Le Forum Catholique
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( 767105 )
Pour Nemo par Exocet (2015-01-02 18:47:01)
Ceci peut vous intéresser (de 4:00 à 6:08) :
UNA VOCE

( 767109 )
Qui sont nos adversaires ? par Nemo (2015-01-02 19:14:46)
[en réponse à 767105]
C'est la question que je me pose.
Je suis tout à fait d'accord avec le fait qu'il ne faut pas opposer une interprétation à une autre. Cette ouverture d'Una Voce me fait plaisir.
Hervé Lamy du reste, qui est cité, est capable de chanter aussi bien du plain-chant baroque que du grégorien style méthode de Solesmes, en passant par le style actuel du choeur grégorien.
Mais contrairement à ce que dit Monsieur Bansen, le rite monastique n'existe pas (déjà pour la messe), n'influence pas le chant, et la façon de chanter de Dom Clerc ou Dom Gajard est leur façon de chanter à une époque précise, pas un rite monastique. Solesmes n'a pas arrêter d'évoluer dans sa pratique et on n'imagine pas des moines cultivateurs au moyen age chanter avec des voix éthérées...
Et puis on ne peut pas limiter les différentes écles de chant à Solesmes versus anti-Solesmes. Il n'y a pas deux écoles mais de multiples écoles, dont l'une a voulu avoir un monopole.
Il serait intéressant de comparer les deux versions de Monsieur Lorber. Faire appel à des professionnels me semble tout à fait conforme à la vraie tradition. Je trouvais qu'il chantait trop vite. Je n'étais pas du tout d'accord avec la publication de ses livres de chant Magnificat où il s'était éloigné de sa propre autorité de la version de... Solesmes en supprimant certains allongements notés : il était devenu impossible de suivre avec l'habituel 800.
Petit détail, je réside à Paris donc je ne chanterai pas le Saint-Nom car à Paris nous avons de tradition (et ex precepto jusqu'en 1960) la solennité de Sainte Geneviève, dont la séquence a deux mélodies, une ternaire, charmante, et une restituée par Solesmes et musicalement... pas terrible.
Quant au livre de Dom Baron, autant je trouve intéressants ses rappels liturgiques, autant je trouve généralement décevants ses commentaires musicaux.
Merci pour ce lien.

( 767111 )
Merci pour ces précisions ... par Exocet (2015-01-02 19:21:04)
[en réponse à 767109]
Et Dom Cardine, vous en pensez quoi ? Certains le présentent comme le promoteur du chant grégorien post-Vatican II. Ce qui bien sûr n'est pas un compliment !

( 767115 )
Cardine par Quaerere Deum (2015-01-02 19:33:08)
[en réponse à 767111]
est dépeint de façon assez caricaturale.
Voici un
article sur l'interprétation du chant qui pourrait vous intéresser.

( 767130 )
Un article à lire absolument par Nemo (2015-01-02 22:36:15)
[en réponse à 767115]
Merci pour le lien.
Il pose de bonnes questions, il casse des mythes, il ouvre plein de portes.
Je suis en désaccord sur un certain nombre de points et très complice sur d'autres.
On y parle de gens que je connais bien ou ai bien connus.
J'aimerais trouver le temps de faire quelques remarques.

( 767167 )
Quelques réflexions par Nemo (2015-01-03 15:05:19)
[en réponse à 767115]
Ce texte est remarquable, il faudra même que je le relise une troisième fois.
Néanmoins je trouve qu'on a une nouvelle fois une discussion d'experts. Comme ce fut le cas lorsque Vatican II a saboté la liturgie. Loin de moi l'idée que les experts ne sont pas nécessaires. Mais parfois ils se perdent et nous perdent avec eux.
La question même ne me semble pas pertinente. Du reste on note les guillemets à "authentique". Pourquoi décréter que le IXème siècle est LA référence du bon plain-chant. C'est comme si l'on idsait que seule la langue de Rabelais mérite d'être parlée et qu'il faut y retourner, et qu'on ajoute à Saumur surtout. Toujours le mythe du grégorien étalon, descendu du ciel et conservé au pavillon de Breteuil.
Je pense qu'iul n'y a pas, n'y a jamais eu de grégorien authentique. Pas plus qu'il n'existe une partie de football authentique, un chien authentique, un ciel authentique. La normalisation n'a jamais existé en musique.
La question plus pratique est, puis-je chanter avec d'autres. Dans la tradition, cette question ne se posait pas parce que le grégorien était quasiment exclusivement une affaire de professionnels. Les chantres, qui étaient ecclésiastiques, recevaient une bénédiction qui figure toujours au pontifical (traditionnel). Et on se déplaçait très peu, on était affecté à un endroit.
Aujourd'hui je pense qu'on exagère problème. Je n'ai jamais appliqué le décompte binaire ternaire cher à la scola Saint-Grégoire. Les deux demoiselles Denise et Lucile m'en ont très tôt dégoûté. En revanche j'ai beaucoup fréquenté dont entendu Solesmes. Un peu d'oreille et de technique de déchiffrage permettent à mon sens de chanter avec la plupart des choeurs à condition de répéter et d'écouter, de copier. Pour les salicus, n'en faisons pas un drame, il suffit d'écouter ce que fait le choeur et on s'adapte. Pareil pour les allongements. Et bien regarder la direction. Je connais bien M. Bévillard, depuis longtemps, je ne partage pas ses thèses, et pourtant plus d'une fois il m'as demandé de venir aider à chanter des offices dans son choeur. Je ne dis pas ça pour me vanter. Mais pour montrer que les problèmes peuvent être dépassés. On peut aussi chanter avec le choeur grégorien de Paris toujours en suivant scrupuleusement la direction. Pareil avec Marcel Pérès, avec un peu de travail.
Je ne suis guère sensible à la notion de rupture entre l'avant et après Dom Cardine, même si résolument je préfère l'après, bien qu'étant traditionnaliste.
En fait autant j'ai adoré le livre de Dom Pothier, les mélodies grégoriennes, avec ce chant très intuitif, très semblable à la parole, une parole ornée et amplifiée, autant je n'ai pas mordu du tout au carcan de Dom Moquereau, à son très indigeste nombre musical qui est dans ma bbliothèque mais que je n'ai jamais pu lire en entier.
Pour moi ce qui est évident, c'est qu'il y a un très stricte parallèle à faire entre Solesmes et Vatican II. Dans les deux cas les experts arrivent, disent que tout est foutu, qu'il faut retourner aux origines. Ils ridiculisent les uns les chantres et gros livres de chants, les autres la messe et ses cérémoniaux. Ils vont les uns comme les autres puiser aux sources, un age d'or, vision romantique, et créent de toutes pièces les uns des mélodies qui n'ont jamais existé, le plus petit commun multiple entre des tonnes de manuscrits, et les autres un missel qui n'a jamais existé, patchwork d'éléments de missels trouvés à droite et à gauche.
Dans les deux cas la tradition est rompue, on a un nouveau missel, on a un nouveau chant.
Je supporte mieux le nouveau chant que le nouveau missel. Mais les méthodes furent les mêmes.
Et je reconnais aimer chanter dans les vieux livres de Paris tels qu'on les avait conservés dans la première moitié du 20ème siècle avant que Solesmes n'uniformise.
Quant à savoir si l'Eglise peut légiférer en décrétant quel est le grégorien authentique, la réponse pour moi est bien sûr non, puisqu'il n'existe pas de grégorien authentique. Parfois l'Eglise s'est opposée à des abus, mais ça ne doit pas aller plus loin. Du reste on ne peut pas dire que les encycliques sur la musique sacrée aient été suivi justement d'améliorations. Regardez Vatican II qui se prononce en faveur du chant grégorien : on n'en a jamais si peu entendu !

( 767179 )
Du point de vue de l'histoire par Quaerere Deum (2015-01-03 16:46:42)
[en réponse à 767167]
de la dite restauration du chant grégorien par Solesmes, je crois qu'il faut rétablir certains faits.
D'abord, dom Guéranger a voulu appliquer ces travaux à son monastère.
Ensuite, ce sont les hôtes du monastère qui ont été séduits par l'interprétation du chant qu'ils y entendaient, donc sur des critères esthétiques et non de vérité archéologique.
Il est un fait que ce travail a suscité un engouement aux quatre coins de l'Europe, ou ce travail a été présenté par les moines eux-mêmes.
Et plusieurs décennies se sont écoulées entre le début de ces travaux et l'adoption par l'Eglise de cette interprétation Solesmienne.
Donc, je ne suis pas d'accord avec votre comparaison : le grégorien de Solesmes n'a pas été imposé brutalement d'en haut mais il a été librement promu et diffusé bien avant d'être adopté officiellement par l'Eglise. Et sur qualité esthétique.

( 767136 )
Chant grégorien post Vatican II par Nemo (2015-01-02 23:42:27)
[en réponse à 767111]
Pour le coup je ne vois aucun rapport entre Vatican II et le chant grégorien. Je pense que la coupure consistant à remplacer la tradition par un archéologisme orienté fixé par des experts a été effectuée avant la réforme liturgique par Solesmes cinquante ans avant.

( 767113 )
Je repose la question par Quaerere Deum (2015-01-02 19:30:25)
[en réponse à 767109]
Est-ce qu'il y n'a pas un sens à avoir une interprétation d'Eglise du chant grégorien : une interprétation qui soit reçue de l'Eglise et non de l'ego et des goûts d'un chef de choeur. Tout comme les rites liturgiques que l'on reçoit de l'Eglise.
Quant à la catégorisation des interprétations, j'aurais parlé d'une interprétation liturgique et une interprétation musicologique de concert.
On a deux approches qui peuvent regrouper diverses façons de faire en leur sein.

( 767168 )
Grégorien de concert ou grégorien utilitaire par Nemo (2015-01-03 15:12:02)
[en réponse à 767113]
Je ne peux pas comprendre cette distinction.
Par définition le grégorien que l'on chante dans les églises doit avoir la même qualité, sinon plus hautre, que celle que l'on donne dans les concerts.
En revanche on pourrait parler de grégorien plus savant, plus raffiné, tant dans les nuances que par la liberté du rythme etc.
Je ne vois pas pourquoi ce grégorien serait exclu de l'usage liturgique bien au contraire. Il faut garder en tête que le grégorien est une affiare de professionnels avant tout. Les moines sont des professionnels. Si nous avons des amateurs dans les églises, c'est par manque de clercs. De même que nos servants remplacent les clercs. Donc on doit viser la plus haute qualité.
On me répondra mais la foule... Eh bien il se passera ce qui se passe pour les messes de Dumont. On a voulu en simplifier le rythme, supprimer les altérations pour que la foule les chante plus facilement. Mais la foule chante de mémoire (tout le répertoire grégorien devrait être chanté de mémoire, même le propre). Et de mémoire on se souvient aussi facilement des dièzes que des bécarres, et les rythmes plus élaborés se retiennent aussi. Donc la foule apprendra par la répétition.

( 767173 )
Je ne fais pas par Quaerere Deum (2015-01-03 16:09:17)
[en réponse à 767168]
de distinction entre chant d'amateurs et chant de professionnel. Je sais bien que le chant est ordinairement le fait de professionnels.
Je parle plutôt d'un chant authentiquement liturgique qui s'efface derrière l'action liturgique face à une chant dont l'ego des interprètes et la façon d'interpréter est mise en avant plutôt que de mettre en valeur l'action liturgique. C'est ce que j'appelle du grégorien de concert.
C'est un peu se qui se passe au Thoronet, par exemple.
C'est pourquoi je pense qu'il est possiblement bienfaisant pour la liturgie d'avoir une interprétation du chant qui ne soit pas issue d'individus mais de l'Eglise, et derrière lequel les chantres s'effacent. Ce qui n'empêche pas la qualité.

( 767178 )
Question plus d'individus que de musique par Nemo (2015-01-03 16:44:02)
[en réponse à 767173]
Il me semble que celui qui est au Thoronet, Monsieur Damiens Poisblaud, est un ancien prêtre de la Fraternité Saint-Pie X.
Donc je pense qu'il sait la différence entre ce qui est service de l'Eglise et ambition.
Il y a toujours eu des chantres qui voulaient plaire, ce n'est pas lié à ce qu'ils chantent, on place sa vanité où on peut.

( 767182 )
Certes ... par Exocet (2015-01-03 17:42:44)
[en réponse à 767178]
Mais je préfère encore les chantres qui cherchent à plaire, plutôt que les chantres qui n'ont pas peur de déplaire. Je pense à certaines chorales qui n'hésitent pas à massacrer le propre d'une messe, la plupart du temps pour ne pas avoir voulu s'astreindre à des répétitions sérieuses. Certains estiment qu'une répétition d'une demi-heure avant la messe est largement suffisante. Ce qui peut être vrai pour des chantres très compétents, mais ce n'est pas toujours le cas. Résultat : des fiascos pitoyables pendant des messes "chantées", marque d'irrespect pour la liturgie, pour le célébrant et pour le fidèles. De telles pratiques sont clairement fautives. L'amateurisme n'est pas une excuse.
En ce qui concerne les "concerts" de chant grégorien, j'estime qu'ils ne devraient pas exister. Le chant grégorien en dehors d'une liturgie, ça vient comme un cheveu sur la soupe. C'est comme ça que je le ressens.

( 767191 )
Je suis comme vous par Nemo (2015-01-03 22:40:32)
[en réponse à 767182]
Je n'aime pas trop le plain-chant en dehors des offices, ça a tendance à m'ennuyer. C'est trop dense et hiératique tout à la fois pour qu'on puisse en écouter 20mn avec profit. Ou plutôt le chant s'épanouit tellement mieux sur son terrain d'origine.
Pour ce qui est des répétitions, seul le résultat compte donc je n'ai pas de recettes.
Mais si l'on prend une semaine sainte complète avec ténèbres, il est bien clair que l'on ne peut répéter le tout.

( 767193 )
Pour les ténèbres par Quaerere Deum (2015-01-03 22:52:53)
[en réponse à 767191]
pas la peine de répéter, on connait tout par coeur puisqu'on chante dans le noir.
Bon, je me la joue, mais en fait je rêve.

( 767204 )
Vous ne croyez pas si bien dire par Nemo (2015-01-04 00:41:58)
[en réponse à 767193]
J'ai chanté plusieurs fois les ténèbres avec un père bénédictin à mes côtés dont la vue était défaillante et qui, pour cette raison, chantait la plus grande partie si ce n'est la totalité de l'office par coeur.
J'ai eu aussi l'honneur de servir la messe à Monsieur de Rodat, régulateur du chapitre à Notre-Dame de Paris, qui n'utilisait guère le missel qui était à l'autel car il connaissait l'ancienne liturgie par coeur. Des chanoines modernes s'en sont rendu compte à leurs dépends le jour où ils avaient substitué un missel en français au missel habituel.