[La Vie] Le synode sur la famille semble néanmoins avoir généré une certaine confusion auprès des fidèles…
[Cardinal Sarah] La faute de cette confusion nous revient, à nous, cardinaux. Avoir publié un texte, qui était un document de travail, et qui ne reflétait pas les discussions des pères synodaux, c’est véritablement une faute grave. Nous avons publié une chose inconcevable et abandonné le thème de la famille au profit de questions marginales.
Cette déficience ne provient-elle pas principalement de notre méthode ? Jusqu’à présent, nous avons tâché d’atteindre, dans un même texte, des fins sinon opposées, du moins fort diverses ; notamment : mettre en lumière notre doctrine et extirper les erreurs, favoriser l’oecuménisme, manifester la vérité à tous les hommes. Nous sommes des pasteurs et, nous le savons bien, nous ne parlons pas le même langage à des théologiens et à des non-initiés ; et non plus de la même façon à des prêtres et à des laïcs. Comment donc définir notre doctrine de telle sorte qu’elle ne donne plus lieu aux erreurs d’aujourd’hui et, dans une même texte, rendre cette vérité intelligible à des gens non versés dans la science théologique ? Ou bien notre doctrine n’est pas présentée comme il se doit pour devenir intelligible à tout le monde ; ou bien cette doctrine est parfaitement bien exposée, mais la formule n’en est plus intelligible pour les non-initiés.
Or, cette difficulté est accrue dans notre Concile, parce que, du fait des circonstances actuelles et du désir explicite du Souverain pontife, l’exigence de s’adresser directement à tout le monde paraît davantage que dans les Conciles précédents. Les moyens de communication sociale accroissent en nous, de jour en jour, le zèle pour la prédication de la vérité et le désir de l’unité.
D’autre part, il est clair que, de par la nature même de notre sujet, de par les paroles du Souverain pontife lui-même, « il est de la plus haute importance, pour un Concile oecuménique, de conserver et de formuler de façon plus efficace le dépôt sacré de la doctrine chrétienne ».