642]

Le rituel se déroule souvent plutôt dans une ambiance chaleureuse, intime, non plus près des anciens fonts baptismaux, mais près de l'autel. Le recueillement y est absent.
images/icones/carnet.gif  ( 779662 )Même critique par le pape Benoît XVI en 2006 qui plaide pour le rite antique par Gaspard (2015-05-29 22:34:21) 
[en réponse à 779625]

Suite à la remarque d'Yves Daoudal mentionnant que Joseph Ratzinger avait déjà critiqué la réponse indigente "le baptême", j'ai trouvé ceci de la bouche de Benoît XVI :


Je pense que lors de la préparation de ce sacrement ou lors des entretiens avec les parents qui se méfient du Baptême, nous nous trouvons dans une situation missionnaire. C'est un message chrétien. Nous devons nous faire les interprètes de la réalité qui a son commencement dans le Baptême. Je ne connais pas suffisamment bien le Rituel italien.
Dans le Rituel classique, hérité de l'Eglise antique, le Baptême commence par la question: "Que demandez-vous à l'Eglise de Dieu?". Aujourd'hui, tout au moins dans le rituel allemand, l'on répond simplement: "Le Baptême". Cela n'explicite pas suffisamment ce qu'il y a à désirer. Dans le Rituel antique, l'on disait: "La foi". C'est-à-dire une relation avec Dieu. Connaître Dieu. "Et pourquoi - continue-t-on - demandez-vous la foi?". "Parce que nous voulons la vie éternelle". C'est-à-dire que nous voulons une vie sûre même au cours des crises à venir, une vie qui a un sens, qui justifie l'être humain. Ce dialogue, quoi qu'il en soit, doit être selon moi mis en oeuvre avec les parents avant même le Baptême.


Source sur le site du Vatican

Avis aux lunettes roses.