Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 772612 )"Commémoration" de la messe du 7 mars 1965: que va dire François ? par Athanase (2015-03-07 09:41:36) 

La messe du 7 mars 1965 est considérée comme un événement important dans l'histoire de la réforme liturgique; en acte, elle traduisit un état d'esprit. Son aura médiatique eut un rôle important dans la crise liturgique; la réforme liturgique fut aussi marquée par l'intrusion des médias qui permirent la propagation de cet état d'esprit.

Mais la messe du 7 mars 1965 n'était pas complètement en italien: elle passerait même pour tradie...
images/icones/carnet.gif  ( 772633 )Photo du bx Paul VI et article par Jean Kinzler (2015-03-07 18:51:57) 
[en réponse à 772612]

Le pape Paul VI célèbre la messe en italien le premier dimanche de carême, 7 mars 1965, à la paroisse de Tous-les-saints à Rome. Cinquante ans plus tard, la majorité des catholiques français qui l’ont connue témoignent avoir accueilli avec enthousiasme une réforme qui a favorisé leur participation active.

À Angers, Yvonne Samain, 90 ans, était au lendemain du Concile une jeune veuve. « La messe en français a transformé ma vie. Je pouvais goûter le poids de chaque mot. J’ai pu vivre pleinement la messe, participer à l’offrande du Christ comme un membre de son corps ! », se souvient-elle, un demi-siècle plus tard.

Ce 7 mars 1965, Paul VI célébrait pour la première fois la messe dans la langue vernaculaire – dans le cas de Rome, l’italien –, illustrant aux yeux de tous les catholiques la mise en œuvre de la réforme liturgique de Vatican II. « Il s’agit d’associer le peuple de Dieu à l’action liturgique sacerdotale… Il faut donner à l’assemblée sa voix grave, unanime, douce et sublime », expliquait-il quelques jours plus tôt.

Promulguée le 4 décembre 1963, la constitution Sacrosanctum concilium sur la sainte liturgie posait en principe que l’usage du latin était conservé, pour affirmer immédiatement après que « l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ».

Mais en pratique, la possibilité d’utiliser la langue vivante fut adoptée avec un bénéfice immédiat par la plupart des prêtres et des fidèles. Yvonne Samain, qui avait été avec son mari de la première équipe Notre-Dame d’Angers, était de ces très nombreux laïcs qui accueillirent une réforme qui allait parfaitement dans le sens de leur engagement d’acteurs dans l’Église et dans le monde.



L’écho de ce plébiscite s’entend encore aujourd’hui chez des témoins de l’époque. Renée Renoux, 83 ans, de Villebougis, dans l’Yonne, aime encore entendre le credo en latin qui a marqué sa sensibilité et lui rappelle sa jeunesse. Mais le passage au français a été « formidable » car jusque-là, « les gens cultivés seuls savaient ce qu’ils disaient », estime l’ancienne exploitante agricole. Il était en effet indispensable d’avoir un missel bilingue latin-français pour suivre tant soit peu la messe, d’autant que le célébrant ne prononçait qu’à voix basse d’importants passages.

Le P. Paul Guérin, 87 ans, à Houdan (Yvelines) a vécu avant le Concile à Corbeil où il était vicaire de la paroisse. « L’épître et le canon ou prière eucharistique étaient lus à voix basse par le célébrant. Le peuple s’occupait comme il pouvait, loin de l’action qui se déroulait dans le chœur. On faisait discrètement lire des prières aux enfants », rappelle-t-il.

Dès avant le 7 mars 1965, des éléments de la réforme étaient déjà testés dans différents lieux. Venue étudier à Paris dans les années 1950, Agnès Lachêne, d’Orsay, dans l’Essonne, fréquentait l’aumônerie étudiante de la rue de Varennes.

Là, comme dans la paroisse Saint-Séverin à Paris, celle du P. Michonneau à Petit-Colombes, celle du P. Remillieux à Saint-Alban de Lyon, dans l’élan du mouvement liturgique (voir Repères ci-contre), les communautés pouvaient introduire ad experimentum des « innovations ».

Agnès se souvient avoir reçu les réformes en douceur et dans une grande cohérence : « Tout allait dans le sens d’une proximité avec le Christ : la langue maternelle, la communion debout, dans la main, l’autel tourné vers le peuple. »

UNE RÉCEPTION PARFOIS HOULEUSE
Cependant, la réception de la réforme liturgique a été parfois houleuse en France, pays où s’est développé le schisme intégriste conduit par Mgr Lefebvre. Mais ce n’est pas l’abandon du latin comme tel qui est en cause, même s’il a été difficile pour certains. « Je tutoie sans gêne Dieu en latin, mais n’y arrive pas en français », affirme aujourd’hui encore Françoise Michel, 86 ans, qui pratique à Nice tantôt selon la forme extraordinaire du rite, qui n’utilise que le latin, tantôt dans sa paroisse.



Des pratiques outrepassant la réforme ont blessé des fidèles, parmi beaucoup d’autres causes de difficultés. « Je rougis de certains abus, frémit le P. Guérin, à Houdan. Des créations de prières eucharistiques non trinitaires, ou leur réduction aux seules paroles de la consécration. » « D’une manière générale, poursuit-il, il a fallu du temps pour habiter la célébration dans la langue vivante. La langue liturgique n’est pas la langue de tous les jours. Je crois que nous sommes parvenus à un équilibre. Mais la façon même de célébrer doit respecter le mystère . »

La baisse de la pratique qui a suivi la réforme liturgique eût-elle été pire sans elle ? Un grand liturgiste français, le chanoine Aimé-Georges Martimort, en était convaincu, faisant un parallèle historique avec la déliquescence de l’Église d’Afrique dans l’antiquité : « La ruine de Rome a entraîné en Afrique la ruine de l’Église car celle-ci était liée à la latinité. » Saint Augustin se plaignait ainsi de ne pas avoir de prêtres qui parlaient berbère et punique.

REPÈRES  : UNE RÉFORME PRÉPARÉE PAR « LE MOUVEMENT LITURGIQUE »
1841 à 1866 : succès des neuf volumes de L’Année liturgique par Dom Guéranger, fondateur de l’abbaye de Solesmes. Le rayonnement de Solesmes s’étend aux abbayes de Beuren (Allemagne), Maredsous et du Mont-César (Belgique).

1903-1910 : Pie X exhorte les fidèles à participer activement à la célébration des mystères (Tra le sollecitudini), par le chant et la communion fréquente.

1909-1939 : initiatives en Belgique (missel de Dom Lambert Beauduin), en France (messe dialoguée, P. Paul Doncoeur), en Allemagne (Romano Guardini, Dom Odon Casel).

1943 : création du Centre de pastorale liturgique (CPL) à Paris.

1947 : Pie XII institue une commission chargée de préparer une réforme générale de la liturgie.

1951 : Pie XII restaure la célébration de la veillée pascale.

Christophe Chaland

la croix
images/icones/2a.gif  ( 772682 )quant à moi ... par Lycobates (2015-03-08 00:43:53) 
[en réponse à 772633]

ma photo favorite de Creepy Montini est plutôt celle-ci:






Je me rappelle très bien que, enfant, l'effigie trop affichée de ce saint bonhomme me donnait des cauchemars, au grand désarroi de la bonne, à l'époque.
C'est vrai que je fus, un certain temps désormais révolu, un garçon encore très sensible ...

Mais il faut l'avouer, ici comme souvent : l'intuition féminine l'emporte.
En 1965 peu de mâles, prêtres ou laïcs, saisissaient l'enjeu de ce qui était en train de se jouer.
Les femmes, elles, comprenaient davantage.
J'entends encore mon arrière-grand-mêre, née en 1876, décédée en 1974, et qui pourtant n'avait pas étudié les manuels de théologie, nous avertir que "ceci ne saurait être la volonté du Bon Dieu" et que cela allait tourner très mal, et qu'il fallait désormais mieux rester chez soi.
C'est ce que nous avons fait, bien malgré nous, au fil du temps (quant à moi, vers la fin des années '70), avant de retrouver peu à peu des prêtres fidèles, non compromis avec les usurpateurs, pour nous donner les vrais sacrements.

Mais on est loin d'être sorti de l'auberge.
images/icones/carnet.gif  ( 772676 )Un article de l'abbé Claude Barthe : il y a 50 ans, début de la réforme liturgique par La Favillana (2015-03-07 23:03:53) 
[en réponse à 772612]

publié sur Riposte Catholique




7 mars 1965 : il y a 50 ans, début de la réforme liturgique

En ce jour anniversaire, l’abbé Claude Barthe nous a adressé un article très intéressant sur le début de la réforme liturgique et sur le début, aussi, de la contestation de cette réforme…

Ce 7 mars 2015, à 18 h, le Pape François célèbre une messe dans l’église de Tous les Saints, sur la via Appia Nuova, à Rome, en souvenir de celle qu’avait célébrée en la même église, Paul VI, le 7 mars 1965.

Le Concile n’était pas encore achevé, mais la réforme liturgique qu’il avait décidée était lancée. Le 25 janvier 1964, PaulVI avait institué un Consilium, une Commission pour l’Application de la constitution sur la liturgie, d’une ampleur démesurée : 250 experts, sans compter les cardinaux et les évêques. À partir de la session d’octobre 1966, cinq, puis six observateurs protestants assistèrent aux assemblées de ce Consilium. Paul VI lui avait donné pour président le très progressiste cardinal Giacomo Lercaro, archevêque de Bologne. Le secrétaire en était le lazariste Annibale Bugnini.

Dès lors, de 1964 à 1968, se déroula une première période de réforme, période de transition, comme le notait un article de Riposte catholique, qui sera suivie, à partir de la publication de trois nouvelles prières eucharistiques et de huit nouvelles préfaces, le 23 mai 1968, de la phase de promulgation définitive de la nouvelle liturgie conciliaire. Cette deuxième période durera jusqu’en 1984, date de l’édition typique du nouveau Cérémonial des évêques.

De 1964 à 1968 le Concilium édicta d’incessantes modifications, avec le relais des conférences épiscopales, donnant l’habitude de transformations permanentes. Les fidèles notaient surtout que la messe était désormais, la plupart du temps, face au peuple et que le latin avait disparu, « comme chez les protestants ».

Il faut d’ailleurs remarquer que les premiers changements (spécialement la concélébration) avaient été expérimentés dans l’aula conciliaire, les liturgies célébrées chaque matin à Saint-Pierre de Rome devenant un laboratoire de modernisation pour les évêques et pour l’Église entière.


Entre autres changements :

- nouvelle formule pour donner la communion (reçue de plus en plus généralement debout) ;

-première refonte des rubriques (26 septembre 1964) : le psaume Judica me des prières au bas de l’autel est supprimé, le Pater peut être lu ou chanté par fidèles, le dernier évangile est supprimé, la messe solennelle est possible avec un diacre, le per ipsum est dit à haute voix, la célébration face au peuple devient pratiquement la norme pour les messes publiques ;

- promulgation d’un rite de de la concélébration (qui implique le canon à haute voix) et de la communion sous les deux espèces (7 mars 1965) ;

- messe dominicale anticipée du samedi soir ;

- emploi de langue vulgaire élargi à toute la messe, puis à l’Office divin, etc.

À « la droite du pape », les protestations s’amplifiaient, notamment à cause de l’abandon de la langue sacrée. Il faut dire que l’introduction de la langue vulgaire dans la messe avait cristallisé, dès la préparation du Concile et au cours de Vatican II, une première vague d’opposition à la réforme d’une très grande vigueur. Paul VI décida de donner de sa personne, et vint donc célébrer dans l’église de Tous les Saints le premier dimanche de Carême. Un autel, comme cela se faisait un peu partout à l’époque, avait été placé hors du sanctuaire, sur un bâti de bois. Le pape célébrait une messe lue, face au peuple.

C’est alors que se produisit la première manifestation d’opposition à la réforme liturgique. Elle fut reçue par le Pape en pleine face. Paul VI écartant les mains : Il Signore sia con voi. Au milieu de la foule, retentit la voix grave et puissante de Tito Casini, un romancier très connu en Italie : Et cum spiritu tuo. Troubles dans l’assistance, dont une partie se mit à suivre cet “animateur” inséré dans la foule. La manifestation se poursuivit ainsi durant toute la messe : In alto i nostri cuori, disait le Pape ; Habemus ad Dominum, tonnait Casini. On était en Italie, et il s’agissait du Pape !

Comme un mémorial de l’événement constitué par cette « messe de Paul VI », un livre de Tito Casini deviendra le premier manifeste de résistance, jusqu’à la parution, deux ans plus tard, du Bref examen critique du Nouvel Ordo Missae, signé par les cardinaux Ottaviani et Bacci, et présenté au Pape le 21 octobre 1969. Le livre de Casini, paru à Florence en 1967, s’intitulait : La tunica stracciata, allusion à la Tunique sans couture du Christ, livre que Les Nouvelles Editions latines publièrent en France un an plus tard, avec une préface du cardinal Bacci : La tunique déchirée.

images/icones/carnet.gif  ( 772679 )Un article de l'abbé Wailliez sur cette messe du 07/03/1965 par La Favillana (2015-03-07 23:46:24) 
[en réponse à 772612]

Abbé Benoît Wailliez et Alain de Beaugrain - Pour Qu'Il Règne - mai/juin 2014

Liturgie: quelle est « la bonne interprétation du Concile » ?

Trouvé sur Tradinews grâce à un article de Rorate Caeli sur ce cinquantième anniversaire.

Désolée pour la taille de la photo, elle n'est pas en plus petit sur Google. Elle permet de constater que l'autel-table fourni par le Vatican est à l'extérieur du sanctuaire.




[...] Cette photographie, que nous reproduisons ici, montre une estrade de bois à trois degrés, sur laquelle est posé un grand autel-table également en bois, recouvert d'une seule nappe.
Sur cet autel sont disposés de façon symétrique un petit crucifix et des chandeliers bas et, entre l'autel et la foule, deux lutrins.
Autour de l'estrade, des clercs mais aussi des laïcs, hommes et femmes.

[...] Sur ces clichés paroissiaux, on voit que l'autel majeur et son tabernacle avaient été masqués par une grande draperie, qui servait de toile de fond au nouvel agencement.
Sur cette draperie, un crucifix monumental.
L'autel-table sur son estrade de bois avait été installé devant le banc de communion en pierre, c'est-à-dire à l'extérieur du sanctuaire.
Comme aucun banc de communion mobile n'avait été installé devant ce nouvel autel, il n'y avait plus aucune clôture entre ce dernier et la nef.
Ces caractéristiques seront plus faciles à constater dans quelques mois, puisque la paroisse d'Ognissanti prépare [...]
(la) publication d'un livre reprenant une grande partie des centaines de photographies prises ce jour-là.

[...] cette église de Tous les saints ne possédait pas d'autel face au peuple avant la visite du pape ; seul existait l'autel majeur, doté d'un tabernacle qui était, dès l'origine,
surmonté par une immense statue du Sacré Cœur, ce qui empêchait toute célébration face au peuple.
L'autel-table en bois utilisé le 7 mars 1965 fut apporté par les services du Vatican
et le passage du pape marqua bien un tournant, puisque, à partir de cette date,
les cérémonies paroissiales se célébrèrent en italien, face au peuple, sur cet autel mobile placé en dehors du sanctuaire, sans barrière avec la nef.
En d'autres termes, en venant célébrer personnellement ce 7 mars 1965, Paul VI avait tracé la voie. [...]



images/icones/flagIt.gif  ( 772701 )Un article en italien:Mezzo secolo di messe in italiano par Jean Kinzler (2015-03-08 12:45:55) 
[en réponse à 772679]

Mezzo secolo di messe in italiano ilpost.it
images/icones/flagIt.gif  ( 772702 )et d'autres articles par Jean Kinzler (2015-03-08 12:49:36) 
[en réponse à 772701]

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