Le Forum Catholique
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( 774823 )
Question liturgique sur la saint Gabriel par Lux (2015-03-27 22:04:58)
Ce message pour demander un éclaircissement sur la fête liturgique de saint Gabriel.
En effet, dans mon missel, ainsi que dans celui de mon épouse (qui est le tout dernier édité par la FSSPX), une magnifique messe en l'honneur de cet archange, qui est aussi le saint patron de notre fils, est prévue le 24 mars. Or à la messe de notre paroisse (FSSP), ce jour fut "de la férie". En consultant les annonces de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, je me rends compte qu'il en est de même chez eux.
Où est passée cette fête de la saint Gabriel ?
Je sais que le calendrier liturgique réformé ne l'a pas retenue, puisque l'archange est fêté avec saint Michel, le 29 septembre. On est parvenu a enlever ce très beau symbole qu'est la fête du messager de Dieu la veille de l'Annonciation. Mais qu'en est-il dans le calendrier traditionnel ? Pourquoi ne pas la fêter ? Est-ce une erreur ou y a-t-il une explication liturgique ?
Merci beaucoup pour vos éclaircissements.

( 774826 )
hélas, 1962 ! par Lycobates (2015-03-27 22:40:14)
[en réponse à 774823]
Dans le missel roncallien jansénisant de 1962 (jansénisant: réduction unilatérale voire estompage du sanctoral au profit du temporal) la fête de l'Archange est devenue de IIIe classe et la férie du Carême a précédence (rubrique 25 a). Mais on devrait faire mémoire de Saint Gabriel.
Ce missel est d'application (presque partout) chez la FSSPX et l'Eglise Affligée par François. C'est affligeant.
Dans le missel traditionnel (1920), que vous trouverez seulement dans les chapelles attachées à la solution qui n'ose pas dire son nom, nous avons célébré votre belle messe de l'Archange, avec (dans les messes non conventuelles, c.-à-d. la plupart des cas) mémoire de la férie (qui est majeure mais non privilégiée) et on lit son évangile comme dernier évangile.
La fête est de double majeur et primaire. On chante le Gloria et le Credo, et la préface du Carême.
Où est passée cette fête de la saint Gabriel ?
Désolé pour vous, mais dans le missel de 1962 (qui n'est pas "traditionnel" du tout) Saint Gabriel n'est plus jamais célébré pendant le Carême, s'il n'est pas patron (primaire ou secondaire) de l'église, ou du lieu, ce qui le fait remonter à la Ie ou IIe classe et prendre précédence sur la férie.

( 774827 )
[réponse] par MG (2015-03-27 22:53:23)
[en réponse à 774826]
Et c'est très bien ainsi que le Temporal ne soit pas encombré de fêtes surtout durant le Carême ! Le Missel de Saint Jean XXIII a ce mérite.
Quant à vos chapelles attachées à une solution qui n'ose dire son nom ayez, au moins la franchise de déclarer que le Siège de Pierre est vacant depuis... ?
Votre grande érudition n'excuse pas tout.

( 774831 )
franchise par Lycobates (2015-03-27 23:18:03)
[en réponse à 774827]
J'ai la franchise dans la mesure que ce Forum m'accorde et même s'il me l'accorde avec une libéralité certaine dont je suis bien conscient, votre question ne pourra pas avoir de réponse ici.
Mortifiez donc votre curiosité pour l'instant.

( 774829 )
Il doit s'agir de la modification des rubriques par Jean-Paul PARFU (2015-03-27 23:08:45)
[en réponse à 774826]
Décidée lors de la réforme de 1955, mais à l'essai, en quelque sorte, jusqu'au décret de juillet 1960, où elle est devenue définitive et donc présente pour la première fois dans le missel de 1962, dit de Jean XXIII.

( 774830 )
Sur la simplification des rubriques de 1955 par Jean-Paul PARFU (2015-03-27 23:15:54)
[en réponse à 774829]
Qui a également eu pour conséquence la suppression de la Vigile et de l'Octave de l'Epiphanie et donc le déclassement de cette fête, voir ce post
clic

( 774832 )
oui ... par Lycobates (2015-03-27 23:53:16)
[en réponse à 774829]
la "simplification des rubriques" (provisoire) de 1956 permettait, au choix, de donner précédence à la férie sur certaines fêtes, là où le codex ferreus des rubriques de 1960/62 rendait cela obligatoire.
Toute réforme bien conçue et bien réussie procède par saucissonnage.
Il faut éviter de faire avaler tout à la fois, c'est indigeste et cela rend le Bon Peuple de Dieu soupçonneux.
Ce ne fut surtout pas le but.
Et les réformateurs ont réussi comme on le voit, puisqu'il y a des "tradis" qui s'extasient devant les débris de missel de 1962.

( 774842 )
Ah ce rubriscisme !!! par Non volumus ignorare (2015-03-28 07:51:45)
[en réponse à 774832]
Corset étriqué et corde de pendu qui ont servi de bâton pour évacuer l'ancienne liturgie... il ne faut pas croire que dans les années 50 et déjà sous Pie XII le rubriscisme n'était pas contourné...S'il faut des lois, et un cadre pour tout, Etranglez un être humain, animal ou végétal et vous verrez s'il continue à vivre....

( 774899 )
ah ce rubricisme ! par Lycobates (2015-03-28 17:31:37)
[en réponse à 774842]
Vous vous trompez lourdement !
Mais peut-être vous n'avez pas lu, comme d'autres, les 530 (!) rubriques de la réforme de 1962 du missel et du bréviaire étalées sur une bonne soixantaine de pages, en petites lettres.
Voilà la pédanterie pour ne pas dire la mesquinerie, et le bavardage des modernistes réformateurs.
Je vous pardonne de n'avoir pas lu ce roman.
À côté de cela les 12 pages des rubriques et les 13 pages des Additiones et Variationes dans notre Missel de 1920 restent bien pâles.
C'est vrai que pour le Bréviaire avec les Additiones c'est un peu plus volumineux, mais quand-même, on n'a pas poussé la pédanterie jusqu'à une numérotation continue ...

( 774847 )
Et St Pie X était-il ... par Deo gratias (2015-03-28 09:05:46)
[en réponse à 774826]
... un antipape, puisqu'il a avait simplifié les rubriques pour la récitation du bréviaire et que la mort l'a empêché de poursuivre avec le missel. Malgré tout, il a redonné sa vraie place au dimanche comme jour de la Résurrection, alors qu'il n'était pas rare auparavant de fêter un saint, ce jour. D'ailleurs, j'ai souvenir qu'un vieux prêtre me disait que ce dernier pape (St Pie X) avait commencé les réformes qui aboutiront plus tard à celles de Paul VI. Comme quoi certains, vont peut-être trouver à redire sur St Pierre, qui ne célébrait pas avec chasubles et manipules.
J'ai l'impression que parfois certains "tradis" sont tombés dans le travers des pharisiens avec leurs longues phylactères et leur liturgie plus que codifiée (voir le sabbat...).

( 774870 )
je m'interroge... par Attente ac devote (2015-03-28 11:08:46)
[en réponse à 774826]
Bonjour,
Pardonnez ma question, mais est-il possible d'être un adepte de la "solution qui n'ose pas dire son nom" et de ne pas partager les analyses sur l'invalidité des sacres d'évêques actuels ?
Merci à vous.

( 774900 )
Bien évidemment... par John DALY (2015-03-28 17:58:13)
[en réponse à 774870]
Les deux questions sont distinctes et le seul lien causal entre elles marche dans l'autre sens :
Un pape légitime ne peut pas donner à l'Église un rite sacramentel invalide, mais un prétendant illégitime peut parfaitement donner un rite valide.
Toutefois dans le cas d'un nouveau rite sacramentel promulgué par une autorité nulle, il n'y aurait aucune garantie de la part de l'Église et donc la validité serait à évaluer selon des critères tels que ceux présentés et utilisés par le pape Léon XIII en Apostolicæ Curæ pour évaluer les ordinations anglicanes.
Tout éloignement des formules officielles dans la partie essentielle serait susceptible de soulever un doute. Il n'est pas normal que les catholiques aient à vérifier pour eux-mêmes la validité des rites.

( 774906 )
merci... par Attente ac devote (2015-03-28 18:55:45)
[en réponse à 774900]
...d'avoir pris le temps de me répondre.
Malheureuse époque où un catholique doit se poser ce genre de questions...

( 774872 )
La fête de saint Gabriel n'a pas 100 ans... par Yves Daoudal (2015-03-28 11:51:22)
[en réponse à 774823]
Elle a été instituée par Benoît XV en 1921.
Elle n'existe pas dans le bréviaire monastique.

( 774875 )
Oui mais par Jean-Paul PARFU (2015-03-28 12:19:54)
[en réponse à 774872]
Lu sur différents sites :
"La fête de saint Gabriel est entrée à cette date (24 mars) dans le Missel romain seulement sous Benoît XV (en 1921). Elle revendiquait pourtant en sa faveur des précédents historiques, puisqu’elle apparaît déjà dans le plus ancien Calendrier copte le 18 décembre, et dans le Lectionnaire syrien elle est mentionnée le 26 mars. Dans l’un et l’autre cas, elle est, comme l’on voit, en relation avec la fête de l’Annonciation de la Très Sainte Vierge, et c’est ainsi que le jour assigné finalement à saint Gabriel dans le Calendrier romain se rattache à la tradition orientale la plus antique".

( 774887 )
Sur le 24 mars par Lux (2015-03-28 14:42:31)
[en réponse à 774875]
C'est en effet ce que j'avais lu en me documentant sur cet archange.
Je ne sais pas pourquoi cette fête fut instituée si tardivement ; il n'en reste pas moins qu'elle n'a pas été créée ex nihilo, loin de là. Ce n'est pas parce que, mutatis mutandis, le dogme de l'Assomption a été prononcé en 1950 qu'il a moins de valeur que les autres.
Il est plus qu'étonnant, enfin, de créer une fête pour la faire disparaître seulement 40 ans après. On est loin de la tradition vivante...

( 774890 )
Merci pour vos réponses ; c'est 1962 qui est en question par Lux (2015-03-28 14:49:23)
[en réponse à 774823]
Merci pour vos réponses fort claires, et complétées par les avis de chacun sur la question.
Pour ma part, je constate que la fête a été quasiment supprimée, sans le dire, puisque ce n'est pas demain qu'un 24 mars hors carême surviendra.
Cet élément semble constituer un nouvel argument permettant de s'interroger sur le choix de 1962 comme missel traditionnel de référence. J'ai bien l'impression que l'on se trouve dans un mouvement de destruction liturgique, qui trouve ses sources au début du XXe siècle et son aboutissement dans les années précédant le motu proprio, dont 1962 n'est qu'une étape. Une étape qui se place dans le début du processus (dans la fin pour ce qui est de la semaine sainte), mais une étape quand même.

( 774909 )
s'interroger sur le choix de 1962 par Lycobates (2015-03-28 19:32:11)
[en réponse à 774890]
Vous mettez le doigt sur la plaie !
Ce missel ne saurait être un "missel traditionnel de référence", il est une étape sur le chemin de la destruction qui aboutit au NOM en 1969. Il respire un esprit liturgique jansénisant (e.a. réduction outrancière de la vénération liturgique des saints), qui n'est pas l'esprit de l'Eglise. Nous le savons au moins depuis Pistoie.
Pour tout catholique le missel de référence doit être forcément la dernière édition typique faite par une autorité légitime et compétente. Le missel a changé au cours du temps et pourrait encore changer, bien entendu, supposée une autorité légitime pour le faire, et supposé, bien sûr, c'est lié, que ce changement n'affecte pas le continu doctrinal. Chose inouïe en effet que d'évoquer cette éventualité, inouïe depuis toujours (même si elle est dans les manuels), pour tout catholique, je le concède, mais nous avons appris depuis une cinquantaine d'années que contra factum non valet argumentum. Il faut se rendre aux évidences. Nous sommes témoin de changements et de réformes qui ont affecté et affectent gravement la doctrine.
Or, tout changement, toute réforme qui affecterait l'intégrité doctrinale ne saurait être issue d'une autorité légitime, car l'Eglise est infaillible dans la promulgation de ses lois, aussi liturgiques.
Voilà la ligne de crête à adopter pour accepter ou ne pas accepter une innovation, liturgique ou autre, et ceux qui la préconisent.
Pour moi, et d'autres, pour toutes ces raisons le missel de référence est le missel de 1920.
Il n'est pas parfait, il ne faut pas l'idéaliser, mais il a le mérite d'exister et c'est celui que l'on suit, faisant abstraction des "acquis" de la Commission Bugnini à partir de 1948. Sur ces points et d'autres, apparentés, quelques fils de discussion existent sur ce Forum.
Ce qui se justifie d'autant plus que ces "acquis" (1951, 1955/56) se voulaient provisoires, "en attendant". C'est dit expressément. En principe ils sont périmés. Nous savons maintenant ce qui a suivi notamment en 1969 et pourquoi on ne peut pas l'accepter.
Il est donc raisonnable et logique d'ignorer de fait (car nous n'avons aucune autorité législative) aussi ce qui y a conduit même avant 1958, sans juger sur le fond, mais purement de façon pragmatique, en attendant des jours meilleurs.
Car ce n'est pas moi, ni le recteur de la chapelle X, ni un évêque dirigeant une pia unio, mais ce n'est que le Pape seul qui peut rendre caduc le décret Maxima redemptionis de la SCR de 1955, pour ne donner qu'un exemple.
Ce que nous pouvons faire, en revanche, et légitimement je le pense au vu de ce qui précède, et qui sont des raisons graves, c'est de l'ignorer dans la pratique. En morale on peut faire valoir une cessation de fait de la loi (si elle ne relève pas du droit divin, bien sûr), même bonne et légitime, si elle s'avère nocive par la suite, par l'abus qui en est fait et en l'absence du législateur pour y rémédier. C'est bien le cas avec ces décrets sous le pape Pie XII qui ont été utilisés dans la logique de la réforme qui a suivi et abouti finalement au NOM.
Mais quiconque considère le NOM et son promulgauteur comme orthodoxes et légitimes, n'a qu'à suivre cette réforme et ces réformateurs jusqu'au bout. Il n'y a pas d'autre possibilité.
On doit supposer que si le cardinal (Gaetano) Cicognani et le pape Pie XII avaient pu prévoir l'ampleur de la dérive, ils auraient davantage freiné les ardeurs déviées des liturgistes et refusé aussi des demandes a priori plus ou moins (je dis bien : plus ou moins) indifférentes, comme une simplification des octaves (aussi regrettable que ce soit), la permission des messes du soir (avec ses conséquences néfastes sur le jeûne eucharistique pour qui communie) et la permission des réponses faites aux messes basses par tous les assistants (et pas seulement par le servant), etc.
Ce ne fut pas le cas, hélas.

( 774913 )
Pour une fois... par Deo gratias (2015-03-28 20:39:46)
[en réponse à 774909]
... Que je suis d'accord avec vous, il faut le souligner.
Mais quiconque considère le NOM et son promulgauteur comme orthodoxes et légitimes, n'a qu'à suivre cette réforme et ces réformateurs jusqu'au bout. Il n'y a pas d'autre possibilité.

( 774941 )
Et c'est bien ce que nous faisons par Jean Ferrand (2015-03-29 09:42:56)
[en réponse à 774913]
Dans une demie-heure je vais assister à la bénédiction des rameaux devant l'église de Vorey-sur-Arzon, Haute-Loire. Et ce sont des rameaux NOMistes. Je ne me souviens même plus comment on dit 'rameaux' en latin, c'est dire...