Le Forum Catholique
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( 773349 )
jésus-Christ a-t-il eu la grippe ? par jejomau (2015-03-15 16:54:04)
C'est une question que me pose un enfant. Je suis assez perplexe quant à la réponse à faire. En effet, si l'on considère que le Seigneur n'a pas été touché par le péché originel, sa nature humaine pouvait-elle être touchée par la maladie ?

( 773351 )
Non par Romanus (2015-03-15 17:06:15)
[en réponse à 773349]
J'ai lu il y a quelques jours que non. C'était dans "les instruments de la perfection" de dom de Monleon.
Romanus

( 773352 )
A priori non par Meneau (2015-03-15 17:09:06)
[en réponse à 773349]
puisqu'Il était dans l'état de pureté originelle comme nos premiers parents au paradis terrestre. Or il est dit qu'Adam et Eve n'y souffraient pas de la maladie.
Cordialement
Meneau

( 773355 )
s'il ne pouvait être atteint par une maladie par jejomau (2015-03-15 18:02:28)
[en réponse à 773349]
sa nature le protégeait-elle quand même des conséquences des atteintes dûes à des facteurs exogènes ?
Par exemple, nous avons presque tous vécu les conséquences d'une trop longue exposition au soleil qui amène alors des coups de soleil, mais aussi de la fièvre, voire pire !
Le Seigneur pouvait-il être atteint par une fièvre dans ce genre de cas ? Devait-il se protéger et se mettre à l'ombre comme tous les habitants de son village dans la région dans laquelle il vivait ?
De même s'il s'était coupé (par exemple en aidant son père dans son travail de charpentier), on peut penser assez facilement que dans la majorité des cas, les cellules se seraient régénérées comme pour nous. Mais s'il s'était coupé un tendon : aurait-il été handicapé comme nous ou y aurait-il eu une régénération possible ?

( 773360 )
Effectivement par Meneau (2015-03-15 18:33:06)
[en réponse à 773355]
Ayant assumé la nature humaine, Il aurait pu souffrir des conséquences de facteurs exogènes. Et même comparativement en souffrir infiniment plus que nous dans l'exquise pureté de sa sensibilité.
Je ne suis pas biologiste, donc concernant les tendons, je ne sais pas s'il existe, selon notre nature humaine, un processus de régénération pour ceux-ci. Mais si oui, alors on peut penser qu'il aurait été beaucoup plus efficace que le nôtre et qu'il n'y aurait donc pas eu de séquelles. En revanche, si un tel processus n'existe pas dans notre nature humaine, alors, sauf à opérer un miracle sur Lui-même, il serait resté handicapé.
Néanmoins, sauf pendant sa passion, Il était protégé par des légions d'anges, comme l'a parfaitement compris Satan qui tente de Le tenter ainsi :
" Si vous êtes fils de Dieu, jetez-vous en bas; car il est écrit : Il donnera pour vous des ordres à ses anges, et ils vous prendront sur leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre une pierre. "
(Mt, 4, 6)
Donc il est peu probable qu'il se soit coupé en aidant son père.
Cordialement
Meneau

( 773362 )
Question naïve par Jean Ferrand (2015-03-15 18:38:31)
[en réponse à 773349]
Vous savez bien que non. Ni Adam et Ève avant le péché originel, ni Jésus et Marie (et peut-être Joseph) n'ont pu être atteints par le moindre accident ou la moindre maladie. Ils sont, l'accident et la maladie, des conséquences du péché originel. Bien plus fort : ces mêmes personnes jouissaient en droit de l'immortalité. C'est ce qu'on appelle les dons préternaturels. Révisez votre catéchisme.

( 773364 )
La réponse de saint Thomas d'Aquin par Abbé Jacques Olivier (2015-03-15 18:54:37)
[en réponse à 773349]
Toute la question 14 (IIIa pars) est intéressante à ce sujet, mais si vous êtes pressé, il faut aller directement à l'article 4 :
Le Christ a-t-il assumé toutes les déficiences corporelles ?
C'est ici
La question n'est ni nouvelle, ni simple : comme quoi, il y a souvent de vraies et belles questions chez les enfants, avec un beau désir de Dieu !
Abbé J. Olivier

( 773369 )
"La chair de la Vierge a été conçue dans le péché originel" par jejomau (2015-03-15 19:36:19)
[en réponse à 773364]
En découvrant l'article de Saint Thomas d'Aquin que vous me proposez à la lecture, je découvre ce passage étonnant et extraordinaire dans lequel Saint Thomas d'Aquin pense que la Vierge Marie n'était pas immaculée; il se sert même de cet exemple pour sa démonstration :
ARTICLE 3 : Le Christ a-t-il contracté les déficiences du corps?
Objections :
....
Conclusion :
....
Solutions :
1. La chair de la Vierge a été conçue dans le péché originel : et c'est pourquoi elle a contracté ces déficiences, etc....

( 773372 )
St Thomas d'Aquin et l'Immaculée-Conception par Jean-Paul PARFU (2015-03-15 20:03:44)
[en réponse à 773369]
La position de St Thomas d'Aquin au sujet de l'Immaculée-Conception est très connue, jejomau. Vous découvrez la Lune ! Voir un petit historique du dogme
ici

( 773374 )
Je me marre. par Yves Daoudal (2015-03-15 20:15:44)
[en réponse à 773372]
Je ne pense pas que Jejomau découvre la lune. Il met seulement le doigt sur ce qui met tout par terre dans la construction déjà très terre à terre du "docteur commun"...

( 773380 )
St Thomas d'Aquin est un grand docteur par Jean-Paul PARFU (2015-03-15 20:34:56)
[en réponse à 773374]
Mais il a parfois trop raisonné, au lieu de s'en tenir aux Ecritures.
Autres exemples :
L'Ecriture affirme que les Archanges St Michel et St Gabriel comptent parmi les premiers princes du Ciel. L'archange Gabriel se présente lui-même comme l'un des sept anges qui se tiennent en permanence devant le trône de Dieu. St Thomas s'obstine pourtant à ne voir en eux que des membres éminents de l'avant-dernier chœur des anges.
L'Ecriture affirme qu'il n'y a pas plus grand parmi les fils de la femme que St Jean-Baptiste et St Thomas affirme que le plus grand est St Joseph.
L'Ecriture affirme implicitement, notamment lors de la Visitation, que l'âme humaine est créée par Dieu dès la conception, mais St Thomas, tributaire de la science de son époque, explique qu'elle n'apparaît qu'au 40 jours après la conception ...

( 773386 )
Malheureusement par Rémi (2015-03-15 20:50:24)
[en réponse à 773380]
pour un saint Thomas qui peut-être a parfois trop raisonné au lieu de s'en tenir aux Ecritures comme vous dites, ce qui d'ailleurs n'est pas une faute tant qu'on ne contredit pas ce que l'Eglise nous propose de croire, combien n'ont pas assez raisonné et s'en sont tenus, s'en tiennent encore aujourd'hui, aux seules Ecritures, y compris dans notre sainte Eglise ?
Grand saint Thomas, Docteur bien cher, priez pour nous.

( 773394 )
Lorsque le Christ Lui-même par Jean-Paul PARFU (2015-03-15 21:03:10)
[en réponse à 773386]
nous dit que St Jean-Baptiste est le plus grand, c'est qu'il est le plus grand. Lorsque l'archange Gabriel explique au prophète Daniel et au prêtre Zacharie, futur père de St Jean-Baptiste, qu'il est l'un des sept anges qui se tiennent en permanence devant le trône de Dieu, cela signifie de toute évidence qu'il est un ange éminent, un ange supérieur, un prince du Ciel.
Dire le contraire n'est pas en l'occurrence l'interprétation de l'Eglise face à une lecture littérale de la Bible, c'est simplement erroné ! Et l'Eglise elle-même ne cite-t-elle pas, l'archange St Michel juste après la Très Ste Vierge dans le Confiteor ? Et l'Eglise ne s'est-elle pas prononcée contre l'opinion de St Thomas d'Aquin au sujet de l'Immaculée-Conception ?

( 773397 )
Hé ... Tout va bien Jean-Paul ! par Rémi (2015-03-15 21:08:02)
[en réponse à 773394]
Est-ce que je dis une autre chose ? Détendez-vous.

( 773423 )
Sérieusement.... par XA (2015-03-15 22:32:39)
[en réponse à 773397]
Si vous vous ignoriez mutuellement ? Vous êtes lourds.

( 773427 )
Modéré ... par Rémi (2015-03-15 22:49:25)
[en réponse à 773423]
oui.
Aseptisé ... ?
Bon, c'est vous le chef.

( 773447 )
Mais Maitre, par Jean Ferrand (2015-03-16 07:28:38)
[en réponse à 773380]
Mais Maître, vous semblez oublier que Jésus-Christ a ajouté : "Et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui." (Mt 11, 11). Jean-Baptiste fut le plus grand saint de l'Ancienne Alliance, mais saint Joseph reste bien le plus grand saint de la Nouvelle Alliance. Donc saint Thomas avait raison sur ce point.

( 773385 )
Tout par terre ? par Meneau (2015-03-15 20:48:21)
[en réponse à 773374]
C'est un peu exagéré non ? D'autant que la position de St Thomas d'Aquin est loin d'être aussi simpliste (distinction conception / animation) même si on peut admettre qu'il s'est globalement "trompé" sur l'Immaculée Conception.
De là à mettre par terre toute son oeuvre, lui dont Jean XXII disait :
Car il a plus illuminé l'Eglise que tous les autres docteurs, et dans une seule année on profite plus à la lecture de ses écrits, qu'on ne le ferait en étudiant pendant une vie entière la doctrine des autres théologiens
et au sujet duquel Léon XIII (
après la promulgation du dogme de l'Immaculée Conception) ne tarissait pas d'éloges (cf
Aeterni Patris)
Faudrait quand même se lever tôt !
Cordialement
Meneau

( 773400 )
En effet par Romanus (2015-03-15 21:20:11)
[en réponse à 773385]
Il fallait oser d'autant que, selon une note que j'extraie d'un viel article d'un dominicain d'Avrillé:
Cette affirmation (qui voudrait que saint Thomas était opposé au dogme de l'immaculée conception) mériterait d’être sérieusement nuancée. Disons en un mot qu’il serait plus exact de soutenir que saint Thomas s’est opposé à de fausses explications de l’Immaculée Conception données par des contemporains, et que lui-même s’est abstenu de l’enseigner parce que l’Église romaine ne la fêtait pas encore. Mais il a donné les principes d’où cette doctrine se tire aisément. On lira à ce sujet l’ouvrage fondamental du père Norbert Del Prado, Divus Thomas et bulla dogmatica Ineffabilis Deus, Saint Paul, 1919.
Romanus

( 773402 )
Ce livre par Meneau (2015-03-15 21:25:49)
[en réponse à 773400]
est consultable en ligne
ici.
Cordialement
Meneau

( 773404 )
Merci Meneau par Romanus (2015-03-15 21:30:17)
[en réponse à 773402]
Les fils ont repris leur rôle enrichissant ce soir, et je m'en réjouis.
Romanus

( 773480 )
Je me marre (bis). par Yves Daoudal (2015-03-16 11:35:33)
[en réponse à 773400]
Moi je veux bien qu’on puisse dire tout et le contraire de tout (via Avrillé, en plus), mais c’est une évidence historique que les dominicains ont été très longtemps des adversaires acharnés de l’Immaculée Conception parce que saint Thomas d’Aquin avait expliqué que ce n’était pas possible :
Question 27, article 1
Même chez la Bienheureuse Vierge ce qui est animal a précédé ce qui est spirituel, car elle a d'abord été conçue selon la chair, et ensuite sanctifiée selon l'esprit.
Article 2
La sanctification de la Bienheureuse Vierge n'a pu s'accomplir avant son animation pour deux raisons : (…)
(…)
Si l'âme de la Bienheureuse Vierge n'avait jamais été souillée par la contagion du péché originel, c'eût été une atteinte à la dignité du Christ, qui est le Sauveur universel de tous les hommes. (…)
La Bienheureuse Vierge, elle, a contracté le péché originel, mais elle en a été purifiée avant de naître du sein maternel. (…)
Si les parents de la Bienheureuse Vierge ont été purifiés du péché originel, la Bienheureuse Vierge l'a néanmoins contracté, puisqu'elle a été conçue selon la convoitise de la chair et par le commerce de l'homme et de la femme.
Et il va même plus loin encore, quoique sans l'imposer (contrairement à ce qui précède):
Article 2
C'est pourquoi il vaut mieux dire, semble-t-il, que la sanctification dans le sein de sa mère n'a pas délivré la Bienheureuse Vierge du foyer (du péché), dans ce qu'il y a d'essentiel; il est demeuré, mais lié.

( 773494 )
Moi aussi, à vrai dire, je me marre par Meneau (2015-03-16 14:39:23)
[en réponse à 773480]
quand je vois avec quel acharnement vous voulez convaincre que quelques erreurs ponctuelles de St Thomas (jamais considéré comme infaillible hein !?) mettraient "tout par terre" dans sa théologie.
SI je me souviens bien, vous préférez "les Pères de l'Eglise" à St Thomas ? Les considérez-vous comme tous infaillbles dans tous leurs écrits ? Vous risquez d'avoir des surprises...
Cordialement
Meneau

( 773501 )
[réponse] par Yves Daoudal (2015-03-16 15:57:44)
[en réponse à 773494]
Vous m'avez mal compris, ou je me suis mal exprimé. Je n'ai pas dit que l'erreur sur l'Immaculée Conception (que vous finissez donc par admettre) mette par terre tout le système de saint Thomas. Ce serait proprement idiot et je suis un peu vexé que vous me trouviez aussi idiot. Je voulais seulement dire que cette erreur mine sérieusement la crédibilité de ce qu'il dit quant à la question qui était posée.
Il y a des erreurs chez les pères de l'Eglise. Mais ce ne sont pas des erreurs qui résultent d'un esprit de système et d'un système rationalisant. C'est plutôt le contraire et c'est ce qui me convient.

( 773513 )
Mes excuses par Meneau (2015-03-16 18:15:31)
[en réponse à 773501]
J'avais effectivement mal compris. Ne vous vexez pas !
Par ailleurs je maintiens que l'erreur (oui, je reconnais, il y en a une) n'est cependant pas si énorme que cela dans la mesure où à l'époque de St Thomas on distinguait conception et animation, les croyant séparées de 40 jours.
S'il n'y a pas distinction, alors l'erreur se réduit considérablement, car alors affirmer que la sanctification de la Ste Vierge a eu lieu à son animation revient à dire que c'est au moment de la conception. Comme l'affirme d'ailleurs
Ineffabilis Deus elle-même
On voit la différence. Sanctification, c'est-à-dire l'union à Dieu par la grâce, et Conception Immaculée ne sont pas synonymes : saint Jean-Baptiste a été sanctifié avant sa naissance ; il n'est pas immaculé dans la conception. Les deux expressions ne signifieraient la même chose qu'à la condition de spécifier que Marie a été sanctifiée dès le premier instant de sa Conception.(note n°5)
Néanmoins il en reste une, je suis d'accord, quand il parle notamment du "foyer" du péché.
Cela dit je vous recommande le bouquin cité un peu plus haut en référence (en latin, mais ça ne devrait pas vous poser de problèmes), ne serait-ce qu'en parcourant les titres et sous-titres. Intéressant à plus d'un titre.
Cordialement
Meneau

( 773525 )
C'est certain par Romanus (2015-03-16 19:39:30)
[en réponse à 773501]
Je dois tout d'abord à la vérité de reconnaître que je vous ai prêté les mêmes erreurs que Meneau. C'est effectivement plus clair dit comme ça.
Pour le reste, il est certain que quand un dominicain conseille de lire le livre d'un dominicain qui défend le plus illustre des fils de saint Dominique, il y a une forte possibilité qu'il s'agisse d'un plaidoyer pro domo...
Mais laissez nous quand même le temps de découvrir ce livre, même si lire sur un écran 400 pages en latin sur un fond jauni n'est pas au premier abord très enthousiasmant.
Le sujet l'est néanmoins.
Romanus

( 773564 )
"omnino ad Angelici Doctoris rationem, doctrinam, principia" par Lycobates (2015-03-17 00:50:38)
[en réponse à 773385]
Depuis le moment où au Concile de Trente la
Somme du Docteur commun fut tenue ouverte sur l'autel à côté de l'Écriture sainte, non point pour faire marrer le Synode, mais pour être consultée en permanence pendant les sessions, le mépris pour et le rejet de Saint Thomas d'Aquin ont toujours été un indice alarmant d'hétérodoxie et/ou de schisme.
Très souvent ce rejet de saint Thomas est dû à l'ignorance de certains principes fondamentaux de la pensée chrétienne.
Le modernisme du XXe siècle (qui se veut rationaliste et positiviste) et, plus dangereux car plus sournois, le post-modernisme des dernières trois décennies (qui est une pseudo-mystique panthéïsante, en mélangeant plus subtilement que son prédécesseur les plans du naturel et du surnaturel, de l'objectif et du subjectif) en sont des exemples parlants.
Depuis les conciles de l'Union au XVe siècle (dont le succès fut hélas largement ephémère pour une multitude de raisons), depuis Trente, en surtout depuis les papes Léon XIII (
Aeterni Patris), saint Pie X (
Doctoris Angelici ["si ullum vestigium, praesertim in metaphysicis, ab Aquinate discederent, non sine magno detrimento fore"] et les thèses modèle thomistes) et Pie XI (
Officiorum omnium ["doctrinam et principia sequi sancti Thomae : idque eo faciant vel studiosius, quod sciunt nullum Ecclesiae Doctorem modernistis ceterisque fidei catholicae hostibus ita esse terrori ac formidini, ut Aquinatem"] et surtout
Studiorum ducem)
il n'est plus loisible, pour un catholique romain, qu'il soit par ailleurs latin ou oriental, de ne pas prendre
la méthode de saint Thomas (et
sa doctrine dans la mesure où le magistère l'a adoptée, ce qui est largement le cas) comme modèle idéal, comme point de repère et comme étalon pour la philosophie chrétienne et la science sacrée.
C'est en effet plus la méthode qui importe et qui s'impose (qui est imposée par les Papes récents, pour l'Église latine aussi dans le droit positif, can. 1366-2 cité en exergue), que certains éléments ponctuels de doctrine, dont certains sont contestés ou restés libres (rappelons la querelle
de auxiliis, p.ex.).
Depuis Trente aucun théologien catholique occidental n'en a dévié sans le risque de faire naufrage (
exempla adsunt, en commençant avec les jansénistes) et depuis le siècle de l'Union les meilleurs des orientaux, unis à Rome ou pas, l'ont fait leur eux-aussi. Pensons à Bessarion, Cydonès avant lui, et d'autres, jusqu'à Agagianian et Slipyj (sa thèse au Canisianum d'Innsbruck en témoigne).
Depuis la mainmise moderniste vers le milieu du XXe siècle tout cela a bien changé et nous connaissons les résultats. Même les orientaux unis à Rome envoient de nos jours leurs élèves les plus brillants pour les faire déformer dans nos facultés occidentales modernistes qui sont les seules à subsister en Europe et aux États-Unis. Ainsi ils sapent les fondements même de leur propre théologie, parfois d'emblée bien vacillante sur des points importants. Ils croient faire bien, comme avant, mais aujourd'hui ils feraient mieux de se retrancher dans leur "inculture" relative.
Or, il est vain d'opposer saint Thomas aux pères de l'Église, qu'il a tellement chéris, lus et utilisés. On en avait parlé
ICI.
Cette démarche douteuse rappelle l'orgueil et la vanité de certains liturgistes des derniers 100 ans qui prétendent s'affranchir de l'acquis du Moyen-Âge et de Trente (et en passant : du magistère vivant de l'Église et de l'Esprit qui le guide, puisqu'ils ont inventé une "Nouvelle Pentecôte" et même un "Nouvel Avent", excusez du peu) pour accéder "directement" (pensent-ils) aux "sources antiques". Où bien sûr, comme tout philologue leur confirmera, on trouve tout et son contraire, fragments "à compléter", ou pas.
Tout et son contraire : c'est largement le cas aussi avec la littérature patristique, étendue certes, mais non rarement circonstancielle, contingente, et parfois loin d'être systématique et raisonnée (or, en théologie dogmatique système et précision s'imposent, comme on le voit dès Nicée), littérature où se mélangent hétérodoxie (pas tous les pères anciens sont orthodoxes, ou l'ont été jusqu'au bout !), vraie orthodoxie et le grand flou artistique. C'est au magistère d'en faire le tri et d'en assurer l'authentique interprétation. Au cours des siècles, cela s'est fait, à Rome, et, précisément, l'œuvre de saint Thomas en est un exemple de synthèse magistral, comme disait le pape Pie XI :
Que l’humilité fût le fondement sur quoi s’appuyaient les autres vertus de saint Thomas, cela ne fait point de doute pour qui observe avec quelle obéissance il se soumettait à un frère lai pour les détails pratiques de la vie. On ne le constate pas avec moins d’évidence à la lecture de ses écrits, qui respirent des sentiments de si humble respect pour les Pères de l’Église ; ne semble-t-il pas que c’est "sa très profonde vénération pour les anciens Docteurs qui l’a fait en quelque sorte hériter de leur intelligence à tous" ?
(Humilitatem quidem instar fundamenti fuisse quo ceterae virtutes Thomae niterentur, patet consideranti quam is obedienter in communis vitae consuetudine fratri laico obtemperaret: nec minus perspicuum est legenti eius scripta, ex quibus tam magnum redolet erga Ecclesiae Patres obsequium; ut is quidem "veteres Doctores quia summe veneratus est, ideo intellectum omnium quodammodo sortitus" [esse] videatur).
La citation est de Cajétan.
L'humilité, la volonté de se faire guider
par qui de droit : voilà la clef.

( 773375 )
Vous savez bien par Jean Ferrand (2015-03-15 20:16:38)
[en réponse à 773369]
Vous savez bien qu'au Moyen Âge les théologiens dominicains (dont Thomas d'Aquin) étaient opposés au dogme de l'Immaculée Conception, tandis que les franciscains, à commencer par Duns Scot, y étaient favorables. Les dominicains étaient matériellement hérétiques. Matériellement seulement, heureusement.
La papauté a tranché.

( 773438 )
Si j'ai bien compris par Aigle (2015-03-16 02:53:15)
[en réponse à 773364]
Je n'ai sans doute rien compris mais j'ai noté que Notre Seigneur ne pouvait avoir de maladie congénitale ( comme la lèpre ou l'épilepsie) mais qu'Il pouvait avoir soif et faim. Maintenant je n'ai pas trouvé de réponse claire relative à une maladie contagieuse.

( 773383 )
Et pouvait-IL rire? par AVV-VVK (2015-03-15 20:41:12)
[en réponse à 773349]
Est dans le titre.

( 773395 )
Il pouvait par Romanus (2015-03-15 21:05:04)
[en réponse à 773383]
Mais il semble qu'il ne le fit pas.
Je trouve ceci dans le commentaire du chapitre IV de la règle de saint benoit, de dom de Monleon.
Nous lisons souvent dans les textes sacrés que Notre-Seigneur a pleuré : il pleura dans la crèche, où la dureté des hommes l’avait contraint de naître ; il pleura sur Jérusalem et devant le tombeau de Lazare ; il versait des larmes abondantes durant les oraisons ferventes qu’il faisait monter vers son Père [saint Luc XIX, 41 ; saint Jean XI, 35 ; Heb. V, 7].
Par contre, l’Évangile ne dit nulle part qu’il ait ri, et la tradition chrétienne tient pour assuré qu’il ne le fit jamais. N’allons pas croire pour autant qu’il ait été sombre et morose. C’est de lui que parlait le prophète Isaïe, quand il disait : Il ne sera point triste ni troublé [Is. XLII, 4]. Et saint Thomas ajoute à ce propos « qu’il fut toujours gai et avenant – hilaris et jucundus –, gardant une grande égalité d’esprit, même quand la tristesse l’envahissait dans la partie sensible de son âme ». Son visage rayonnait d’une lumière si douce et si agréable qu’elle charmait ceux qui l’approchaient. La Sainte Vierge conta un jour à sainte Brigitte que, pendant l’enfance de Jésus, quand les Juifs de son voisinage avaient quelque chagrin, ils disaient entre eux : « Allons voir le fils de Marie. » Et ils revenaient consolés.

( 773408 )
Oui ; mais Il a très probablement ri... par Sacerdos simplex (2015-03-15 21:37:12)
[en réponse à 773395]
...mais rarement, et toujours avec retenue.
En effet, le rire comporte très souvent un manque de charité à l'égard d'une personne ou d'une autre. Or...
A l'inverse, Maria Valtorta nous dit qu'Il a ri lorsqu'un enfant, parce qu'enfant, disait quelque chose de "plaisant", comme on disait autrefois : là, on ri du "mot d'enfant", sans se moquer de lui, on ri du raccourci un peu rapide qu'il a fait.
Par ailleurs, Jésus avait la joie à un degré éminent, et le sens de l'humour, comme le montrent ses réparties aux pharisiens (Il écrit par terre alors qu'on lui parle ; "Que celui (!) d'entre vous qui est sans péché lui jette la 1° pierre", etc.).
Il devait donc sourire très largement lorsque la situation le justifiait.
Il existe d'ailleurs la vertu d'eutrapélie : savoir rendre son discours agréable. Le sens de l'humour, qui souvent permet de relativiser les choses, est proche de cette vertu.
Un Psaume dit : "heureux celui qui ne s'assied pas au banc des rieurs" (on peut rire en passant, mais pas s'installer dans cela comme une activité).
Un verset de la Bible, cité par St Benoît qui dit qu'il ne faut pas aimer le rire trop fréquent ni aux éclats : "Le sot en riant élève la voix".
Ce qui signifie en retournant la phrase : ceux qui rient bruyamment sont des sots.

( 773413 )
Le rire peut être associé à la bouffonnerie par Jean-Paul PARFU (2015-03-15 21:54:26)
[en réponse à 773408]
Ou à une certaine vulgarité ou de la moquerie. C'est pourquoi certains affirment que Jésus n'a jamais ri. Mais le rire est le propre de l'homme. "Le Fils de l'Homme" a donc au moins dû sourire.

( 773425 )
Chesterton répond… par Jeanne Smits (2015-03-15 22:45:45)
[en réponse à 773408]
« Je le dis avec respect:il y avait dans cette personnalité fracassante un je ne sais quoi qui pourrait s'appeler de la timidité. Il y a quelque chose qu'il cachait à tous les hommes quand il gravissait une montagne pour prier. Il y a quelque chose qu'il dissimulait constamment par un silence abrupt ou par un isolement impétueux. Il y avait une chose, trop grande pour que Dieu nous la montrât quand il marchait sur notre terre; et j'ai parfois imaginé que c'était son hilarité. »
Ce sont les dernières lignes d'« Orthodoxie », de G.K. Chesterton.
Le dernier mot anglais est « mirth », que j'ai trouvé traduit par le mot « joie » ; mais cela ne correspond pas. « Hilarité » n'est pas parfait mais indique mieux l'aspect actif de la chose : à mon sens "mirth" indique à la fois le rire, le bonheur et l'humour.
Amitiés
Jeanne Smits

( 773436 )
M. l'abbé, aurait-elle fait long feu... par Castille (2015-03-16 00:15:39)
[en réponse à 773408]
la réserve de l'Eglise relative aux écrits de Maria Valtorta (L'Evangile tel qu'il m'a été révélé)?
"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

( 773437 )
Ben non par Meneau (2015-03-16 00:24:56)
[en réponse à 773436]
La position est à ma connaissance toujours la même : « ne peuvent être considérées comme étant d'origine surnaturelle ». Constat répété à au moins 6 reprises, la dernière étant en 1993.
Cordialement
Meneau

( 773384 )
et pourquoi pas ? par Marchenoir (2015-03-15 20:42:09)
[en réponse à 773349]
Une chose est de dire que la grippe ne pouvait atteindre Jésus-Christ, autre chose est de dire qu'Il était incapable de la subir. L'Eglise enseigne qu'il était hors d'atteinte de la maladie comme de la mort. Il choisit de porter l'une, Il aurait pu choisir de porter l'autre.

( 773398 )
Oui, pourquoi pas par Meneau (2015-03-15 21:11:42)
[en réponse à 773384]
Il aurait pu choisir de porter l'autre comme il a porté l'une : dans Sa nature humaine, volontairement et non pas comme une conséquence du péché originel.
Néanmoins était-ce nécessaire ? Il était nécessaire pour le salut des hommes qu'il portât les souffrances de la Passion et la mort. Etait-ce nécessaire qu'il portât la maladie dans son enfance ?
Cordialement
Meneau

( 773403 )
De ce qui était nécessaire, et de ce qui ne l'était pas: par Rémi (2015-03-15 21:25:56)
[en réponse à 773398]
Il était nécessaire que Jésus-Christ fût Dieu et homme tout ensemble: Il fallait que Jésus-Christ fût homme pour pouvoir souffrir et mourir, et il fallait qu’il fût Dieu pour que ses souffrances eussent une valeur infinie.
Il était nécessaire que les mérites de Jésus-Christ fussent d’une valeur infinie, parce que la Majesté de Dieu, offensée par le péché, est infinie.
Il n’était pas absolument nécessaire que Jésus souffrît autant, parce que la moindre de ses souffrances aurait été suffisante pour notre Rédemption, chacun de ses actes ayant une valeur infinie.
Du catéchisme de saint Pie X

( 773422 )
Cela me rappelle par XA (2015-03-15 22:30:48)
[en réponse à 773403]
Cette interrogation sur la scène de la Passion de Mel Gibson où l'on voit Jésus jeune qui tombe par terre lors d'une course. Cette scène en troubla certains.

( 773426 )
Me souviens. par Rémi (2015-03-15 22:47:14)
[en réponse à 773422]
En gros, le Christ enfant a-t-il pleuré, ou bien non ?
EtAnt entendu pour qui vous savez que l'enfant parfait, tel Notre Seigneur dans la conception qu'il s'en faisait, aurait péché en pleurant. Et partant ne s'est même jamais blessé ou écorché un genoux, car il n'est jamais tombé, tomber étant une faute d'inattention, donc une faute tout court, en lien avec l'image du film de Gibson où l'Enfant en chutant blesserait Sa Maman en la rendant inquiète, ce dont Notre Seigneur même enfant aurait été incapable (quand on pense aux douleurs de Notre Mère par la suite ... ) . Peut-être l'argument "les anges les portaient" a-t-il été produit.
Il y avait là des choses qui se tenaient a priori, et d'autres effrayantes.

( 773435 )
L'Enfant-Dieu pleura lors de sa circoncision par Castille (2015-03-16 00:04:20)
[en réponse à 773426]

( 773775 )
La circoncision par Jean Ferrand (2015-03-18 10:49:20)
[en réponse à 773435]
La circoncision ne fut ni un accident ni une maladie. Ce fut la première douleur de la Passion (puisque l’accouchement fut indolore).
Dans les Révélations de sainte Brigitte de Suède sur les Sept Pater Noster, la première révélation porte sur la Circoncision, première plaie identifiée du Christ. Souffrance volontaire qui a servi à notre rédemption.

( 773503 )
Jésus a-t-il péché ? Certains en '70 disaient que oui, puisqu'il était pleinement humain... par Glycéra (2015-03-16 16:14:33)
[en réponse à 773349]
La grippe ?
C'est une maladie qui résulte de deux facteurs : l'un intérieur -une faiblesse de l'organisme-, et l'autre extérieur -le virus de la grippe de cette année-là- (1)
Que Jésus subisse les faits extérieures, certes. Les clous de la croix, les bactéries pathogènes, lesfaux témoignages à la Passion et les coups de fouet de son simulacre de procès sont bien facteurs extérieurs. Comme les tentations de Satan au désert. Mais ce n'est pas déclencheur automatique.
Que Jésus ait une faiblesse intérieure ? Non !
Son organisme est équilibré, car le dialogue corps-âme de Jésus est équilibré. Aucune faille, aucune déficience, rien ne le déséquilibre. Ainsi, il n'est jamais dans les conditions de ne pas savoir réagir à l'extérieur. C'est ainsi qu'il n'a jamais péché...
Malgré les sermons entendus dans les années '70, Jésus n'a pas péché. Jésus n'a pas "craqué", ni eu besoin de pécher pour être plus humain...
Si Jésus était fatigué, que faisait-il ? Il entendait son organisme, son âme, et alors dormait. Ne dort-il pas dans la barque pendant le tempête ? Ne part-il pas à l'écart prier pour refaire ses forces avec Son Père des Cieux ? Nourrisson, il appelait sa mère, avec le langage d'un nourrisson : pleurer de faim.
Plus grand, on peut penser qu'il n'avait que des gestes justes : regarder, essayer, et corriger tout de suite quand il avait perçu le geste juste. Nul n'est obligé de se couper un doigt pour devenir bon menuisier...
Alors, pas d'angine, ni de bronchite, ni de grippe...
Nous connaissons tous des gens qui ne "tombent" jamais -ou si peu- malades, car ils sont équilibrés... Alors, Marie et Jésus ?
Tellement plus saints...
Avec mes bonnes salutations
Glycéra
(1) je ne suis pas en train de parler de l'hypothèse qui dit que ce micro-organisme extérieur ne serait nullement une obligation automatique de faire la grippe ou la gastro..., sinon, tous les soignants des lépreux seraient lépreux... ou le deviendraient dès qu'ils son fatigués.