Le Forum Catholique
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( 769794 )
La contraception, un mal plus grand que l'avortement ? par Candidus (2015-01-29 11:35:39)
Le père jésuite américain Joseph Fessio, ancien élève de Benoît XVI dont il est demeuré proche, et éditeur du livre
Rester dans la vérité du Christ, a adressé une lettre au célèbre vaticaniste Sandro Magister pour dénoncer un article récemment paru dans la revue jésuite romaine
Civiltà Cattolica (revue pourtant relue par le St Siège et contrôlée par un proche du pape).
L'article dénoncé par le P. Fessio a été écrit par un jésuite français connu pour son libéralisme, le P. Pierre de Charentenay, ancien directeur du Centre Sèvres et ancien directeur de la revue
Etudes.
Le P. de Charentenay reproche à l'épiscopat philippin son opposition frontale à la libéralisation de la contraception, il accuse ces évêques d’être "arriérés" et "fermés" non seulement par leur rejet des lumières de la modernité mais également par rapport aux sollicitations du pape François.
Dans son courrier, le P. Fessio répond à l'article du P. de Charentenay en soutenant que la contraception est plus grave et dommageable que l'avortement.
Voilà son raisonnement simple et logique :
Quel est [...] le mal le plus grave ? Est-ce de prévenir la conception – et l’existence – d’un être humain doté d’une âme immortelle, voulu par Dieu et destiné au bonheur éternel ? Ou bien est-ce d’interrompre le développement d’un enfant dans le sein de sa mère ? L'avortement est certainement un mal grave et il est qualifié par "Gaudium et spes" de "crime abominable". Mais il existe quand même un enfant qui vivra éternellement. Tandis que, dans le premier cas, un enfant que Dieu voulait voir venir au monde n’existera jamais.
[...] priver quelqu’un de l’existence est un mal plus grand que priver quelqu’un de la vie temporelle.
Le P. Fessio rappelle aussi ce qui avait été mis en valeur par Jean-Paul II : la corrélation entre contraception et avortement :
Les statistiques provenant du monde entier font apparaître qu’un accès plus généralisé à la contraception a une corrélation élevée avec une augmentation des avortements. Et les données sont également intuitives : une fois que la contraception est bien présente dans les mentalités, l’avortement est considéré comme constituant une simple mesure de sécurité en cas d’échec de la contraception, ce qui arrive très souvent.
Le P. Fessio dénonce enfin l'argument pernicieux qui voudrait que la contraception soit légalisée afin que pas seulement les riches puissent y avoir accès. Cet argument vaut évidemment aussi pour l'avortement :
Ici l’erreur pernicieuse est évidente et il suffit d’en faire un rapide commentaire : étant donné que les riches sont en mesure de contourner une loi qui interdit un mal grave, alors la loi devrait être abolie de telle sorte que les pauvres ne soient pas privés de la même possibilité.
Vous pouvez lire l'intégralité de la lettre du P. Fessio et de l'article de Sandro Magister
ICI.

( 769798 )
Discutable. par Rémi (2015-01-29 12:25:14)
[en réponse à 769794]
La contraception est "une action intrinsèquement immorale" (CEC), un grave péché donc, lié au sixième Commandement (Compendium 495-498 ).
L'avortement est un grave péché directement contre le cinquième commandement, encore aggravé et rendu plus odieux en raison de l'innocence et de la faiblesse absolues des victimes et en second lieu par la nature des bourreaux (médecins et personnels soignants dévoyés, les mères si elles ont bien conscience de demander la mise à mort d'un être humain qui est leur enfant).
Il y a des degrés dans le mal et je crois que tuer est plus grave que d'empêcher la fertilité ou la fécondation par des moyens immoraux.

( 769803 )
Un non-être peut-il être lésé ? par Candidus (2015-01-29 12:47:45)
[en réponse à 769798]
Le P. Fessio voit une malice supplémentaire dans le fait de priver un être d'existence (contraception) par rapport à seulement le priver de son bref passage sur terre (avortement qui l'introduit directement dans l'éternité).
L'objection que nous pourrions présenter au P. Fessio c'est qu'en privant un être d'existence, on ne lui fait aucun tort puisque il n'existe pas. Pour être lésé, il faut au moins être.
Par contre l'avortement prive un être existant d'un bien qui lui revient.

( 769806 )
L'avortement est le pire : par megnace (2015-01-29 13:24:47)
[en réponse à 769803]
Il prive l'être de deux biens :de son bref passage sur Terre, mais aussi du bonheur éternel en Paradis, faute de baptême.
Je ne comprends pas qu'on hésite dans cette hiérarchisation du pire

( 769816 )
Le Catéchisme par Jean Ferrand (2015-01-29 14:56:18)
[en réponse à 769806]
Le Catéchisme de l’Église catholique, en son numéro 1261, laisse la possibilité aux enfants morts sans baptême d'être sauvés. Les fœtus privés de naissance par l'avortement (naturel ou artificiel) entrent manifestement dans cette catégorie.
"1261 Quant aux enfants morts sans Baptême, l’Église ne peut que les confier à la miséricorde de Dieu, comme elle le fait dans le rite des funérailles pour eux. En effet, la grande miséricorde de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés (cf. 1 Tm 2, 4), et la tendresse de Jésus envers les enfants, qui lui a fait dire : " Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas " (Mc 10, 14), nous permettent d’espérer qu’il y ait un chemin de salut pour les enfants morts sans baptême. D’autant plus pressant est aussi l’appel de l’Église à ne pas empêcher les petits enfants de venir au Christ par le don du saint Baptême."
Les enfants morts sans baptême peuvent être considérés comme des païens. Autrefois, comme tels, on ne les enterrait pas en terre chrétienne. Mais justement la Bible, et plus précisément l'Apocalypse, laissent espérer la guérison dans l'au-delà des païens morts comme tels sans qu'il y eut faute de leur part, et par conséquent laissent espérer leur salut.
Ap 22.1 Et il me montra un fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'agneau.
22.2. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations.
Les nations sont les païens. La Cité céleste sera ouverte à tous, même aux païens qui, sans faute grave de leur part, n'auront pu accéder à la foi et au baptême. Toutefois ils participeront comme des étrangers à la Cité céleste, dont seuls les baptisés sont les citoyens de plein droit. Le plus petit des baptisés sera plus grand à lui seul que tout l'ensemble des non-baptisés, y compris saint Jean-Baptiste. Les non-baptisés, admis à visiter la Cité céleste, en laquelle résidera Dieu lui-même, verront Dieu à travers nous et comme en nous, qui le verront face à face.
Si digni sumus.

( 769818 )
nous, qui par Jean Ferrand (2015-01-29 15:04:31)
[en réponse à 769816]
nous, qui le verrons face à face. Pardon.

( 769819 )
Laissent espérer par Rémi (2015-01-29 15:05:39)
[en réponse à 769816]
"l’Église ne peut que ... "
Rien n'est sûr ni tranché, la question est disputée, vous le savez, et le saint Docteur d'Aquin et quelques autres d'avis semblable gardent quelque autorité ...

( 769820 )
Le Catéchisme par Jean Ferrand (2015-01-29 15:09:16)
[en réponse à 769819]
Le Catéchisme de l’Église catholique est plus grand que saint Thomas d'Aquin.

( 769821 )
Certes, par Rémi (2015-01-29 15:11:57)
[en réponse à 769820]
mais il ne tranche pas. Ainsi l'opinion de saint Thomas en vaut bien une autre. A tout le moins, et ce n'est pas peu dire.

( 769825 )
Il ne tranche pas par Jean Ferrand (2015-01-29 15:26:51)
[en réponse à 769821]
Il ne tranche pas mais c'est une bien douce espérance. Quant à l'Apocalypse elle est sans ambiguïté : il y a au Ciel des arbres dont les feuilles sont capables de guérir même les païens.

( 769807 )
Ce me semble par Rémi (2015-01-29 13:28:38)
[en réponse à 769803]
le bon sens même.
Quant à l'éternité que "procure" l'avortement, s'il s'agit des limbes des innocents morts sans baptême, elle prive aussi la victime de toute possibilité de faire véritablement son Salut.

( 769939 )
Ce n'est pas le sujet par Mauwgan (2015-01-30 15:10:52)
[en réponse à 769798]
Le père Fessio se pose en critique à ce progressiste qui veut jeter de l'ombre sur la position traditionelle de ces eveques philipinos qui pour une fois defende l'ensignement de l'Eglise.
C'est toujours l'histoire de moindre des deux mals. Comme avec les eveques Francais et le preservatif. Meme histoire, a la difference que les eveques des philipines sont fideles au Christ.
Le pere Fessio veut montrer que la contraception est aussi "evil" que l'avortement et peut etre plus, vue qu'elle amene indubitablement a plus d'avortements.
On peut couper les cheveux en quatre, je prefere ecouter le pere Fessio et son raisonnement que d'essayer de justifier Fr. de Charentenay opinion que la contraception n'est pas si terrible que ca. ( C'est la que la discussion doit se baser!) Combien de couples dit Catholique usent de la contraception. Les progressistes n'ont toujours pas avaler la pilule d'Humanae Vitae, ca leur reste dans le travers de la gorge!
En voulant souligner l'horreur de l'avortement, ce Charentenay veut justifier la contraception est c'est ce dont Fr. Fessio veut nous avertir.
My take.

( 769940 )
Eh bien justement par Rémi (2015-01-30 15:14:18)
[en réponse à 769939]
Le pere Fessio veut montrer que la contraception est aussi "evil" que l'avortement et peut etre plus.
C'est cela qui nous a étonné et dont nous avons discuté, plutôt dans le sens d'un infirmation.

( 769942 )
je comprends bien par Mauwgan (2015-01-30 15:19:41)
[en réponse à 769940]
mais le contexte dans lequel le pere Fessio me semble etre que ce cure veut critiquer ces bons eveques pour leur condemnation de la contraception en demontrant que l'avortement est pire.
Ce qu'il semble avoir en fait reussi ici.
Je me suis prise de bec ici, il y a longtemps sur ce sujet vis a vis des capotes et de Msgr. Lustiger.
la contraception n'est jamais justifiable, c'est ce que Fr. Fessio dit. L'autre progressiste, lui, essaie de la justifier et "undermining" les bons eveques des philipines.

( 769945 )
Certainement par Rémi (2015-01-30 15:28:40)
[en réponse à 769942]
Mais pour rectifier une pente bien glissante, celle du Père de Charentenay, il ne faut pas donner dans le travers inverse au risque de minimiser le crime de l'avortement par rapport au péché de l'usage de contraceptifs.

( 777071 )
Un mauvais moyen par mike422 (2015-04-26 13:39:29)
[en réponse à 769942]
La contraception, en tant que contraception, est toujours un mal moral. Mais, pour le montrer, on ne doit pas le faire en se fondant sur une erreur (à savoir que la contraception est parfois un mal pire que l'avortement direct). C'est malheureusement, me semble-t-il, ce que fait ici le Père Fessio. Il me semble que cela dessert sa position. Il arrive malheureusement que des gens rejettent une conclusion parce que le raisonnement sur lequel elle s'appuie est erroné. C'est ce qui risque d'arriver ici.

( 769808 )
Argument surprenant ! par Turlure (2015-01-29 13:46:01)
[en réponse à 769794]
La contraception, qui attaque l'ordre de la création et le lien posé par Dieu entre sexualité et procréation, est, comme l'enseigne l'Eglise, un acte gravement désordonné.
La deuxième citation est indiscutable : la contraception mène à l'avortement.
En revanche, cet argument fondant une gravité supposée plus grande de la contraception par rapport à l'avortement semble à première vue (d'après ce qui en est cité) peu convaincante...
Comment juger si Dieu "voulait voir venir au monde" un enfant ? Dieu nous connaît depuis l'éternité mais y a-t-il pour chaque homme une sorte de pré-conception divine que l'homme peut accomplir ou non ?
Quid du célibat choisi ou d'une méthode naturelle de régulation des naissance ? N'y a-t-il pas un choix impliquant la non-naissance d'un enfant qui aurait pu naître ?
Les Dix Commandement créent des obligations envers notre prochain. Celui qui n'existe pas encore et pourrait ne jamais exister est-il déjà notre prochain ou n'en est-il que la potentialité ?
Avant d'avoir lu la lettre, mon premier mouvement est celui de la circonspection.

( 769810 )
Il parait spécieux de chercher à évaluer par Ubique Fidelis (2015-01-29 14:31:27)
[en réponse à 769808]
la gravité de l'un ou l'autre.
S'il est juste que l'avortement est un péché qui crie vengeance au Ciel, il ne me semble pas opportun de chercher à graduer la gravité selon qu'il s'agit de la contraception ou de l'avortement.
Les deux sont d'une extrême gravité, d'autant que bien souvent, il ne faut pas oublier de rappeler que dans le terme contraception sont parfois compris les moyens contragestifs. Or, l'avortement n'est ni plus moins qu'un moyen de contragestion; étant rappelé également que la pilule 486 (ou assimilée) est abortive.

( 769815 )
ainsi par Mauwgan (2015-01-29 14:48:02)
[en réponse à 769810]
que le sterilet!

( 769817 )
Gravité graduée par Rémi (2015-01-29 14:58:07)
[en réponse à 769810]
à tout le moins dans les sanctions que porte la loi de notre Sainte Mère l'Eglise: Excommunication automatique pour qui procure l'avortement, "simple" état de péché mortel dans l'autre cas, qui peut "facilement" trouver pardon au tribunal de la confession et de la pénitence. Il y a des échelles dans le péché, et même parmi les plus graves certains sont plus terribles que d'autres.
Et certes l'abomination 486 n'est pas contraceptive mais bien réellement abortive, vous dites bien que ce n'est pas la même chose.

( 769823 )
Sauf que bien souvent, il y a une sorte de confusion, presque mentale, par Ubique Fidelis (2015-01-29 15:20:33)
[en réponse à 769817]
Entre contraception et contragestion.
De sorte qu'il est nécessaire me semble-t-il de l'intégrer dans le jugement à porter.
Maintenant, il est effectivement clair que les peines et sanctions canoniques ne sont pas les mêmes.
Mais est-ce à dire pour autant que c'est moralement moins grave, cela peut se discuter.

( 769824 )
Cela peut se discuter par Rémi (2015-01-29 15:25:40)
[en réponse à 769823]
mais il me semble cependant qu'il est possible de conclure. Contraception (au sens strict) et meurtre, quand même, sont difficiles à mettre sur le même plan.

( 769830 )
avortements tardifs par Mingdi (2015-01-29 16:37:30)
[en réponse à 769824]
Il faut écouter là-dessus Gregor Puppinck qui s'est exprimé à la Marche pour la Vie. Ce n'est pas seulement un meurtre, mais un meurtre sadique où le déjà bébé n'en finit pas de crever sous nos yeux.

( 769853 )
Toutes les pilules dites contraceptives sont abortives par Ecclesiola (2015-01-29 19:04:11)
[en réponse à 769794]
Précision importante : toutes les pilules dites contraceptives empêchent la nidation, ce sont donc des abortifs précoces.
Dans les livres de SVT, pour faire avaler la pilule, on joue sur les mots, en plaçant la conception au moment de la nidation, alors qu'elle a lieu au moment de la fécondation.
La fécondation, c'est la pénétration du spermatozoïde dans l'ovule, avec fusion des noyaux : un nouvel être vivant vient d'être conçu, il a une seule cellule dont le noyau contient tout le patrimoine génétique. Le stade 2 correspond à un être vivant de deux cellules, etc. L'adulte sera composé de milliards de cellules.
Il n'y a possibilité de fécondation que quand un ovule est émis, en gros tous les 28 jours.

( 769859 )
C'est faux par Justin Petipeu (2015-01-29 20:03:16)
[en réponse à 769853]
les pilules contraceptives empêchent l'ovulation en modifiant chimiquement le cycle hormonal chez la femme. Il ne peut donc y avoir de fécondation.
Par contre, la "pilule du lendemain" et le stérilet sont effectivement abortifs puisqu'ils empêchent la nidation.

( 769862 )
Non, non, en ce sens que... par Sacerdos simplex (2015-01-29 20:31:30)
[en réponse à 769859]
...si l'ovulation a quand même eu lieu (pilule prise tardivement, dosage inadéquat, ovaire mal luné ce jour-là...), ce qui n'est pas totalement rarissime, alors effectivement toutes ces pilules empêchent la nidification : l'embryon déjà conçu et déjà un peu développé (près de 100 cellules) est donc livré à son propre sort.

( 769874 )
Toujours pas... par Justin Petipeu (2015-01-29 21:33:42)
[en réponse à 769862]
Si la pilule n'a pas rempli son office pour une raison ou pour une autre, la femme se trouve effectivement enceinte...et cela se termine généralement par un avortement qu'il faut pratiquer en plus.

( 769881 )
Si si c'est vrai par Meneau (2015-01-29 22:04:00)
[en réponse à 769874]
Les pilules modernes combinent les deux effets. Et dans la mesure où on tend à diminuer la quantité d'oestrogène, le pourcentage d'"échec" (donc de fécondation augmente) et c'est l'effet anti-nidatoire qui intervient alors.
D - LES CONTRACEPTIFS HORMONAUX: LA PILULE OESTROPROGESTATIVE
Les contraceptifs oraux représentent depuis plus de trente ans les méthodes de contraception les plus utilisées et ont provoqués la percée de l'"anticonception" artificielle avec toutes ses conséquences.
La pilule est encore appelée "inhibiteur d'ovulation", surtout dans les pays germaniques. Cee désignation ne décrit qu'un aspect partiel de son action et mène donc à l'erreur. Il vaut donc mieux parler de "contraceptif oral", "OC"(oral contraceptive).
La "pilule" est composée d'une association de deux hormones de synthèse, un oestrogène et un progestatif (progestins), ayant une action similaire à celle des oestrogènes et de la progestérone naturellement produites par l'ovaire.
La "pilule" interfère sur les mécanismes hormonaux qui gouvernent l'ovulation. On sait aujourd'hui qu'elle a en fait une action multiple:
1) Mode d'action
a) Elle a un effet sur l'axe hypothalamo-hypophysaire en freinant la libération des gonadotropines hypohysaires, FSH (Follicle-stimulating-hormone) et LH (luteinizing hormone), responsables de l'ovulation. FSH stimule la croissance des follicules, LH est responsable du développement de la granulosa du follicule où se synthétisent les oestrogènes. Les oestrogènes à large doses sont contraceptifs en bloquant l'ovulation (freinent la FSH)(comme le fait l'oestradiol secrété par le follicule), par manque de croissance des follicules. Ils causent saignements utérins, nausées et tension des seins. Les progestatifs imitent l'action de la Progestérone secrétée par le corps jaune puis par le placenta; la Progestérone à faible doses stimule l'ovulation, et à fortes doses bloque l'ovulation par inhibition de LH, meant l'ovaire au repos. Les progestatifs sont incapables de bloquer l'ovulation seuls: c'est leur combinaison avec un oestrogène qui leur donne leur propriété contraceptive.
Les premières pilules produites contenaient de très fortes concentrations d'oestrogènes et de progesteroides et agissaient certainement en bloquant l'ovulation. Mais cee action est moins certaine avec les nouvelles pilules contenant moins d'oestrogènes. Les études menées en laboratoire ont prouvé en fait qu'il se produisait, pour des doses d'oestrogènes de 0.05 mg ethinyloestradiol, des "échappées ovulatoires", prouvées par la découvertes de follicules murs, et de corps jaune chez des animaux soumis aux inhibiteurs d'ovulation (Kurt.S.Ludwig 1983)14. Une étude faite en Hollande a montré que 30% des sujets examinés par ultrasons avaient des follicules de 18 mms et plus, et que dans 60% de ces cas une croissance folliculaire était en cours, avec un pourcentage d'ovulation estimé à 4%. pour 0.03-0.04 mg d'ethinyloestradiol. Ces chiffres ont depuis été confirmés par d'autres études qui montrent toutes que, en ce qui concerne la "mini-pill" l'effet contraceptif n'est pas assumé par le seul blocage ovarien. Si l'on indique les cotes d'échec, on obtient:
- préparations à trois phases 1,87%
- préparations à deux phases 3,7%
- minipilule 13,7%
Les préparations à trois phases présentent une ovulation tous les quatre mois en moyenne.
En ce qui concerne la contraception orale combinée à faibles doses ("pilule légère"), on a la preuve d'une folliculogénèse ovarienne pendant les sept jours sans hormone. Au 7º jour il y a des follicules tellement développés qu'ils pourraient réagir à une faible montée de gonadotropines. Le risque d'une conception non désirée est augmenté si l'on retarde la prise de la pilule après un intervalle sans hormone. En ce qui concerne les emballages de 21 jours, la "règle des 15 jours" dit qu'après chaque oubli de pilule, le danger de grossesse involontaire demeure durant 15 jours, nécessitant une protection supplémentaire.
Donc, la notion d'"inhibiteurs de l'ovulation"" n'est pas une expression tour à fait correcte"(Hauser, Lucerne, 1974) vu que 7% d'ovulation sont toute de même possibles. Beller, de Munster, en 1979/1980 n'hésite pas à parler de l'"action abortive de la pilule".
b) La pilule altère la succession normale des modifications de l'endomètre utérin, nécessaires à l'implantation de l'oeuf fécondé, et inhibe de ce fait la nidation. Elle a donc un effet abortif parcequ'interceptif. Cee inhibition de la nidation est due à une préparation insuffisante de l'endomètre, liée à l'insuffisance de production d'oestradiol par le follicule. Les glandes de l'endomètre apparaissent étroites, au repos, presque atrophiées. Après des années de prise de préparations contenant des oestrogènes le stroma apparait comme non fonctionnant, riche en fibres. Cet effet est bien aesté par la liérature médicale. "les contraceptifs oraux préviennent l'implantation de l'oeuf, même quand l'ovulation se fait" (Mutschler). Finjentscher (Munich) montre que dans les 7% de cas où il y a fertilisation de l'oeuf chez les personnes prenant la pilule, la contraception est due à l'absence d'implantation. C'est pourquoi le terme d'"inhibiteurs de l'ovulation" appliqué aux pilules oestro-progestatives est inexact (Hauser, 1974). Beller (Münster) parle de "l'effet abortif de la pilule", qu'il faudrait appeler selon lui "abortif précoce". Taubert et Kuhl (1987) parlent dans leur livre "Kontrazeption mit Hormonen"(1980) de "l'effet inhibiteur de la nidation de presque tous les types de pilules". En 1985 au Congrès de la "National Abortion Federation"(Boston) une déclaration fut issue disant "Ne vous y trompez pas, la pilule et le stérilet sont abortifs".
Cet effet antinidatoire semble prédominant dans les pilules modernes à plus faible dosage d'oestrogènes: 0.035 mg oestradiol, 0,250 mg progesterone.
Cet effet antinidatoire est prouvé par la plus grande fréquence, chez les femmes usant ce type de pilules, de grossesses ectopiques: l'embryon est bien formé, mais est retardé dans sa progression et se nide dans la trompe
Pontificium Consilium pro Familia, 2010
Cordialement
Meneau

( 769902 )
D'accord par Justin Petipeu (2015-01-30 08:27:21)
[en réponse à 769881]
Je n'étais pas au courant de cet aspect des pilules contraceptives...et abortives, donc.
Merci pour la référence.

( 769943 )
Side effects par Mauwgan (2015-01-30 15:22:57)
[en réponse à 769902]
Si vous lisez les "sides Effects" pour la pillule
"normale" il y est dit: endomage de l'endometre. (ca veut dire que l'etre concu au tout debut de sa vie ne peut s'implanter, donc avortement.)

( 769946 )
Sans évoquer les effets secondaires sur la mère par Ritter (2015-01-30 15:31:26)
[en réponse à 769853]
Ceux qui ont distribué des produits nocifs à des adolescentes sans autorisation des parents vont devoir rendre des comptes quand elles développeront cancer, avc...
Les avocats ont de beaux jours devant eux.
Ceux qui ont fait les lois devraient en faire pour se protéger.

( 777021 )
Erreur du Père Fessio par mike422 (2015-04-25 14:56:23)
[en réponse à 769794]
Le Père Fessio m'a écrit qu'il n'était pas certain de sa thèse, qu'il croyait qu'elle était peut-être erronée. Selon moi, la thèse du Père Fessio est évidemment erronée. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit nécessairement facile de démonter le sophisme sur lequel s'appuie cette erreur. Zénon allait à l'encontre d'une évidence lorsqu'il niait le mouvement, mais ses sophismes ne peuvent par contre pas être réfutés par le premier venu. Mais il faut tout de même être capable de distinguer ce qui est évident de ce qui ne l'est pas. Même si on est incapable de résoudre les sophismes de Zénon, il faut être capable de voir qu'il nie une évidence. De la même façon, il faut être capable de voir que l'avortement direct est évidemment toujours un mal moral plus grand que la contraception ou l'infanticide.
Jean-Paul II (Evangelium vitae, no 13) compare la contraception et l'avortement. Il est bien clair que, selon lui, l'avortement est un mal moral beaucoup plus grave que la contraception.
«Certes, du point de vue moral, la contraception et l'avortement sont des maux spécifiquement différents: l'une contredit la vérité intégrale de l'acte sexuel comme expression propre de l'amour conjugal, l'autre détruit la vie d'un être humain; la première s'oppose à la vertu de chasteté conjugale, le second s'oppose à la vertu de justice et viole directement le précepte divin « tu ne tueras pas ». Mais, même avec cette nature et ce poids moral différents, la contraception et l'avortement sont très souvent étroitement liés, comme des fruits d'une même plante.»
http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae.html
Le Père Fessio argumente à partir d'une conséquence possible de l'usage de la contraception utilisée dans certaines circonstances (contraception utilisée par des époux qui, sans raisons sérieuses, veulent éviter une naissance). Il dit que cela peut avoir pour effet qu'un être humain voulu par Dieu sera privé de l'existence et de la vie éternelle, ce qui est beaucoup plus grave, selon lui, que l'avortement qui ne fait qu'abréger l'existence terrestre d'un être humain. Comme il y a un fossé abyssal entre être et ne pas être, il en déduit que le mal moral de la contraception, dans certaines circonstances, est beaucoup plus grand que celui de l'avortement. Bien des couples catholiques seront peut-être convaincus de la conclusion, même s'ils ne retiennent pas l'argumentation. Cela risque de produire une grande anxiété chez ces couples, comme l'a admis lui-même le Père Fessio dans un courriel qu'il m'a adressé. Pour cette raison, il m'a dit qu'il ne voulait pas faire état de sa thèse publiquement (mais celle-ci a tout de même été rendue publique dans La Chiesa).
Je pense que, dans ce cas précis (je ne sais pas s'il fait cela en général), le Père Fessio tombe dans une forme larvée du conséquentialisme. Jean-Paul II a dénoncé cette façon d'argumenter en morale dans Splendor Veritatis (no 75).
http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_06081993_veritatis-splendor.html
Dans le dernier courriel que j'ai écrit au Père Fessio, je lui ai présenté un exemple afin de lui manifester que sa façon d'argumenter est incorrecte. Il me semble que cet exemple manifeste bien son erreur.
Cher Père Fessio,
(...)
Voici donc l'exemple auquel j'ai songé. Quelqu'un se sait en état de péché mortel et, par paresse ou négligence, il néglige de se confesser ou de faire un acte de contrition parfaite et il meurt dans cet état à cause de son omission. Son omission le conduit en enfer ce qui va contre la volonté de Dieu de voir cet homme au Ciel pour l'éternité. Cette omission produit donc le pire mal possible: l'enfer éternel pour cette âme et le prive du meilleur bien possible: l'éternité avec Dieu. De là, quelqu'un pourrait penser que l'omission à se confesser, qui prive un homme du Ciel pour l'éternité, est un mal plus grave que l'homicide volontaire, qui consiste simplement à abréger la vie d'un être humain. Une vie abrégée n'est rien en comparaison de la privation du Ciel voulu par Dieu pour cet homme.
Mais le péché de cet homme est un péché de paresse ou de négligence (en matière grave) qui est moins grave que le péché d'homicide volontaire. Il ne veut pas le mal de l'enfer. Son péché ne consiste pas à préférer l'enfer au Ciel et à vouloir faire ce qu'il faut pour être damné. Ce péché ne consiste pas à empêcher la volonté de Dieu qu'il vive éternellement au Ciel.
Il me semble que vous faites un raisonnement semblable. Par paresse, par égoïsme, par avarice ou pour une cause semblable, un couple marié omet d'avoir un enfant pour des motifs qui ne sont pas suffisamment sérieux. Il en résulte qu'un homme voulu par Dieu n'ira pas au Ciel (il est vrai que cet homme pourrait aussi aller en enfer, mais laissons de côté ce problème et faisons comme s'il devait aller au Ciel). Vous en concluez que cette omission à procréer, dans ces circonstances, est pire qu'un avortement puisque dans un cas on empêche la volonté de Dieu qu'un enfant vive éternellement au Ciel tandis que dans l'autre on ne fait qu'abréger une vie humaine.
Mais le péché de ce couple est un péché de paresse, d'égoïsme ou d'avarice (en matière grave) qui est moins grave que l'avortement. Ce couple ne veut pas qu'un être humain soit privé de l'existence et de la possibilité de vivre au Ciel pour l'éternité. Son péché ne consiste donc pas à empêcher une existence humaine susceptible de vivre éternellement au Ciel. Ce péché ne consiste pas à empêcher la volonté de Dieu de voir un être humain vivre éternellement au Ciel.
Salutations bien cordiales.
Le fait qu'il veuille s'opposer à une thèse erronée, ne justifie pas l'erreur commise également par le Père Fessio.

( 777025 )
autre exemple par mike422 (2015-04-25 15:10:27)
[en réponse à 777021]
Par exemple, pourrait-on dire que le meurtre de l'archiduc François-Ferdinand le 28 juin 1914 est plus grave moralement que l'attentat commis contre le Wade Trade Center le 11 septembre 2001 qui a fait des milliers de victimes, sous prétexte que l'assassinat de l'archiduc a été une cause importante de la première guerre mondiale et de ses 9 millions de morts et 8 millions d’invalides?

( 777035 )
World par mike422 (2015-04-25 17:20:31)
[en réponse à 777025]
Il s'agit évidemment du World Trade Center.