Le Forum Catholique
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( 775699 )
cardinal sarah par Strich (2015-04-10 13:34:58)
je suis un chanoine de Notre Dame de paris et je celebre habituellement selon la forme ordinnaire et une dizaine de fois pas an selon la forme extraordinaire aussi j'ai trouvé juste ce que le cardinal sarah a dit dans la revue la NEF numero 269
"j'ai été blessé d'entendre des pretres me dire qu'ils avaient peur de perdre la foi en célébrant la forme ordinaire du missel de Paul VI:cela témoigne d'une maladie profonde de la foi!"
j'ajoute personnellement que les deux formes sont l'unique messe catholique
bonne semaine de paques

( 775707 )
Effectivement... par Attente ac devote (2015-04-10 15:04:45)
[en réponse à 775699]
...célébrer habituellement cette "forme" du rite romain temoigne d'une maladie profonde de la foi, nous sommes bien d'accord.
Bonne et sainte semaine de Pâques également M. le chanoine.

( 775708 )
La vérité peut blesser quand elle est aveuglante ... par vistemboir2 (2015-04-10 16:15:09)
[en réponse à 775699]
C'est le cas lorsque l'on veut ignorer les résultats de la mise en place de la "forme ordinaire", parachèvement de la catastrophe que fut Vatican II pour l'Eglise catholique : ravages et désordres en tous genres, désertion en masse des fidèles et des dizaines de milliers de prêtres et de religieux, multiplication des schismes, des hérésies et des scandales, le dernier en date étant celui de l'Eglise "marxiste" d'Allemagne...

( 775712 )
Un essai d'explication... par ptk (2015-04-10 17:19:39)
[en réponse à 775699]
Monsieur le Chanoine,
En reprenant ce que le site du diocèse de Paris et le cathéchisme de l'Eglise catholique conciliaire disent de la Foi, j'essaye, par quelques commentaires, d'imaginer pourquoi les prêtres cités par SER le Cardinal Sarah peuvent avoir peur en célébrant la messe de Paul VI de perdre la Foi.
Sans mettre en cause la validité de cette messe, ni même qu'elle puisse, éventuellement, célébrée dans certaines conditions et certainement pas comme elle l'est dans la plupart des paroisses de France que j'ai pu visiter, nourrir la Foi de quelques êtres d'élite, je crois pouvoir souligner qu'un sandwich rassis peut nourrir mais qu'un repas élaboré et servi dans toutes les règles de l'art lui reste préférable.
Respectueusement
QU’EST-CE QUE LA FOI
Site du diocèse de Paris
Citation:
La foi est un don de Dieu, qu’on appelle la grâce. Elle est aussi un acte pleinement humain qui fait appel à l’intelligence et à la liberté humaines. Les vérités que Dieu nous révèle, apparaissent vraies aussi à la lumière de notre intelligence. La foi cherche à comprendre la Révélation et à mieux connaître Dieu. On peut avoir de nombreux doutes sur tel ou tel aspect de la foi, mais tous ces doutes ne remettent pas en cause la confiance que l’on fait à Dieu. Cependant, si la foi n’est pas nourrie et entretenue, elle peut s’assoupir et même s’éteindre.
Commentaire:
La messe de Paul VI, par son obsession de la participation apparente des fidèles, par sa désacralisation pratique, par le fait que dans sa célébration habituelle le « président » est tourné vers le peuple et non vers Dieu, dans la faiblesse et l’ambiguïté de ses formulations nourrit mal et entretient mal la Foi, qui peut donc s’assoupir et s’éteindre.
Texte
Parce qu’il s’agit d’une relation personnelle avec Dieu,
(commentaire : dans la messe de Paul VI, la relation avec Dieu passe après la relation avec l’assemblée)
Texte (suite)
la foi ne peut être que libre et volontaire. Personne ne doit être contraint à croire malgré soi.
Catéchisme de l’Eglise catholique
Texte:
III. Les caractéristiques de la foi
La foi est une grâce
153 La foi est un don de Dieu, une vertu surnaturelle infuse par Lui.
La foi est un acte humain
154 Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit. Il n’en est pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain. Il n’est contraire ni à la liberté ni à l’intelligence de l’homme de faire confiance à Dieu et d’adhérer aux vérités par lui révélées.
Commentaire:
La messe de Paul VI ne parle pas à l’intelligence, elle gomme les aspérités et les difficultés de la théologie catholique qui apparaissent si bien dans la Messe de toujours ; elle n’enseigne plus.
Texte:
155 Dans la foi, l’intelligence et la volonté humaines coopèrent avec la grâce divine.
Commentaire:
Dans la messe de Paul VI, on fait mémoire d’un repas entre frères. On n’enseigne plus on n’implore plus la Grâce divine.
Texte:
La foi et l’intelligence
156 Le motif de croire n’est pas le fait que les vérités révélées apparaissent comme vraies et intelligibles à la lumière de notre raison naturelle. Nous croyons " à cause de l’autorité de Dieu même qui révèle et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper ". " Néanmoins, pour que l’hommage de notre foi fût conforme à la raison, Dieu a voulu que les secours intérieurs du Saint-Esprit soient accompagnés des preuves extérieures de sa Révélation ". C’est ainsi que les miracles du Christ et des saints, les prophéties, la propagation et la sainteté de l’Église, sa fécondité et sa stabilité " sont des signes certains de la Révélation, adaptés à l’intelligence de tous ", des " motifs de crédibilité " qui montrent que l’assentiment de la foi n’est " nullement un mouvement aveugle de l’esprit ".
Commentaire:
Dans la messe de Paul VI, les aspects les plus solennels, ceux qui rendent présents la Majesté et la Puissance divines sont escamotés. On a même pris la peine de « censurer » des extraits des Saintes Ecritures pour éviter des références à de dérangeants Mystères.
Texte:
157 La foi est certaine.
Commentaire:
L’Eglise qui célèbre la messe de Paul VI a honte de ses certitudes ; elle préfère afficher le doute et l’ériger en principe.
Texte:
158 " La foi cherche à comprendre "
Commentaire:
L’Eglise qui célèbre la messe de Paul VI préfère affaiblir son message que de chercher à la faire comprendre : plus de consubstantialité, plus de transsubstantiation,….
Texte:
159 Foi et science. " Bien que la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais y avoir de vrai désaccord entre elles. Puisque le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi a fait descendre dans l’esprit humain la lumière de la raison, Dieu ne pourrait se nier lui-même ni le vrai contredire jamais le vrai ".
Commentaire:
L’Eglise qui célèbre la messe de Paul VI ne cherche plus à concilier ses Mystères et la Raison ; elle préfère retirer de son patrimoine tout ce qui offense l’esprit du Monde, les vents dominants.
Texte:
La liberté de la foi
160 Pour être humaine, " la réponse de la foi donnée par l’homme à Dieu doit être volontaire ; en conséquence, personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré soi. Par sa nature même, en effet, l’acte de foi a un caractère volontaire "
Commentaire:
L’Eglise qui célèbre la messe de Paul VI préfère encourager les infidèles et les hérétiques à « bien vivre leur foi » plutôt que de les convertir.
Texte:
La nécessité de la foi
161 Croire en Jésus-Christ et en Celui qui l’a envoyé pour notre salut est nécessaire pour obtenir ce salut.
Commentaire:
La messe de Paul VI préfère souligner l’universalité du Salut que rappeler que cette universalité ne concerne que la possibilité du Salut que, pour être assuré d’être sauvé, il faut croire et être baptisé.
Texte:
La persévérance dans la foi
162 La foi est un don gratuit que Dieu fait à l’homme. Ce don inestimable, nous pouvons le perdre. Pour vivre, croître et persévérer jusqu’à la fin dans la foi nous devons la nourrir par la Parole de Dieu ; nous devons implorer le Seigneur de l’augmenter ; elle doit " agir par la charité ", être portée par l’espérance et être enracinée dans la foi de l’Église.
Commentaire:
La messe de Paul VI insiste sur la parole de Dieu, mais en multipliant les textes sur trois ans, elle a fait perdre au peuple la connaissance que lui apportait une riche et modeste sélection répétée année après année.
La messe de Paul VI ne demande plus à Dieu d’augmenter la Foi, puisque toutes les croyances se valent, que toutes les pratiques de vie ont même valeur.
La Foi de l’Eglise elle-même est désormais vacillante et si peu assurée comme la Foi des fidèles pourrait-elle s’y enraciner?

( 775721 )
le décalage entre liturgie "ordinaire" ici et là-bas par Luc Perrin (2015-04-10 19:33:37)
[en réponse à 775699]
Autant je comprends très bien la réaction du Cardinal, au vu de la haute qualité des liturgies africaines (oui je sais Romanus et Rémi vont me dire qu'en Érythrée c'est comme ici mais ...), autant j'ai du mal à comprendre la réaction d'un chanoine de Notre-Dame qui feint d'ignorer la situation déplorable de la liturgie en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord parfois en Amérique latine.
Les photos, les vidéos, les témoignages, les statistiques sont hélas là pour illustrer la véracité - c'est bien cela qu'il faut déplorer et non faire l'autruche - du constat des prêtres qui ici, dans les régions précitées, voient s'effriter, s'effondrer, disparaître la foi.
J'ai été frappé par la piété, l'intensité des liturgies rwandaises en particulier auxquelles j'ai assisté avec bonheur. Frappé de même par la dévotion togolaise et béninoise : tout cela en Forme ordinaire.
En revanche, la médiocrité affligeante de cette Forme ordinaire en France, en Italie, un peu moins en G-B et aux USA me peine.
Que des prêtres, dans ce contexte occidental européen sécularisé et spirituellement anémié et corrompu, ne trouvent pas dans le missel ordinaire un sérum assez puissant pour lutter contre le virus laïciste ambiant, je le comprends pour ma part très bien : c'est du bon sens de la part de ces prêtres.
Si en outre, le Magistère s'est penché par tant de textes, instructions, rappels, synodes (cf. 2005), si Joseph Ratzinger - cardinal hélas plus comme pape - a tant écrit et insisté sur la dévitalisation de la liturgie romaine post-conciliaire, quelle réflexion en tirez-vous ?
Si le même J. Ratzinger a écrit et pas qu'une fois, que la crise de l'Église est alimentée, notamment, par cette dévitalisation liturgique, serait-ce un hasard ?
Si un Louis Bouyer, co-auteur de la Prex II en particulier, dit pis que pendre de cette Forme ordinaire à la "fabrication" (J. Ratzinger) de laquelle il a participé, qu'en pensez-vous ?
Il serait bon d'avoir l'avis d'un chanoine de Notre-Dame là-dessus, au-delà de la réflexion rapide qui est ici exposée à l'aide d'une brève citation, citation qui s'explique par un contexte africain surtout.

( 775723 )
Pourriez-vous avoir l'honnêteté par Rémi (2015-04-10 20:10:13)
[en réponse à 775721]

( 775727 )
C'est dangereux par MG (2015-04-10 20:36:02)
[en réponse à 775723]
Que d'attaquer frontalement le Professeur ! Vous vous exposez à des messages cinglants où la morgue et le mépris (non pas des idées mais de la personne) se côtoient !

( 775728 )
Eh oui, je ne biaise pas par Rémi (2015-04-10 20:49:31)
[en réponse à 775727]
à sa manière filandreuse, moi, et j'aimerais bien qu'il nous dise clairement pourquoi il écrit "Romanus et Rémi vont me dire qu'en Érythrée c'est comme ici" , et pourquoi il invente, donc, que je dise quoi que ce soit de l'Erythrée quand je ne connais même rien de l'Afrique toute entière !
Mais comme il sait sciemment qu'il dit n'importe quoi, je gage qu'il se gardera bien de nous expliquer quoi que ce soit. Et je n'envisage bien sûr même pas qu'il puisse s'excuser de ses stupides prises à partie ...

( 775742 )
Laissez tomber Rémi par Romanus (2015-04-10 22:34:04)
[en réponse à 775728]
Vous ne pouvez rien contre une pathologie. Contentez vous de souhaiter à notre ami un saint temps pascal. Le reste ne relève pas de nos compétences....
Le jour de Pâques, j'étais perdu dans la brousse d'Afrique centrale. On me parle d'un monastère bénédictin au sommet d'une montagne voisine. Je m'y rends donc, bien que je n'assiste jamais à la nouvelle messe généralement. C'était plus de la curiosité. Il s'agissait en réalité d'une paroisse desservie par un moine bénédictin effectivement, mais qui vit seul depuis fort longtemps.
Il est arrivé en costard. Une messe où toutes les rangées font une farandole après la consécration, où chacun se trémousse en hurlant des you you, à peu près comme dans toutes les messes auxquelles j'ai assisté en Afrique, à de vraiment très rares exceptions (J'ai une fois assisté en RDC à une messe canon I presque entièrement chantée en latin dans une paroisse).
En revanche, ce qui est dramatique dans cela, c'est de constater que la population est la victime de ces prêtres. Quel gâchis! La ferveur des Africains est toujours touchante malgré cette liturgie digne des églises éveillées. Notre ami y voit de "la piété et de l'intensité". On ne saurait lui donner tort sur ce dernier point mais cela n'a malheureusement que peu à voir avec la liturgie catholique.
Courage Rémi, vous n'avez pas fini d'être harcelé...
Romanus

( 775726 )
Comme vous ! par Paterculus (2015-04-10 20:34:15)
[en réponse à 775699]
Je suis heureux de vous lire à nouveau, et bien d'accord avec vous et le cardinal Sarah.
La perte de la foi que signalent ceux qui vous répondent est en fait la cause de la mauvaise application de la réforme liturgique, laquelle induit ensuite une nouvelle dégradation de la foi.
Ceci dit il y a bien des choses à redire à ce nouveau missel. Bien dit, il est un bon moyen de sanctification. Mais la hâte avec laquelle il a été conçu, la suffisance des liturgistes alors que leur science, toute nouvelle et récente, n'en était qu'à ses balbutiements, la fraude même si l'on en croit le Père Bouyer, tout cela fait que le résultat n'est pas à la hauteur des espérances des Pères conciliaires.
Le fait que le prêtre soit tourné vers l'assemblée est symptomatique. Le reproche principal que je fais à ce missel est qu'il n'a pas respecté la constitution conciliaire sur la liturgie, en application de laquelle il a été conçu !
Oui, je crois qu'un manque de foi existe chez certains de ceux qui le critiquent. Mais oui, aussi, je suis pour une réforme de la réforme.
Votre dévoué Paterculus
PS. Vous aviez raison, lors de
votre précédent message, au sujet des traductions liturgiques : si j'ai ironisé, c'est parce qu'allait être publiée la lettre de ces trois évêques qui m'attaquaient parce que j'avais écrit la même chose que les autorités romaines à ce sujet...

( 775739 )
Le cardinal Ottaviani parait plus réaliste par Ennemond (2015-04-10 21:59:42)
[en réponse à 775699]
Tout ce qu'il a de sanctifiant dans le nouveau rite est un héritage de l'ancien. Il s'agira du silence quand le ministre y aura consenti. Il s'agira du sens du sacré lorsque les prières n'auront pas été trop modifiées, selon la version choisie. Il s'agira de la beauté des Saintes Ecritures, de la présence de Jésus Christ lorsqu'elle aura été présentée avec égard, tout ce qui a été sorti de l'ancien missel. Malgré tout, les modifications apportées (baisse du nombre de marques d'adoration, offertoire moins sacrificiel, sans même parler de la communion dans la main, de la féminisation du service d'autel, de l'intrusion d'instruments ou de rythmes musicaux profanes) ont toujours fait reculer la dimension transcendantale et augmenté la dimension horizontale.
Qu'est-ce qui aurait été ajouté en 1969 qui soit motif à plus de respect envers Dieu ?
Le problème du Nouveau Rite, c'est que, au bout de quarante-cinq d'existence, il est essentiellement synonyme de créativité du fait des marges de manoeuvre laissées aux célébrants, même si des ministres ne manquant pas de sainteté orientent tant qu'ils peuvent la marge de manoeuvre en faveur du sens du sacré. Cependant, je crains que ce rite soit très difficilement dissociable de toute le contexte qui a présidé à son lancement. Dans ses très nombreuses interventions, le cardinal Sarah agit avec habileté et je trouve que vous avez choisi la citation la plus tranchée sur le sujet. En général, il dit ne pas vouloir utiliser un rite comme une hache de guerre et sa volonté de pacifier est toute à son honneur. Ensuite, il donne une vision de la liturgie qui est tout de même plus proche de ce qui est pratiqué dans les chapelles traditionnelles que chez un certain nombre de vos confrères diocésains qui doivent, je le crains, bien peu vous réjouir.
Est-ce qu'on ne peut invoquer la peur de perdre la Foi pour refuser le nouveau rite ? Certains cardinaux ont pourtant eu des propos assez fermes et je pense sincèrement que sur le court terme comme sur le long terme ils ont raison. Ce fut le cas des
cardinaux Ottaviani et Bacci qui ont osé signer ceci :
Tant de nouveautés apparaissent dans le nouvel ORDO MISSAE, et en revanche tant de choses éternelles s'y trouvent reléguées à une place mineure ou à une autre place, -- si même elles y trouvent encore une place, -- que pourrait se trouver renforcé et changé en certitude le doute, qui malheureusement s'insinue dans de nombreux milieux, selon lequel des vérités toujours crues par le peuple chrétien pourraient changer ou être passées sous silence sans qu'il y ait infidélité au dépôt sacré de la doctrine auquel la foi catholique est liée pour l'éternité.
Je ne suis pas certain que leurs éminences aient été touchées par quelque maladie de la foi que ce soit. D'ailleurs, quand ce texte fut écrit, il n'était pas encore question d'abus ou de messe bien célébrée, de Saint-Eugène ou de Saint-Merry.