Le Forum Catholique

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images/icones/4c.gif  ( 776743 )3 ans de séminaire à Paris, et pas 1 cours de latin ! par Aétilius (2015-04-21 23:22:20) 

Pour abonder dans votre sens, connaissant de jeunes séminaristes parisiens, en troisième année, ils n'ont toujours pas fait de latin, seulement un peu de grec, ce qui permettrait de mieux étudier dans le texte la philosophie, à en croire leurs formateurs.

Cela est proprement scandaleux, d'abord parce que le latin est la langue officielle de l'Eglise, ensuite parce que la philosophie officielle de cette même Eglise est celle de saint Thomas, écrite en latin, impressionnante synthèse, et christianisation de ce que les grands philosophes d'avant lui avaient produit de meilleur.

Par ailleurs, le grec est bien plus dur que le latin, déjà de par son alphabet, et son extrême richesse lexicale et surtout grammaticale.

Avant de vouloir faire compliqué, il faut déjà commencer par le simple, différence entre méthode globale et syllabique.

La logique voudrait que les séminaristes étudient d'abord le latin, ensuite éventuellement le grec, enfin, cerise sur le gâteau, l'hébreu, mais, quitte à ne pouvoir tout faire, le latin est très bien, langue UNIVERSELLE et saint Jérôme, pour prendre l'exemple de la Vulgate, ayant utilisé dans sa version latine de la Bible le meilleur des textes hébreux et grecs de son époque.

Pour finir, dans le programme des études est indiqué sur internet qu'il y a dans les dernières années un peu de latin, mais en arrière-plan, ce qui montre le peu d'intérêt de ceux qui ont concocté le programme pour cette langue de la liturgie (au moins pour les catholiques de rite "LATIN"), et surtout de communication officielle de TOUTE l'Eglise, quel que soit par ailleurs les rits de chacun...
images/icones/fleur.gif  ( 776782 )L'Eglise, 1ère responsable de la disparition annoncée du latin à l'Education Nationale par Sixte (2015-04-22 15:05:27) 
[en réponse à 776743]

Merci Aétilius de votre réaction, mais mon post initial ayant été supprimé, on ne voit plus trop ce qu'il vient faire.

Je reformule donc l'idée que j'y avais mise, sans peut-être les excès de langage qui ont valu l'effacement par la modération.

L'Eglise, ayant abandonné dans les faits le latin avec le dernier concile, cette langue, qui est pourtant sa langue liturgique officielle pour tout ce qui n'est pas rites orientaux, et sa langue de communication, le latin a perdu pour le moment son prestige.

Devenu un simple snobisme et un intellectualisme dans le meilleur des cas, ne servant plus à rien dans l'autre, réduit donc à de la civilisation dans les faits pour la plupart des élèves, le moment est arrivé où on le supprime, purement et simplement.

Tant que l'Eglise avait une Ecole forte, l'Ecole publique était obligée de rivaliser avec elle, et donc d'enseigner le latin.

Depuis que l'Ecole catholique s'est fait étouffer par l'Etat, l'Ecole de ce dernier s'écroule, la suppression du latin étant un des premiers symptômes, suivant bientôt le français (remplacé par l'anglais dans nombre d'établissements comme langue à maîtriser absolument), l'histoire-géographie...

Pour défendre le latin, plutôt que de signer des pétitions, pour prolonger l'état comateux de ce dernier, il faudrait surtout que l'Eglise se reprenne, et remette sur son piédestal, que ce soit dans sa liturgie ou en tant que langue de communication, savante ou pour être employée au quotidien, le latin.

Quand une langue est morte, on l'enterre, ce que veut faire Najat, quand elle est bien vivante, on est obligé de la respecter.

Mais donc, la balle est dans le camp de l'Eglise, et dans l'enseignement catholique !

Vive donc le latin bien vivant, langue "extraordinaire" (comme l'hébreu), figé dans sa grammaire vers l'an 0, moment où il a été baptisé dans le sang du Christ avec le grec et l'hébreu sur le Titulus de la croix, et qui s'est adapté dans son vocabulaire pour s'adapter progressivement à chaque nouvelle époque.

Non au latin mort, qui sert juste à entourer au hasard un soi-disant verbe, un pseudo sujet...
images/icones/fleche2.gif  ( 776815 )Le titulus de la croix par Jean Ferrand (2015-04-22 21:35:19) 
[en réponse à 776782]

Le titulus de la croix a été rédigé, sur l'ordre de Pilate, le 3 avril de l'an 33.

Ce qui est dommageable dans la perte des langues anciennes, grec comme latin comme hébreu, c'est l'accès au texte original de la Bible et, éminemment, du Nouveau Testament, donc de l'évangile. On n'y a plus qu'un accès indirect et dépendant des autres, un accès souvent trahi par des traductions contestables ou interprétatives.

On perd aussi le lien direct avec l'antiquité des traditions liturgiques, aussi bien latine que grecque. C'est un trésor cultuel considérable qui nous échappe.
images/icones/coeurbrise.gif  ( 776818 )C'est exact, qui aujourd'hui saint ce que veut dire "INRI" sur un crucifix ? par Ewondo (2015-04-22 21:47:37) 
[en réponse à 776815]

Sans quelques rudiments de latin ...

Misère, où sommes nous tombés !

Pierre (qui a retrouvé une passion pour le latin, sans aucun snobisme, croyez le !).
images/icones/neutre.gif  ( 776985 )En effet, la responsabilité par Vassilissa (2015-04-24 23:20:34) 
[en réponse à 776782]

de l'Église est accablante en cette affaire. Alors que le judaïsme et l'Islam se rassemblent autour de leurs langues communes, elle abandonne ce qui faisait proprement sa catholicité, la langue de sa liturgie, de sa théologie, de sa culture. J'entendais tout à l'heure sur Radio Courtoisie que les malheureux prêtres de toutes nationalités européennes qui s'étaient retrouvés à Dachau s'entretenaient en latin - même les "kapo" s'adressaient à eux en cette langue.
La France est aussi infiniment coupable de se couper des racines de sa propre langue, de la rendre étymologiquement incompréhensible à ses enfants, qui n'auront de ce fait même plus accès à une littérature un peu exigeante. Déjà aujourd'hui les étudiants en lettres ont bien du mal à comprendre correctement un texte du XVIIè siècle (et même du XIXè).
On se prive encore d'un excellent exercice pour l'intelligence ; la grammaire, la traduction sont des discipline de précision, de finesse.

Mais tout cela est évidemment voulu dans la grande entreprise de destruction que nos subissons.

Peut-on espérer que les écoles catholiques sous contrat ne vont pas se laisser faire et garder (ou instaurer ?!) du latin obligatoire, le plus tôt possible ?
images/icones/ancre2.gif  ( 776819 )Droit canon par Paterculus (2015-04-22 22:17:54) 
[en réponse à 776743]

Je ne savais pas que les séminaristes parisiens connaissaient une telle misère.

Can. 249 - Le Programme de la formation sacerdotale pourvoira à ce que les séminaristes ne soient pas seulement instruits avec soin de leur langue maternelle, mais aussi sachent bien la langue latine, et qu'ils aient des connaissances suffisantes des langues étrangères dont la pratique paraît nécessaire ou utile à leur formation ou à l'exercice du ministère pastoral.


"Sachent bien la langue latine" ne traduit pas parfaitement l'expression latine "linguam latinam bene calleant", car 'callere' signifie 'maîtriser'. Toutefois je ne partage pas l'analyse parue dans la revue Latinitas en 1983, qui estimait que 'bene' vient renforcer 'callere'. Ce dernier mot, ainsi traduit par maîtriser, exprime quelque chose d'absolu, ce qu'on y rajoute ne peut que l'amoindrir. Je suggère donc qu'on lise "qu'ils aient une bonne maîtrise de la langue latine".

Et vous avez raison de dire qu'il faut commencer par le latin, avant d'aborder le grec. Cette langue biblique est très facilement déchiffrable par quiconque connaît le latin et possède une édition bilingue du Nouveau Testament.

Bref, je me demande si les séminaristes parisiens, et les paroissiens auxquels ils seront envoyés, n'ont pas de sérieuses raisons de protester...

Votre dévoué Paterculus

PS. Sixte a raison, dans sa réponse à vote message, de souligner (mais je le fais à ma façon) que les clercs ayant supprimé le latin de la liturgie ont été des "idiots utiles" (pour citer le cardinal-archevêque de Paris) à ceux qui veulent "faire du passé table rase".