Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 774017 )Cette pensée est-elle vraiment catholique? par Jean Kinzler (2015-03-19 17:43:45) 

Anne Lécu (photo), dominicaine, médecin en prison, publie Marcher vers l'innocence (1). Une méditation en quarante étapes à travers l'Évangile de Jean, qui sonne comme une invitation à vivre de la bonté de Dieu.


C'est le fruit fécond d'une double expérience : la tradition dominicaine et l'exercice de la médecine en milieu carcéral. C'est aussi la possibilité de vivre le carême, du 18 février au 4 avril, au rythme de 40 méditations.

Ces quelques lignes, tirées de l'avant-propos du livre d'Anne Lécu (1), sur l'innocence me semblent particulièrement intéressantes.

""Madame, je suis innocente." Pour avoir entendu en prison de multiples fois cette affirmation, souvent décalée, j'ai fini par y croire, et par entendre - un peu - que ce qui était dit là, défiant l'évidence, était vrai : personne ne peut se réduire à son crime, à sa faute, à son malheur.

"Au fond, tout au fond, l'innocence demeure. (...)

"D'où me connais-tu ?, demande Nathanaël à Jésus, peut-être peu habitué à la perspicacité de ce regard qui touche d'emblée au fond de l'être.
"C'est une expérience rare. Vous rencontrez quelqu'un, et ce quelqu'un vous VOIT.
"Difficile de bien dire ce qui arrive. Mais le regard de l'autre, ou plutôt sa présence, voit en vous ce que peu voient, et c'est beau.

"Le fond de l'être, lorsqu'il se donne à connaître, est bonté, clarté, beauté. L'amour seul donne des yeux assez neufs pour le voir.

"Jésus, le Christ, parce qu'il est l'innocence, voit en nous l'innocence et nous connaît. Mais, nous, peu habitués à cela, nous ne le connaissons pas.

"C'est pourtant tout simple et Jean l'évangéliste ne va pas cesser de rabâcher la même chose : Dieu en Jésus est venu pour nous dire qu'il est là, de notre côté, sans défection, quoi qu'il arrive."

1 : Anne Lécu, Marcher vers l'innocence, Cerf, 214 pages, 12 €.

Qu'est-ce que l'innocence, sinon l'ignorance du mal ?
Ignorer, ne pas savoir, parce que l'on n'imagine pas que le mal puisse exister, (innocence de l'enfant qui n'ignore pas tout le mal, mais qui n'appréhende que progressivement toute son étendue), parce que l'on se refuse à le voir (illusion dangereuse), ou bien encore parce qu'on voit au-delà du mal apparent (regard de Jésus).

Voir avec les yeux de l'amour, c'est effectivement accéder à la connaissance de l'autre pour y découvrir ce qu'il recèle de "bonté, de clarté et de beauté", au-delà des apparences trompeuses.

Une belle invitation à changer notre regard.



Publié dans ouest-france.fr
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et aussi:articles sur ce livre
images/icones/fleche3.gif  ( 774053 )chers liseurs, je vous pose une question par Jean Kinzler (2015-03-19 21:24:46) 
[en réponse à 774017]

La pensée diffusée par ce ivre est-elle catholique, à votre avis?
J'attends vos réponses pour m'éclairer...
Jk
images/icones/neutre.gif  ( 774054 )Difficile à dire par Meneau (2015-03-19 21:31:39) 
[en réponse à 774053]

Il faudrait lire le livre pour en être sûr. De ce que vous nous en rapportez, il semble néanmoins au premier abord que l'auteur évacue un peu vite la notion de péché orginiel.

Cordialement
Meneau
images/icones/5b.gif  ( 774057 )Illusion par Vianney (2015-03-19 21:46:01) 
[en réponse à 774017]

 
“Au-delà du mal apparent” ? Le mal n’est pas seulement apparent : il fait partie de nous-même, tout particulièrement depuis la faute de nos premiers parents.

“Jésus, le Christ, parce qu’il est l’innocence, voit en nous l’innocence et nous connaît” ? Non, ce n’est pas cela l’amour miséricordieux : Jésus connaît parfaitement la misère du bon larron, mais sa bonté est portée à l’indulgence devant l’humble aveu qu’il fait de ses fautes. L’humilité, tout est là.

V.
 
images/icones/1n.gif  ( 774063 )Le simple fait de se poser la question laisse supposer... par Sacerdos simplex (2015-03-19 22:06:03) 
[en réponse à 774017]

...que la pensée de l'auteur est tellement confuse et peu claire qu'il vaut mieux lire d'autres auteurs plus clairement catholiques.


Sacerdos (qui n'a pas eu le courage d'aller lire vos deux liens).



images/icones/fleche3.gif  ( 774065 )"Qu'est-ce que l'innocence, sinon l'ignorance du mal ?" par jejomau (2015-03-19 22:15:23) 
[en réponse à 774017]

Ce n'est pas tout à fait faux.

Saint Thomas d'Aquin, traite du péché originel et du péché actuel et dit :

Dieu s'est-il incarné principalement pour enlever le péché originel, plutôt que le péché actuel?

Objections :

1. Plus un péché est grave, plus il s'oppose au salut de l'homme, en vue duquel Dieu s'est incarné. Mais le péché actuel est plus grave que le péché originel, auquel est due une peine minime selon S. Augustin. L'incarnation du Christ est donc ordonnée primordialement à la destruction du péché actuel.

2. Par le péché originel l'homme est tenu à la peine du dam, et non à la peine du sens, comme on l'a établi dans la deuxième Partie. Or le Christ a satisfait en subissant la peine du sens sur la croix et non la peine du dam, car il n'a été aucunement privé de la vision et de la jouissance de Dieu. Donc il est venu pour effacer le péché actuel plus que pour effacer le péché originel.

3. Selon S. Jean Chrysostome, " tel est l'amour du serviteur fidèle que les bienfaits de son maître, accordés communément à tous, il les estime faits à lui seul (Ga 2, 20) : "Il m'a aimé, il s'est livré pour moi." " Mais les péchés qui nous sont propres sont les péchés actuels, tandis que le péché originel est commun. Donc nous devons avoir cet amour, de penser que le Christ est venu pour expier en premier lieu nos péchés actuels.

Cependant : il est dit (Jn 1, 29) : "Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde." Ce que Bède commente ainsi : "Ce qu'on appelle péché du monde, c'est le péché originel, qui est commun au monde entier."

Conclusion :

Il est certain que le Christ est venu en ce monde pour effacer non seulement le péché qui s'est transmis par origine à la postérité, mais encore tous les péchés qui s'y sont ajoutés par la suite. Tous, il est vrai, ne sont pas effacés, mais cela vient de la déficience des hommes qui ne s'unissent pas au Christ, selon la parole de S. Jean (3, 19) : "La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière." Mais le Christ, lui, a offert une satisfaction suffisante pour tous les péchés, selon S. Paul (Rm 5,16) : "Il n'en va pas du don comme de la faute; le jugement porté sur une seule faute aboutit à une condamnation; la grâce appliquée à de nombreux péchés aboutit à la justification Il." Mais si le Christ est venu principalement pour détruire un péché, c'est dans la mesure où ce péché est le plus important. Or quelque chose est plus important de deux façons. Ce peut être en intensité, comme on appelle plus grande la blancheur la plus intense. De ce point de vue, le péché actuel est plus grand que le péché originel, parce que la raison de volontaire s'y réalise davantage, comme nous l'avons établi dans la deuxième Partie. D'un autre point de vue, quelque chose est plus grand en extension, comme on parle d'une blancheur plus grande parce qu'elle est plus étendue. Et de cette façon le péché originel, qui atteint le genre humain tout entier, est plus grand que le péché actuel, propre à une personne individuelle. Et à cet égard, le Christ est venu principalement pour enlever le péché originel, en tant que, selon Aristote " le bien de la nation est plus divin et plus éminent que le bien d'un seul".

Solutions :

1. Cet argument s'appuie sur l'importance intensive du péché.

2. Dans la rétribution future le péché originel ne sera pas châtié de la peine du sens; mais les pénalités sensibles que nous souffrons en cette vie : la faim, la soif, la mort, etc. proviennent du péché originel. C'est pourquoi le Christ, afin de satisfaire pleinement pour le péché originel, a voulu souffrir la douleur sensible afin d'abolir en lui la mort et les autres pénalités.

3. Comme dit S. Jean Chrysostome au même endroit, l'Apôtre parlait ainsi " non pour diminuer les dons immenses et universels du Christ, mais afin de se désigner, lui seul, comme en bénéficiant au nom de tous. A quoi bon les attribuer aux autres, lorsque ce que tu reçois est aussi complet et parfait que si rien ne leur avait été accordé?". De ce que l'on doit estimer les bienfaits du Christ comme accordés à soi-même, on ne doit pas estimer qu'ils n'ont pas été accordés aux autres. C'est pourquoi il n'est pas exclu que le Christ soit venu principalement pour abolir le péché de toute l'humanité plus que celui de l'individu. Mais ce péché de nature a été guéri aussi parfaitement en chacun que s'il avait été guéri chez un seul. Aussi, à cause de l'union réalisée par la charité, tout ce qui a été prodigué à tous, chacun peut le prendre en compte pour soi-même.



Reconnaître la forme d'une certaine innocence chez l'homme serait donc possible si l'on envisage que le péché actuel est en fait le vrai péché que le Seigneur est venu effacer... Vu sous un certain angle, non ?
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 774088 )L'ignorance de Marthe... et la réponse de Jésus par Glycéra (2015-03-20 00:58:03) 
[en réponse à 774017]


Quand Marthe s'affaire, s'inquiète, et réclame...

Elle vient voir Jésus, puisque sa soeur n'entend même pas, ne voit pas, et ne bouge pas pour aller prendre sa part de service...

Jésus disculpe Marie.
Et même la justifie : elle a l'attitude juste, contrairement à Marthe qui s'agace, se stresse et fatigue son entourage par sa réclamation malvenue.

Malvenue ?
Oui... mais non coupable.
Car Marthe ne sait pas.

Jésus lui explique : Marie a choisit la meilleur part.
PAs la meilleure des deux parts, comparant entre les deux attitudes, mais la vraie et absolue meilleure part : écouter Jésus, n'être qu'à lui, n'avoir d'yeux, d'oreille, de sens, et d'intelligence que pour ce qu'il enseigne et donne.

Marthe n'est pas rabrouée, condamnée, pas de reproche à Marthe. Juste une explication. Jésus n'a pas dit que l'attitude de Marthe était à condamner.

Est-ce que ce n'est pas un parallèle avec votre question ?


Autre moyen de penser : tout homme cherche un bien.
St Augustin dit qu'il choisit entre un bien et un autre bien, ou une apparence de bien, car l'homme est ignorant des choses...


Je vais redire :
ce petit garçon de 5 ans, débile profond en maison médicale revient tout ensanglanté. Un grand adolescent l'a torturé, lui a fracassé le visage...
- Et tu n'es pas en colère, demande un éducateur...
- Non, pourquoi. Il devait être bien malheureux pour m'avoir fait cela...
5 ans, débile profond, et tellement plus divin que nous ...

Résumé dans le "Pardonne-leur, Père, ils ne savent pas..."

Avec mes bonnes salutations
Glycéra

qui n'a pas lu le livre, mais apprécierai de le faire pour voir de quoi il est question dans ce ton.
images/icones/1h.gif  ( 774113 )Je dirais.... par Lucas (2015-03-20 11:00:56) 
[en réponse à 774017]

Que cette manière de présenter les choses est très tendance aujourd'hui , et je ne suis pas très à l'aise avec ce discours. Sous prétexte que ''personne ne peut se réduire à son crime, à sa faute...'', on interdit toute critique. Il ne s'agit pas de médire sur le prochain, cela est mal , mais d'appeler un chat, un chat. Voyez comment le Christ parle des pharisiens, ainsi que St Jean Baptiste. Quant à Nathanaël, sa droiture était authentique . Jésus n'a fait que dire une vérité, que peut-être, d'autres, qui le connaissaient bien , auraient pu voir aussi facilement.
Tout ce discours tend à minimiser le fait que nous sommes tous marqués profondément par le péché. Ce qui ne nous dispense pas pour autant d'essayer de voir dans les autres, plutôt leurs qualités que leurs défauts, et de s'abstenir de tout jugement, mais certainement pas de nous priver d'un sain et nécessaire discernement.. Et c'est bien sur ce point que s'acharne la mentalité actuelle. Géniale façon de nous neutraliser, au non de la tolérance.
Je citerais volontiers notre Pape, qui a dit cette phrase très juste: ''Nous sommes tous pécheurs, mais nous ne sommes pas tous des corrompus''...à méditer.
Lucas.