Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=779489
images/icones/croix_byzantine.png  ( 779489 )L'histoire vraie de l'Ukraine par un prince russe et catholique Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/analyse/20150527/1016294902.html#ixzz3bQ6PLaiS par Jean Kinzler (2015-05-28 10:30:57) 

On entend souvent qu'il est bien difficile de s'y retrouver dans la crise ukrainienne actuelle. C'est à la fois une des causes et une conséquence des mensonges et dissimu lations massifs véhiculés par la presse dominante.
Dans le cas de l'Ukraine, un ouvrage d'histoire paru récemment en français, permet d'aller aux racines du mal.

Le livre est paru en 1920, donc en aucun cas pour surfer sur la vague du «Maidan» actuel. Intitulé: «Ukraine, la vérité historique», il est d'une surprenante actualité. Par son existence même, la date de sa publication et la polèmique historique qu'il entame au moment même où se créent les mythes et thématiques qui aujourd'hui sont invoqués, sur fond de guerre civile, dont ils sont une des causes.

L'auteur Alexandre Volkonski, est un prince de la lignée des Rurik, premiers souverains russes à Kiev. Mais il est devenu à la fin de sa vie prêtre greco-catholique («uniate» — catholique de rite oriental), qui le rend pour le moins compréhensif et sensible aux Ukrainiens de l'ouest, devenus catholiques sous la domination polonaise. Ils sont aujourd'hui les plus influencés par un nationalisme exacerbé, hostiles à leurs concitoyens russes ou même russophones. Ce n'est pas le cas de Volkonski.

UN SEUL PEUPLE

Il montre en effet par son rappel historique détaillé et documenté que les peuples russes et ukrainiens ne sont en fait qu'un seul et même peuple. Que leurs territoires ont été morcelés et divisés par l'histoire et que les conquérants successifs ont cherché à les diviser. Souvent en tentant de réécrire l'histoire, parfois contre toute évidence.

Comme chacun sait aujourd'hui, la Rus' urbaine, c'est à dire la Russie, est née à Kiev et Novgorod, environ au IX ème siècle. Le grand Prince, premier entre ses pairs (et frères) qui règnaient sur les autres cités russes était à Kiev. Cela provoquait des guerres interminables au moment des successions.

C'est là que le Grand Prince Vladimir a «baptisé» la Russie en 988 au rite chrétien byzantin. Celà reste une référence commune fondatrice pour tous les Russes, y compris ceux d'Ukraine. La langue d'alors, le vieux russe, était commune à tous. L'ukrainien, issus d'au moins trois dialectes essentiellement galiciens, et qui fut un élément identitaire lors de la domination autrichienne ou polonaise, n'a été fixé qu'au XIXème siècle.

Mais Kiev fut détruite en 1240 par les Tatares. Et la steppe vers l'est resta quasi déserte durant près de 300 ans. Elle se repeupla peu à peu de cosaques, composés essentiellement de fugitifs (servage, persécutions religieuses, évasions…) de diverses nationalités. Quant à l'autre partie, celle de l'ouest, elle fut conquise par les Lituaniens unis ensuite aux Polonais dans le royaume «unissant les deux mers» (de la mer Baltique à la mer Noire). Ce royaume historique hante encore aujourd'hui l'esprit nostalgique de nombreux nationalistes polonais. ET il est l'un des objectifs de géopoliticiens américains.

Jamais avant 1918, écrit Volkonski, l'Ukraine n'a été un état indépendant, contrairement à ce que prétend la propagande ukrainophile. Cette dernière se réfère à un «état cosaque» aux XVI ème et XVII ème siècle. Or, écrit Volkonski, «durant ces siècles, l'Ukraine n'était qu'une partie de l'état polonais…. C'est lui qui fixe le nombre des cosaques: 60,000 hommes en 1575, 6.000 en 1627, 1.200 en 1638. Il introduit le servage et y soumet une partie des cosaques, la liberté de conscience octroyée à la population petite-russe (nom d'une partie de l'Ukraine) est telle que le métropolite orthodoxe de Kiev prie (en 1625) le tsar de Moscou de prendre l'Ukraine sous sa souveraineté….. Les Ukrainiens de l'époque ne se considéraient pas comme libres et, durant tout un siècle, ils ont avec ténacité sacrifié leurs vies dans le vain espoir de secouer le joug étranger». En 1654, sous le commandement du hetman Bogdan Hmelnitski, l'Ukraine et la Russie unissent à nouveau leurs destins. C'est la célébration du tricentenaire de ce Traité de Pereïslav qui servit de pretexte à Nikita Khrouchtchev pour offrir la Crimée (sans Sébastopol) à l'Ukraine soviétique en 1954.

UNE CREATION AUTRICHIENNE APPLIQUEE PAR LES BOLCHEVIKS

L'ouvrage de Volkonski est œuvre d'historien. Très précis et détaillé, il vise à répondre aux thèses et aux contre-vérités historiques véhiculées par une des pères fondateurs du nationalisme ukrainien, Mikhail Hrouszewski, historien et homme politique qui fut le premier président de la Rada (parlement) fondée à Kiev après la révolution bolchévique, avant de devenir sous le pouvoir stalinien, membre de l'Académie des sciences de l'URSS pour favoriser «l'ukrainisation» de l'Ukraine… Car cette dernière n'allait pas du tout de soi. Et Volkonski démonte les nombreux subterfuges de Hrouszewski pour tenter de créer une Ukraine historique qui n'existe guère. Hrouszewski décrit par exemple une dynastie de princes ukrainiens d'avant les Tatares, en oubliant tout simplement ceux qui ont régné par rotation dans les autres villes russes. Il recourt à la création autrichienne des Ruthènes, en fait des Russes pour la plupart, pour tenter de justifier l'existence d'un peuple différent des autres Russes…

Pour résumer, on peut dire que ce sont les bolcheviks communistes qui ont appliqué sur le terrain une création austro-allemande, reprise par les polonais en s'appuyant sur quelques intellectuels galiciens (Région de Lvov dominée par l'Autriche jusqu'en 1918, puis polonaise avant de devenir soviétique en 1939 puis en 1945). Pour les Autrichiens et les Prussiens ensuite (Volkonski cite des cartes trouvées au début de la première guerre mondiale sur des officiers allemands montrant une petite Pologne et une grande Ukraine), il s'agissait bien sûr d'affaiblir la Russie en la divisant. Comme c'est ce que visent aujourd'hui les USA, ils ont repris l'idée avec tous leurs moyens. Pour l'Allemagne, les choses ont changé mais le poids de ses choix historiques en diplomatie explique en partie ses positions ambigües sur la question ukrainienne et vis-àvis de la Russie.

Il est pour le moins paradoxal que les nationalistes ukrainiens au pouvoir aujourd'hui à Kiev, qui ont il est vrai ajouté à leur Panthéon, où figure Hrouszewski, des collaborateurs des Allemands durant la deuxième guerre mondiale, accusent les communistes de tous les maux de l'Ukraine, alors que ces derniers sont eux qui ont créé l'Ukraine et tenté de la rendre viable.
Aujourd'hui encore, la diversité du pays et le refus d'en tenir compte, font que la partie n'est toujours pas gagnée. Et même si aujourd'hui, après tant de décennies, une nationalité ukrainienne s'est formée, est-il vraiment dans l'intérêt des autres européens d'encourager les discours de haine pour continuer à jouer la division entre peuples russes historiques? Elle fut imaginée à Vienne, Berlin et Varsovie en des temps qui ont mené à la catastrophe européenne de la première guerre mondiale. Veut-on à ce point que l'histoire se répète?
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images/icones/info2.gif  ( 779500 )Juste une précision... par Vianney (2015-05-28 12:08:52) 
[en réponse à 779489]

 
L’agence de presse Sputnik est, comme on dit, “proche” du pouvoir russe actuel. Mais il demeure exact que le prince russe Alexandre Volkonski devint bien un prêtre uniate (catholique) après avoir été officier de l’armée tsariste.

V.
 

images/icones/1v.gif  ( 779504 )Sur l'histoire de l'Ukraine par Jean-Paul PARFU (2015-05-28 12:36:40) 
[en réponse à 779500]

Lire et voir les cartes ici

Le territoire de l'Ukraine s'est déplacé vers l'ouest après la Seconde Guerre mondiale. Des territoires ukrainiens ont été pris par la Russie à l'est et des territoires polonais ont été donnés à l'Ukraine à l'ouest.

Par compensation, la Pologne a reçu les territoires allemands de Prusse occidentale (Dantzig - Gdansk), les 3/4 de la Poméranie avec Stettin - Szczecin, ville pourtant située sur la rive gauche de l'Oder, la Haute-Silésie (Oppeln - Opole) et la Basse-Silésie (Breslau - Wroclaw).

Quant aux Russes, ils ont pris la Prusse-Orientale (Königsberg, actuelle enclave de Kaliningrad), située entre la Pologne et la Lituanie, Memel revenant finalement quant à elle, après l'indépendance des pays baltes, à cette dernière (la Lituanie)...
images/icones/flagD.gif  ( 779505 )Je précise pour être complet par Jean-Paul PARFU (2015-05-28 12:45:54) 
[en réponse à 779504]

que les Allemands ont également perdu en Europe centrale le territoire des Sudètes, situé au nord, à l'ouest et au sud de l'actuelle Tchéquie, territoire peuplé de germanophones, mais pris par les Traités de Versailles et de St Germain-en-Laye à l'Autriche-Hongrie et donné à la Tchécoslovaquie en septembre 1919, puis cédé à l'Allemagne en septembre 1938, par les accords de Münich...
images/icones/1a.gif  ( 779510 )Il faut encore préciser par Lycobates (2015-05-28 13:45:48) 
[en réponse à 779505]

.... que les territoires polonais pris par les Soviétiques et les territoires allemands pris par les communistes polonais, tchèques et soviétiques, ont, de plus, été vidés de leurs populations ancestrales et ont été repeuplés (en partie, car il reste beaucoup d'espace vide).
Opération quasiment irréversible.
Car des glissements de frontières de part et d'autre ont été légion pendant les siècles passés, ainsi que des changements de loyautés dynastiques et de dépendance politique, mais sans jamais affecter de façon substantielle l'appartenance ethnique et culturelle des régions concernées, bien fixée depuis le Moyen-Âge.

Quant aux Sudètes ...

le territoire des Sudètes, situé au nord, à l'ouest et au sud de l'actuelle Tchéquie, territoire peuplé de germanophones


vous pouvez dire, ne vous gênez pas, "territoire peuplé d'Allemands".

Car à côté d'eux il y a beaucoup de Tchèques ou de Polonais "germanophones" qui n'en deviennent pas Allemands pour autant (sinon qu'ils aient pu avoir, ou avoir encore, la citoyenneté d'un état allemand, ce qui n'est qu'un document en papier), et, j'en connais, certains sont même bien sympathiques !
images/icones/fleche2.gif  ( 779516 )Cher Lycobates par Jean-Paul PARFU (2015-05-28 14:55:52) 
[en réponse à 779510]

Sur le premier point, vous avez raison, mais il me semblait, peut-être à tort, c'est vrai, que mes compatriotes, et les "liseurs" du Forum de manière générale, savaient que les Allemands de ces territoires (dont le nombre est estimé à environ 12 millions de personnes) en avaient été chassés en 1945 (et un peu après).

Sur le deuxième point, je serai plus nuancé que vous.

D'abord, à l'Est, les mélanges ont été fréquents entre Germains et Slaves, tout au long de l'histoire.

Madame Merkel a, paraît-il, récemment appris qu'elle avait, comme l'actuel Premier Ministre polonais Donald Tusk, du sang "Cachoube" ici !

Hitler et surtout Himmler avaient du sang asiatique, venant probablement des Huns. Et ne parlons pas de l'écrivain Günter Grass récemment décédé ou de la skieuse Maria Höfl-Riesch ...

Le Pape-émérite Benoît XVI expliquait lui-même, dans ses "Souvenirs" (1997), que sa région d'origine, la Basse-Bavière, avait été une terre celtique et il est vrai qu'il ne ressemble pas à l'ancien Président de la RFA Christian Wulf, par exemple.

Le Sud de l'Allemagne a été marqué par les peuples du Danube (Donauvölker ) ou les peuples alpins comme Ötzi !

Une Allemande du Nord m'avait expliqué qu'elle n'aimait pas les Colognais car ils ressemblaient, selon elle, à des Français (sous-entendu étaient moches comme eux).

Ensuite, s'agissant des "Sudentendeutschen" des Allemands des Sudètes, je peux vous apporter mon expérience personnelle :

- En juillet 1975, je n'avais pas encore 13 ans, j'ai passé 3 semaines dans une famille allemande à Miesbach (Haute-Bavière - Oberbayern). Cette famille était originaire des Sudètes, du nord des Sudètes exactement, c'est-à-dire du nord de l'actuelle Tchéquie. Vous savez, en effet, que beaucoup d'Allemands des Sudètes ont été accueillis en Bavière après la Guerre, notamment en raison de la proximité culturelle des Sudètes et de la Bavière : catholicisme etc ...

En ce qui me concerne, c'était la première fois que j'entendais même parler des Sudètes, tant les Français ignorent habituellement tout ou presque de l'histoire de l'Europe centrale et orientale.

J'allais tous les dimanches à la messe, dans l'église de Miesbach, avec la dame de la famille. Elle n'aimait pas le maire de la ville qui était SPD dans une région très CSU. Elle m'avait dit qu'il était SPD avec une grimace et moi j'avais compris qu'elle me disait qu'il était PD ... !!! Je vous assure que c'est vrai ... !

Or, cette dame, cher Lycobates, très gentille et très nationaliste allemande, ressemblait comme deux gouttes d'eau à Martina Navratilova et, en femme, à Yvan Lendl !