Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=769912
images/icones/vatican.gif  ( 769912 )encore un changement à Rome ! par Solluna (2015-01-30 10:31:54) 

Désormais la pape ne remettra plus les Sacrés Palliums aux archevêques métropolitains. Cette cérémonie signifait le lien direct qui unissait les Métropolitains au pouvoir de juridiction du pape qui nomme les évêques. Les Palliums reposaient devant les reliques de St Pierre pour signifier ce lien avec ses successeurs.
Désormais, on parle de décentralisation à Rome au profit des conférences épiscopales. N'assiste-t-on pas aux retour des Eglises nationnales dont le Gallicanisme fut une triste illustration?
Encore une nouveauté qui ne va pas dans le bon sens!Radio Vatican
images/icones/fleche2.gif  ( 769913 )voici le lien par Solluna (2015-01-30 10:34:03) 
[en réponse à 769912]

Radio Vatican
images/icones/1e.gif  ( 769920 )Retour à la tradition antique? par PEB (2015-01-30 11:40:01) 
[en réponse à 769912]

L'imposition du pallium à Rome est une cérémonie récente. Elle signifie la monarchie romaine directe sur le monde entier. Le coutume ultramontaine ne correspond pas au ressenti d'un ancien archevêque du bout du monde.

Autrefois, en France, le Roi (ou le chef de l’État jusqu'à la IVème République) remettait aux nouveaux cardinaux présents en France la barrette pourpre. Ce geste local donnait au récipiendaire une autorité reconnue au milieu du peuple.
images/icones/hum2.gif  ( 769925 )J'en doute par Aigle (2015-01-30 12:46:37) 
[en réponse à 769920]

Je ne partage guère l'interpretation optimiste de PEB

Comme je l'ai noté sur le blog d yves Daoudal : "cela positionne clairement les nonces comme les représentants personnels du pape et des inspecteurs généraux des évêques. En plus rien n'interdit de nommer une femme nonce. Donc un jour nous aurons une noncette qui viendra telle un préfet de région venir surveiller les évêques et leur remettre pallium et diplômes .... Le principal c'est de faire du neuf."
images/icones/fleche2.gif  ( 769932 )Cela s'appelle de la comm' et il y a une contradiction par Athanase (2015-01-30 14:26:08) 
[en réponse à 769925]

Le pallium sera remis localement, mais par le nonce, ce qui est à la fois une revalorisation symbolique des Eglises locales et une revalorisation du siège romain qui fait apparaître les évêques comme les préfets du pape: le nonce serait en gros le préfet de région...

Comme vous dîtes, "le principal c'est de faire du neuf." Oui, un geste de communication, qui ne changera rien si tel pape a des manières autoritaires, car François est peu, très peu collégial...
images/icones/neutre.gif  ( 769933 )Collégialité par Aigle (2015-01-30 14:30:36) 
[en réponse à 769932]

Oui cher Athanse

Pour ma part je me méfie de tous ceux qui parlent de dialogue, de débat, et collégialité, de tolérance, etc .... Car finalement ces vertus qui ne sont guère héroïques se peuvent mettre en œuvre très vite et très facilement. Il suffit de juger aux actes.

Et les actes du saint Père témoignent plutôt d'un certain goût pour l'exercice solitaire du pouvoir, la volonté d'être obéi et un respect limité pour les porteurs des thèses adverses !
images/icones/fleur.gif  ( 769948 )un peu d'histoire de l'Eglise par baudelairec2000 (2015-01-30 16:15:04) 
[en réponse à 769920]

Quand on ne sait pas, il est préférable de se taire...

L'imposition du pallium, tradition antique? Au fait "imposition" ou "réception" du pallium?

Eléments de réponse.

Prenons un épisode de la vie de l'anglo-saxon Alcuin passé au service de Charlemagne. L'archevêque d'York étant mort, son successeur, Eanbald, envoya à Rome Alcuin, son condisciple qui dirigeait l'école cathédrale et son importante bibliothèque, pour lui en rapporter le pallium destiné au nouvel archevêque d'York. Alcuin le reçut des mains du pape Hadrien; nous sommes en 781:

« Comme il revenait après avoir reçu le pallium, il rencontra le roi Charles dans la ville de Parme. Le roi l’exhorta vivement et le pria de le rejoindre en Francie dès qu’il aurait achevé sa mission . »
"

La vie d'un autre anglo-saxon, Boniface, nous renseigne encore sur le pallium: en 732, l'évêque-missionnaire, Boniface, apôtre de la Germanie et protégé de Charles Martel, reçoit du pape Grégoire III le pallium et la charge qui lui est associée, celle d'organiser la province ecclésiastique de Germanie.

le même Boniface était présent au moment du concile réformateur de Soissons, concile convoqué par le fils de Charles Martel, Pépin le Bref; Boniface fut l'inspirateur des textes de ce concile (742). Une affaire venait de surgir: la restauration des anciennes métropoles.
Abel à Reims, Ardobert à Sens furent constitués comme archevêques à la tête des évêques légitimement établis dans leur cité. Une lettre de Boniface au pape demanda pour eux le pallium, renouvelant l'ancienne coutume, et aussi pour Grimon de Rouen, dont le synode ne parle pas, peut-être parce qu'il était absent ou parce que Boniface aura obtenu son élévation après coup. Cette demande devait amener entre le pape et Boniface un malentendu qui ne dura guère: les trois palliums étaient accordés quand une nouvelle lettre du légat (Boniface), se plaignant que les concessions fussent subordonnés au paiement de droits abusifs et simoniaques, limita la demande au cas de Grimon, sans doute parce que la décision du concile assurait aux évêques de Sens et de Reims un prestige suffisant. Zacharie s'expliqua sur sa prétendue simonie: les palliums et les diplômes qui attestaient leur octroi étaient, suivant l'usage, expédiés gratuitement... (Histoire de l'Eglise de Fliche et Martin, t. V, p. 366).


Passons à la théorie; je me contenterai de citer les propos du père Congar dans son Ecclésiolgie du haut Moyen Age, ouvrage précieux à plus d'un titre:

"Les métropolitains et le pallium.


C'est en 512 lors d'une brève renaissance du vicariat d'Arles que saint Césaire reçut du pape l'honneur du pallium, décerné pour la première fois à un évêque non italien. ce fut aussi par le biais de cet insigne que les papes se rattachèrent les vastes territoires de mission en Angleterre et en germanie évangélisés par Augustin, Willibrord et Boniface, chétientés qui sont pour les papes une sorte d'apanage direct, élargissant leur diocès primitif. Augustin de Cantorbéry et Paulin d'York reçurent le pallium de saint Grégoire; de même Willibrord du pape Serge I er... leurs successeurs reçurent également le pallium comme signe de ratification d el'élection et furent ainsi dans la situation des autres métropolitains de ce qui était devenu partie du diocès suburbicaire (Illyricum). Le reste de l'Occident, en situation fort différente, s'adapta graduellement. Lors de la réforme de l'Eglise franque, saint Boniface fit décréter, au concile de Soissons en 742, que tous les métropolitains de Germanie et de Gaule iraient à Rome demander le pallium. la chose resta lettre morte jusqu'à Charlemagne, qui prit sur lui de faire du pallium le signe distinctif de presque tous les métrpolitains d'Occident. Pour ces "archevêques" le pallium devint au cours du IX e siècle indispensable à l'exercice de la juridiction. Cette nouveauté, loin d'être imposée par Rome fut voulue par le prince pour rehausser le prestige de ses métropolitains. mais la papauté avait sa façon de concevoir l'octroi du pallium.

Il semble bien que le pape Zacharie et saint Boniface y aient vu une valeur religieuse, une sorte de sacramental du pastorat et de l'apostolat. Mais Nicolas Ier et Jean VIII y ont attaché une valeur juridique en conditionnant par la réception du pallium l'exercice légitime, par les métroplitains, de leur privilège de confirmer et de consacrer leurs suffragants. De la sorte, ces chefs des anciennes provinces teanient leur juridiction de leur siège même sans intervention de Rome; à partir du IX e siècle, il faut un acte du pape pour les mettre en possession de leurs droits; il n'y avait plus de véritable dignité métropolitaine sans le pallium. Lors de la réforme grégorienne au XI e s., l'archeveque devra demander le pallium avant son sacre: c'était réserver au pape la confirmation des archevêques. Ainsi est apparue la théorie selon laquelle le pouvoir de juridiction des évêques venait du pape, ce dernier confirmant les métropolitains, lesquels confirmaient leurs suffragants. c'est désormais, grâce à une métamorphose de son sens primitif, que s'appliquera aux métropolitians et à tous les évêques la formule de saint Léon qui concernait son vicaire-délégué en Illyricum

vocatus in partem sollicitudinis; non in plenitudinem potestatis."
images/icones/iphone.jpg  ( 769951 )Théorie ou évangile par Folgoët (2015-01-30 17:30:32) 
[en réponse à 769948]

La juridiction épiscopale ( et aussi de l'archevêque ) n'est pas une "théorie " inventée par la papauté pour asseoir son autorité : c'est ÉVANGÉLIQUE ! Nous savons que Congar et tous les pseudo théologiens du concile ont voulu détruire la monarchie pontificale en lui substituant un pouvoir collégial .
Nous sommes hélas en plein dans la révolution conciliaire et le pape François travaille à fond en ce sens : démolir ce qui pouvait encore manifester cette autorite monarchique . Il ira encore plus loin ... la révolution n'est pas arrivée a son terme .
images/icones/salutscout.gif  ( 769965 )Le pape pourra dire et même faire ce qu'il veut, il ne peut changer... par Athanase (2015-01-30 19:23:12) 
[en réponse à 769951]

... la constitution divine de l'Eglise, remettre en cause la primauté de Pierre, rédéfinir à sa guise l'Eglise, mettre à la mode une lubie, ériger en doctrine officielle des interprétations (je n'ose dire: des sauts d'humeur...), redéfinir les conditions d'accès aux sacrements, tout simplement parce qu'il n'est pas propriétaire de l'Eglise et de la grâce. "Je dis que les divorcés remariés peuvent accéder à la communion": oui, c'est bien, tu l'as dit. Et après ? Et cela dépend maintenant de ce que disent les "zautres", des manies du moment ? Des pères synodaux ou même le pape peuvent vraiment penser ce qu'ils veulent, OBJECTIVEMENT, ils ne pourront rien, rien, mais vriament, rien changer. Ils ne sauraient faire disparaître par magie le péché qui empêche la réception de la sainte communion, redéfinir la doctrine des sacrements, ce qui aboutirait à falsfier les paroles de Saint-Paul. Ils peuvent dire ce qu'ils veulent, ils ne pourront rien faire. Je leur souhaite bien du plaisir pour cette oeuvre surhumaine, pardon: diabolique...

Le pape François peut dire ce qu'il veut: il faudrait être sot pour imaginer que l'Eglise change par les paroles, les humeurs ou même l'humour du pape, comme si cela avait le pouvoir de changer l'Eglise.

Sauf imposition des mains (ordination), absolution ou consécration du pain et du vin, on ne change rien par la magie de son verbe ! François peut dire, peut penser cela, affirmer trucmuche, etc.: tout cela ne suffira pas à changer quoi que ce soit ! Et c'est tant mieux !

Il y a un truc tout bête que l'on oublie de rappeler : le pape est un être humain sujet, comme tous les hommes sur terre, au péché originel. (Dans mes lectures, j'avais découvert que les mariavites - hérétiques polonais - s'étaient déclarés exempts du péché originel: je vous assure que de telles conneries me font rire autant qu'elles m'effrayent !). Je n'ai pas besoin de me recroqueviller sur des théories infra-magistérielles ou minimalistes.

Athanase a déclaré qu'il y avait des extra-terrestres parmi nous, que Jupiter n'existe pas ou que le Général de Gaulle n'a jamais existé: en disant cela, vous diriez que je suis fou. Et vous auriez raison !

Exemple concret: au lieu de parler d'incendie, on dira qu'il ne s'agit que d'une "luminosité incandescente". Admettons, l'expression est douce (soft, comme on dit). Et cela changera-t-il la réalité du feu qui détruit et ravage ? Le problème subsistera et je vous assure que la personne victime de l'incendie appréciera peu ce trait d'humour...
images/icones/neutre.gif  ( 769969 )changement de l'église par Folgoët (2015-01-30 19:51:03) 
[en réponse à 769965]

Et pourtant Athanase...le pape Paul VI a bien changé les paroles de la consécration dans le canon de la Messe ? Elles passent du mode intimatif (le prêtre parle "in personna Christi") au mode narratif (le prêtre raconte la cène). C'est tout de même un drôle de changement dites-moi ! ça fait froid dans le dos un changement aussi substantiel.
Les théologiens disent en effet que l'autorité ne pourra jamais promulguer une erreur de façon infaillible... mais le père Calmel (OP)précise que l'autorité peut paralyser les effets de la rédemption en trafiquant la discipline... sorte de tyrannie ecclésiastique qui use de son pouvoir pour faire autre chose que ce que le Christ leur a demandé de faire (enseigner la Tradition, la transmettre et la protéger)... on ne peut pas dire que ce soit le cas avec François !

images/icones/salutscout.gif  ( 769970 )Dans ce cas, l'assistance divine dont bénéficie l'Eglise mise en cause par Athanase (2015-01-30 20:06:40) 
[en réponse à 769969]

Même si ces changements se discutent, même si les paroles ont été peu remaniées, il n'en demeure pas moins qu'elles permettent toujours de consacrer le pain et le vin. (A titre personnel, l'Eglise romaine a peut-être cherché à se rapprocher quelque peu des Eglises orientales où le récit commence avant "ceci est mon corps", ce qui ne rend pas la réforme indiscutable).

Mais paralyser les effets de la Rédemption ne signifie pas l'empêcher, ce qui signifierait que le péché est supérieur à la Rédemption...
images/icones/1a.gif  ( 769972 )L'apocalypse ecclésial vous dis-je! par Rodolphe (2015-01-30 21:28:06) 
[en réponse à 769912]

Merci pour ce lien qui a le mérite de bien montrer que ce dont il s'agit n'a strictement rien à voir avec ce que vous annoncez: "Désormais la pape ne remettra plus les Sacrés Palliums aux archevêques métropolitains". Mais si...

"Retour des Eglises nationales", "gallicanisme" etc.

Arrêtez de vous monter le bourrichon...

Il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un chat!

Interview de Mgr Marini:

"A partir du 29 juin prochain, à l’occasion de la solennité des saints Pierre et Paul, les archevêques - comme le veut la coutume - seront présents à Rome, concélébreront avec le Saint-Père et participeront au rite de bénédiction des palliums mais ils n’auront pas l’imposition : tout simplement, ils recevront du Saint-Père, sous une forme simplifiée et privée, le pallium qui leur est destiné. Ensuite, l’imposition s’effectuera dans leurs diocèses d’appartenance et donc, dans un second moment, en présence de l’Église locale et en particulier des évêques des diocèses suffrageants, accompagnés par leurs fidèles.

(...)
En ce sens, on maintient toute la signification de la célébration du 29 juin qui souligne la relation de communion et de communion hiérarchique entre le Saint-Père et les nouveaux archevêques ; dans le même temps, vient s'ajouter, avec un geste significatif, ce lien avec l’Église locale".


images/icones/iphone.jpg  ( 769974 )La révolution .... par Folgoët (2015-01-30 21:42:24) 
[en réponse à 769972]

Conciliaire avance par touche .... il ne faut pas que la grenouille du bocal sente l'eau chauffer trop vite sans quoi la révolution serait obligée de faire marche arrière .
Autrement dit .. le pallium en privé et puis un jour plus de pallium du tout !
Comme la tiare ... qui a desormais disparu des ornements pontificaux .
Mais bien sûr Rodolphe nous dira que nous nous montons le bourrichon ! La tiare : un détail ? Pas de quoi fouetter un chat ?
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 769979 )[réponse] par MG (2015-01-30 22:36:09) 
[en réponse à 769974]

Rien ne change vraiment : les nouveaux archevêques seront présents le 29 juin, la remise du palliuum se fera bien mais l'imposition aura lieu dans la cathédrale métropolitaine par le Nonce : où est le problème ?

images/icones/iphone.jpg  ( 769985 )Changement par Folgoët (2015-01-30 23:46:28) 
[en réponse à 769979]

Qui impose une charge en principe dans toute société ? C'est l'autorité .
A votre question je réponds alors par d'autres questions : pourquoi le Pape ne veut il plus imposer lui même cette charge mais la déléguer à un simple nonce ? Pourquoi l'imposition n'a t elle plus lieu à Rome qui est la tête et la mère de toutes les églises du monde ? Le pape se croit il encore le pasteur des pasteurs ? A t il Foi dans son autorité de Vicaire du Christ ?
images/icones/1a.gif  ( 769982 )La tiare.... par Rodolphe (2015-01-30 23:21:15) 
[en réponse à 769974]

...remplacée par une mitre Papale et les trois couronnes par trois bandes d'or... En quoi est-ce problématique ou révolutionnaire?

Nous aussi nous ne nous habillons plus comme dans les années 30 ou 60 et avons abandonné nos chapeaux melon...
images/icones/vatican.gif  ( 769986 )Sauf que j'aurais été plus radical par Nemo (2015-01-30 23:46:29) 
[en réponse à 769982]

Ou on supprime la tiare des armoiries pontificales ou on la laisse.
Benoît XVI, bien que Pape, ne disposait pas de pouvoir particulier sur la science héraldique.
La tiare qui figure sur les armoiries indique la fonction, pas que la pape porte la tiare. Il y a bien longtemps qu'on ne voit plus en France de marquis ou de comte porter son couvre-chef héraldique.
La mitre ridicule dont on affuble ses armoiries n'existe pas en héraldique, pas plus que le bonnet d'âne, c'est un affreux hybride qui n'a aucun sens. Même Benoît XVI qui pourtant aimait les chapeaux n'a pas fait réaliser par son tailleur une mitre aussi étrange, donc elle ne jouit pas non plus d'une existence physique.
S'il ne voulait pas porter la tiare dans ses armoiries, alors il fallait tout simplement la supprimer.
images/icones/vatican.gif  ( 769983 )La tiare ne me manque pas beaucoup par Nemo (2015-01-30 23:38:55) 
[en réponse à 769974]

La tiare ne me manque pas parce que tout d'abord elle ne date que du moyen age.
Ensuite elle signifiait principalement une souveraineté temporelle qui ne s'exerce plus aujourd'hui que sur un mouchoir de poche. Franchement sa signification symbolique n'a jamais été très limpide, les trois règnes sont arrivés bien tard.
Et enfin je ne suis pas favorable à la perpétuation dans l'Eglise d'un cérémonial de cour qui, du fait de la simplification générale de nos modes de vie, semble de plus en plus décalé, anachronique voire ridicule.
Qui imaginerait aujourd'hui un pape reprendre les flabelli, la sedia, le mantum et la falda qui rendait nécessaire plusieurs porteurs devant et derrière le Saint-Père incapable de marcher seul sans s'entraver ?

En revanche le pallium est beaucoup plus antique, riche de significations et de symbolisme, et est beaucoup moins ostentatoire.
images/icones/1n.gif  ( 769984 )une mauvaise réforme plus qu'une révolution par Luc Perrin (2015-01-30 23:42:15) 
[en réponse à 769972]

Rodolphe a raison au départ : ce n'est pas une suppression du lien symbolique que représente le pallium entre les métropolitains et le pape.
Là où il erre, c'est dans le fait de minimiser le changement : la remise sera privée, le lien est donc affaibli symboliquement ; à l'inverse la "monstration" (? Dieu sait quel nom aura cette nouveauté) du pallium dans l'Église locale étant publique et solennelle, elle tendra à supplanter la 1ère cérémonie faite en catimini.

Déplacer l'accent de Rome à l'Église locale, c'est très exactement la thèse du théologien de référence du pape, à savoir le cardinal Kasper : thèse à laquelle saint Jean-Paul II et le cardinal Raztinger s'étaient opposés dans une controverse ecclésiologique majeure et publique au début des années 2000.

Nous sommes bien toujours dans l'esprit de ce pontificat novateur qui s'efforce constamment d'amoindrir le ministère pétrinien - par effritement (dévaloriser la parole papale par les saillies et interviews, mise à distance des appartements de fonction, coups de canif donnés à la Tradition doctrinal à l'occasion) - tout en recourant à l'intervention autoritaire quand cela semble opportun. Au fond le pape cherche à être le dernier pape ultramontain flamboyant en savonnant le trône de son successeur.
images/icones/1d.gif  ( 769988 )Je propose ostension du pallium par Nemo (2015-01-30 23:55:06) 
[en réponse à 769984]

Ce que je trouve quand même assez pathétique, c'est le changement pour le changement.
Car honnêtement, à part nous sur ce forum, tout le monde s'en fout du pallium non ?
Il y a donc bien une intention de blesser ceux qui attachent un sens à l'histoire de l'Eglise.
Quant à la participation de Mgr Marini dans ce carnaval, ça correspond bien à l'idée que je me faisais du personnage sous Benoit XVI : il n'a pas la moindre idée de ce qu'est la liturgie et est prêt à tout pour virevolter en soutane violette autour d'un pontife.
Comment a-t-il pu succéder à son prédesseur homonyme qui lui, au moins , connaissait son métier malgré ses positions liturgiques exécrables.
images/icones/iphone.jpg  ( 769989 )Révolution ou évolution ? par Folgoët (2015-01-31 00:05:06) 
[en réponse à 769984]

La révolution est un "renversement " . Et tout renversement peut prendre du temps en raison des résistances au changement. l'abandon de la cérémonie pulbique de l'imposition du palllium n'a certes pas l'ampleur de la révolution conciliaire qui a d'abord eu la volonté de réformer ce qu'il y a de plus profond et sacré dans l'Eglise catholique : la doctrine et les sacrements . Les réformes actuelles ne sont plus que les conséquences lointaines mais logiques des prémices diaboliques semés dans ces sombres années . En ce sens on peut dire que Francois 0 pratique l'évolution de la révolution .
images/icones/1g.gif  ( 769991 )Mais non... par Rodolphe (2015-01-31 00:40:41) 
[en réponse à 769984]

Il n'y a pas qu'une "remise privée" du Pallium à Rome ("1ère cérémonie faite en catimini") et ensuite une remise solennelle et publique dans l'Eglise locale !

Vous oubliez la solennité des saints Pierre et Paul durant laquelle les archevêques sont tous réunis solennellement à Rome pour participer au rite de bénédiction des palliums avec le Pape...

Donc, il n'y a aucun affaiblissement du lien avec Rome ou du ministère pétrinien, juste une volonté de mettre aussi en exergue le lien avec l'Eglise locale.
images/icones/neutre.gif  ( 769992 )Mais si ... par Folgoët (2015-01-31 08:06:19) 
[en réponse à 769991]

Voyez-vous même quelles sont les INTENTIONS du pape (il ne les cache pas, elles sont bien celles du concile vatican II :

http://fr.radiovaticana.va/news/2015/01/29/le_pape_ne_remettra_plus_le_pallium_directement_aux_nouveaux_archev%C3%AAques/1120621


Depuis des siècles, le Pape lui-même déposait l'étoffe de laine sur les épaules des nouveaux archevêques venus du monde entier, lors d’une célébration dans la basilique Saint-Pierre le 29 juin, jour de la solennité des saints Pierre et Paul. Si les nouveaux archevêques métropolitains restent conviés à Rome pour cette fête importante de l’Eglise, ils recevront à présent le pallium chez eux, lors d’une cérémonie officielle, des mains du représentant du Saint-Siège dans leur pays. Tissé de fine laine blanche d’agneau et composé de deux bandes pendantes brodées de six croix de soie noire, le pallium, porté autour du cou, symbolise le lien spécial de communion avec Rome d’un archevêque métropolitain, ainsi que sa fonction pastorale. Le Pape François, qui s’est toujours présenté comme évêque de Rome, a fait de la collégialité entre le Siège de Pierre et ses évêques une des priorités de son pontificat. Par cette mesure symbolique, il montre sa volonté de décentraliser l’Eglise en donnant plus de pouvoir aux épiscopats locaux. Dans sa lettre, Mgr Marini précise que le Pape a décidé ce changement « après une longue réflexion », voulant ainsi exprimer « la synodalité dans l’Église catholique ». Ce changement met aussi en évidence le lien de l’archevêque avec son Eglise locale note le cérémoniaire pontifical, puisque l’imposition aura lieu aussi en présence des évêques et des fidèles concernés.

images/icones/hein.gif  ( 769993 )Qui est le chef du collège? par Ritter (2015-01-31 08:15:27) 
[en réponse à 769992]

Quand on constate certaines nominations, il ne semble pas pour autant que l'évêque de Rome, veuille céder sa place de chef du collège.
Ensuite on peut discuter de savoir qui prend vraiment les décisions, ou avec qui elles sont prises?
Ce qui se passa au synode ou bien d'autres faits peuvent nous faire nous poser des questions.
images/icones/fleche2.gif  ( 769994 )La collégialité par Jean Ferrand (2015-01-31 08:34:43) 
[en réponse à 769993]

La collégialité - ou égalité - des évêques réside dans le sacrement. En effet tous les évêques, y compris l'évêque de Rome, ont reçu le même sacrement de l'ordre et ils sont égaux dans ce sens-là. La hiérarchie, ou inégalité, des évêques réside dans la juridiction. En effet la juridiction - universelle et suprême - de l'évêque de Rome ou pontife romain n'est pas la même que celle d'un simple patriarche, d'un archevêque ou évêque diocésain, d'un évêque auxiliaire, ou encore d'un évêque émérite ou retraité, ou encore, au pire, d'un évêque déposé ou hérétique.

Le chef du collège c'est celui qui exerce le primat au nom du Christ, le successeur de saint Pierre, j'ai nommé l'évêque de Rome. Le titre d'évêque de Rome - possédé légitimement à partir de l'élection canonique - implique la primatie.
images/icones/1g.gif  ( 769999 )Lisez l'interview de Mgr Marini jusqu'au bout... par Rodolphe (2015-01-31 13:30:21) 
[en réponse à 769992]

"En ce sens, on maintient toute la signification de la célébration du 29 juin qui souligne la relation de communion et de communion hiérarchique entre le Saint-Père et les nouveaux archevêques ; dans le même temps, vient s'ajouter, avec un geste significatif, ce lien avec l’Église locale".
images/icones/1g.gif  ( 770000 )Lisez l'interview de Mgr Marini jusqu'au bout... par Rodolphe (2015-01-31 13:32:21) 
[en réponse à 769992]

"En ce sens, on maintient toute la signification de la célébration du 29 juin qui souligne la relation de communion et de communion hiérarchique entre le Saint-Père et les nouveaux archevêques ; dans le même temps, vient s'ajouter, avec un geste significatif, ce lien avec l’Église locale".
images/icones/neutre.gif  ( 769995 )Et le nonce ? par Aigle (2015-01-31 08:39:12) 
[en réponse à 769984]

À mon sens le vrai problème dans l'affaire est l'intervention du nonce. Ce diplomate n'aucune légitimité théologique . Historiquement les papes ont toujours délégué des cardinaux avec le titre de légat pour les représenter auprès du peuple . Les nonces étaient des professionnels discrets qui représentaient le saint siège auprès des gouvernants laïcs. Certes ils ont pris ( tardivement) la fonction de surveillants des évêques et coopèrent notamment à leur nomination mais de la à les faire présider une cérémonie aussi solennelle que la remise du pallidum, il y a un progrès dangereux. Bien dans la ligne autoritaire du pontificat .

Cela dit cela vaut mieux que la remise par le président de la conférence des évêques !
images/icones/fleche3.gif  ( 769996 )La fonction des nonces par Jean Ferrand (2015-01-31 09:26:43) 
[en réponse à 769995]

La fonction des nonces, si je ne m'abuse, est réglée par le code de droit canonique, sous la rubrique : Les Légats du Pontife romain, Livre II, Deuxième partie. Chapitre V. ICI. Ledit nonce ne jouit pas, me semble-t-il et si je lis bien les textes, de juridiction proprement dite. Il a seulement un rôle de représentation et de conseil. Mais il pourrait éventuellement transmettre les ordres ou autres demandes du Siège Apostolique, ou encore exercer d'autres fonctions à lui confiées par ce même Saint-Siège.
images/icones/bravo.gif  ( 769998 )Oui, encore Kasper. par Yves Daoudal (2015-01-31 11:28:58) 
[en réponse à 769984]

Vous avez raison.

Il est d'ailleurs remarquable que dans sa longue réponse au cardinal Ratzinger "Sur l'Eglise", en 2001, le cardinal Kasper commence par évoquer la question du refus de la communion aux divorcés remariés...
images/icones/livre.gif  ( 769997 )les Saintes Écritures par Cavipo (2015-01-31 10:19:59) 
[en réponse à 769912]

Faut il accomplir les Saintes Écritures ?

Il est écrit :


Zacharie 13, 7: « Frappe le pasteur, et que les brebis se dispersent »


Matthieu 26, 31 : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.


Marc 14, 27: Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées.