Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 769107 )Question sur les mathématiciens arabes Al-Kashi, Al-Khwarizimi ... par Naamatallah (2015-01-22 20:47:13) 

Bonjour,
je me suis déjà présenté dans un autre post.

Je vais poser une question. Je précise que j'ai déjà cherché dans les archives du forum.

Quelqu'un ici sait-il si les mathématiciens qu'on nous présente comme arabo-musulmans (alors qu'ils sont le plus souvent perses) comme par exemple :
- Al-Khwarizmi dont le nom serait à l'origine du mot "algorithme",
- Al-Kashi,
étaient bien musulmans ?

j'avais lu il y a longtemps que tous ces fameux improvements dans le domaine scientifique étaient plutôt dus à des Juifs ou des Chrétiens vivant dans l'empire islamique.

Mais je ne sais pas.

Merci.

Na'amatallah
images/icones/fleche2.gif  ( 769144 )Mohammed Al-Khwarizmi par Jean Ferrand (2015-01-23 09:06:10) 
[en réponse à 769107]

Mohammed Al-Khwarizmi vécut à Bagdad du temps des Abbassides au IXe siècle. ICI. A mon avis il ne pouvait être que musulman. On lui doit les termes : algèbre et algorithme. C'est lui qui a importé les chiffres dits arabes dans le monde musulman, y compris le zéro. Il les a empruntés à l'Inde qui les avait inventés.

On sait que Gerbert d'Aurillac, le futur pape de l'an mille, Sylvestre II, a introduit les chiffres arabes dans le monde chrétien, mais en oubliant le zéro, qui était pourtant leur innovation principale. Si bien qu'ils mirent longtemps à s'imposer en Occident.
images/icones/1e.gif  ( 769197 )L'Eglise contre la méthode algoriste! par PEB (2015-01-23 17:37:43) 
[en réponse à 769144]

Mohammed Al-Khwarizmi est surtout persan donc indo-aryen.
Le zéro est une idée venue du fin fond de l'Inde. Elle est le fruit d'une pensée cyclique où tout karma circule autour d'un point d'équilibre, lieu de paix et d’annihilation de l'être: le Nirvana.
Ce poison de la pensée fut inoculé à l'Orient islamique puis à l'Occident chrétien qu'il rendit fou car dégagé de la notion même de limite.

Car avec le Zéro, signe luciférien par excellence, on fait ce qu'on veut! Le zéro est, en effet, la clef de la méthode algoriste. Y renoncer, c'est comme vouloir oublier l'espèce du vin à la messe.

Les théologiens, qui s'imaginaient avoir quelque juridiction en arithmétique, rejetèrent longtemps l'élément nul de l'addition et le calcul par algorithme pour une raison: la puissance de calcul et le fait, à la différence des chiffres romains, de pouvoir écrire des nombres arbitrairement long était un crime de lèse-majesté divine.

En effet, avec ces outils, il devient possible d'exprimer des infinis, de les comparer entre eux et j'en passe à la limite. Les sciences qui se voulaient décrire les harmonies naturelles sortent de leur cadre. La seule idée que rajouter un zéro à droite décuple la valeur d'un nombre donnait des vertiges.
Effectivement, ce n'est pas avec des MMXV que l'on a les moyens techniques de mesurer le ciel...

Aussi, pour lutter contre l'obscurantisme, la République naissante, au nom de la souveraine liberté de l'intelligence, interdit-elle les méthodes analogiques (pratiques pourtant pour les calculs usuels) pour les remplacer définitivement par les lumières de la modernité algorithmique. Le système métrique en est le pendant dans les sciences physiques car, dans le système international d'unités, rien n'empêche d'écrire des grandeurs naturelles arbitrairement grandes ou petites. La recherche scientifique peut avancer sous le mot d'ordre bogdanoffien comme quoi, dans l'Univers, rien n'est impossible! (sauf outrepasser la thermodynamique qui en est la clef de sécurité)

A la fin, même la logique sera débarquée de la philosophie pour devenir une branche des sciences mathématiques et informatiques. L'ordinateur est né formellement de l'expérience de pensée d'Alan Turing (injustement récompensé d'ailleurs) qui réfléchissait justement à la définition formelle de l'algorithmie.

Cette affaire est, à mon avis, bien plus grave que l'affaire Galilée.
Giordiano Bruno avait posé une question bien plus terrible sur la pluralité, l'incomparabilité et l'infinité des univers possibles. Cette opinion reposait sans doute sur l'intuition que si l'infini était concevable en arithmétique, alors il pouvait être projeté dans le monde physique, dans lequel le centre n'a aucune signification réelle.

Ne reste plus qu'à abattre la statue d'Aristote (l'homme mesure de toute chose &c.) et du thomisme ne reste plus que la méthode!
images/icones/1b.gif  ( 769233 )Pas seulement "al" : par Paterculus (2015-01-23 21:06:48) 
[en réponse à 769197]

... contre "ri" aussi.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/1b.gif  ( 769148 )Je l’ignore par Vianney (2015-01-23 09:16:35) 
[en réponse à 769107]

 
...et la question que vous posez est certainement intéressante d’un point de vue historique.

Ce qu’il est facile de constater en revanche, c’est le parti que les européens ont tiré des découvertes transmises par les arabes : sur ce point précis, il n’y a vraiment pas photo, comme on dit maintenant...

V.
 
images/icones/neutre.gif  ( 769217 )arabo-musulmans par Mingdi (2015-01-23 19:58:28) 
[en réponse à 769107]

c'est peut-être ce terme qui ne convient pas. La conquête guerrière de ce qui va devenir le califat date du 7e siècle et a pour point de départ la péninsule arabique. Les mésopotamiens d'aujourd'hui sont arabophones, mais pas les persans. Ni les uns ni les autres ne sont arabes au sens propre du terme. Quant à l'islam, tout d'abord minoritaire et tolérant, il étouffa progressivement les religions préexistantes, dont les chrétiens réduits progressivement à l'état de dhimmis(cf la revue Civitas n°54 de décembre 2014). Les arabophones actuels sont souvent bons en maths, mais je me garderai bien d'en induire une théorie philosophico-ethnico-historico-religieuse.
images/icones/1d.gif  ( 769247 )En tout cas ... par Lycobates (2015-01-24 01:51:57) 
[en réponse à 769217]

ces petits vendeurs, rusés et coquins, musulmans, chrétiens ou juifs, qui m'ont roulé maintes fois pendant mes séjours dans l'Orient compliqué (je parle essentiellement des années 80 et 90), calculaient nettement mieux que moi !

Mais soit, je ne suis pas rancunier : li-wajh Allahi, comme ils disent, لوجه الله.
Ils en avaient, sans doute aucun, plus besoin que moi !

Personnellement je ne vois pas l'intérêt de savoir si tel savant du IXe siècle était musulman ou zoroastrien, ou les deux, selon le vent et l'estomac.
Dans un cas comme dans l'autre, il serait bon ou mauvais mathématicien, le cas échéant, et le mérite de sa mathématique reviendrait dans tous les cas à ses little grey cells, qui auraient été les mêmes s'il avait été taoiste ou autre chose encore.

Enfin bref ...
images/icones/neutre.gif  ( 769255 )Effectivement par Meneau (2015-01-24 10:32:01) 
[en réponse à 769247]

Mais dans la mesure où l'islam n'est pas qu'une religion mais tout un ensemble socio-culturel, d'aucuns ont vite fait l'amalgamme entre le religieux et le culturel, et font à tort de l'islam l'inventeur des mathématiques modernes.

Merci de rappeler la différence.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 769257 )Attention cependant par Ritter (2015-01-24 10:49:44) 
[en réponse à 769247]

Bien que cela ne soit pas évident au premier abord.
Ce sont deux approches différentes des mathématiques.
Une par les algorithmes est plus spécifique d'un autre type de pensée que la pensée occidentale.
Le fait qu'ils soient de grands mathématiciens, ne les fait pas raisonner de la même manière qu'un occidental.
Ainsi il fut plus facile à l'islam d'accepter les chiffres indiens.
Les petites cellules grises baignent dans un bouillon culturel, et elles vont être influencées par ce bouillon.