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( 768633 )
Royauté et République par Aigle (2015-01-17 11:31:31)
Réflexion de mon fils ce matin au petit déjeuner
" la monarchie se fonde sur des usages et la République sur des idées . Or les usages se constatent et se suivent alors que les idées se discutent et peuvent changer"
Intéressant n'est ce pas ?

( 768644 )
On peut remplacer "usages" par "principes" par megnace (2015-01-17 12:46:11)
[en réponse à 768633]
Ne serait-ce pas plus exact ?
Le principe monarchique, en France, a généré des usages, ses caractères généraux ont évolué pendant ,5 millénaire, mais c'est vrai qu'il fut bien plus stable que les idées, toujours en "débat légitime", donc forcément précaires.

( 768647 )
Tant qu'elle est populaire... par PEB (2015-01-17 13:03:29)
[en réponse à 768644]
Le secret de la royauté est de rester populaire. De Hugues Capet à Louis XIII, les rois savaient apprécier le contact avec les gens simples, qui ne leur racontaient pas de bobards. Ils ouvraient leur lit de justice à toutes les conditions.
La Couronne a cessé d'être populaire en s'exilant à Versailles. Ne tissant plus de liens directs avec ses peuples par dessus la tête des puissants (hautes noblesse et bourgeoisie), les usages se sont figés dans l'étiquette, les principes ont été oubliés et le Trône s'est effondré.

( 768661 )
Oui PEB par Aigle (2015-01-17 15:12:16)
[en réponse à 768647]
Merci de votre lumineuse synthèse

( 768659 )
Non Megnace par Aigle (2015-01-17 15:03:45)
[en réponse à 768644]
Désolé de vous contredire mais avec vos principes vous réintroduisez des théories, des idées... Bref vous êtes moderne sans le savoir. Le modèle moderne de monarchie existe d'ailleurs : c'est le bonapartisme ou le deuxième Reich allemand.
Le modèle traditionnel, la vraie royauté est fondée sur le respect d'usages que tout un chacun peut voir sans nécessairement les connaître.
Pourquoi l'Angleterre a t elle une devise francophone ? Par e qu elle l'a toujours eu. Il n'y a pas là de justifications compliquées et rationnelles.

( 768671 )
Il me semblait par postit (2015-01-17 20:11:43)
[en réponse à 768659]
que le fondement de la Monarchie Française était Dieu. Ce qui donne :
" la monarchie se fonde sur Dieu et la République sur des idées . Or Dieu ne change pas alors que les idées se discutent et peuvent changer."
Cela me parait plus juste.
Cordialement,
Postit

( 768679 )
Principes ou valeurs? par PEB (2015-01-17 21:36:02)
[en réponse à 768659]
La royauté traditionnelle repose sur des principes manifestés par des usages. Un principe se caractérise par la permanence du réel. Par exemple, la génération hétérosexuelle fonde la famille. Le mariage est l'usage immémorial qui organise (au sens d'organique) la société humaine élémentaire. La royauté étend l'institution à la cité, créant la première patrie. Les principes portent en eux-mêmes la bride à leurs réalisations. Car les principes respectent, en tous cas, la décence commune qui en est leur ombre quotidienne.
Les valeurs sont des constructions philosophiques abstraites. Elles aboutissent à la licence extrême ou, ce qui est son double mimétique, le pouvoir totalitaire. Une valeur n'a pas de limite. La Révolution qui l'emporte fait sauter toutes les digues.
C'est pourquoi la République, son héritière directe, célèbre tant Charlie jusqu'à la démesure.

( 768702 )
Votre synthèse est belle, mais par le torrentiel (2015-01-18 12:02:18)
[en réponse à 768679]
elle ne réveille pas.
Je m'explique:
Les principes sont neutre et les valeurs sont négatives. Du moins les valeurs de la République ne sont pour lors définies que par la négative: la laïcité, c'est le refus du primat des religions; l'égalité, c'est la libération de l'envie et de la rivalité; la liberté, c'est la mienne.
Je ne nie pas qu'il puisse y avoir des valeurs qui soient définies positivement. La fraternité pourrait être une de ces valeurs positives. Mais la République ne sait pas définir positivement ses valeurs. Or l'hommme a besoin d'être activé par un élan positif. Les principes n'expriment qu'une permanence. Ils ne contiennent pas de croissance, pas d'évolution. Donc, comment faire aimer les principes ou que substituer aux valeurs? Ou comment faire que l'aventure humaine cesse d'être une aventure intellectuelle?

( 768689 )
les idées à l'endroit par baudelairec2000 (2015-01-18 00:00:33)
[en réponse à 768633]
Certes, Aigle, tout cela est fort beau, mais quelque peu inexact. De quoi parlons-nous au juste?
Il faut toujours commencer par définir.
Plusieurs types de gouvernements ou de régimes (division que l'on retrouve chez Aristote, Cicéron ou saint Thomas):
1/ des gouvernements justes: royauté, aristocratie et gouvernement du peuple, le peuple étant entendu comme l'ensemble des citoyens (démocratie restreinte)
2/ des gouvernement injustes: tyrannie (despotisme au XVIII e siècle, voire dictature au XX e siècle), oligarchie, démocratie (régime où la liberté laisse la place à la licence).
Le terme de monarchie n'est pas synonyme de royauté: monarchie siginifie étymologiquement gouvernement d'un seul homme; il peut donc s'appliquer aussi bien à la royauté qu'à la tyrannie; la royauté est le régime juste d'un homme, la tyrannie le régime injuste d'un seul. Beaucoup utilisent à tort le terme de monarchie pour désigner la royauté; au premier rang de ceux qui pratiquent volontiers l'amalgame, on peut reconnaître un certain Charles Maurras (Enquête sur la monarchie), défenseur de la monarchie, mais bien piètre connaisseur de la royauté française (de Clovis à Louis XVI).
République est un terme positif, à ne pas confondre avec démocratie. Nos contemporains entretiennent ainsi la confusion quand ils nous assourdissent avec leurs "valeurs républicaines".
Retour à l'étymologie si vous le voulez bien.
Respublica, nous l'avons tous appris en découvrant la cinquième déclinaison latine, signifie "la chose publique", "les affaires publiques". Selon le contexte, elle peut vouloir dire "Etat", ce qui renvoie à la "polis" des Grecs (Etat, Cité), "administation de l'Etat", gouvernement, notamment chez Cicéron, vie politique On l'a compris, avec la Respublica, on s'oppose à la "res privata", intérêt particuler de chacun. Aussi la notion de république recouvre le domaine du politique, un domaine auquel les intérêts particuliers doivent être subordonnés: saint Thomas, au grand désespoir de Pie XI, affirme que l'homme est fait pour l'Etat comme la partie pour le tout.
Par ailleurs, la république implique une organisation déterminée par des règles de droit qui excluent toute forme de régime injuste - le régime qui succéda, à Rome, à la royauté primitive prit le titre de république; ce n'est pas un hasard si les révolutionnaires inaugurèrent, après la chute de Louis XVI, l'ère de la République, première du nom.
S'il est vrai que la République est née à Rome à la suite de la défaite du dernier des rois Etrusques, conservant ainsi une valeur polémique, que n'ont pas oubliée les démocrates viscéraux de notre temps, il n'en reste pas moins que ce terme de République est l'expression politique du peuple dans son ensemble. Cicéron n'hésite pas en effet à écrire dans son traité sur la République que "la chose publique est la chose du peuple".
Je continue le texte de cicéron:
" Et par peuple il faut entendre, non tout assemblage d'homme groupés en troupeau d'une manière quelconque, mais un groupe nombreux d'hommes associés les uns aux autres par leur adhésion à une même loi et par une certaine communauté d'intérêts. (République, livre I, XXV).
Or un peuple quel qu'il soit, c'est-à-dire une multitude groupées dans les conditions que j'ai exposées, une cité qui n'est autre chose qu'un peuple organisé, un Etat (respublica), c'est-à-dire ce que j'appelle chose publique ou du peuple, doit avoir pour durer un gouvernement qui veille sur lui... ce pouvoir doit être attribué ou à un seul ou à quelques personnes choisies ou il doit être assumé par la multitude ou par tous (les citoyens).
Quand donc toutes les affaires publiques sont à la discrétion d'un seul, on nomme roi celui qui a le pouvoir, et cette forme de gouvernement (reipublicae statum) est dite royauté(regnum).
Quand l'autorité appartient à quelques personnes choisies on dit que la cité est gouvernée par l'élite (les "optimates", les grands du royaume franc).
Le gouvernement populaire, enfin, c'est ainsi qu'on l'appelle, est celui où tout le pouvoir est au peuple." (ibidem, XXVI)
C'est ainsi que Cicéron expose les trois régimes justes, en précisant toutefois qu'ils sont loin d'être parfaits, parce que voués à l'instabilité, et présentent des inconvénients qui peuvent dispaître si, dans une sorte de quatrième régime, on combine les avantages des uns et des autres, régime mixte qui permet de compenser les faiblesses de l'un par les atouts d'un autre; ce quatrième régime correspond en réalité à la constitution de la république romaine, mélange équilibré des trois formes de res publica:
" il est bon, ajoute, Cicéron, que dans une république, il y ait un élément prédominant et royal, qu'il y en ait un autre imparti et attribué à l'autorité (auctoritas) des premiers citoyens (principum) et que certaines affaires soient réservées au jugement et à la volonté de la multitude." Ainsi le pouvoir (potestas) des consuls, l'aucrotitas du Sénat et la libertas du peuple se combinent harmonieusement, dans un équilibre parfait qui doit garantir sa longévité.
Saint Thomas reprendra cette idée dans un passage de la Somme Théologique.
Comment ne pas apercevoir cette notion de régime mixte dans les différentes phases de notre royauté: l'entente du roi avec les grands du royaume, des grands sans lesquels son pouvoir se trouve fragilisé; c'est pourquoi, Charles le Chauve dut, à Coulaines, en 843, reconnaître qu'il devait son pouvoir aux grands. Pour régner en lieu et place des Carolingiens, les Robertiens se virent obligés de faire appel au soutien des Grands du royaume, Hugues capet ne déroge pas à la règle. Plus tard, la royauté aura de plus en plus tendance à s'appuyer sur les communes, sur les villes, la bourgeoisie. Jusqu'à cette époque, pas si lointaine, l'Ancien régime, où la société est reconnue être divisée en trois ordres.
J'ai bien conscience d'avoir été long, mais ce rappel et ce détour par Cicéron, le défenseur de la cause républicaine, de la seule vraie république, me semblait indispensable; j'ajouterai, pour être complet, que le terme de république est courant dans les textes officiels et le discours politique de la royauté française, cela depuis un certain Louis le Pieux (817-840). J'en veux pour preuve le titre d'un ouvrage fondamental de Jean Bodin (1529-1596) jurisconsulte incontournable pour tout spécialiste de l'Ancien Régime, Les Six livres de la République.

( 768691 )
Il y a la République comme forme du gouvernement par Jean-Paul PARFU (2015-01-18 00:24:24)
[en réponse à 768689]
de la Cité et il y a la République, au sens français et jacobin du terme, comme idéoligie qui détruit l'ordre naturel et nie l'ordre surnaturel !

( 768703 )
La république des jacobins est chose de l'oligarchie, par le torrentiel (2015-01-18 12:08:04)
[en réponse à 768691]
tout étant dans le titre.

( 768698 )
il y a beaucoup de gens très très... intelligents par Ritter (2015-01-18 10:27:14)
[en réponse à 768633]
Avec plein d'idées toutes plus intelligentes les unes que les autres.
Mais l'arbre est jugé à ses fruits
Alors la République comme régime des idées peut être mais lesquelles les très très très intelligentes?
Mariage stérile,avortement, euthanasie, genre, des idées