Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 767254 )A propos de validité par Pensassa (2015-01-04 16:11:52) 

On parle un peu plus bas de la validité des mariages, une intention fausse, un manque de consentement total sur les fins du mariage au moment du sacrement pouvant rendre le mariage nul.

Qu'en est-il des ordinations ?

Le code de droit canon prévoit-il le même genre de restrictions: un homme ordonné prêtre alors qu'il n'a pas l'intention de s'aligner sur l'enseignement traditionnel de l'Eglise pourrait-il être considéré comme n'ayant jamais été ordonné lorsqu'il devient évident que ses intentions et sa conception de la prêtrise diffère de l'enseignement du Magistère.

Evidemment la nullité du mariage est demandée par l'une des personnes supposées unies par le sacrement. En absence de demande le sacrement est considéré comme valide tandis que dans le cas d'une ordination le prêtre ou supposé tel ne demandera pas l'annulation du sacrement reçu s'il veut continuer à exercer.
Y a-t-il, parmi les sanctions qu'encourent des prêtres "déviants", des cas où l'ordination a été annulée et la personne considérée comme n'ayant jamais été prêtre ?

La validité du baptême ne dépend nécessairement pas de l'assentiment du baptisé (quand il s'agit de bébés).

La validité de la consécration dépend, je crois, notamment de l'intention du prêtre de faire ce que l'Eglise a toujours fait (ce qui palie à un manque de foi temporaire éventuel).

La validité de la confession dépend notamment de la ferme intention du pénitent de ne pas recommencer à pécher.

Comment s'établit objectivement la nécessité ou non d'un consentement pour la validité d'un sacrement?

Y a-t-il des textes là-dessus ? (pour un néophyte)

images/icones/bible.gif  ( 767263 )Une piste par XA (2015-01-04 18:13:52) 
[en réponse à 767254]

Voyez ici. Livre IV Première partie
images/icones/neutre.gif  ( 767289 )Matière, Forme, Ministre idoine et Intention (du ministre) par Meneau (2015-01-04 21:52:07) 
[en réponse à 767254]

Pour qu'un sacrement soit valide, il faut :

- un sujet idoine
- la Matière
- la Forme
- un Ministre idoine
- que ce ministre ait l'intention de faire ce que fait l'Eglise.

Ce qui fait dans votre post un joyeux mélange, c'est que dans le cas du sacrement de mariage, les ministres sont les époux, et matière et forme sont l'échange des consentements par les époux... Et pour la confession, la contrition, incluant le ferme propos, fait partie de la matière du sacrement !

La question de l'idonéité du sujet est plus complexe. Pour recevoir validement un sacrement, à part le Baptême, il faut être baptisé. Pour recevoir le sacrement de l'Ordre, il faut être un homme.
Quant à l'intention requise de la part du sujet, il me semble qu'il s'agit seulement de l'intention objective de recevoir le sacrement. Donc dans le cas de l'Ordre, je vois mal comment on pourrait imaginer qu'un requérant fasse l'intégralité de son séminaire sans, en fait, vouloir recevoir le sacrement. Vouloir recevoir le sacrement, et vouloir se conformer à ce qu'exige la prêtrise sont deux choses différentes.

Mais je ne suis pas un spécialiste. Sous réserves.

Cordialement
Meneau

images/icones/livre.gif  ( 767300 )Validité : outre les réponses qui vous ont été données... par Père M. Mallet (2015-01-04 23:30:04) 
[en réponse à 767254]

...et qui vous donneront des éléments, je voudrais souligner le caractère tout particulier du mariage : ce qui constitue le mariage, c'est le "contrat", non pas au sens du contrat de mariage devant le notaire, qui ne concerne que l'aspect patrimonial des choses, mais la donation totale, réciproque et exclusive des époux l'un à l'autre, en vue de former une communauté de vie, et d'accomplir des actes aptes de soi à la génération (selon l'expression canonique disparue depuis, hélas).
Il n'est donc pas étonnant qu'on rencontre des quantités de cas de nullité dus à cette nature de contrat, sans parler des motifs de "simuler" le mariage, etc.
Pour les autres sacrements, de telles difficultés n'existent pas, ou peu.
Si on propose à un malade l'Onction des malades, même s'il a des idées un peu imprécises ou modernistes sur le sujet, il comprend qu'on lui propose quelque chose de nature religieuse capable de lui apporter du réconfort, il l'accepte, et il le reçoit a priori validement.

Pour l'Ordre...
Effectivement, le séminariste qui s'est préparé pendant des années sait à quoi il s'engage.
Mais même malgré cela, le cas d'une nullité peut se poser - très rarement certes, heureusement.
Par exemple pour des prêtres (ou évêques !) ordonnés dans des petits groupes plus ou moins sectaires : Palmar de Troya... Jusque là, ça va encore;
Mais il y a eu, voici environ 25 ans, un cas a fait beaucoup jaser dans le Landerneau des canonistes : un jeune prêtre a demandé la reconnaissance de la nullité de son ordination, au motif que tout son cursus avait été fait à cause de la pression que sa mère lui avait mis, et qu'il n'avait jamais voulu devenir prêtre.
Les tribunaux ont admis cette thèse.

Mais ce cas est peut-être unique au 20° siècle (je n'en sais rien, c'est un domaine tellement spécialisé, tellement peu étudié !) : en général, ni les intéressés ni les tribunaux n'ont envie d'attaquer le problème de cette manière (avec les conséquences épouvantables - et la crainte de se tromper !).
On préfère trancher en décidant une simple "perte de l'état clérical" (anciennement : "réduction à l'état laïc"), sans avoir à dire si oui ou non ce baptisé est prêtre ou non ; et il n'y a pas alors le moindre effet rétroactif. Il est relevé de ses droits et de ses devoirs, point. Il s'agit d'une mesure le plus souvent administrative, qui peut aussi être infligée à titre de sanction.

A l'inverse, la déclaration de nullité de l'Ordination est prononcée par un juge, suite à une demande, demande qui elle ne peut jamais être faite à titre de sanction.


Dans tous ces jugements, l'unique volonté du juge est de découvrir la vérité.
Théoriquement, tous les autres intervenants, y compris les avocats ecclésiastiques, ont la même volonté (cela n'est pas semble-t-il la même manière de voir des avocats du Civil !).
Cherchant la Vérité, et uniquement la vérité, il est évidemment hors de question d' "implorer la clémence du Tribunal" comme un avocat l'a fait pour une cause de mariage (et cela doit arriver régulièrement). Le Juge lui a fait une remontrance des plus vigoureuses, à la mesure de l'énormité de son propos.