Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=769248
images/icones/fsspx.gif  ( 769248 )Entretien avec M. l'abbé Niklaus Pflüger - La Fraternité dans la crise en sept questions par Mistral (2015-01-24 08:40:17) 

Entretien avec M. l'abbé Niklaus Pflüger - La Fraternité dans la crise en sept questions



Le premier assistant du Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X fait son tour du monde des visites aux diverses maisons de l’œuvre de Mgr Marcel Lefebvre. On peut le qualifier de fin connaisseur de la Fraternité. Ainsi donc M. l’abbé Pfluger dispose d’une information étendue et n’hésite pas à aborder des questions mêmes désagréables. C’est ce qu’il a fait dans la présente interview accordée à la DGW sur l’actuelle crise d’autorité au sein de la Fraternité.
— 1. Monsieur l'abbé, il semble que les zélés protagonistes de la « Résistance » seraient devenus la référence concernant la vie de Mgr Lefebvre. D'après eux, le fondateur de la Fraternité était un fanatique borné, peu détendu et peu diplomate. S'agit-il là d'une falsification de l'histoire ?
— Il ne saurait être question de référence. Au contraire, ladite Résistance, qu'il faudrait plutôt qualifier de « pseudo-résistance », s'est déjà divisée sur cette interprétation. Les plus acharnés d'entre eux déclarent ouvertement que Mgr Lefebvre se serait trompé parce qu'il n'aurait pas fondamentalement exclu tout contact avec le Saint Siège et une régularisation de la position de la Fraternité. Il est habituel de chercher à légitimer la situation présente par l'histoire et les enseignements de cette dernière. Ainsi on est tenté de représenter les événements passés et les personnages sous un éclairage favorable aux thèses actuelles. La « Résistance » fait tout ce qu'elle peut pour instrumentaliser Mgr Lefebvre en faveur de ses idées. Toutefois ce dernier était beaucoup trop catholique, trop partisan de l'Eglise universelle pour entrer dans le jeu de ce sectarisme. Sa pensée et son action étaient larges, à la dimension du monde, c'est-à-dire catholique. Père du Concile qu'il était, il a signé en 1988, deux ans après le scandale d'Assise, un accord qu'il a dénoncé pour la seule raison qu'il était convaincu que Rome ne respecterait pas les accords (Délai du 15 août pour les consécrations épiscopales). En ce qui concerne la pseudo-résistance, il ne s'agit pas seulement de falsification de l'histoire. Ces gens-là élaborent, à partir de questions d'ordre pratique, d'intelligence, de diplomatie, une question de foi de leur propre crû.
— 2. Est-il possible que des injures, des calomnies proférées contre la direction de la Fraternité ces derniers temps puissent être imputées à une notion unilatérale de péché de la part de l'homme moderne qui ne considère pas comme une attitude peccamineuse de se considérer supérieur à tout et à chacun et se propre référence ?
— Voilà qui est bien dit, mais je crois que l'affaire est plus simple. Ces gens pratiquent plutôt avec grand zèle une religion qu'ils ne comprennent pas. Ils s'imaginent qu'il y a péché souvent là où il n'y en a pas (il se trouve parmi eux des moralistes, des jansénistes). Il est curieux que des gens, qui se considèrent comme les plus fidèles catholiques romains, ne craignent rien tant que Rome. Et ils n'ont plus qu'un ennemi : Mgr Fellay ! Comme nous l'avons dit, il s'agit d'une attitude de refus extrême de la réalité. Au fond, ils nourrissent une notion protestante de la foi. Leur foi et leur obéissance sont soumises à des critères subjectifs et personnels. Ce qui n'est pas catholique.
— 3. La « Résistance » ne fait pas recette en zone germanophone. Mais n'y a-t-il pas chez nous quelque chose de beaucoup plus dangereux, une sorte de « Résistance-soft », sans rébellion ouverte certes, mais un confort de type « Biedermeier allemand », empreint d'un isolement social et ecclésial?
— C'est certes un problème. Nous avons tout : notre prieuré, notre école élémentaire, notre communauté, notre évêque. Que désirons-nous de plus ? Les croyants sont souvent aussi culturellement des conservateurs qui ne souhaitent surtout aucun changement. C'est pourquoi nous ne sommes pas aussi missionnaires que nous le pourrions, parce que nous ne souhaitons pas la bienvenue à d'autres arrivants porteurs d'idées et d'expériences nouvelles, car l'accroissement d'une communauté équivaut toujours à un changement. Avec toutes les expériences traumatisantes vécues depuis plus de 50 ans maintenant, toute nouveauté est considérée comme suspecte. C'est pourquoi on se cantonne dans une attitude de refus.

Je n'établirais toutefois pas un lien entre ce phénomène et celui de la « Résistance ». Il s'agit d'un problème général qui nous touche tous. Cela explique certainement le scepticisme qu'inspirent les efforts déployés en vue d'une régularisation de la Fraternité, mais le problème est plus étendu. Il s'agit fondamentalement d'un défi d'ordre pastoral. Il y a certes des exceptions là où surgissent de nouvelles communautés, de nouveaux groupes comme en Afrique, à l'Est (Pologne), aux Philippines surtout, en Amérique du Nord, dans de jeunes communautés religieuses. Mais à l'échelle mondiale, on observe que se répand dans les anciens milieux traditionalistes bien établis une sorte de malaise général. C'est un sentiment de profonde lassitude, de déception aussi, de ras-le-bol diraient les Français, ce qui en allemand se dit « die Nase voll » (plein le dos, plus d'envie). Ce malaise touche les individus, mais aussi les familles, les collectivités, les communautés, l'apostolat. Mais comme nous l'avons dit, il y aussi des exceptions.

C'est ainsi qu'il y a peu l'abbé Udressy a déclaré, au Conseil général, que depuis quelques années un grand zèle et un véritable enthousiasme se développent dans la KJB (organisation de la jeunesse catholique). Aux premiers temps du mouvement traditionaliste, l'enthousiasme était général, omniprésent. Des conversions et vocations abondantes, des fondations et centres de messe dans le monde entier. Le point culminant de cet enthousiasme a été noté lors de l'événement des sacres des évêques en 1988. Même l'archevêque avait la ferme conviction alors que la crise s'apaiserait rapidement, que l'Eglise retrouverait bientôt la Tradition. Mais la crise dure, dure toujours, devenant de plus en plus grave. D'aucuns rêvaient encore d'une croissance exponentielle dans les années 80 ; mais entre-temps les vocations tarissent et ne permettent plus de combler les départs et de stabiliser les communautés. En deux mots : la réalité n'est pas aussi simple que bon nombre se l'était imaginée ; ou comme l'a formulé il y a peu le Supérieur Général : « Nous avons idéalisé notre situation. »
— 4. La direction de la Fraternité a-t-elle trahi en 2012 sa mission, la foi catholique et le chapitre général de 2006 ?
— Vous me posez la question ? Comme vous le savez, les uns disent que nous les avons trahis parce que nous ne nous sommes pas immédiatement accordés avec le Vatican, les autres parce que nous sommes en pourparlers avec le Saint Siège. Des deux côtés, on est totalement persuadé de son bon droit. Ce seul fait démontre que nous n'avons rien trahi, ni personne, mais que, dans ces temps difficiles, nous avons balisé notre route. A cela s'ajoute, et j'y insiste, que les déclarations d'un chapitre général ne sont pas des textes dogmatiques. Pas plus qu'un sermon du supérieur général ou la présente interview. Il ne s'agit pas de décisions infaillibles ; nous ne répondons qu'à certaines situations ou circonstances particulières. S'il s'agissait d'articles de foi, nous pourrions faire chaque fois la même déclaration. Aucun de nous, parmi les supérieurs, n'a pu s'imaginer en 2006 que le Saint Siège aurait retiré le décret d'excommunications de 1988 et que par un Motu proprio, le Pape déclarerait que la « Messe ancienne » n'a jamais été abrogée, qu'elle avait sa place au sein de l'Eglise .

En 2006, l'attitude de Rome à notre égard était agressive, apodictique : vous suivez ou dehors ! Depuis lors, quelque chose s'est mise en branle. Lors de la dernière rencontre avec le Cardinal Müller et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il est manifestement apparu que le Saint Siège se trouvait confronté à de gigantesques difficultés.

Le mouvement de la Tradition n'est plus désormais quantité négligeable, pas plus que les excentricités du pape et les canonisations en masse par ci par là. Il y a six ans, le Supérieur Général n'a pas été autorisé à célébrer à Lourdes lors du grand pèlerinage. Cette année, l'ordinaire nous souhaite la bienvenue et nos trois évêques célèbrent la messe dans la basilique des pèlerins. Nous devons garder cela sous les yeux : un cardinal-préfet s'oppose à un autre ; des cardinaux de la Sainte Eglise critiquent ouvertement le Pape, lequel met en débat des questions de morale ! Même à notre égard, la politique ne recueille plus l'unanimité : le Pape déclare clairement que nous sommes catholiques, un ordinaire décrète que nous sommes schismatiques... « L'unité » est là ; « Rome » n'est plus un bloc ; personne ne sait à quoi aboutira la réforme de la Curie.
— 5. Comprenez-vous des gens qui, dans nos milieux, ne se sentent plus à l'aise parce qu'en maint endroit des « pasteurs de prieuré suffisants » répandent un climat peu tolérant de légalisme et de moralisme ? Y a-t-il entre la tolérance indifférente et le libéralisme total, une tolérance et une libéralité catholiques que nous devons pratiquer ?
— Parfois ces « pasteurs suffisants » sont l'aiguillon dans la chair, qui veillent par ailleurs à ce que l'atmosphère reste ouverte, attrayante et missionnaire. Le silence du cimetière est en effet particulièrement dangereux. Il peut avoir son bon côté lorsque tout n'évolue pas toujours harmonieusement et que la charpente grince. Je connais naturellement ce genre de souci, que nous avons des vues trop étroites, trop figées ; nous en avons déjà parlé.

Encore une fois, la Fraternité est née de la résistance à l'effondrement de la vie religieuse après le Concile. Et ce fait donne naissance à une mentalité qui se refuse à vivre une nouvelle fois un tel cataclysme. Je le comprends. Aussi vaut-il mieux garder tout en l'état et adopter une attitude critique à l'égard de la nouveauté. Au début des années 70, le maintien de la notion « entre les femmes » était en quelque sorte la marque de la résistance à la nouveauté. La traduction par « Frau » au lieu de « Weib » déboucha sur une question de foi parce qu'on y voyait une attaque en règle contre le dogme de la Virginité de Marie. Naturellement notre époque est différente, la fumée s'est dissipée et nous ne pouvons faire du surplace. Mais il nous faut aussi convaincre, créer un climat de confiance, encourager.

Je vous accorde cependant que le fossé entre ce que nous considérons comme approprié et le quotidien s'élargit et que ce fait n'est pas toujours signe d'un effondrement du monde, mais peut être de notre part un refus de la réalité. La tolérance et la libéralité ont toujours été des caractères de l'Eglise, qui est une Eglise mondiale : grande, ancienne et toujours jeune. Dans la mesure où cette Eglise descend mieux le cours du torrent, ce qu'elle fait de toute évidence depuis le Concile et ses réformes, disparaît aussi cette dimension large et il ne subsiste que des petits groupes dotés souvent aussi d'un esprit étriqué. Aussi, ce sont précisément les jeunes qui devraient s'engager en faveur d'une libéralité catholique, voilà qui est important. On parlait autrefois de « libéralité bavaroise », fondée dans le domaine de l'Etat, mais aussi dans celui de l'Eglise sur deux principes : 1° Chez nous, c'est l'usage ; 2° « Vivre et laisser vivre »
— 6. N'y a-t-il de fruits spirituels que dans la FSSPX ? Si non, avec quels groupes ou communautés du rite ancien voyez-vous une possibilité de coopération ?
— "Extra ecclesiam nulla salus", ce qui vaut pour l'Una sancta, la sainte Eglise, dont la taille dépasse celle de la FSSPX ! Mais votre question est très importante et malheureusement très actuelle. Peut-être certains vont-ils penser que le mouvement traditionaliste est l'Eglise ; en dehors de chez nous, la vraie foi n'existe pas, pas plus que de fruits spirituels. Ce serait là une tentation en rien conforme à la nature de l'Eglise, ne pouvant pas même être justifiée par la crise ou les scandales se produisant dans l'Eglise. Elle résulte du fait que, tant dans la liturgie, et tout particulièrement dans l'art religieux, que dans la doctrine et la spiritualité (usages, dévotions, pratiques religieuses), on est tenté de confondre la véritable dimension de la Tradition avec les traditions c'est-à-dire avec la manière dont on s'est comporté au cours des deux derniers siècles en matière d'Eglise et de religion. Voyages à bas coût, mondialisme et multi-culturalisme, autant d'éléments d'ouverture et d'élargissement des horizons. Les traditions peuvent être si différentes, précieuses et fondées, sans toutefois relever de la loi naturelle. Ce qui est d'usage ici est impensable ailleurs et inversement.

Je suis revenu des Indes il y a quelques semaines et je pense immédiatement au « Dhoti », l'habit traditionnel de l'homme et au « Sari » pour la femme ; en termes simples, les hommes portent la robe et les femmes, le pantalon. A Tokyo, j'ai dû dire la messe dominicale sans chaussures, et aux Iles Fidji, j'ai été reçu avec des « Cava », boisson traditionnelle, infecte et qui, au surplus, vous démolit le foie. N'est-on pas tenté de stigmatiser de « moderniste », « libéral », « maçonnique », tout ce qui n'est pas conforme à la routine des 19ième et 20ième siècles. Une tradition aussi erronément conçue n'est pas attrayante, ne peut convaincre, pas plus d'ailleurs qu'on ne peut édifier l'Eglise selon l'image qu'on en a des années 50 ou selon les arguments mis en valeur dans les années 70. Il faut un vaste travail de formation et d'information, de l'intelligence et de l'esprit de discernement. Les clichés et arguments à l'emporte-pièce ne sont pas constructifs. Il s'agit au contraire de découvrir le vaste trésor de la Tradition et de la chrétienté. Je pense souvent que si nous n'y réussissons pas au cours des prochaines années, il nous sera très difficile de transmettre la Tradition de manière convaincante.

Seule l'Eglise est universelle et parfaite ; elle ne s'enrichit pas de l'extérieur, pas même auprès d'autres religions. Toutefois les communautés ecclésiales ont souvent besoin de l'Eglise.

Le mouvement de la Tradition est un membre de l'Eglise et a-t-il besoin de l'Eglise générale ou d'autres éléments de l'Eglise ou se déclare-t-il tout simplement « l'Eglise », voilà la question ? S'il n'est qu'une partie de l'Eglise, quoique des plus importantes, il ne détient pas tout le trésor de l'Eglise et de sa Tradition et ne peut se dispenser de prendre contact avec d'autres communautés et de s'approprier d'autres éléments dont elle n'est pas en possession. Il serait trop simpliste de taxer de stérile, hérétique ou conciliaire tout ce qui n'est pas conforme à nos vues. Ceci étant, il existe divers degrés d'ordre théologique dans les décisions et définitions de l'Eglise. Une hérésie, une erreur condamnée par l'Eglise, une erreur selon notre jugement et un avis d'ordre théologique, voilà autant de différences ! Selon l'ancien principe «Lex orandi est lex credendi » (on croit selon la manière de prier), on peut affirmer – ce que confirment bien des statistiques – que la catholicité demeurera durablement là seulement où la liturgie et la prédication concordent, là seulement où il y a des fruits spirituels et la possibilité de rénovation de l'Eglise. Lorsque le prophète Elie, abattu, souhaitait mourir, parce que, pendant plusieurs années, il s'était en vain battu contre le paganisme et l'infidélité du peuple et pensait être demeuré le seul vrai croyant, Dieu dut lui enseigner qu'il en restait encore 7000 qui ne s'étaient pas agenouillés devant Baal (III Rois 19, 18). « N'éteignez pas l'Esprit », dit l'apôtre Saint Paul. Nous connaissons la fameuse parole du Christ : « Qui n'est pas avec moi est contre moi » (Mc 9, 38-40)

Nous faisons partie d'un mouvement de rénovation puisant à la Tradition, d'où sa vigueur. Nous en sommes un élément important pour le sauvetage de la liturgie romaine qui, en fait, est l'œuvre de Mgr Lefebvre, élément même indispensable. Nous en sommes fiers. C'est tout à fait particulier, une élection ! Cela ne signifie pas que tous les autres valent moins ou ne produisent pas de fruits spirituels et que celui qui penserait cela prenne garde de tomber. On peut avoir l'impression parfois que le mouvement de rénovation achoppe parce que malheureusement il n'est pas uni. Les autres ne coopèrent pas réellement avec nous parce qu'à leurs yeux, nous sommes à « l'extérieur » et notre Résistance ne veut pas coopérer avec eux parce qu'ils sont à « l'intérieur ». La division n'est jamais œuvre du Christ.
— 7. La Fraternité Saint-Pie X en tant que « famille spirituelle » éprouve de très graves problèmes. Comment peut-on se comporter à l'égard des semeurs de division, tant les laïques trompés que les prêtres désobéissants ? Les « normaux » ne sont-ils pas non plus responsables de la situation actuelle parce que – ce qu'on ne peut pas à tout le moins reprocher aux « opposant » - ils sont souvent moins zélés et moins intéressés par le combat de la foi ?
— Je récuse l'assertion que nous serions confrontés à de très graves difficultés. Ce n'est pas aussi simple. Certes les difficultés existent mais la grâce produit aussi des merveilles. Et je pense à la propagation de la foi, la fidélité dans les petites choses, les nombreuses belles familles catholiques, les âmes soucieuses de leur sanctification.

Dans quelques jours, je m'envolerai pour l'Afrique pour visiter nos missions dans cinq pays. Au Kenya, la Fraternité a fondé une nouvelle communauté de sœurs missionnaires et les vocations arrivent du monde entier en nombre supérieur à nos possibilités d'accueil.

Je ne crois pas que les difficultés soient imputables aux quelques départs. Voyez, nous formons un mouvement issu du refus des réformes instaurées à la suite de Vatican II. Nous représentions le canot de sauvetage pour bon nombre de catholiques vraiment pieux qui, dans les années 70 et 80, ne se sont tout à coup plus reconnus dans leur Eglise et qui, pour cette raison, sont attachés à ce qu'ils détiennent. Mais il nous faut maintenant expliquer que nous ne vivons plus à cette époque, que la situation a poursuivi son évolution et que, de ce fait, nous devons continuellement nous repositionner. Les croyants se rendent compte aussi que la crise de l'Eglise n'est pas résolue, qu'elle empire même. Il en résulte donc une contradiction interne entre l'expérience et les préoccupations des uns, d'une part, et les attentes des autres, d'autre part, en dehors de la réalité. Cette contradiction, je n'en disconviens pas, nous incite à agir. Nous avons échappé au naufrage après le Concile mais pour cela précisément, nous sommes confrontés à de nouvelles difficultés en raison de la particularité de notre situation.

Les questions que vous avez posées au cours de la présente interview ont clairement fait ressortir les véritables problèmes et ce n'est pas un mal car souvent nous ne percevons que le danger du modernisme religieux, et Scylla est près de Charybde. Dans une certaine mesure, les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont tout simplement imputables à la crise de l'Eglise et à notre situation spécifique, mais par ailleurs aussi au comportement erroné des hommes.

Dans ces circonstances, il nous faut convaincre, argumenter, être gagnants. Je souhaite qu'on réfute plus nettement ces porte-paroles évoqués plus haut, qui s'affichent comme zélés défenseurs d'une religion, qui ne connaissent aucune mesure et combattent une Eglise qui les dépasse. Ce mauvais esprit ne nous gêne pas réellement. Ces gens ne sont pas des croyants zélés mais des fanatiques dévots ; ils doivent se rendre compte qu'ils ne représentent pas les croyants mais seulement eux-mêmes. C'est à cette tâche que sont invités tous les croyants et particulièrement la jeunesse. Les tempêtes continuent à rugir, les discussions et querelles qui ont marqué le synode des évêques à Rome au sujet de la famille sont choquantes, tandis que le Supérieur Général de la Fraternité prêche la vertu d'espérance à Lourdes ! Pas de théories de conspiration, pas d'apocalypse mais « Spem contra spem » (Rom 4, 18), espérance contre toute espérance. Voilà qui est catholique.

Au paroxysme de la révolution de mai 68, trois ans après le Concile, Mgr Lefebvre adressait aux membres de la communauté dont il était alors le supérieur général un article qu'il est bon de relire encore, intitulé : « Pourquoi nous sommes optimistes ? ». Et il donne deux raisons : la foi catholique que nous avons reçue de l'Eglise et une nouvelles jeunesse qui s'enthousiasme pour une vie chrétienne.
----------
Propos recueillis par M. Schäppi, rédacteur en chef de Der Gerade Weg à la fin de l'automne 2014

Entretien à lire ICI
images/icones/bravo.gif  ( 769253 )Particulièrement intéressant par Aigle (2015-01-24 09:43:58) 
[en réponse à 769248]

Merci Mistral d'appeler notre attention sur ce texte précis et complet qui nous indique explicitement qu il y a une crise au sein de la FSSPX ( certes de portée limitée ) et qui nous rappelle la position de Mgr Lefebvre à l'égard du Saint Siège ( y compris la signature de l'accord après le scandale d'Assise).
images/icones/neutre.gif  ( 769254 )Il répond même à Miso ! par Meneau (2015-01-24 10:28:36) 
[en réponse à 769253]

Cordialement
Meneau
images/icones/bravo.gif  ( 769293 )Mille excuses: je n'avais pas vu le lien ! par Athanase (2015-01-24 17:45:04) 
[en réponse à 769253]

Le ton et le fond sont très intéressants.

L'abbé se démarque d'une identification de la Tradition à des traditions du 19ème siècle.
images/icones/bravo.gif  ( 769296 )Des passages à méditer par Athanase (2015-01-24 17:59:35) 
[en réponse à 769253]

Quelques affirmations percutantes méritent d'être lues et méditées:



— 2. Est-il possible que des injures, des calomnies proférées contre la direction de la Fraternité ces derniers temps puissent être imputées à une notion unilatérale de péché de la part de l'homme moderne qui ne considère pas comme une attitude peccamineuse de se considérer supérieur à tout et à chacun et se propre référence ?


— Voilà qui est bien dit, mais je crois que l'affaire est plus simple. Ces gens pratiquent plutôt avec grand zèle une religion qu'ils ne comprennent pas. Ils s'imaginent qu'il y a péché souvent là où il n'y en a pas (il se trouve parmi eux des moralistes, des jansénistes). Il est curieux que des gens, qui se considèrent comme les plus fidèles catholiques romains, ne craignent rien tant que Rome. Et ils n'ont plus qu'un ennemi : Mgr Fellay ! Comme nous l'avons dit, il s'agit d'une attitude de refus extrême de la réalité. Au fond, ils nourrissent une notion protestante de la foi. Leur foi et leur obéissance sont soumises à des critères subjectifs et personnels. Ce qui n'est pas catholique.


De même:

Je n'établirais toutefois pas un lien entre ce phénomène et celui de la « Résistance ». Il s'agit d'un problème général qui nous touche tous. Cela explique certainement le scepticisme qu'inspirent les efforts déployés en vue d'une régularisation de la Fraternité, mais le problème est plus étendu. Il s'agit fondamentalement d'un défi d'ordre pastoral. Il y a certes des exceptions là où surgissent de nouvelles communautés, de nouveaux groupes comme en Afrique, à l'Est (Pologne), aux Philippines surtout, en Amérique du Nord, dans de jeunes communautés religieuses. Mais à l'échelle mondiale, on observe que se répand dans les anciens milieux traditionalistes bien établis une sorte de malaise général. C'est un sentiment de profonde lassitude, de déception aussi, de ras-le-bol diraient les Français, ce qui en allemand se dit « die Nase voll » (plein le dos, plus d'envie). Ce malaise touche les individus, mais aussi les familles, les collectivités, les communautés, l'apostolat. Mais comme nous l'avons dit, il y aussi des exceptions.



Il y a bien une usure qui touche les combattants. Peut-être est-ce la conséquence d'une impression de prêcher dans le désert ? Mon impression est que parfois les milieux traditionnels intériorisent trop facilement la morosité dans laquelle la modernité les enferme. Il ta le danger de la nécrose dû à un certain pessimisme. Bien vu Monsieur l'abbé !




images/icones/5b.gif  ( 769301 )Rectifications par Athanase (2015-01-24 19:19:19) 
[en réponse à 769296]

L'avant-dernière phrase devrait être lue selon la formulation suivante:

Il y a le danger de la nécrose due à un certain pessimisme.

Mille excuses pour ces fautes causées en partie par l'écriture intuitive !
images/icones/neutre.gif  ( 769258 )cave cava par Mingdi (2015-01-24 11:07:18) 
[en réponse à 769248]

J'espère que ce n'est pas le cava fidjien qui lui a foutu la boule à zéro. Cela n'empêche pas ces îliens de courir. La plupart des ailiers du top 14 de rugby sont des fidjiens. J'ai connu une époque au Mexique où la boisson nationale en vente à tous les coins de rue était le pulque, jus d'agave fermenté, véritable bouillon de culture. Aujourd'hui on ne boit plus que de la bière. C'est moins folklorique mais plus sain.
images/icones/fsspx.gif  ( 769303 )Entretien intéressant par Jean-Paul PARFU (2015-01-24 19:40:31) 
[en réponse à 769258]

1) "Die Nase voll haben" est une expression qu'on entend souvent en Allemagne. Littéralement, elle signifie : "en avoir plein le nez". On peut la traduire par : "en avoir plein le dos" ou "en avoir marre" !

2) Je rejoins l'abbé sur l'analyse de la situation. Mais il avait lui-même, il me semble, sous-estimé le fossé énorme qui existe encore entre la FSSPX et la Rome officielle, même si la Rome officielle n'est pas un bloc, comme il le remarque judicieusement.

3) Ceci étant dit, il y a aussi tous ceux qui pensaient que le simple fait de tenir ou de retrouver la Tradition suffirait et que très rapidement, la Tradition reprendrait les rênes de l'Eglise et l'Eglise le monde. Bien entendu, c'était un peu naïf et il n'est pas surprenant dans ces conditions que certains se découragent.

4) Derrière les problèmes de la FSSPX que l'abbé a quand même raison de minimiser, il y a le fait que chez beaucoup, l'attachement à la Tradition était au moins autant socio-culturel que fondé sur un véritable esprit chrétien. Il y a aussi le fait qu'il y a deux sensibilités différentes dans la FSSPX. Il y a les Français d'un côté, qui en sont à l'origine, et qui combattent la Révolution, la République etc.. dans un esprit parfois un peu janséno-gallicano-maurrassien et il y a les autres : les Allemands, Suisses, Autrichiens, Italiens ... qui n'ont pas cette excpérience et cette mentalité. Ils sont les représentants, comme je l'ai déjà écrit, d'une chrétienté traditionnelle d'Empire, au sens de St Empire bien sûr. C'est aussi ça le problème !
images/icones/1f.gif  ( 769313 )Dans les querelles religieuses par Jean-Paul PARFU (2015-01-24 20:49:08) 
[en réponse à 769303]

ou à l'origine des querelles religieuses, il ne faut pas sous-estimer le facteur ou l'éloignement socio-culturel, même si l'Eglise a par nature vocation à les dépasser, puisqu'elle est catholique, c'est-à-dire universelle, comme chacun sait.

Le schisme Orient-Occident est en grosse partie dû à l'éloignement culturel qui existait entre les nations nées dans l'ancien empire romain d'Orient et celles nées de l'ancien empire d'Occident.

L'hérésie protestante est née dans la chrétienté occidentale et pas dans la chrétienté orientale. Elle est aussi le résultat de l'éloignement culturel du Nord de l'Europe par rapport au Sud de l'Europe occidentale, même si ce n'est pas aussi simple que cela bien sûr. Mais en gros, c'est d'abord ça, c'est-à-dire entre la partie fortement romanisée de l'Europe occidentale et sa partie moins romanisée ou pas romanisée du tout au Nord.
images/icones/1a.gif  ( 769317 )CQFD... par Rodolphe (2015-01-24 21:16:30) 
[en réponse à 769248]

Très intéressant en effet.

Pour ma part, je retiendrais notamment ceci qui confirme mes craintes et montre bien la contradiction dans laquelle tombent certains "zélés":

"Il est curieux que des gens, qui se considèrent comme les plus fidèles catholiques romains, ne craignent rien tant que Rome. (...) Comme nous l'avons dit, il s'agit d'une attitude de refus extrême de la réalité. Au fond, ils nourrissent une notion protestante de la foi. Leur foi et leur obéissance sont soumises à des critères subjectifs et personnels. Ce qui n'est pas catholique.

CQFD...

Merci Monsieur l'Abbé. Vous avez raison.

Oui il s'agit d'un tour d'esprit protestant...et nullement catholique.

C'est dit.
images/icones/fleche2.gif  ( 769318 )Ce n'est pas aussi simple Rodolphe par Jean-Paul PARFU (2015-01-24 21:26:52) 
[en réponse à 769317]

Même si l'abbé Pflüger a raison de dénoncer des tendances sectaires ou "amishs" au sein de la Tradition.

Il y a cependant deux différences avec l'esprit protestant :

1) Les Tradis "amishs" sont devenus tels parce qu'on n'a pas cessé de les persécuter et ils se sont donc forgés une mentalité de bunker ;

2) Il y a la Rome éternelle et il y a les hommes d'Eglise qui ont en ce moment le pouvoir à Rome.
images/icones/1p.gif  ( 769357 )La Porte latine a supprimé le lien ! par Athanase (2015-01-25 12:58:13) 
[en réponse à 769248]

On le remarque ainsi.

Visiblement, le responsable du site n'a pas dû lire le contenu de l'entretien...
images/icones/1f.gif  ( 769358 )Je ne partage pas l'enthousiasme de ce fil par Romanus (2015-01-25 13:45:43) 
[en réponse à 769248]

Je ne trouve pas que le ton de cette interview soit aussi posé qu'on serait en droit de l'attendre de la part de donneurs de leçons. Dès la première question, on est surpris par son agressivité.
Je ne suis nullement favorable aux "résistants", mais balayer d'un revers de main leurs arguments par le cynisme et l'ironie confirme que, pour certains d'entre eux, ils ont été poussé là par ce même abbé Pfluger.
J'ai déjà entendu la même sémantique chez ce prêtre: il y a les idiots qui s'attachent a des principes ("ridicules" selon lui) et les pragmatiques comme lui. Comme s'il y avait contradiction entre les principes et la prise en compte des réalités. Il développe la même vision que les activistes. En realité, plus il parle, moins il me convainc.
images/icones/fleche2.gif  ( 769365 )Je n'ai jamais eu de réponse à ces quelques questions. par Scrutator Sapientiæ (2015-01-25 16:09:00) 
[en réponse à 769248]

Bonjour et bon dimanche, Mistral,

J'ai déjà eu l'occasion de poser à la FSSPX les questions qui suivent, et je l'ai fait à chaque fois d'une manière constructive, et non agressive ; je n'ai jamais obtenu de réponse, ce que je ne dramatise absolument pas, et il est possible que ces questions ne se posent pas, où que d'autres que moi aient déjà obtenu des réponses, mais je persiste à penser que ces questions font partie de celles qui sont "à l'intérieur du problème".

1. Quelles sont les références théologiques contemporaines explicites et officielles de la FSSPX ? J'entends par références théologiques des références théologiques, et non avant tout ni seulement controversistes, et j'entends par références contemporaines des références chronologiquement contemporaines, mais pas nécessairement axiologiquement contemporaines. Chacun, chacune, m'aura compris.

2. Quel est le mode de mise en avant et en valeur, par la FSSPX, notamment des Docteurs de l'Eglise qui relèvent de la composante tridentine de la Tradition (du début du XVI° siècle au milieu du XX° siècle), à laquelle la FSSPX est apparemment plus spécialement sensible, sans que cet attachement prioritaire à cette période soit arbitraire, en quoi que ce soit, ou exclusif de quoi que ce soit ?

3. Puisque la FSSPX a déjà été en mesure de s'expliquer, d'une manière explicite, sur les textes du Concile qu'elle n'approuve pas, la FSSPX est-elle également en mesure de s'exprimer, d'une manière tout aussi explicite, sur les textes du Concile qu'elle approuve ? En d'autres termes, a-t-on jamais cherché, depuis l'intérieur de la FSSPX, à donner, le crayon à la main, et les textes sous les yeux, une signification substantielle, argumentée et documentée, à la phrase de Mgr Fellay selon laquelle "le Concile, nous en gardons 95 %" ?

4. Enfin, je fais ici allusion à un texte récent, intitulé : "le modernisme d'hier et d'aujourd'hui" : quel est le degré d'actualisation des connaissances, au sein et à la tête de la FSSPX, sur le modernisme d'aujourd'hui, id est notamment sur la théologie du pluralisme religieux, le modernisme d'aujourd'hui n'étant pas de même contenu que le modernisme d'avant-hier, ni de même contenu que celui d'hier ? Si l'on préfère, dans la mesure où la FSSPX est aussi un mouvement anti-moderniste, même si elle n'est évidemment pas avant tout ni seulement un mouvement anti-moderniste, dans quelle mesure y fait-on connaître et comprendre le modernisme d'aujourd'hui ?

Il n'est absolument pas grave que je n'obtienne jamais de réponse à ces quatre questions ; à la limite, je préfère que la situation de tout le monde s'améliore pour tout le monde, avec ou sans réponse à l'une ou l'autre de ces questions ; mais enfin il me semble que ces questions, surtout les questions 3 et 4, ne sont pas totalement dépourvues d'intérêt, d'autant plus que c'est en lisant plusieurs textes de la FSSPX que ces questions ont germé dans mon esprit.

J'espère qu'aucune de ces questions n'est de nature à mettre en difficulté qui que ce soit, à propos de quoi que ce soit ; au demeurant, ces questions sont bien plus candides que captieuses, et je ne m'indigne ni ne me lamente d'une absence de réponse. Il est même possible que ces questions soient mal posées, formulées d'une manière erronée ; si c'est le cas, merci beaucoup de me le dire.

Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ce message, si jamais il a un caractère contre-productif, en quoi que ce soit, et je vous souhaite une bonne fin d'après-midi.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 769373 )En ce qui concerne le troisième point, par Philippilus (2015-01-25 18:11:26) 
[en réponse à 769365]

Je crois qu'il est vain d'attendre une déclaration explicite de ce genre en dehors d'un accord formalisé - qui n'est vraiment pas d'actualité en ce moment - avec Rome, en effet.
Vatican II ne pose pas seulement un problème au niveau des textes, mais aussi de l'esprit qui y préside, et de la forme choisie: le refus par ce Concile de la formulation dogmatique usuelle de l’Église fait que les textes sont sujets à une très grande marge d'interprétation, voire polysémiques. Pour ce citer qu'un exemple "là ou ils existent, les rites Romains doivent être préservés dans leur intégralité, CEPENDANT ..." On ne peut pas adhérer ou refuser sans expliciter. Faudrait-il reprendre chaque phrase, chaque texte, en précisant l'herméneutique qui prévaut en matière d'adhésion? Nous serions partis pour un vain exercice purement intellectuel, et facteur de division

Cet aspect est encore accentué par la nécessité (des deux côtés) de garder une marge de manœuvre dans le cadre des discussions en cours (peut-être) et à venir (sûrement). Vous pourriez d'ailleurs présenter l'objection symétrique du côté Romain, quant au degré d'adhésion requis et de l'autorité des différents textes de ce Concile, qui n'est pas un "super dogme".

Pour prendre un exemple concret, il me semble que l'institution des séminaires internationaux par "Presbyterorum Ordinis" ne doit pas être beaucoup contestée, et pour cause, au sein de la FSSPX.

Il va de soi que ces considérations ne visent pas à répondre à la place de la FSSPX.

Bien à vous

Philippilus



images/icones/fleche2.gif  ( 769435 )J'en appelle à une présentation actualisée et positive de la Tradition. par Scrutator Sapientiæ (2015-01-26 08:14:09) 
[en réponse à 769373]

Bonjour et merci Philippilus,

Je pense que vous avez bien rappelé la difficulté qu'il y aurait à essayer de répondre à la troisième de mes quatre questions ; et j'espère avoir bien rappelé la nécessité qu'il y a à essayer de répondre à cette même question, et, à mon avis, aux trois autres aussi.

D'une manière plus générale, j'en appelle à une présentation avant tout plus actualisée, plus englobante, plus positive, du patrimoine de la Tradition. Sous cet angle-là, peut-être un catholique traditionnel

- n'a-t-il pas vocation à l'être avant tout parce qu'il est contre ce qui éloigne de ce patrimoine, ou contre ce qui oppose à ce patrimoine

- a-t-il vocation à l'être avant tout par adhésion positive au contenu, notamment dogmatique et liturgique, de ce même patrimoine.

Quand j'ai commencé à étudier Saint Augustin, je ne l'ai pas fait après avoir appris à critiquer ou à détester chacune des hérésies qui ont été combattues par lui, mais je l'ai fait par une orientation positive, dans sa direction ; c'est l'exemple personnel qui me vient à l'esprit.

Que ce soit en politique ou en religion, quand on se positionne avant tout en négatif, avant tout contre ce que l'on réprouve, on s'expose fréquemment au risque de subir la fragmentation de l'organisation dont on fait partie, toute tentative de "recentrage" ou de "réformisme" suscitant, par réaction, un procès en sorcellerie modérantiste, ou une tentative de surenchère, de la part d'une partie de la base, face à laquelle le sommet peut être tenté par un recadrage sanctionnateur presque uniquement autoritaire et disciplinaire.

C'est cela aussi qu'il aurait fallu pouvoir éviter, et qu'il faudrait encore pouvoir éviter, dans le cadre de ce dont il est question ici.

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fsspx.gif  ( 769372 )Entretien lucide et courageux par Ennemond (2015-01-25 18:06:46) 
[en réponse à 769248]

L'abbé Pflüger n'élude aucune question et sait reconnaître que ces dernières années des problèmes qui n'étaient pas le fait d'un cas isolé ou deux avaient vu le jour. Alors que cette dérive tend à s'amoindrir, il n'est pas anormal que le vicaire général de la FSSPX s'attache à procéder à un devoir d'inventaire et veuille trouver les fondements des ces dérives (amertume, peur excessive, perte de l'esprit de l'Eglise, confusion entre Eglise et Fraternité, autant de thèmes abordés par le fondateur de son vivant). Parmi la mouvance dite résistante qui a fait le choix de la scission, il existe des débats pour accepter ou non le sédévacantisme. Un prêtre s'est même déclaré 'sédévacantiste pratique' au moment où il quittait la FSSPX. En même temps, la Fraternité a été ballottée au fil de son histoire par des dérives d'un côté ou de l'autre. Mgr Lefebvre puis ses successeurs ont dû tantôt inviter à une fermeté dans la doctrine tantôt exhorter à ne pas extrapoler des critiques pour finir dans un excès mortifère.
images/icones/fleche2.gif  ( 769377 )Il élude pourtant la question principale par Romanus (2015-01-25 20:05:40) 
[en réponse à 769372]

Je ne nie pas les dérives que vous énoncez, notamment la peur excessive ou l'amertume. Ces résistants, pour certains d'entre eux, ont été pris par le démon pieux.
Il n'en reste pas moins que certaines déclarations dudit abbé ont largement contribué à rendre perplexes les plus convaincus...
Quand on est à la tête d'une société et que l'on constate les départs nombreux (sans parler de l'éclatement total qui a failli avoir lieu il y a quelques temps), il faut aussi se poser les bonnes questions sur sa propre gestion de ses subordonnés.
On m'a appris très jeunes que ces derniers en temps de crise ou de doute attendent une parole du chef. Pas ce genre d'interview désinvolte, à la limite de l'indécence par son ton.
Je ne vois pas mgr Lefebvre dont, à l'image de ceux qu'il critique, il semble se présenter comme l'unique interprète, se livrer a une interview utilisant ce ton. Sans doute cela lui permet il d'eluder les bonnes questions sur ses propres responsabilités.

Merci a LPL d'avoir supprimé ce lien!
images/icones/fleche2.gif  ( 769381 )Je pense que Mgr Fellay a eu les paroles qu'il fallait par Jean-Paul PARFU (2015-01-25 20:20:30) 
[en réponse à 769377]

Maintenant, était-il vraiment nécessaire de revenir sur certains problèmes, alors qu'ils semblaient se cicatricer ? Effectivement, je n'en suis pas certain non plus.

Il n'en reste pas moins que l'abbé Pflüger a eu tort de croire une réconciliation possible et d'entraîner la FSSPX dans cette impasse.

De leur côté, les "rebelles" ont tort de surréagir et d'agir comme ils l'ont fait.

Ces dernières années ont en effet prouvé que si la réconciliation avec Rome était une utopie, un certain rapprochement par contre était possible. Il a quand même apporté le Motu proprio, la levée des excommunications et les conférences doctrinales avec Rome. Ce n'est pas rien. Ne pas le voir ou le comprendre, c'est s'exposer à se voir taxer de sectarisme comme le fait l'abbé Pflüger.
images/icones/fleche2.gif  ( 769384 )Concernant la levée des excommunications par Sierra (2015-01-25 20:32:39) 
[en réponse à 769381]

Je ne comprends pas pourquoi on s'en est félicité car les excommunications étaient invalides.Ainsi le pape a levée des excommunications invalides. Pourquoi ne pas avoir demandé au pape de les déclarer invalides?
Par prudence pour ne pas mettre le feu aux poudres?
images/icones/1g.gif  ( 769388 )C'est un argument bidon par Ennemond (2015-01-25 20:44:39) 
[en réponse à 769384]

Avant les sacres, Mgr Lefebvre mettait comme exigence dans les projets d'accords la levée des suspens. Or lui-même considérait ces suspens comme nulles et non avenues.

Pendant dix ans, la FSSPX a demandé de retirer ces excommunications, tout en sachant très bien qu'elle ne les considérait pas comme valides, et sans que personne, absolument personne, n'y ait trouvé quelque chose à redire. Je vous défie de trouver un texte d'un évêque ou prêtre disant avant le 21 janvier 2009 qu'il ne voulait pas que les excommunications soient enlevées. D'ailleurs quand elles ont été levées, nous étions plusieurs à sabrer le champagne à Suresnes. L'abbé de Cacqueray était le dimanche suivant à Saint-Nicolas pour exprimer sa réjouissance. Refaire l'histoire a posteriori n'est vraiment pas honnête.

Si vous êtes en prison, vous n'allez pas dire : Je ne réclame pas ma libération, car je considère que les motifs de mon emprisonnement sont nuls et que cette incarcération est fictive. C'est totalement absurde. Vous ferez tout pour être libéré et clamer votre innocence. Le bon sens aurait-il donc disparu ?
images/icones/fleche2.gif  ( 769402 )[réponse] par Sierra (2015-01-25 22:12:00) 
[en réponse à 769388]

Ce que je voulais dire c'est que la levée des excommunications comme le Motu Proprio n'ont rien changé fondamentalement au combat de la fsspx . Mais aux yeux du monde cela a eu un impact.
images/icones/iphone.jpg  ( 769406 )La levée des excommunications est une chose par XA (2015-01-25 22:19:46) 
[en réponse à 769402]

Le motu proprio du 7.7.7 une autre.

On ne saurait nier l'importance du motu proprio, qui a bouleversé la donne. Nous devrions chaque jour prier our Benoit XVI pour cet acte qui a rendu aux catholiques traditionnels leur dignité au sein de l'Église romaine.

XA
images/icones/neutre.gif  ( 769409 )[réponse] par Sierra (2015-01-25 22:38:13) 
[en réponse à 769406]

Cependant je n'ai pas vu la coherence du Motu Proprio. Comment peut restaurer la messe traditionnelle sans en restaurer la doctrine traditionnelle alors que les deux sont sont liées ?
images/icones/2b.gif  ( 769443 )Pourquoi ?! par Bruno d Epenoux (2015-01-26 09:32:30) 
[en réponse à 769384]

Pourquoi ne pas avoir demandé au pape de déclarer invalides les excommunications ?
Tout simplement par intelligence !

Préférez-vous - avant toute discussion avec Rome - que le Saint-Père et l'ensemble des cardinaux se présentent à Menzingen en chemise, corde au cou et pieds nus (un jour de neige serait peut-être mieux) ? Devront-ils implorer la mansuétude de Mgr Fellay ? El la nôtre pendant qu'on y est au cas où Mgr Fellay aurait été acheté par l'ennemi ?

images/icones/fsspx.gif  ( 769399 )Je partage entièrement votre avis par Romanus (2015-01-25 21:52:29) 
[en réponse à 769381]

Nous avons besoin une bonne fois pour toutes d'apaisement, pas de ces attaques venimeuses, sur des prêtres dont tous ne sont pas a mettre dans le même sac.

Je vous rejoins aussi lorsque vous reprochez leur action aux "résistants". Quelles que soient les bonnes intentions de certains d'entre eux que j'ai pu fort apprécier jadis, avoir cosigné une lettre avec l'abbé Chazal, qui n'a plus le droit de bénéficier de la présomption de bonne volonté, restera leur plus grande faute...et quoiqu'ils en pensent, ils utilisent des moyens révolutionnaires.

Enfin, je vous rejoins totalement également sur la nécessité de maintenir un lien avec Rome. Je suis totalement en phase avec la FSPX là dessus.

Ce que je crois cependant, c'est que cet abbé, qui a été personnellement responsable de la radicalisation de certains, ferait mieux de cesser ce type de commentaire sur ses anciens confrères. C'est la troisième fois que je l'entends cracher sur eux en quelques mois.
images/icones/neutre.gif  ( 769404 )[réponse] par Sierra (2015-01-25 22:16:59) 
[en réponse à 769399]

L'abbé Beauvais disait : "pas d'accord pratique sans accord doctrinal."
images/icones/fleche3.gif  ( 769439 )Incompréhension par Ennemond (2015-01-26 09:22:04) 
[en réponse à 769404]

Un manque de compréhension est peut-être dû au fait que pour certains cette phrase voulait dire qu'il fallait trouver un accord au moins sur certains points doctrinaux. Et selon une vision maximaliste, cela voulait dire qu'il ne fallait plus qu'il y a aucun désaccord en matière doctrinale, ce qui n'est pas la même chose. Après les discussions doctrinales, la situation aurait été plus aisée qu'auparavant dans la mesure où elles avaient produit des compte-rendus détaillés. Au moindre désaccord, il aurait été possible de brandir ces compte-rendus puisque Rome aurait permis une régularisation en connaissance de ces désaccords. Mais le texte est une chose, le contexte en est une autre.
images/icones/1y.gif  ( 769385 )Heureux vos subordonnés... par l'Hermitte (2015-01-25 20:33:00) 
[en réponse à 769377]

...si vous en avez !
Vu la critique que vous vous permettez, vous devez être parfait, c'est beau ! (Personnellement j'en ai et je ne me reconnais pas cette perfection loin s'en faut...).

Je vois que vous avancez aussi votre propre interprétation assurée de ce qu'aurait fait Mgr Lefebvre tout en reprochant la même chose à l'abbé... Faudrait savoir.

Remarquez qu'il est mort en 91, donc savoir ce qu'il aurait fait en 2015 ça relève soit de la révélation privée soit de l'affirmation hasardeuse.

Bon, manifestement vous ne passerez pas vos prochaines vacances avec l'abbé mais de là à trouver normal que le site officiel de la fsspx en France censure les paroles du premier assistant c'est une conception assez étrange du traitement de l'information... Staline a de beaux jours devant lui...
images/icones/fleche3.gif  ( 769396 )Surreaction par Romanus (2015-01-25 21:40:53) 
[en réponse à 769385]

Personne ne pourra dire que je n'ai pas eu de subordonnés mais là n'est pas la question. Nul part, je ne parle de moi.
Je dis juste que quand il y a crise, on attend une parole de chef. Maitre Parfu nous dit que mgr Fellay a eu la bonne réaction. Je ne demande qu'à le croire mais moi, je n'ai rien entendu qui clarifiât la situation.

Je n'interprète nullement la pensée de mgr Lefbvre comme le fait l'abbé ou comme le font les "résistants". Je vous mets juste au défi de me trouver une seule interview de lui utilisant un ton aussi méprisant et ironique.

images/icones/hein.gif  ( 769398 )De façon concrète par Ennemond (2015-01-25 21:50:12) 
[en réponse à 769396]

Qu'attendiez-vous de façon précise ? Qu'appelez-vous "une parole de chef" ? Qu'espériez-vous qui puisse éclairer la situation ? Vous reprochez la confusion, mais votre objectif me paraît tout sauf clair.
images/icones/fleche3.gif  ( 769386 )C'est un peu simpliste par Ennemond (2015-01-25 20:36:26) 
[en réponse à 769377]

Les départs de ces prêtres seraient donc imputables à l'abbé Pflüger et/ou à Mgr Fellay ? Cela me paraît un peu simpliste. Sur le compte de qui faudrait-il faire peser ceux des abbés Laguérie, Aulagnier et de tous ceux qui ont quitté du temps de Mgr Lefebvre ?
La question centrale que vous semblez vouloir voir aborder est celle de la régularisation canonique, si je ne me trompe ? En réalité l'abbé l'évoque en affirmant que les décisions d'un chapitre ou d'un supérieur ne sont pas infaillibles (la FSSPX errait-elle avant 2006 ?) Cette question de la régularisation est lancinante dans la FSSPX. Comme elle l'est, certains, par souci de confort, aimeraient la voir enterrée à tout jamais. Mais, malheureusement pour ceux qui aspirent à un peu de paix ici-bas, on ne pourra rien y faire, ni vous, ni moins, ni Mgr untel, la vie est un combat. La FSSPX est vouée à vivre ce qu'ont vécu les Jésuites sous l'Ancien Régime : tantôt condamnés, tantôt approuvés. Il serait souhaitable que en chaque occasion la FSSPX suive d'un seul homme, quand il faut se rapprocher de Rome, quand on est condamné par Rome. Mais cela ne se passe pas ainsi, car la FSSPX est faite d'hommes. Pour ma part, je n'ai pas cru aux arguments des prêtres de Bordeaux qui voulaient faire bande à part. Et je pense que les supérieurs de la FSSPX ont eu à nouveau raison lors de la crise dite des "Résistants". Dans les années 1990, l'absence totale de relation avec Rome a fait naître une illusion chez certains qu'on pouvait vivre en complète indépendance de Rome. C'est une illusion qu'ont provoqué ces années. Ce sont ces années qui furent des exceptions et non l'inverse. Mgr Lefebvre a passé son temps à se plaindre des condamnations, à dire à Rome qu'elles étaient un abus. Aujourd'hui, certains recherchent l'éloignement, se satisfont des séparations et vont même les réclamer ! Cet éloignement est dramatique. Un jour Mgr Lefebvre a dit à ses prêtres : Prenez garde, à trop taper, vous finirez par devenir incapables de revenir en arrière. Le jour où un pape reviendra à une doctrine saine, expliquait-il, il peut très bien dire : Vous avez tant tapé sur mes prédécesseurs que par décence, je ne peux plus vous agréer. Il ne faudrait pas que cela arrive. La situation est dure et longue. Il faut savoir ménager sa monture et conserver l'équilibre. On voit bien que pour l'IBP, l'obéissance n'est pas chose facile lorsqu'on y a été peu habitué. Qu'en sera-t-il pour la FSSPX dans 5 ans, 10 ans, 100 ans ? La situation dans laquelle se trouve la FSSPX demeure une situation anormale. On ne peut rouler de façon normale avec des roues de secours sans qu'il advienne des problèmes. C'est ce que montre assez bien le vicaire général.

PS : Il est peut-être normal que l'entretien ait été retiré de La Porte latine dans la mesure où la traduction (d'ailleurs tronquée) est une fabrication de milieux qui honnissent l'abbé. C'est sa publication hâtive qui était plutôt étonnante.
images/icones/fleche2.gif  ( 769403 )Réponse brève par Romanus (2015-01-25 22:15:17) 
[en réponse à 769386]

Les cas Laguerie, Aulagnier que vous citez sont différents. Ils étaient animés d'un optimisme qui ne s'est pas révélé très justifié par la suite.

Dans les cas présents, nous avons plutôt affaire à des pessimistes. Vous avez évoqué la peur à juste titre. Pour être prêtres, ces personnes sont aussi des hommes. Je sais que certains auraient pu être rassurés facilement mais que des interventions précises de l'auteur des lignes que nous commentons ont été pleinement à l'origine de certains départ. Au regard du ton employé, ça n'a pas l'air de le perturber.

Pour le reste, Ennemond, je suis sur la même ligne que vous.
images/icones/hum2.gif  ( 769415 )C'est un peu caricatural par Ennemond (2015-01-25 22:55:38) 
[en réponse à 769403]

On quitte une congrégation parce qu'on est en désaccord avec le premier assistant ? Cela me paraît un peu léger. Quand Mgr Lefebvre était supérieur général des Pères du S.-Esprit, certains pères ont demandé à quitter l'ordre parce qu'ils étaient en désaccord avec ce dernier, et alors même qu'ils étaient en accord avec les assistants, surtout le Père Hirtz. Dans le cas présent de la FSSPX, les prêtres qui ont quitté l'oeuvre ont dit pis que prendre contre le supérieur général, contre le chapitre général, et sont pour la plupart partis avant même que les assistants généraux se soient exprimés publiquement. De fait, contrairement aux Pères du S.-Esprit en 1962, la tête de la FSSPX en 2012-2013 était plutôt à l'unisson.
images/icones/fleche2.gif  ( 769416 )Voici le sermon de Mgr Tissier à Lourdes par Sierra (2015-01-25 23:02:10) 
[en réponse à 769415]

http://austremoine.org/mgr-tissier-de-mallerais-comment-mgr-lefebvre-a-combattu-la-revolution-dans-leglise/847
images/icones/musique.gif  ( 769418 )Depuis un certain échange de lettres... par Ennemond (2015-01-25 23:06:45) 
[en réponse à 769416]

Il ne vous a pas échappé que parler de l'unité de la FSSPX - depuis la publication de lettres internes un certain 10 mai 2012 - ne peut pas convaincre grand monde. Ensuite, placer les textes des évêques et prêtres les uns contre les autres n'est pas chose difficile et tous, je pense, sommes en mesure de le faire.
images/icones/neutre.gif  ( 769419 )précision par Ennemond (2015-01-25 23:09:59) 
[en réponse à 769416]

Quand j'ai parlé de "la tête de la FSSPX", je parlais de la Maison Générale.
images/icones/iphone.jpg  ( 769424 )Version allemande de l'interview par Folgoët (2015-01-25 23:48:03) 
[en réponse à 769416]

Comme Ennemond a dit que la traduction de l'entretien de l'abbé Pfluger a été tronquée , je suis allé chercher cette fameuse version en allemand sur le site http://dergeradeweg.com/2014/12/31/glaubige-eiferer-vs-eifrige-glaubige/
Connaissant l'allemand , j'ai donc lu cette version et elle correspond a la traduction qui est présentée sur Tradinews et Francefidele.
Alors je ne comprends toujours pas pourquoi elle a été retirée de la porte Latine .
images/icones/neutre.gif  ( 769432 )Je confirme par Meneau (2015-01-26 01:58:24) 
[en réponse à 769424]

La traduction me semble coller à l'original tel que présenté sur le lien que vous dites.

A vrai dire, il aurait même "augmentation" plutôt que "troncature" : à la question 7, je n'ai pas trouvé dans la version allemande ce qui correspond à ceci :

Dans quelques jours, je m'envolerai pour l'Afrique pour visiter nos missions dans cinq pays. Au Kenya, la Fraternité a fondé une nouvelle communauté de sœurs missionnaires et les vocations arrivent du monde entier en nombre supérieur à nos possibilités d'accueil.



Du coup, ça laisse quand même peser un doute... Est-ce que la version du site allemand elle-même n'est pas déjà tronquée ?

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 769438 )Il y a des trous par Ennemond (2015-01-26 09:15:20) 
[en réponse à 769432]

Après cette phrase : "Nous connaissons la fameuse parole du Christ : « Qui n'est pas avec moi est contre moi » (Mc 9, 38-40)". Il manque la suite.
images/icones/neutre.gif  ( 769446 )OK par Meneau (2015-01-26 09:47:13) 
[en réponse à 769438]

Effectivement il manque la traduction de ce petit bout :


Aber es heißt auch, „wer nicht gegen euch ist, der ist für euch.“



Vous avez l'oeil !

Cordialement
Meneau
images/icones/iphone.jpg  ( 769457 )Bientôt sur la Porte Latine ? par Folgoët (2015-01-26 11:27:59) 
[en réponse à 769438]

Comme ce texte est très important , la fsspx va sûrement corriger les coquilles pour le remettre sur la porte latine ?