Le Forum Catholique

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images/icones/3c.gif  ( 767937 )C’est quoi ce délire ! par Abbé Néri (2015-01-10 17:08:17) 

C’est quoi ce délire !

Je me surprends à parler jeune ! Pourtant c’est en pensant à un Pontife que n’était pas vraiment ami de la modernité que j'emploi ce mot. C’est en effet Grégoire XVI qu’a employé ce qualificatif pour parler du goût effréné de la liberté.

Nous verrons une foule atteinte de ce délire défiler pour affirmer leur adoration à cette idole suprême des temps modernes. Espérons que les chrétiens n’oublient pas que ce jour ils ont mieux à faire, puisque célébrant la solennité de l’Epiphanie ils sont conviés à rendre l’adoration à Celui-là seul qui la mérite : le Christ Notre Seigneur.

Vous pouvez avoir un aperçu de la raison que portait Grégoire XVI à qualifier de délire ce goût immodéré de la liberté dans le préambule de l’Encyclique (1) que Léon XIII a consacré à ce sujet :

« La liberté, bien excellent de la nature et apanage exclusif des êtres doués d’intelligence ou de raison, confère à l’homme une dignité en vertu de laquelle :

- il est mis entre les mains de son conseil
- et devient le maître de ses actes. »

Il est remarquable de constater la grande précision avec laquelle le souverain Pontife décrit la liberté. Elle constitue certes un bien excellent mais pas absolu, il est relatif, il dépend de l’usage qu’on en fait. La dignité qu’en découle est du même ordre donc elle n’est pas inamissible, elle se situe clairement dans l’ordre de l’opération : en suivant nos actes, nous sommes dignes de louange ou de blâme.

C’est pourquoi le même Pontife affirme :

« Ce qui, néanmoins, est surtout important dans cette prérogative, c’est la manière dont on l’exerce, car de l’usage de la liberté naissent les plus grands maux comme les plus grands biens. »

Et dans le réalisme qui caractérise son enseignement de montrer les différentes issues de l’usage de la liberté :

« Sans doute, il est au pouvoir de l’homme d’obéir à la raison, de pratiquer le bien moral, de marcher droit à sa fin suprême; mais il peut aussi suivre toute autre direction, et, en poursuivant des fantômes de biens trompeurs, renverser l’ordre légitime et courir à une perte volontaire. »

Voilà le délire que nous constatons : ce gens qui idolâtrent la liberté courent à leur perte volontaire dont les tragiques événements actuels sont la sanglante illustration.

Nous ne pouvons donc pas faire chœur avec ses clameurs pour acclamer la liberté d’expression.

Toute l’Encyclique de Léon XIII est non seulement à lire mais à étudier avec soin. La suite du préambule que je cite ici vous donnera peut-être envie de le faire :

« Le libérateur du genre humain, Jésus-Christ, est venu restaurer et accroître l’ancienne dignité de notre nature; mais c’est à la volonté même de l’homme qu’il fait sentir surtout son influence, et, par sa grâce dont il lui a ménagé les secours, par la félicité éternelle dont il lui a ouvert la perspective dans le ciel, il l’a élevée à un état meilleur.

Et, pour un motif semblable, l’Église a toujours bien mérité de ce don excellent de notre nature, et elle ne cessera pas d’en bien mériter, puisque c’est à elle qu’il appartient d’assurer aux bienfaits que nous devons à Jésus-Christ leur propagation dans toute la suite des siècles. Et pourtant, on compte un grand nombre d’hommes qui croient que l’Église est l’adversaire de la liberté humaine. La cause en est dans l’idée défectueuse et comme à rebours que l’on se fait de la liberté. Car, par cette altération même de sa notion, ou par l’extension exagérée qu’on lui donne, on en vient à l’appliquer à bien des choses dans lesquelles l’homme, à en juger d’après la saine raison, ne saurait être libre.

Nous avons parlé ailleurs, et notamment dans l’Encyclique « Immortale Dei », de ce qu’on nomme les libertés modernes ; et, distinguant en elles le bien de ce qui lui est contraire, Nous avons en même temps établi que tout ce que ces libertés contiennent de bon, tout cela est aussi ancien que la vérité, tout cela l’Église l’a toujours approuvé avec empressement et l’a admis effectivement dans la pratique. Ce qui s’y est ajouté de nouveau apparaît à qui cherche le vrai comme un élément corrompu, produit par le trouble des temps et par l’amour désordonné du changement. Mais, puisque beaucoup s’obstinent à voir dans ces libertés, même en ce qu’elles ont de vicieux, la plus belle gloire de notre époque et le fondement nécessaire des constitutions politiques, comme si sans elles on ne saurait imaginer de parfait gouvernement, il Nous a paru nécessaire pour l’intérêt public, en face duquel Nous Nous mettons, de traiter à part cette question. »

(1) Lettre encyclique Libertas Praestantissimum du 20 juin 1888


images/icones/1z.gif  ( 767942 )Mgr Vingt-Trois n'est pas de votre avis par Meneau (2015-01-10 18:20:34) 
[en réponse à 767937]

Malheureusement.

Pour lui, la liberté de religion et la liberté d'opinion sont des valeurs fondamentales de la République qu'il faut redécouvrir, et la liberté de la presse est, quel qu’en soit le coût, le signe d’une société mûre.

ICI

Merci pour votre contribution Mr l'abbé.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 767953 )pourriez vous préciser par Stephdi (2015-01-10 19:13:35) 
[en réponse à 767942]

en quoi l'avis de Mgr Vingt-Trois encouragerait ce "goût effréné de la liberté" ?
Sinon, pourriez vous alors exposer ce que serait aujourd'hui un goût "raisonnable" de la liberté ?

bien cordialement
Stéphane
images/icones/livre.gif  ( 767957 )Meneau fait allusion par Jean-Paul PARFU (2015-01-10 19:23:52) 
[en réponse à 767953]

Comme l'abbé Néri avec le mot de "délire" à des expressions utilisées par les papes du XIXème siècle dans leurs encycliques (Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII) sur la liberté de la presse, la liberté de conscience etc ...
images/icones/neutre.gif  ( 767961 )Je n'en doute pas un instant par Stephdi (2015-01-10 19:53:08) 
[en réponse à 767953]

Pour lui, la liberté de religion et la liberté d'opinion sont des valeurs fondamentales de la République qu'il faut redécouvrir, et la liberté de la presse est, quel qu’en soit le coût, le signe d’une société mûre.

Est ce seulement ce passage qui justifierait le ?
si oui, comment faudrait-il reformuler cette phrase ? (ou pourriez vous le faire vous même ?)
sinon, est ce l'ensemble de son intervention qui est condamnable ? et combien de chargeurs comptez vous vider dessus ?

bon dimanche
Stéphane
images/icones/neutre.gif  ( 767964 )Oui par Meneau (2015-01-10 20:28:31) 
[en réponse à 767961]

c'est bien cela que je déplore : que Mgr Vingt-Trois se range aux côtés des "bien-pensants" défenseurs de la liberté d'expression d'un Charlie Hebdo, cette liberté qui est un "délire" et que tout catholique devrait abhorrer.

Comment reformuler ? Tout simplement évacuer ces phrases de son discours.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 767971 )une fois purgé, le feriez vous donc vôtre par Stephdi (2015-01-10 21:29:54) 
[en réponse à 767964]

cher Meneau,
signeriez vous donc le texte ci dessous expurgé de la phrase La majeure partie de nos concitoyens ont vécu cette situation comme un appel à redécouvrir un certain nombre de valeurs fondamentales de notre République comme la liberté de religion ou la liberté d’opinion.
et pensez vous que l'Abbé Néri lui alors donnerait l'imprimatur ?

merci de votre réponse
Stéphane



« Aux catholiques de Paris

Paris, le 10 janvier 2015

Notre pays, notre ville de Paris en particulier, ont été cette semaine le théâtre d’actes de violence et de barbarie inouïes. Depuis de nombreuses années pour nous, la guerre, la mort, c’était toujours ailleurs même si, pendant ce temps, des soldats français étaient engagés en différents pays pour essayer d’apporter un peu de paix. Certains l’ont payé de leur vie.

Mais la mort violente s’est invitée brusquement chez nous. En France, et bien au-delà de nos frontières, tous sont en état de choc.
[...]
Les rassemblements spontanés de ces derniers jours ont été marqués par un grand recueillement, sans manifestation de haine ni de violence. La tristesse du deuil et la conviction que nous avons ensemble quelque chose à défendre unissent les Français.

Une caricature, même de mauvais goût, une critique même gravement injuste, ne peuvent être mises sur le même plan qu’un meurtre. La liberté de la presse est, quel qu’en soit le coût, le signe d’une société mûre. Que des hommes nés dans notre pays, nos concitoyens, puissent penser que la seule réponse juste à une moquerie ou une insulte soit la mort de leurs auteurs place notre société devant de graves interrogations. Que des Français juifs paient encore une fois un tribut aux troubles qui agitent notre communauté nationale redouble encore leur gravité. Nous rendons hommage aussi aux policiers morts en exerçant jusqu’au bout leur fonction.

J’invite les catholiques de Paris à prier le Seigneur pour les victimes des terroristes, pour leurs conjoints, pour leurs enfants et leurs familles. Prions aussi pour notre pays : que la modération, la tempérance et la maîtrise dont tous ont fait preuve jusqu’à présent se confirment dans les semaines et les mois qui viennent ; que personne ne se laisse aller à l’affolement ou à la haine ; que nul ne se laisse aller à la facilité d’identifier quelques fanatiques avec une religion tout entière. Et prions aussi pour les terroristes qui découvrent la vérité du jugement de Dieu. Demandons la grâce d’être des artisans de paix. Il ne faut jamais désespérer de la paix, si on construit la justice. »

+ André cardinal VINGT-TROIS Archevêque de Paris





images/icones/neutre.gif  ( 767973 )Et surtout par Meneau (2015-01-10 21:44:08) 
[en réponse à 767971]

expurgé de "La liberté de la presse est, quel qu’en soit le coût, le signe d’une société mûre."

Je n'ai pas à donner d'imprimatur, je ne suis pas évêque (pas plus que l'abbé Néri). Mgr Vingt-Trois l'est, il prend ses responsabilités. Je me contente de manifester mon désaccord, sans qu'il soit question pour moi de "vider plusieurs chargeurs dessus" pour reprendre vos termes.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 768015 )ça c'est de la fine négociation telle ... par Stephdi (2015-01-11 11:56:45) 
[en réponse à 767973]

que notre père Abraham savait la pratiquer ...

Cher Meneau, si nous supprimions ce deuxième bout de phrase, quel serait le troisième à liquider ensuite ...

Stéphane,
qui ne suivra pas Charlie cette après midi !
images/icones/1d.gif  ( 767997 )Et c'est quoi les valeurs de la république ? par Archange (2015-01-11 09:14:54) 
[en réponse à 767971]

Depuis le temps qu'on m'en parle....

Je connais la res publica, mais la république pour moi c'est une station de métro.....
images/icones/iphone.jpg  ( 768030 )Mettons donc la phrase complète par Adso (2015-01-11 14:43:54) 
[en réponse à 767997]

Car les valeurs de la ripoublique cest ça
"Liberté Égalité Fraternité ou la mort !"
images/icones/1w.gif  ( 767996 )Question pas tombé dans l'oreille d'un sourd... par lebelge (2015-01-11 08:26:12) 
[en réponse à 767937]

A votre avis, cette foule et ces dirigeants en délire qui marcheront sous couverts des sacro-saintes valeurs républicaines, quelle aurait été leurs réactions si un vieux sodomite avait retweeté "Vous me direz, si une bombe explose le 11 janvier Place de la République à cause de Charlie, c'est pas moi qui vais pleurer"...

Ah ces sacrés frères la truelles avec leur liberté, égalité, fraternité à sens unique, leur vieille démocratie laïcarde corrompue jusqu'à la moile...
La seul discipline dans laquelle ils excelleront toujours, c'est bien celle de la parjure...

Bizarrement, nous ne voyons et n'entendons pas beaucoup d' ''Hollande Démission!" ces jours-ci, pourtant le moment semble opportun, non?

Sainte Jeanne d'Arc, Sauvez la France!