Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=767106
images/icones/coeur.gif  ( 767106 )"Les attaques au Thomisme" par New Catholic (2015-01-02 18:47:08) 

Et aussi une défense importante de l'honneur du R.P. R. Garrigou-Lagrange.

Article par John Lamont - en anglais
images/icones/1b.gif  ( 767117 )Tiens par Quaerere Deum (2015-01-02 19:52:31) 
[en réponse à 767106]

Dommage qu'Yves Daoudal ne soit pas là.
Lui qui se déclarait récemment de plus en plus "athomisé", le thomisme, selon lui, ayant introduit le rationalisme dans l'Eglise.
images/icones/fleche2.gif  ( 767127 )M. Daoudal n'a peut-être pas tort ? par Alonié de Lestre (2015-01-02 22:11:24) 
[en réponse à 767117]

Je crois que Saint Bernard aurait été du même avis.
images/icones/5b.gif  ( 767140 )Une nouvelle version du Loup et de l’Agneau... par Vianney (2015-01-03 09:45:25) 
[en réponse à 767127]

 
...si je vous suis bien ?

Comment l’aurais-je fait, si je n’étais pas né ? (La Fontaine)


Pour votre information, saint Bernard est mort en 1153, et saint Thomas est du siècle suivant...

En outre, ces deux grands saints ont été proclamés Docteurs par l’Eglise : ce titre, qui se rapporte directement à leur enseignement, pèse un peu plus lourd que vos “je crois” et vos “peut-être”, ne trouvez-vous pas ?

V.
 
images/icones/hein.gif  ( 767185 )Saint Bernard par Alonié de Lestre (2015-01-03 18:13:18) 
[en réponse à 767140]

Je puis me tromper et j'en appelle à ceux qui s'y connaissent davantage mais, il me semble que Saint Bernard était contre toute tentative de rationalisation de la foi.

Je pose la question, je n'affirme rien. Selon ce que j'ai compris, avec mon intelligence moyenne, c'est comme si l'Église disait de ces deux docteurs qui enseignent pour l'un la thèse et l'autre ce qui semble son antithèse : ils ont raison tous les deux ? Je répète que je cherche à comprendre.

wa Allahou a'lam, Dieu sait.
images/icones/fleche2.gif  ( 767187 )St Thomas d'Aquin par Jean-Paul PARFU (2015-01-03 18:47:00) 
[en réponse à 767185]

est sans doute le plus grand docteur de l'Eglise avec St Augustin. Il manque peut-être aujourd'hui à l'Eglise un nouveau St Augustin ou un nouveau St Thomas d'Aquin.

St Thomas fait la synthèse entre la philosophie grecque notamment et la théologie chrétienne et démontre que la raison et la foi ne s'opposent pas.

Sa pensée est peut-être parfois trop tributaire de son époque, lorsqu'il affirme par exemple que l'âme de l'embryon n'apparaît qu'au 40ème jour ou parfois trop "raisonnante", et contre l'Ecriture elle-même, quand il enseigne que St Joseph est le plus grand saint, car le plus proche de Jésus ; que St Michel, St Gabriel et St Raphaël sont de simples archanges de l'avant-dernier choeur ou quand il réfute, comme les théologiens de son époque, le futur dogme de l'Immaculée-Conception (proclamé seulement, il est vrai, en 1854).

Il ne faut toutefois pas que l'arbre cache la forêt et faire obligatoirement siennes les critiques du christianisme oriental envers le christianisme occidental. Il y a peut-être aussi un peu d'éloignement culturel et de jalousie dans ces reproches.

Enfin, je ne suis pas certain que l'anti-intellectualisme de St Bernard, lequel, je le rappelle, a vécu un siècle avant St Thomas d'Aquin, soit forcément la voie à suivre.

St Bernard, qui a aussi affirmé contre l'Ecriture que St Joseph avait pensé "répudier" la Ste Vierge parce qu'il ne se sentait pas assez bien pour elle, était un homme du XIIème siècle, un homme des Croisades et du monachisme rural ; St Thomas d'Aquin était un homme du XIIIème siècle, un homme des villes et des universités. Ces deux grandes figures de l'Eglise sont pour moi complémentaires.
images/icones/fleche2.gif  ( 767229 )Pas un nouveau St Augustin, mais un retour vers St Augustin. par Scrutator Sapientiæ (2015-01-04 14:03:08) 
[en réponse à 767187]

Bonjour et bon dimanche à Jean-Paul PARFU.

1. Je ne crois pas du tout que les conditions, y compris les conditions extra-intellectuelles, soient réunies, en faveur de l'émergence, au XXI° siècle, d'un nouveau Saint Augustin, en revanche je crois beaucoup en un retour, au XXI° siècle, vers Saint Augustin, avec toutes les chances, mais aussi avec tous les dangers, que cela comporte, à mes yeux

- sans que l'origine de celles-là soit attribuable à quelqu'un d'autre qu'à Augustin (sauf à Dieu lui-même...),

et

- sans que l'origine de ceux-ci soit imputable, "presque" en quoi que ce soit, à Augustin, plus victime que coupable de certaines dérives.

2. Je le formule sans doute très mal, mais mon espoir est que soit redécouverte la fécondité de "l'englobement" augustinien, au sein duquel la philosophie ET la théologie, la question de la Parole de Dieu et de la spiritualité ET la question de la conscience de l'homme et de la subjectivité, sont bien reliées les unes aux autres, sans que ces articulations débouchent pour autant sur du rationalisme, sur du fidéisme, sur du spiritualisme ou sur du subjectivisme.

3. Il y a un autre aspect que je voudrais souligner : l'Eglise souffre aujourd'hui d'un déficit de réappropriation de ses propres fondamentaux, or Saint Augustin est presque le seul dont on puisse dire qu'il a eu énormément d'influence, non seulement en son temps, mais aussi jusqu'à nos jours, ce qui ne signifie évidemment pas qu'il a toujours été compris de la meilleure manière, bien au contraire.

4. J'envisage donc Augustin comme un point d'appui et comme une porte d'entrée, à partir duquel on peut mieux connaître et comprendre quasiment chacune des composantes de la Tradition, de la composante patristique à la composante tridentine ; ne serait-ce que pour cette raison, il me semble indispensable de plaider en faveur d'un retour vers Saint Augustin.

5. Je pense aussi à la réhabilitation

- du polémisme chrétien (aux antipodes de l'hégémonie iréniste contemporaine)

- de la théologie trinitaire (aux antipodes du "tous le même Dieu" contemporain),

notamment au contact de Saint Augustin.

6. Enfin, c'est sans doute une question d'appréciation personnelle, mais je trouve qu'il y a chez Augustin un dynamisme, une créativité, une générosité, un souffle, alors que je trouve que la manière de procéder propre à la scolastique est assez artificielle et impersonnelle ; Augustin est, ou en tout cas semble être, plus immédiatement accessible (ce qui n'est pas sans dangers), alors que l'on se doute bien, quand on lit Saint Thomas, qu'il y a beaucoup de soubassements philosophiques et théologiques accessibles aux initiés.

Bon dimanche et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/vatican.gif  ( 767212 )La réponse de l’Église par Vianney (2015-01-04 09:26:44) 
[en réponse à 767185]

J’ignore à quels textes de saint Bernard vous faites allusion, mais j’ai au moins une certitude : ni lui ni saint Thomas ne contredisent l’enseignement de l’Église qui a toujours affirmé avec force que la foi du Christ n’est nullement en opposition avec la raison humaine (voir par exemple la proposition 6 du Syllabus).

Selon la Sainte Liturgie, l’Église qualifie de Docteur « celui qui sur terre nous a enseigné la doctrine de vie » (messe In Medio, Commun n° 15) et, le jour de la fête de saint Thomas d’Aquin, elle adresse à Dieu cette prière : « Faites-nous la grâce de comprendre son enseignement avec notre intelligence, et de suivre l’exemple qu’il nous a donné ».

Je ne connais pas de meilleure réponse aux accusations dont est régulièrement victime la mémoire de ce grand saint.

V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 767253 )Une précision pour tous les trois sur Saint Bernard. par Scrutator Sapientiæ (2015-01-04 16:11:14) 
[en réponse à 767212]

Bonjour et bon dimanche,

Voici ce que j'ai trouvé (cf Encyclopedia universalis) :

" Le langage théologique se présente comme l'ensemble des signes organisables en un ensemble de propositions descriptives qui ne peuvent être comprises qu'en fonction d'un terme clef : « Dieu ».

Ce terme spécifie à lui seul un ensemble propositionnel plus vaste : le langage religieux, dont il détermine le sens soit en étant un élément explicite d'au moins une proposition de cet ensemble, soit formellement à titre de modificateur logique de l'énoncé, soit les deux à la fois.

La distinction entre langage religieux et langage théologique est due à la religion occidentale dominante, le christianisme : par elle on vise, depuis Abélard, à isoler les énoncés scientifiques décrivant Dieu et ses relations avec les hommes et le monde, et organisés en un corps de propositions systématiquement ordonnées, des énoncés religieux dont la détermination et la précision sont suffisantes pour exprimer une prière, effectuer un acte liturgique ou prescrire une forme de vie, mais qui n'ont pas forcément une intention scientifique ou critique. "

Ici.

Bonne fin d'après-midi et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 767142 )L'Eglise ne dispose plus d'un instrument de pensée fédérateur. par Scrutator Sapientiæ (2015-01-03 10:08:09) 
[en réponse à 767106]

Bonjour et merci, New Catholic.

Je m'exprime tout d'abord sur le terrain de l'histoire de la philosophie.

Je me permets une remarque à laquelle il me semble que l'on ne procède pas assez souvent : le néo-kantisme et le néo-thomisme sont apparus au même moment, puis ont décliné en même temps, et, à partir de 1945, il n'est plus possible d'avoir le moindre doute sur l'ampleur de ce déclin, à mon avis définitif.

En un sens, l'un et l'autre ont été emportés, d'abord par Bergson et par Husserl, après la première guerre mondiale, ensuite par Sartre et par Heidegger, après la seconde guerre mondiale, et je crois que ni l'un ni l'autre ne s'en sont vraiment remis.

Il faudrait s'interroger sur les raisons "gnoséologiques" pour lesquelles il n'est plus possible d'être néo-kantien, ou d'être néo-thomiste, comme on l'a été jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, et ce serait un travail considérable...que je ne suis ni capable, ni désireux, d'effectuer ici.

Disons notamment et par exemple qu'il est le plus souvent considéré, à tort ou à raison, qu'il n'est vraiment plus possible de souscrire aux notions de nature humaine et de raison humaine, comme on y a souscrit, pendant des décennies, respectivement dans le cadre du néo-thomisme et du néo-kantisme.

Ce n'est pas la première fois, dans l'histoire de la philosophie, qu'un courant important a décliné rapidement, le plus souvent après la mort de l'auteur qui a incarné ce courant, même si cet auteur a été redécouvert par la suite : bien des courants philosophiques ont connu une période de purgatoire, et quand ils ont été redécouverts, ils n'ont jamais à nouveau occupé la place qui avait été la leur, du vivant de leurs fondateurs, ou du vivant de ceux qui les avaient conduits à leur apogée.

Dans le cas du néo-kantisme, comme dans celui du néo-thomisme, j'ai bien peur que ce purgatoire soit définitif ; du point de vue catholique, si ce n'est pas très grave, en ce qui concerne le néo-kantisme, c'est plus préoccupant, pour ce qui a trait au néo-thomisme.

Je m'exprime ensuite sur le terrain de l'histoire de la théologie.

Non seulement le néo-thomisme a décliné, sinon disparu, mais en outre il n'a pas été remplacé, en tant que courant de pensée ecclésial officiel ; en gros, depuis le milieu des années 1940, en ce qui concerne la théologie, depuis le milieu des années 1960, en ce qui concerne le Magistère, l'Eglise catholique ne dispose plus d'UN instrument de pensée, d'UN système de pensée, immédiatement identifiable, par ses partisans ou par ses détracteurs.

Il y a bien des traits de caractère communs à au moins quatre des théologiens catholiques néo-modernistes les plus influents des deux derniers tiers du XX° siècle (Balthasar, Congar, De Lubac, Rahner), mais il y a aussi plus que des nuances entre Balthasar et De Lubac, d'une part, entre Congar et Rahner, d'autre part.

En quoi l'absence d'UN instrument de pensée constitue-t-elle une source de difficultés, aujourd'hui, pour l'Eglise catholique ? Eh bien, il me semble qu'à cause de cette absence, non seulement on a perdu le sens de l'intégration intellectuelle, mais en outre on a perdu le sens de l'orthodoxie confessionnelle.

Il n'y a pas que dans l'Eglise, il n'y a pas qu'en théologie, que l'époque des grands systèmes de pensée mono-disciplinaires est probablement derrière nous : cela fait déjà plusieurs décennies que nous en sommes à trop de fragmentation, à trop de pluralisme, à trop d'interdisciplinarité ou de trans-disciplinarité, pour qu'un tel système, à la fois intégrateur et orthodoxe, puisse émerger.

Ce qui manque à l'Eglise catholique, c'est une unité de pensée, en amont et en vue d'une unité d'action ; un instrument de pensée n'a de sens que s'il est au service d'une unité de pensée, elle-même au service d'une unité d'action, et je crois que tant que nous n'aurons pas à nouveau un instrument de pensée, nous aurons énormément de mal à avoir cette unité de pensée et cette unité d'action.

A bon entendeur : la mise en forme et en valeur d'un instrument de pensée, à tout le moins fédérateur, me semble vraiment nécessaire, mais ne me semble pas suffisante, pour qu'il y ait à nouveau unité de pensée et unité d'action, au sein de l'Eglise catholique.

Mais même si c'était "la priorité des priorités", il serait extrêmement difficile de faire prendre en compte cette priorité, compte tenu des habitudes mentales prises...

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 767148 )Mal général par Aigle (2015-01-03 11:42:09) 
[en réponse à 767142]

Il me semble que l'Eglise est frappée par un mal plus général qui touche toute la société. Peut être le discrédit du marxisme a t il discrédite toute forme de philosophie ?

Dans l'Eglise peut être la philosophie avait elle pris une place exagérée dans la formation du clergé ? En tout cas il me semble que le concile Vatican II a volontairement voulu renforcer la place de l'exégèse par exemple et probablement à juste titre.

Notre problème actuel est il d'abord la perte de connaissances philosophiques ou simplement et plus gravement la perte de repères logiques tels que le sens de la Vérité ? Le fait qu on ne peut dire une chose et son contraire ? Qu on peut lire blanc dans l'Evangile et dire noir dans un sermon ?
images/icones/fleche2.gif  ( 767224 )Oui à la sagesse, non au scientisme. par Scrutator Sapientiæ (2015-01-04 13:03:11) 
[en réponse à 767148]

Bonjour et bon dimanche à Aigle,

1. A chaque fois que des philosophes veulent acquérir une légitimité comparable à celle de scientifiques, ou imiter un raisonnement comparable à celui des scientifiques, ils sombrent

- dans le scientisme, comme on l'a vu du début du XIX° siècle au milieu du XX° siècle, avec le marxisme, puis le freudisme, etc,

ou

- dans le surinvestissement en direction de l'épistémologie, comme on le voit depuis le milieu du XX° siècle.

2. Je suis tenté d'écrire ceci, mais c'est sûrement lié au fait que seules la philosophie morale et la philosophie politique m'intéressent vraiment, en philosophie : oui à toute philosophie qui débouche sur de la sagesse, et non à toute philosophie qui débouche sur du scientisme.

3. Or, il y a eu, par le passé, une tendance au scientisme, dans le néo-thomisme, alors qu'une sagesse thomasienne consiste, à mon sens, à bien comprendre

- le lien entre le contenu et le contexte du thomisme de Saint Thomas d'Aquin,

- son intention proprement théologique, et non avant tout philosophique,

- que le Docteur commun n'est "peut-être" pas le Docteur unique.

4. En ce qui concerne "LA" théologie, si tant est que cette expression soit considérée, par les professionnels de la théologie, comme ayant encore du sens, à cause de subdivisions régionales ou thématiques dans tous les sens, il me semble que le coeur de métier devrait pouvoir être, autant que possible, avant tout le service de la Parole de Dieu, pour la faire connaître, pour la faire comprendre, pour la faire aimer, la faire prendre en compte ou mettre en oeuvre.

5. Or, il arrive fréquemment que ce service de la Parole de Dieu soit biaisé,

- par prise en compte asymétrique, déséquilibrée ou disproportionnée, de telle ou telle composante de l'Ecriture ou de la Tradition,

- par subordination de cette prise en compte à des postulats ou à des prérequis philosophiques herméneutisants ou historicisants, auxquels on accorde plus d'autorité qu'au Magistère,

- par surexposition de cette prise en compte à la ligne du temps, partisane et promotrice du relativisme et du subjectiviste.

6. Je pense pour conclure que, de même que la tendance passée à la "dogmatisation" du néo-thomisme n'a pas eu beaucoup de sens, de même, la tendance actuelle à la "dogmatisation" de l'anti-thomisme ou du post-thomisme n'a pas davantage de sens.

Si je puis m'exprimer ainsi, il devient urgent que les uns et les autres communiquent davantage le goût pour la vérité objective, ainsi que le sens de la vérité objective : n'en déplaise aux "prestidigitateurs",

- on ne peut pas faire dire à un auteur ou à un concept, en philosophie, à peu près le contraire de ce qu'il dit vraiment,

- on ne peut pas faire dire à un livre de la Bible, ou à un Père de l'Eglise, à peu près le contraire de ce qu'il dit vraiment,

- on ne peut pas, à grands coups de "dé-mythologisation" ou de "dés-historicisation", réduire l'Ecriture à néant.

Bon dimanche et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/5b.gif  ( 767265 )De grâce.... par Yves Daoudal (2015-01-04 18:52:49) 
[en réponse à 767142]

ne dites pas "l'Eglise", quand vous parlez de l'Eglise latine tridentine.

Les Eglises orientales n'ont jamais été thomistes. L'Eglise latine ne l'a pas été pendant 14 siècles, soit grosso modo les deux tiers de son histoire. Je ne suis pas certain que l'Eglise ait cruellement manqué d'un "instrument de pensée fédérateur" pendant 14 siècles en Occident. Je suis au contraire persuadé que dans quelques siècles la période thomiste sera vue comme une parenthèse dans l'histoire de l'Eglise occidentale.

Je rappelle tout de même qu'AUCUN père de l'Eglise ne fut thomiste (ni même aristotélicien), et je ne vois pas où serait leur déficience intellectuelle.

En outre, je ne vois pas du tout pourquoi il faudrait UN instrument unique. Heureusement que le thomisme n'a pas réussi à être vraiment unique et que les franciscains scotistes ont bataillé pour l'Immaculée Conception contre les dominicains...
images/icones/hein.gif  ( 767266 )Comment par Quaerere Deum (2015-01-04 19:16:47) 
[en réponse à 767265]

voyez-vous la proclamation de St Thomas d'Aquin docteur de l'Eglise ?

Je ne reviens pas sur les questions déjà posées dans un autre fil, mais Vianney a exprimé l'idée que la doctrine d'un docteur de l'Eglise peut difficilement être balayée d'un revers de la main.
images/icones/1a.gif  ( 767338 )Je ne conteste pas du tout par Yves Daoudal (2015-01-05 11:38:43) 
[en réponse à 767266]

la nomination de saint Thomas d'Aquin comme docteur de l'Eglise. Et je ne balaye certes pas sa doctrine d'un revers de main.

Mais l'Eglise me donne toute liberté de préférer tel docteur par rapport à tel autre.

Je constate aussi que la chaire de saint Pierre du Bernin, qui date de l'époque du thomisme triomphant, est portée par quatre docteurs qui sont saint Augustin, saint Ambroise, saint Athanase et saint Jean Chrysostome. Ce sont les quatre docteurs qui figurent également sur la férule de Benoît XVI. Pas saint Thomas d'Aquin. L'intérêt du quatuor de la chaire est qu'il montre l'équilibre voulu par Rome entre les traditions orientale et occidentale.

Or je trouve que les "Sources chrétiennes" sont autrement plus passionnantes que la Somme théologique... (et surtout que les inventions scolastiques).
images/icones/1b.gif  ( 767347 )C'est une autre manière par Quaerere Deum (2015-01-05 12:43:31) 
[en réponse à 767338]

d'exprimer les choses.
Mais effectivement, on n'est pas obligé d'avoir un intérêt pour tout.
Ce qui me fait penser que je n'ai personnellement pas beaucoup d'attirance pour certaines "spiritualités" (et ses exercices spirituels) émanant de siècles plus récents, même si elles ont pour origine de grands saints.