Le Forum Catholique
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( 778211 )
Le baptême de désir... au moment de la mort par Meneau (2015-05-10 19:46:00)
Jean Ferrand soulève
ici une question intéressante.
Le baptême de désir ne prend effet qu'au moment de la mort.
Il prend effet au moment de la mort parce qu'au moment de la mort il est trop tard pour recevoir le baptême sacramentel qu'ils auraient souhaité.
Mais pourquoi ne prend-il effet qu'au moment de la mort ? Pourtant il s'agit de dispositions intérieurs, qui a priori ne changent pas, qu'on meure ou qu'on ne meure pas ?
Cordialement
Meneau

( 778215 )
Pie XII par Jean Ferrand (2015-05-10 20:46:53)
[en réponse à 778211]
Pie XII le dit nettement dans Mystici corporis :
"Mais seuls font partie des membres de l’Église ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, et qui, d'autre part, ne sont pas, pour leur malheur, séparés de l'ensemble de l’Église ou n'en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l'autorité légitime."
Le chrétien implicite, même s'il a le désir implicite (ou même explicite) du baptême, n'est pas encore incorporé pleinement au corps mystique et ne fait pas encore partie du corps de l’Église. Mais il peut lui être uni par le désir ou par le vœu. Il appartient alors, si l'on veut, à l'âme de l’Église.
Le baptême de désir comme le baptême de sang ont les mêmes effets que le baptême sacramentel. Ils incorporent pleinement au corps mystique du Christ et à l’Église. Mais ce ne peut être bien sûr qu'au moment de la mort.
Si un martyr échappait par miracle à la mort il devrait être baptisé.

( 778216 )
Mais... par Meneau (2015-05-10 20:49:22)
[en réponse à 778215]
ce sont ses dispotision intérieures (le désir implicite, la Foi et la Charité) qui font qu'il est incorporé à l'Eglise. Qu'est-ce qui change entre le moment où il n'est pas mourant, et le moment où il meurt ?
Cordialement
Meneau

( 778217 )
Mais non par Jean Ferrand (2015-05-10 21:11:51)
[en réponse à 778216]
Mais non, relisez Pie XII :
"Seuls font partie des membres de l’Église ceux qui ont reçu le baptême de régénération..."

( 778218 )
D'une façon ou d'une autre! par Miserere (2015-05-10 21:20:28)
[en réponse à 778217]
Il vont quand même dans les limbes non?

( 778219 )
Pardon "Ils" par Miserere (2015-05-10 21:32:50)
[en réponse à 778218]
J'espère que Maître Parfu n'est pas dans les parages!

( 778220 )
Qui par Jean Ferrand (2015-05-10 21:36:08)
[en réponse à 778219]
Qui : ils ? Et quelles limbes ?

( 778224 )
Pardon par Jean Ferrand (2015-05-11 06:43:28)
[en réponse à 778219]
Pardon : quels limbes ? Limbe est du masculin.

( 778234 )
Catéchumène martyr et cas du Bon Larron par PEB (2015-05-11 10:29:39)
[en réponse à 778215]
C'est ainsi qu'un catéchumène martyr peut être élevé sur les autels. Son baptême de sang est présumé car son intention ferme était précisément de recevoir le sacrement en temps utile.
Le Bon Larron, confesseur in articulo mortis, est le cas d'école par excellence du baptême de désir. Le sang et l'eau jaillissant, à ses côtés, du Cœur du Christ, son compagnon d'infortune, ont participé directement à sa totale rédemption.

( 778223 )
Cela paraît évident... par Marchenoir (2015-05-10 23:27:46)
[en réponse à 778211]
C'est que l'instant de la mort fige en quelque sorte votre disposition intérieure et la rend définitive. Vous semblez penser des dispositions intérieures qu'elles ne changent jamais. Un peu d'imagination, Meneau...

( 778235 )
D'accord par Meneau (2015-05-11 10:31:33)
[en réponse à 778223]
Donc les intéressés sont "dans les dispositions nécessaires pour être sauvés" et s'ils persévèrent au moment de la mort, ils sont de fait sauvés.
Mais dans ce cas n'est-il pas dangereux de faire attendre si longtemps les catéchumènes ? Ne vaudrait-il pas mieux les baptiser le plus vite possible (dès qu'il ont une connaissance suffisante des rudiments de la religion), mais par forcément au bout d'un parcours de plusieurs années ? Se maintenir durablement dans la charité parfaite et la Foi surnaturelle, c'est a priori pas simple !
Cordialement
Meneau

( 778239 )
C'est ce qu'a dit le Saint-Père par PEB (2015-05-11 11:04:41)
[en réponse à 778235]
François (
Evangelii gaudium §47), tout comme saint Pie X pour la première communion, n'est pas un fanatique des préparations longues et extraordinaires avant le sacrement. Le but n'est pas de contrôler la Grâce mais de la parfaire, tout comme saint Pierre se fut laissé entraîner par l'Esprit-Saint à baptiser le centurion Corneille.
Je serais assez pour un parcours en deux ans maximum où le baptême et la première communion serait célébrés la première année (si possible à la veillée pascale) après une catéchèse élémentaire mais solide. La confirmation serait conférée en fin de seconde année (éventuellement à la Pentecôte) avec, en ligne de mire, une insertion à la vie paroissiale.
L'intérêt de ce dispositif est de proposer une sorte de service après-vente où on ne lâche pas le néophyte comme ça dans la nature mais sans toutefois décourager le catéchumène.

( 778242 )
Cas de l'eunuque par Jean Ferrand (2015-05-11 11:39:06)
[en réponse à 778239]
Cas de l'eunuque ministre des finances de la reine d’Éthiopie.
"Chemin faisant, ils arrivèrent à un point d'eau, et l'eunuque dit : 'Voici de l'eau. Qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé ?' Et il fit arrêter le char. Ils descendirent tous deux dans l'eau, Philippe avec l'eunuque, et il le baptisa." (Ac 8, 36-38).
Dans certains cas je serais partisan du baptême instantané. Il en fut ainsi pour Paul de Tarse.
"Sur-le-champ il fut baptisé." (Ac 9, 18).

( 778292 )
Un autre exemple par Jean Ferrand (2015-05-12 07:12:21)
[en réponse à 778242]
Un autre exemple de baptême immédiat. Il nous est donné par saint Luc dans la liturgie de ce jour (NOM). Paul et Silas ont été libérés de leurs chaînes par un tremblement de terre. Le geôlier accourt tout tremblant :
" 'Que dois-je faire pour être sauvé, mes seigneurs ?' Ils lui répondirent : 'Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta maison.' Ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu'à tous ceux qui vivaient dans sa maison. A l'heure même, en pleine nuit, le geôlier les emmena pour laver leurs plaies. Aussitôt, il reçut le baptême avec tous les siens. Puis il fit monter chez lui Paul et Silas, il fit préparer la table et, avec toute sa maison, il laissa déborder sa joie de croire en Dieu." (Ac 16, 30-34).
Les apôtres demandent seulement un acte de foi, préalable au baptême. Puis ils baptisent toute la maison, y compris les enfants. Preuve que le baptême des enfants existaient dès l'âge apostolique. Un acte de foi n'est pas demandé, bien sûr, aux enfants. Mais leurs mandants répondent pour eux. Ensuite on passe à table où Paul et Silas sans doute - j'oserais écrire sans aucun doute - célèbrent l'eucharistie.

( 778299 )
Très précieuse référence... par Glycéra (2015-05-12 09:11:57)
[en réponse à 778292]
Merci Sieur Jean Ferrand,
J'avais oublié la conclusion de l'épisode...
Et si nous pensons bien à cet acte préalable qui a ouvert les yeux du coeur du geolier, au point que peut-être, ou concommitament, il fit faire la délivrance des disciples prisonniers, nous sommes tranquilles :
les voies du Seigneur sont à Sa mode propre.
Le Sabbat est fait pour l'homme.
La liturgie aussi.
Pour l'homme qu'elle nourrit et à qui elle met du baume.
Ainsi, la messe serait-elle principalement dite pour le prêtre ?
Pour qu'il prenne en main l'Agneau et sache être pasteur pour sa paroisse ? pour son diocèse ? pour devenir celui qu'il doit être : le protecteur de sa "pauvre femme" comme disait St François de Sales de son évéché ?
Dieu n'agit jamais pour rien.
Il est le Roi de l'harmonie et des combinaisons poétiques, du choc des faits et des mots qui chantent sous tous les angles...
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 778307 )
Catéchèse essentielle par la charité par PEB (2015-05-12 11:22:15)
[en réponse à 778292]
Le baptême est précédé, dans tous les cas, par une catéchèse rapide mais efficace. C'est d'abord un salut par l'exemple: Paul et Silas, protégés par la citoyenneté du premier, ne pouvaient être châtiés arbitrairement. C'est pourquoi, malgré le miracle de la libération des chaînes, les apôtres n'ont pas quitté leur lieu d'enfermement. Cet acte d'obéissance docile va sauver l'honneur et la vie du brave agent public.
L'exemple de la charité attire les hommes à la foi. Le désir du Christ amène à l'instruction et l'instruction amène aux sacrements et les sacrements fondent et l'Eglise (la maisonnée) et l'église (la maison).
Le baptême ne fut donc pas immédiat mais il y eut un temps bref (quelques heures sans doute) mais nécessaire de catéchèse.

( 778255 )
N'est-ce pas la logique de Jésus, fouettant la tyrannie des pharisiens ? par Glycéra (2015-05-11 14:00:54)
[en réponse à 778235]
Certains sont prêts tout de suite, ils ont demandé clairement, et Dieu vient combler, enseigner, parfaire.
Imposer des étapes à contrôler selon ses propres normes, c'est donner poids aux mérites comptabilisés par les hommes, c'est faire le lit de la mode janséniste !
Ainsi, analogue à ces confesseurs autoritaires du XIX° : si c'est envolée mystique, c'est péché, ce n'est pas pour vous ! ( susurrant à peu près : vous n'allez tout de même pas vous prétendre saint déjà)... QU'en savaient-ils ?
Le baptême est la porte.
Jésus a dit, Je suis la porte.
J'appelle mes brebis par leur nom...
Mes brebis, je les connais.
Moins les prêtres ont été formés à prier, plus ils ont appris à ergoter, et moins ils entendent la Voix du Berger seul Dieu.
POurvu que cela change !
Le changement, et vite !
Il y a des âmes dénutries !