Je ne voudrais pas faire de polémique avec vous. Vous et les vôtres êtes dans une autre galaxie. Irrémédiablement je le crains. C'est bien dommage mais je m'y résigne.
Quelques remarques seulement, avant de fermer la boutique.
Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui règne la dévastation et la ruine que cette époque-là était parfaite et que ce cérémonial n'était pas pompeux.
La perfection n'est pas de ce monde. Nous sommes bien d'accord.
Mais les fastes de la liturgie nous représentent en quelque sorte et nous rapprochent les beautés de l'au-delà. C'est leur but. La liturgie nous rend présent Dieu sur terre, sur l'autel, et elle doit être l'image de cette réalité.
"Pompeux" n'est pas forcément un terme négatif. On peut dire solennel aussi, festif, grandiose. Toutes les messes ne sont pas célébrées ainsi ; une messe basse, chez les Latins, peut être aussi saisissante dans sa relative simplicité.
Certaines occasions (comme celle-ci : célébrant les cent ans de l'hiérarchie restituée), tant civiles que religieuses, appellent tout simplement une certaine pompe, une certaine grandeur.
(Je vois bien que la génération actuelle, qui va aussi en T-shirt à l'opéra, n'a que peu de compréhension pour ces délicatesses et ne se rend pas compte de la détresse qu'elle peut ainsi causer ; c'est donc peut-être bien un problême de société plus général)
Et ce n'est pas typiquement romain. Dans ce sens, les anglicans, les orientaux, et mêmes nos luthériens dans leurs meilleurs moments, sont "pompeux", eux-aussi.
Si on avait dans les séminaires de l'Eglise préconciliaire transmis l'esprit véritable de la liturgie, fait de prière, de louange et de contemplation, au lieu de faire apprendre aux séminaristes stupidement des rubriques pointilleuses en mesurant chaque geste au millimètre et sans en expliquer le sens profond, nous n'en serions pas là.
Si on avait ...
l'esprit véritable de la liturgie ...
au lieu d'apprendre stupidement ...
sans en expliquer le sens ...
Alors mon grand : vous y étiez, là, dans "les" séminaires ?
Vous êtes si sûr que ça de vos jugements ?
Que de certitudes, que de procès d'intention !
Il existe beaucoup de manuels "préconciliaires" (on peut dire "catholiques" aussi, c'est plus simple) qui expliquent admirablement l'esprit de la liturgie et le sens précis et l'historique de tout détail pointilleux qu'ils inculquent. Il suffit de les prendre en main, de les lire à coeur ouvert et d'agir en conséquence. L'esprit de prière, de contemplation, de louange, de mesure, oui (qui n'est pas le bavardage, la complaisance, l'humilité recherchée qui n'est qu'ostentation sournoise), cet esprit est là si on veut le saisir.
Beaucoup l'ont fait, peu ont continué à le faire.
Tous ces manuels, toute cette pratique, existe, est encore à disposition, a dans le passé été utilisé, étudié, appris.
Alors, je vous l'accorde, il y a eu des prévaricateurs, des insoucieux, des paresseux, des routiniers dans le clergé du passé. Certainement. Malheur à eux.
Mais des prêtres que je connais, ou ai connus dans le passé, jeunes et moins jeunes, les plus pieux sont aussi, et typiquement, les liturges les plus impressionnants, les plus "pointilleux".
Il y a forcément beaucoup d'humilité dans le respect absolu de la moindre rubrique, sanctifiée par le temps et l'Esprit qui dirige l'Eglise, celui qui prie ainsi le sait ; et il y a souvent beaucoup d'orgueil dans l'esprit de celui qui s'y oppose.
La réforme de la liturgie et des rubriques c'est un peu comme la réforme de l'orthographe. On constate que ça ne marche pas pour un certain nombre de personnes, qu'il y a des fautes, de la paresse, de l'insouciance. Au lieu de s'attaquer à cela, on "simplifie". Le résultat n'est pas une meilleure orthographe, mais encore plus de fautes, plus de paresse, plus d'insouciance.
J'ai relu votre message de présentation. Vous en êtes tentativement au "rite de 1962".
Ce n'est encore rien. Comparé avec la liturgie catholique vraiment traditionnelle, et non l'attrape-nigaud
mortuo proprio, ce "missel" est comme une salle de prière calviniste à côté d'un jubé gothique.
Je vous souhaite bonne chance, et bonnes découvertes. À vous de voir.
En français, lisez Dom Guéranger, les
Institution liturgiques, par exemple.