Le Forum Catholique

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images/icones/ancre2.gif  ( 771268 )Une infidélité de la nouvelle Bible liturgique : Mt 10, 39 par Paterculus (2015-02-19 20:42:29) 

Nouvelle traduction liturgique :

Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.



Néo-vulgate :

Qui invenerit animam suam, perdet illam ; et, qui perdiderit animam suam propter me, inveniet eam.



Le texte grec comporte bien le terme "psuchè".

Il eût donc fallu traduire :

Qui a trouvé son âme la perdra ; qui a perdu son âme à cause de moi la gardera.



Et cela pour respecter Liturgiam Authenticam, où on peut lire :

Ad vocabula quaedam quod attinet, velut ea, quae «anima» et «spiritus» in Nova Vulgata transferuntur, cavendum est de principiis supra, ad nn. 40-41, expositis. Ideo vitandum est ut pro iis pronomen personale aut verbum magis «abstractum» potius habeatur, nisi hoc, aliquo in casu, stricte necessarium sit.


En bref, on ne doit pas traduire les mots signifiant "âme" ou "esprit" par des pronoms ou par des mots plus "abstraits".

Après dix-sept ans de travail avec supervision romaine, on aurait pu obtenir mieux. Le rejet du mot "âme" est une marque d'idéologie.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 771285 )Non, cette traduction est la bonne par Denis SUREAU (2015-02-20 08:51:25) 
[en réponse à 771268]

Erreur complète, cher Paterculus.

Les Pères de l'Eglise ont interprété cette phrase dans le sens de la nouvelle traduction : cf. la Catena aurea de saint Thomas d'Aquin qui cite s Jean Chrysostome, s. Remi ("L'âme ne signifie pas ici la substance même de l'âme, mais la vie présente"), s. Hilaire ("le sacrifice d'une vie qui passe si rapidement nous met en possession d'une vie qui ne finira point").
images/icones/idee.gif  ( 771305 )Le tryptique corpus, anima, spiritus = l'homme par Aétilius (2015-02-20 12:01:46) 
[en réponse à 771285]

Effectivement, "anima" dans le latin biblique traduit le grec "psychè", et désigne le principe de vie, ce qui "anime" notre "corpus". Quand on est "inanimé", c'est qu'on est comme privé extérieurement du principe de vie.

Les "anima"ux partagent avec nous les hommes ce principe de vie, mais sont dénués du "spiritus", l'"esprit" "pneuma" en grec, qui nous fait à l'image et à la ressemblance de Dieu, comme l'indique le nom d'une de ses trois personnes : le Saint-Esprit...

images/icones/neutre.gif  ( 771308 )Et ce qui anime c'est bien l'âme par Semetipsum (2015-02-20 12:29:29) 
[en réponse à 771305]

d'ailleur les animaux ont une âme (animale)
images/icones/ancre2.gif  ( 771310 )Vous confondez traduction et commentaire par Paterculus (2015-02-20 13:23:01) 
[en réponse à 771285]

Je pense que le respect du texte scripturaire est une façon de respecter la civilisation dans laquelle Dieu a choisi de Se révéler.
Liturgiam Authenticam va dans ce sens.
Il faut laisser au commentaire et à l'homélie les explications.
VdP
images/icones/neutre.gif  ( 771312 )Dérobade par Denis SUREAU (2015-02-20 13:50:57) 
[en réponse à 771310]

La Bible se lit en Eglise, en fidélité à la Tradition. On ne peut balayer d'un revers de main les Pères et Docteurs de l'Eglise.
Au demeurant, les traductions françaises les plus classiques ont retenu "vie" et non "âme" : voir Crampon, ou "celui qui perdra sa vie pour l'amour de moi, la retrouvera" (Lemaistre de Sacy). Et toutes les Bibles plus récentes : Maredsous, Osty, Tricot, Bible des peuples etc.
Ce n'est pas à chacun de faire sa petite traduction. Je n'ai même pas réussi à trouver la vôtre.
images/icones/ancre2.gif  ( 771323 )Parlons-nous de la même chose ? par Paterculus (2015-02-20 17:31:06) 
[en réponse à 771312]

Je peux vous retourner vos compliments ...

Je parle d'une traduction liturgique postérieure à Liturgiam Authenticam, et il me semble que les prescriptions de cette instruction devraient être appliquées, sauf si l'on considère que les auteurs de cette instruction ont parlé pour ne rien dire.

Vos arguments dédouanent partiellement le traducteur en ce sens qu'il peut se justifier autrement que par l'idéologie. Mais ce n'est que partiel, car la même faute se retrouve en Mt 16,26 :

Quid prodest homini, si mundum universum lucretur, animae vero suae detrimentum patiatur?



D'avance merci de vos éclairages ultérieurs.
VdP

PS. J'ai hâte de voir ce que nous aurons pour le "Et sanabitur anima mea".
images/icones/neutre.gif  ( 771328 )La nouvelle traduction est... la traditionnelle par Denis SUREAU (2015-02-20 18:21:46) 
[en réponse à 771323]

Décidément je ne vous comprends pas.

Je viens de vous prouver citations à l'appui que la nouvelle traduction est conforme à la Tradition de l'Eglise et aux traductions classiques de la Bible en français.

D'ailleurs "perdre son âme" pour le Sauveur de nos âmes me semble plutôt bizarre, alors que perdre sa vie pour le Seigneur est d'actualité, nos 21 frères coptes nous l'ont prouvé.

Je ne vois pas quoi rajouter de plus.

Le procès fait à la nouvelle traduction liturgique devra trouver d'autres éléments.