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images/icones/marie.gif  ( 766598 )9ème jour de la Neuvaine préparatoire à la Nativité de Notre Seigneur Jésus par ami de la Miséricorde (2014-12-24 10:57:03) 



Neuvaine préparatoire à la Nativité de Notre Seigneur Jésus
images/icones/marie.gif  ( 766602 )VIGILE DE LA NATIVITÉ par ami de la Miséricorde (2014-12-24 11:21:05) 
[en réponse à 766598]



VIGILE DE LA NATIVITE

CINQUIÈME SERMON POUR LA VEILLE DE NOËL. de Saint Bernard

Sur ces paroles : « Sanctifiez-vous, aujourd'hui et tenez-vous prêts; car demain vous verrez la majesté de Dieu en vous.

1. Sur le point de célébrer l'ineffable mystère de la naissance de Notre-Seigneur, c'est avec raison que nous sommes avertis, mes frères, de nous sanctifier et de nous tenir tout prêts. Car c'est le Saint des saints qui approche, c'est celui qui a dit : « Soyez saints parce que je suis saint, moi qui suis le Seigneur votre Dieu (Levit. XIX, 1). » Autrement comment le saint pourrait-il être, donné aux chiens et les perles jetées aux pourceaux, s'ils ne commencent point à se purifier les uns de leurs iniquités et les autres de leurs criminelles voluptés, pour fuir ensuite, avec toute la sollicitude possible, les premiers leur vomissement, et les seconds leur bauge fangeuse? Jadis les Israélites charnels, pour participer aux choses saintes, commençaient par se purifier selon la chair, par diverses ablutions, par des offrandes et par des sacrifices qui n'avaient point la vertu de, purifier la conscience, esclave du péché. Mais toutes ces purifications ont fait leur temps, car elles ne devaient durer que jusqu'aux jours de la délivrance qui sont arrivés maintenant. C'est donc bien à propos qu'on nous fait un devoir d'une justification parfaite, d'une purification intérieure, d'une pureté toute spirituelle, selon ces paroles du Seigneur ; « Bienheureux sont ceux qui ont le coeur pur parce qu'ils verront Dieu (Matth. V, Cool. » C'est dans ce but que nous vivons, mes frères,, c'est pour cela que nous sommes nés, pour cela que nous avons été appelés, pour cela enfin que le jour d'aujourd'hui a lui sur nos têtes. Il n'y avait que nuit et ténèbres dans le monde entier avant le lever de la lumière véritable, avant la naissance du Christ. Bien plus, chacun de nous était aussi dans les ténèbres de la nuit avant sa conversion et sa régénération intérieure.

2. N'est-il pas vrai que la face de la terre était plongée dans la nuit la plus sombre et dans les plus épaisses ténèbres, alors que nos pères adoraient des dieux fabriqués de leurs mains, et, par une sacrilège folie, décernaient les honneurs divins à des divinités de pierre ou de bois? Et nous-mêmes n'étions-nous point dans les plus profondes ténèbres quand nous vivions dans le siècle, comme si nous n'avions point eu de Dieu, quand nous étions traînés à la remorque de toutes nos passions, attirés par tous les appâts de la chair et soumis en esclaves à tous les désirs du siècle; quand nos membres donnaient des armes au péché, et que l'iniquité passée était pour nous un pas vers une iniquité nouvelle; quand enfin nous étions adonnés aux oeuvres de ténèbres dont nous rougissons à présent? Or, l'Apôtre a dit : « Ceux qui dorment, dorment pendant la nuit, et ceux qui s'enivrent le font aussi la nuit (Thes. V, 7). » Vous avez été tels autrefois, mais vous avez secoué votre sommeil, mais vous vous êtes sanctifiés, si toutefois vous êtes des enfants de lumière, des fils du jour, non de la nuit ni des ténèbres. En effet, le héraut du jour a dit : « Soyez sobres et vigilants (Pet. V, Cool : » et, en parlant aux Juifs des autres apôtres, le jour de la Pentecôte, il leur demandait: «Comment ceux-ci pouvaient être ivres puisqu'on n'était encore qu'à la troisième heure du jour (Act. II, 15). » Au langage de Pierre se rapporte ce que disait son collègue en apostolat: «La nuit est avancée et le jour approche. Quittons donc les oeuvres de ténèbres et revêtons-nous des armes de lumière, puis marchons avec bienséance et honnêteté, comme on doit marcher durant le jour (Rom. XIII, 12). » Renonçons, dit-il, aux oeuvres des ténèbres, c'est-à-dire au sommeil et à l'ivresse, car, ainsi que je l'ai dit plus haut, ceux qui dorment, dorment pendant la nuit et ceux qui s'enivrent le font aussi durant la nuit, cessons de dormir puisque le jour est levé, et marchons comme on doit marcher dans le jour, c'est-à-dire avec honnêteté, non point comme des gens que l'ivresse fait chanceler. Apercevez-vous un homme dont l'âme, engourdie pour le bien, sommeille? Il est encore plongé dans les ténèbres. En apercevez-vous un autre enivré d'absinthe s'élever au-dessus de ce qu'il doit dans les sentiments qu'il a de lui-même, dont l'oeil n'est jamais rassasié de ce qu'il a vu, ni l'oreille satisfaite de ce qu'elle a entendu, qui éprouve pour l'argent, et pour ce qui y ressemble, une faim insatiable et une soif aussi longue que celle de l'hydropique? C'est un enfant de ténèbres, un fils de la nuit. D'ailleurs, ces deux vices vont rarement l'un sans l'autre, car l'Ecriture a dit : « L'homme oisif est rempli de désirs, c'est-à-dire, tout homme qui sommeille est plongé dans l'ivresse. Sanctifions-nous donc aujourd'hui et tenons-nous prêts, mais aujourd'hui même, en secouant le sommeil de la nuit; dissipons aussi, car le jour a lui, l'ivresse de la nuit, pour nous sanctifier, et mettons un frein à la fureur des mauvais désirs. Toute la loi et les prophètes sont renfermés dans ces deux mots : Nous éloigner du mal et faire le bien.

3. Mais il faut que ce soit aujourd'hui, car le jour de demain ne se passera ni en sanctification ni en préparation, mais sera pris tout entier par la vision de la majesté de Dieu. « Demain, est-il dit, vous verrez la majesté de Dieu au milieu de vous. » C'est ce que dit aussi le patriarche Jacob quand il s'écrie: « Demain mon innocence me rendra témoignage devant vous (Gen. XXX, 33). » Aujourd'hui on pratique le justice, mais demain elle doit rendre témoignage pour nous; aujourd'hui on la cultive mais demain elle doit porter des fruits. Comment d'ailleurs pourrait-on moissonner là où on n'a point semé? Aussi celui qui maintenant méprise la sainteté, ne verra point alors la majesté; celui pour qui le soleil de justice ne se sera point levé, ne verra point non plus le soleil de gloire se lever à ses yeux, et le jour de demain ne luira pas pour lui, si le jour d'aujourd'hui a été pour lui sans lumière, car celui qui aujourd'hui a été fait notre justice, par Dieu le Père, est le même qui demain apparaîtra comme notre vie, afin que nous soyons avec lui dans la gloire. S'il naît aujourd'hui tout petit enfant, c'est afin que nul n'ose s'enorgueillir, mais que nous nous convertissions et devenions aussi nous-mêmes comme de petits enfants. Demain donc se montrera le grand Dieu, le Seigneur digne de toutes louanges, afin que nous recevions aussi louanges et grandeur le jour où chacun recevra de Dieu la gloire qu'il mérite. Ainsi le jour de demain glorifiera ceux que le jour d'aujourd'hui aura justifiés, et la vision de la majesté divine succédera à la consommation de la sainteté. Or, ce n'est pas d'une vaine vision qu'il est ici question, puisqu'elle consiste dans la similitude; en effet, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est; voilà pourquoi il est dit non pas seulement, « vous verrez la majesté de Dieu, » mais, « vous la verrez en vous. » C'est qu'en effet si aujourd'hui nous ne nous voyons en lui que comme dans un miroir, parce que maintenant c'est lui qui reçoit de nous, demain nous le verrons en nous, parce que c'est nous qui recevrons de lui, quand il se montrera à nous et nous attirera: à lui. C'est là ce qu'il a promis de nous servir en passant (Luc. XII, 37); mais en attendant nous recevons de sa plénitude non pas gloire pour gloire, j'en conviens, mais grâce pour grâce, selon ces paroles du Psalmiste : « Le Seigneur nous donnera la grâce et la gloire (Psal. LXXXIII, 13). » Gardez-vous donc bien de faire peu de cas du premier de ces dons, si vous désirez recevoir le second, de dédaigner les premiers morceaux, si vous voulez goûter aux suivants, et de refuser de prendre ce qu'on vous sert, pour le plateau sur lequel on vous le sert. Car notre pacifique Sauveur s'est fait plateau incorruptible en se donnant un corps inaccessible à la corruption, dans lequel il nous servît les mets du salut. Il est dit, en effet : « Vous ne souffrirez point que votre Saint éprouve la corruption (Psal. XV, 11). » Or il est certainement question en cet endroit de celui dont parlait Gabriel quand il disait à Marie : « Le Saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu (Luc, I, 35). »

4. Soyons donc sanctifiés aujourd'hui par ce Saint-là, afin que nous voyions sa majesté lorsque le jour aura lui; car il n'y a encore que le jour de la sanctification, le jour du salut qui a lui pour nous, non point le jour de gloire et de félicité. D'ailleurs, tant qu'il n'est encore question que de la passion du Saint des saints qui souffrit le jour du Parasceve, c'est-à-dire le jour de la préparation, il est juste qu'on nous dise à tous : « Sanctifiez-vous aujourd'hui et tenez-vous prêts. » Oui, sanctifiez-vous en marchant tous les jours de vertu en vertu, et tenez-vous prêts à persévérer. Mais en quoi nous sanctifierons-nous? J'ai lu de quelqu'un, dans l'Ecriture, que le Seigneur « l'a sanctifié dans sa foi et dans sa douceur (Eccli. XLV, 4). » Il est, en effet, aussi impossible de plaire aux hommes sans la douceur que d'être agréable à Dieu sans la foi. Il est donc bien à propos que nous soyons avertis de nous tenir prêts dans les choses par lesquelles nous plairons à Dieu dont nous devons voir la majesté et mutuellement à nous autres hommes aussi, afin que nous la voyions en nous tous également. Nous devons donc faire provision de vertus, non-seulement devant Dieu, mais aussi devant les hommes pour être agréables en même temps à notre Roi et à nos concitoyens qui sont aussi nos compagnons d'exil.

5. Mais ce qu'il faut chercher avant tout, c'est la foi dont il est dit « Il a purifié leur coeur par la foi (Act. XV, 9). » En effet, bienheureux ceux qui ont le cœur pur parce qu'ils verront Dieu (Matth. V, Cool. Abandonnez-vous donc à Dieu, confiez-vous à lui, jetez en lui toutes vos pensées, il vous nourrira et vous pourrez vous écrier : «Le Seigneur prend soin de moi (Psal. XXIX, 18). » Voilà ce que ne goûtent point ceux qui aiment leur propre personne, ces demi-savants toujours inquiets pour eux-mêmes, qui accomplissent tous les désirs de la chair, et sont sourds à la voix de celui qui a dit: « Jetez dans son sein toutes vos inquiétudes et vos peines parce qu'il a soin de vous (I. Petr. V, 7). » Car mettre la confiance en soi, ce n'est pas de la confiance, c'est de la trahison, avoir foi en soi, c'est se défier, non se confier. Le vrai fidèle est celui qui ne croit point en soi, n'espère point en soi, est à ses yeux comme un vase fêlé, et perd son âme; mais de manière à la garder pour l'éternité. Or, il n'y a qu'un cœur plein d'humilité qui puisse faire cela, qui empêche l'âme fidèle de compter sur soi, et la force à se quitter elle-même pour s'élever enfin comme du désert, appuyée sur son bien-aimé et par conséquent inondée de délices.

6. Mais pour que notre sanctification soit parfaite, il faut encore que nous apprenions du Saint des saints la mansuétude et la grâce de la vie en commun, selon ces propres paroles du maître : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur (Matth. XI, 29). » Qu'est-ce qui nous empêche de dire que celui qui est doux, plein de mansuétude et de miséricorde, qui s'est fait enfin tout à tous, qui répand sur tous ses semblables l'huile de sa douceur et de sa mansuétude, dont il est lui-même si pénétré, si arrosé et si ruisselant, qu'il semble la laisser couler de tout son être, est effectivement inondé de délices? Heureux celui qui s'est préparé par cette double sanctification, et peut dire : « Mon cœur est tout prêt, Seigneur, mon cœur est tout prêt (Psal. LVI, Cool. » Il a en effet produit aujourd'hui son fruit dans la sanctification, et demain il aura pour fin la vie éternelle, car il verra la majesté de Dieu, ce qui n'est autre chose que posséder la vie éternelle, selon ce mot de la vérité même : « La vie éternelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul Dieu véritable et Jésus-Christ que vous avez envoyé (Joan. XVII, 3). » Le juste juge lui donnera ce jour-là une couronne de justice que nulle autre ne remplacera plus jamais. Il verra alors et nagera dans la joie, il sera dans l'admiration et son coeur se dilatera de bonheur. Mais jusqu'où se dilatera-t-il ?Jusques au point de voir la majesté de Dieu: en soi. Ne pensez pas, mes frères, qu'il me soit possible de vous expliquer cette promesse par des paroles.

7. Sanctifiez-vous donc aujourd'hui et tenez-vous prêts, demain vous verrez et vous serez dans la joie, mais dans une joie qui remplira tout votre cœur. En effet que ne pourrait remplir une pareille majesté? Elle le remplira donc par dessus les bords au point de le faire déborder lorsque « on versera dans votre sein une bonne mesure, bien pressée et bien entassée, qui se répandra par-dessus les bords Luc. VI, 36). » La mesure sera tellement comble qu'elle surpassera en hauteur, non-seulement vos mérites, mais nos veaux mêmes, car Dieu peut faire bien plus que nous ne saurions comprendre et espérer. En effet, tous nos veaux semblent se rapporter à ces trois choses : l'honnête, l'utile et l'agréable; oui, là se bornent tous nos désirs; voilà ce que nous souhaitons tous avoir, avec cette seule différence que les uns désirent plus une chose et les autres une autre. Ainsi, tel homme est tellement adonné au plaisir qu'il ne songe même plus ni à ce qui est honnête, ni à ce qui est utile; tel autre, au contraire, est si avide de biens qu'il ne voit ni ce qui est honnête, ni même ce qui est agréable; et ce troisième, se mettant aussi peu en peine de l'utile que de l'agréable, ne songe avant tout qu'à ce qui lui fait honneur. Tous ces veaux n'ont rien de répréhensible, et si nous recherchions l'objet de ces désirs en Dieu, nous l'y trouverions certainement, attendu que là où ils sont en effet, ils ne font qu'un; car le souverain bien n'est autre chose que ce qui est souverainement honnête, utile et agréable. Or, c'est là précisément, autant toutefois que notre esprit peut le comprendre, l'objet de notre attente et la promesse qui nous est faite de voir la majesté de Dieu en nous, en sorte que Dieu sera tout en tous, c'est-à-dire sera tout à la fois pour nous, l'agréable, l'utile et l'honnête.

Source abbaye-saint-benoit.ch

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 766604 )Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey par ami de la Miséricorde (2014-12-24 11:22:59) 
[en réponse à 766602]

§ IV. La perfection consiste-t-elle dans les préceptes ou les conseils ?

337. A) La perfection exige tout d'abord et impérieusement l'accomplissement des préceptes; et il importe d'inculquer fortement cette notion à certaines personnes qui, par exemple, sous prétexte de dévotion, oublient leurs devoirs d'état, ou, pour pratiquer l'aumône avec plus d'éclat, retardent indéfiniment le paiement de leurs dettes, en un mot, à toutes celles qui négligent tel ou tel précepte du Décalogue en visant à une plus haute perfection. Or il est évident que la violation d'un précepte grave, comme celui de payer ses dettes, détruit en nous la charité, et que le prétexte de faire l'aumône ne peut justifier cette infraction à la loi naturelle. De même la violation volontaire d'un précepte en matière légère est un péché véniel, qui, sans détruire la charité, en gêne plus ou moins l'exercice, et surtout offense Dieu et diminue notre intimité avec lui ; c'est vrai surtout du péché véniel délibéré et fréquent qui crée en nous des attaches et nous empêche de prendre notre essor vers la perfection. Il faut donc, avant tout, pour être parfait, observer les préceptes.

Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey, Desclée and Co, 1923

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/fleche2.gif  ( 766644 )Merci de nous permettre par Jean Ferrand (2014-12-24 16:36:29) 
[en réponse à 766602]

Merci de nous permettre, comme chaque année, d'accéder à l'ancienne forme de l'Annonce de Noël. Elle nous rappelle que Jésus est bien né, selon la tradition, en l'an - 2. Je la reproduis ici pour mémoire, avec quelques commentaires.


LE HUIT DES CALENDES DE JANVIER.

L’an de la création du monde, quand Dieu au commencement créa le ciel et la terre, cinq mille cent quatre-vingt-dix-neuf : du déluge, l’an deux mille neuf cent cinquante-sept : de la naissance d’Abraham, l’an deux mille quinze : de Moïse et de la sortie du peuple d’Israël de l’Égypte, l’an mille cinq cent dix : de l’onction du roi David, l’an mille trente-deux : en la soixante-cinquième Semaine, selon la prophétie de Daniel : en la cent quatre-vingt-quatorzième Olympiade : de la fondation de Rome, l’an sept cent cinquante-deux : d’Octavien Auguste, l’an quarante-deuxième : tout l’univers étant en paix : au sixième âge du monde : Jésus-Christ, Dieu éternel et Fils du Père éternel, voulant consacrer ce monde par son très miséricordieux Avènement, ayant été conçu du Saint-Esprit, et neuf mois s’étant écoulés depuis la conception, naît, fait homme, de la Vierge Marie, en Bethléhem de Judée : LA NATIVITÉ DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST SELON LA CHAIR !

« LE HUIT DES CALENDES DE JANVIER. » C'est le 25 décembre, huit jours avant la nouvelle année.

La nouvelle formule de l'Annonce a supprimé les mentions de l'âge du monde et de l'année depuis le déluge, peu compatibles avec la science moderne.

A quelques années près, cette chronologie correspond à celle que propose Gérard Gertoux sur son site.

« de la naissance d’Abraham, l’an deux mille quinze ». Gertoux, d'après la Bible, compte 2036 ans depuis la naissance d'Abraham au lieu de 2015.

« de Moïse et de la sortie du peuple d’Israël de l’Égypte, l’an mille cinq cent dix. » Gertoux, toujours d'après la Bible fixe le passage de la Mer Rouge en – 1533. La différence est minime. Mais l'entrée en Canaan, sortie définitive d’Égypte aurait eu lieu 40 ans après, en – 1493. La nouvelle formule de l'Annonce de Noël, d'une manière tout à fait erronée, place la sortie d’Égypte au treizième siècle avant notre ère et non pas au seizième.

« de l’onction du roi David, l’an mille trente-deux ». Gertoux fixe le sacre de David, le premier, en l'an - 1057. La chronologie actuellement admise (mais fausse) retarde le règne de David et le voit au neuvième siècle avant notre ère, au lieu du dixième.

« en la soixante-cinquième Semaine, selon la prophétie de Daniel » Il faut lire : la 65e semaine d'années. D'après Gertoux la 65e semaine d'années de la prophétie de Daniel se place de l'an – 6 à l'an + 1, soit comme son nom l'indique sept années. Ces dates correspondent remarquablement avec le reste de l'Annonce (le Christ, on le verra, étant né en – 2.)

«  en la cent quatre-vingt-quatorzième Olympiade ». La 194e Olympiade court de juillet – 4 à juillet + 1. Là encore remarquable coïncidence avec le reste de l'Annonce. Cette 194e Olympiade exclut formellement une mort d'Hérode en début – 4, et une naissance de Jésus antérieure à cette date, contrairement à ce qui est admis usuellement aujourd'hui.

«  de la fondation de Rome, l’an sept cent cinquante-deux ». C'est la mention fondamentale pour déterminer l'année de naissance du Sauveur. Elle correspond à l'an – 2, en calendrier julien. Cette date nous est indiquée par de nombreux Pères de l’Église. Irénée de Lyon (Adv. Hae. III, 21, 3). Clément d'Alexandrie (Stromates, I, 21, 145). Hippolyte de Rome (Commentaire sur Daniel, IV, 23). Tertullien (Contre les Juifs, VIII, 11, 75). Origène (Homélies sur Luc 3, 1). Eusèbe de Césarée (H.E., I, 5, 2). Épiphane de Salamine (Panarion, LI, 22, 3). Orose (Histoires contre les païens, VI, 22, 1 ) …

«  d’Octavien Auguste, l’an quarante-deuxième ». Les Pères de l’Église comptaient le principat d'Octave-Auguste à partir de son second triumvirat, en Octobre – 43. La 42e année d'Auguste court donc d'Octobre – 2 à Octobre – 1. Cela nous fournit une remarquable précision. Non seulement le Christ serait né en – 2, mais encore en fin – 2, à partir d'Octobre. Plus précisément encore par d'autres calculs, à partir de la succession des 24 classes de prêtres dans le Temple de Jérusalem, Gertoux (voir son site) fixe la naissance du Christ aux alentours du 1er Tishri, soit vers le 29 septembre – 2.

« tout l’univers étant en paix ». C'est une tradition chez les Pères de l’Église que le Christ est né à un moment où tout l'univers était en paix. Mais plus précisément nous savons par l'historien chrétien Orose que c'est bien en l'an 752 de Rome, l'année de naissance du Christ, qu'Auguste ferma pour la troisième fois le temple de Janus, indiquant par là une paix universelle.

N.B. L'historien classique Dion Cassius nous informe qu'Auguste a fermé trois fois le temple de Janus au cours de son principat. Il donne la date des deux premières fois, en 725 et 729 de Rome (- 29 et - 25) . Il n'indique pas la date de la troisième. Mais on peut remarquer que la partie de son Histoire Romaine qui couvrait les années de – 6 à + 4 est perdue. La troisième fermeture du temple de Janus pouvait fort bien se situer dans ce créneau. Et Orose, historien du Ve siècle, qui disposait de toute l’œuvre de Dion Cassius a pu y lire la date de cette troisième fermeture.

« au sixième âge du monde. » Pour les six âges du monde, voici ce que j'ai trouvé sur internet.
 
On divise ordinairement tous les temps qui ont précédé la naissance de Jésus-Christ, en six âges.
Le premier s'étend depuis le commencement du monde jusqu'au déluge, et comprend mille six cent cinquante-six ans.
Le second âge, depuis le déluge jusqu'à la venue d'Abraham dans la Terre promise, en 2082. Il comprend quatre cent vingt-six ans.
Le troisième âge du monde, depuis l'entrée d'Abraham dans la terre promise, jusqu'à la sortie d'Egypte, en l'an du monde 2513. Il comprend quatre cent trente ans.
Le quatrième âge, depuis la sortie d’Égypte, jusqu'à la fondation du temple par Salomon, en l'an du monde 2992. Il comprend quatre cent soixante et dix-neuf ans.
Le cinquième âge du monde, depuis que Salomon eut jeté les fondements du temple, jusqu'à la captivité de Babylone, en l'an du monde 3416. Cet âge comprend quatre cent vingt-quatre ans.
Le sixième âge du monde s'étend depuis la captivité de Babylone, jusqu'à la naissance de Jésus-Christ, arrivée en l'an du monde 4000, la quatrième année avant l'ère vulgaire. Cet âge comprend cinq cent quatre-vingt-quatre ans.

J'ai lu quelque part que cette division de l'histoire avant Jésus-Christ en 6 âges du monde remonterait à saint Jérôme et à saint Augustin.

On peut se demandait pourquoi le pape Benoît XVI, qui dans son livre sur l'enfance du Christ fixait la naissance du Christ vers l'an 6 ou l'an 7 ou l'an 8 avant notre ère, n'a pas tenté de modifier l'Annonce liturgique de la fête de Noël qui le contredit de façon aussi nette. Mais il y a une raison bien simple : c'est qu'il n'avait aucune date précise et assurée à proposer pour corriger l'Annonce. Il l'a donc laissée en l'état.
images/icones/bravo.gif  ( 766650 )Joyeux Noël à vous Jean ! par Jean-Paul PARFU (2014-12-24 18:36:12) 
[en réponse à 766644]

Et merci pour vos posts !
images/icones/bible.gif  ( 766666 )Sur le 1er recencement de Quirinius par Jean-Paul PARFU (2014-12-25 05:27:23) 
[en réponse à 766650]

Voir ce qu'écrit la référence de Jean Ferrand ici
images/icones/livre.gif  ( 766667 )Discussion sur la date par Jean-Paul PARFU (2014-12-25 06:34:17) 
[en réponse à 766666]

de la mort de Hérode le Grand clic