Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=775801

( 775801 )
Le latin hier et aujourd hui par Aigle (2015-04-11 15:38:53)
Une observation jamais faite sur la langue liturgique mais qui pourtant me semble évidente (mais je puis faire erreur).
Le latin est intemporel , universel et manifeste notre lien à l'Eglise de Rome. Je pense que vous en serez d'accord.
L'abandon de cette langue est justifié par divers arguments, notamment séduire les jeunes, faciliter les conversions, tendre la main aux protestants ou aux ouvriers. Bla bla bla ...
Mais n'y a t il pas un autre argument, jamais publiquement dit : après la vague des indépendances qui ont détruit les empires coloniaux, après l'exaltation des nationalités (commencée plus tôt d'ailleurs), le refus d'une langue universelle et le choix des langues nationales ne témoigne t il pas d'un refus de l'universalité ecclésiale au profit d'une exhaltation des cultures nationales ?
Cette idée m'est venue en apprenant que le pape François était si attaché à l'Argentine qu il avait fait renouvelé son passeport argentin. Par un raccourcis hâtif je me suis dit que le clergé post conciliaire n'etait peut être pas aussi soucieux d'ouverture au monde que son discours tiers mondiste pouvait le laisser croire. Ce tiers mondiste est il peut être plus une séduction du repli national que de l'ouverture catholique ?

( 775811 )
Grata et amica... par Abbé Néri (2015-04-11 17:42:06)
[en réponse à 775801]
est apud nos lingua latina :
"Quarum in varietate linguarum ea profecto eminet, quæ primum in Latii finibus exorta, deinde postea mirum quantum ad christianum nomen in occidentis regiones disseminandum profecit.
Siquidem non sine divino consilio illud evenit, ut qui sermo amplissimam gentium consortionem sub Romani Imperii auctoritate sæcula plurima sociavisset, is et proprius Apostolicæ Sedis evaderet et, posteritati servatus, christianos Europæ populos alios cum aliis arto unitatis vinculo coniungeret.
Suæ enim sponte naturæ lingua Latina ad provehendum apud populos quoslibet omnem humanitatis cultum est peraccommodata :
cum invidiam non commoveat,
singulis gentibus se æquabilem præstet, nullius partibus faveat,
omnibus postremo sit grata et amica.
Neque hoc neglegatur oportet, in sermone Latino nobilem inesse conformationem et proprietatem ; siquidem loquendi genus pressum, locuples, numerosum, maiestatis plenum et dignitatis habet, quod unice et perspicuitati conducit et gravitati."

( 775819 )
Vos arguments sont bons. par Paterculus (2015-04-11 18:08:17)
[en réponse à 775801]
Je me suis souvent dit que la crise linguistique en certains pays serait sans doute un peu moins violente si les protagonistes pouvaient se retrouver ensemble à la messe.
Pour ce qui est de l'Afrique, il y a eu une erreur d'appréciation des missionnaires. Certes les populations auxquelles ils s'adressaient n'avaient rien d'indo-européen, et cela pouvait conduire à des liturgies en langues indigènes.
Mais précisément quelle langue indigène adopter ? On peut trouver des paroisses où chaque dimanche on a des messes dans les langes de chacune des tribus des environs, et des messes en français et en anglais. Le résultat est un fractionnement tribal des paroisses, et ce n'est pas indifférent. De plus, le latin avait l'avantage de ne pas être la langue des colonisateurs, mais celle de l'Eglise.
Enfin, pourquoi l'Eglise tient-elle en Afrique à une inculturation respectueuse des traditions culturelles des peuples africains, alors qu'elle a procédé en Occident à une déculturation irrespectueuse des traditions des peuples occidentaux ?
Votre dévoué Paterculus

( 775843 )
Mais, Monsieur l'abbé ... par Ewondo (2015-04-11 21:06:35)
[en réponse à 775819]
En 2007, à Yaoundé au Cameroun, nous nous sommes retrouvés entre anciens amis du lycée Général Leclerc de Yaoundé et un ami camerounais, du pur ébène, nous a fait un discours ... en latin. Il paraît qu'il n'y avait ni barbarisme, ni solécisme du moins selon la compréhension d'autres copains !
Les Camerounais étaient très forts en latin, savaient le scander à la perfection (avec mes copains noirs, j'échangeais de cours de latin contre des cours de géométrie ... ils n'avaient pas la notion de l'angle droit !).
Et je me souviens d'un père qui me disait avoir vu ses fidèles venus le supplier de remettre à la messe les chants en grégorien, en 1968 !
Pierre.

( 775870 )
Le latin vivant ... par Ewondo (2015-04-12 02:08:01)
[en réponse à 775843]
... c'est un stage auquel je me suis inscrit dans un séminaire connu de notre département. De lundi à samedi prochain, le livre est très intéressant.
Pierre.

( 775871 )
Je me souviens dans les années 60 notre Président de la République convoquant l'Archevêque par Ewondo (2015-04-12 02:59:35)
[en réponse à 775819]
... de Yaoundé pour lui demander en termes stricts si l'Eglise Catholique était devenue folle en faisant dire des messes en langues vernaculaires, qui divisaient tout le monde, alors que lui s'efforçait de rassembler dans un pays qui comptait 78 langues et dialectes ! Les églises de Yaoundé étaient éclatées en chapelles selon les ethnies. Ici c'était en ewondo, là en douala, ailleurs en bafia, en eton etc.
Le comble était que le Président était un musulman, d'un registre très ouvert et d'un Islam discret, certes, mais conscient des responsabilités de sa fonction.
Pierre.

( 775867 )
Saint Jean-Paul II par Ritter (2015-04-11 23:51:49)
[en réponse à 775801]
L'abandon de cette langue est justifié par divers arguments, notamment séduire les jeunes, faciliter les conversions, tendre la main aux protestants ou aux ouvriers. Bla bla bla ...
Qui fut trés proche des jeunes, tendit la main à tout le monde, affirma que le latin était la langue de l’Église.