Le Forum Catholique

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images/icones/1a.gif  ( 774606 )Le cardinal Muller à la manoeuvre par Justin Petipeu (2015-03-25 20:30:58) 

Déléguer certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage ou la famille aux conférences épiscopales « est une idée absolument anticatholique », affirme le cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF).

Dans un entretien à paraître dans l’hebdomadaire français Famille chrétienne du 26 mars, le cardinal revient sur les débats houleux du Synode des évêques sur la famille en octobre dernier, et réaffirme l’indissolubilité du mariage chrétien.

À la question de savoir si certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage et la famille pourraient être déléguées aux conférences épiscopales, le cardinal allemand répond que « c’est une idée absolument anticatholique qui ne respecte pas la catholicité de l’Église ».

« Les conférences épiscopales ont une autorité sur certains sujets, reconnaît-il, mais ne constituent pas un magistère à côté du Magistère, sans le pape et sans la communion avec tous les évêques ».

Au mois de décembre, la Conférence épiscopale allemande avait adopté « à une large majorité », le rapport final de leur groupe de travail sur l’accompagnement des divorcés remariés prévoyant leur accès « sous conditions » aux sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation.

Les propos du cardinal Müller évoquent également la tentative du diocèse de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne, avant le Synode d’octobre 2014, de prendre ses propres mesures concernant notamment l’accès à la communion des divorcés remariés. Le Vatican avait aussitôt demandé de ne pas lancer d’initiatives à même de créer la « confusion ».
Rome n’est pas Bruxelles

Réagissant à la remarque récente d’un évêque allemand affirmant que sa conférence épiscopale n’était pas une « filiale de Rome », le cardinal prévient que « ce genre d’attitude risque de réveiller une certaine polarisation entre les Églises locales et l’Église universelle, dépassée lors des conciles Vatican I puis Vatican II ».

Pour le cardinal Müller, le risque est « d’appliquer à l’Église des catégories politiques, au lieu d’utiliser l’ecclésiologie catholique véritable ». « La curie romaine n’est pas l’administration de Bruxelles, affirme-t-il encore. Nous ne sommes pas une quasi-administration, ni une super-organisation au-dessus des Églises locales, dont les évêques seraient les délégués. »

Si le pape François, dans l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, a lui-même souligné « la nécessité de progresser dans une décentralisation salutaire concernant certaines problématiques rencontrées par les épiscopats locaux », le cardinal Müller rappelle de son côté que « l’Église n’est pas un ensemble d’Églises nationales, dont les présidents voteraient pour élire leur chef au niveau universel ».
Indissolubilité du mariage

Dans les colonnes de Famille chrétienne, revenant sur la question du sacrement du mariage, le cardinal Müller déplore que « la valeur du don total d’un homme et d’une femme soit escamotée ».

Évoquant des paroles de saint Jean Chrysostome (347-407) estimant « que le divorce d’un mariage sacramentel était comme une amputation de la chair », le préfet de la CDF avertit alors : « Je crois que certains théologiens et certains évêques doivent se réapproprier ces paroles très claires. »
C.C. avec Apic

Source :
La Croix
images/icones/coeur.gif  ( 774607 )Un grand merci par Justin Petipeu (2015-03-25 20:32:49) 
[en réponse à 774606]

à nos cardinaux qui s'engagent avec l'énergie et la gravité nécessaires contre les hérésiarques de tout bord...
images/icones/fleche2.gif  ( 774659 )Un autre entretien du Cardinal Müller par Jean Kinzler (2015-03-26 13:48:41) 
[en réponse à 774607]

Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, répond aux questions soulevées dans l’Église à l’occasion du Synode sur la famille. Entretien exclusif.

Dans un livre d’entretiens sur la famille, publié récemment en Italie et aux États-Unis, vous encouragez les chrétiens à « choisir l’audace prophétique du martyre ». Pourquoi ?

L’Église n’est pas une organisation philanthropique. Dire que nous respectons les opinions de tous, que nous voulons du bien à tous, ne suffit pas. Présenter l’Évangile comme un simple message thérapeutique n’est pas très difficile, mais ne répond pas à l’exigence de Jésus. « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi », dit Jésus. Les premiers apôtres, les Pères de l’Église, les grands évêques de l’histoire de l’Église ont si souvent navigué face à des vents contraires. Comment pourrait-il en être autrement pour nous ?

Certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage et la famille pourraient-elles être déléguées aux conférences épiscopales ?

C’est une idée absolument anticatholique, qui ne respecte pas la catholicité de l’Église. Les conférences épiscopales ont une autorité sur certains sujets, mais ne constituent pas un magistère à côté du Magistère, sans le pape et sans la communion avec tous les évêques.

Déléguer certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage et la famille aux conférences épiscopales ? C’est une idée absolument anticatholique.
Récemment, un évêque allemand a déclaré que la conférence épiscopale qu’il dirige n’était pas une « filiale de Rome ». Qu’en pensez-vous?

Une conférence épiscopale n’est pas un concile particulier, encore moins un concile œcuménique. Le président d’une conférence épiscopale n’est rien de plus qu’un modérateur technique, et il n’a à ce titre aucune autorité magistérielle particulière. Entendre dire qu’une conférence épiscopale n’est pas une « filiale de Rome » me donne l’occasion de rappeler que les diocèses ne sont pas non plus les filiales du secrétariat d’une conférence épiscopale, ou d’un diocèse dont l’évêque préside la conférence épiscopale. Ce genre d’attitude risque en fait de réveiller une certaine polarisation entre les Églises locales et l’Église universelle, dépassée lors des conciles Vatican I puis Vatican II. L’Église n’est pas un ensemble d’Églises nationales, dont les présidents voteraient pour élire leur chef au niveau universel.



Pour lire l’entretien dans son intégralité, vous pouvez consulterfamillechretienne.fr