Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=766298
images/icones/croix_byzantine.png  ( 766298 )Sainte Liturgie par Signo (2014-12-20 19:35:54) 

Dans un précédent fil, un intervenant me demandait des exemples de textes et d'ouvrages mettant en exergue les richesses spirituelles et théologiques du rite du Bx Paul VI.
"Le Saint Père, en diverses occasions et notamment dans le motu proprio Summorum Pontificum, a insisté sur le rôle catéchétique de la liturgie, invoquant l’adage lex orandi – lex credendi. Il reste sans doute beaucoup à travailler dans ce sens pour que la liturgie puisse pleinement jouer ce rôle à l’égard de l’ensemble des fidèles. En particulier, les prières eucharistiques de la liturgie romaine rénovée à Vatican II offrent des richesses doctrinales largement méconnues. Voici un essai de mise en lumière de ces richesses, rédigé par Mgr Patrick LE GAL commentant l’apport catéchétique des prières eucharistiques.

Richesses méconnues des prières eucharistiques de la
liturgie romaine de la messe
rénovée à Vatican II [1]



En 1978 paraissait à titre posthume un petit recueil de conférences adressées à des religieuses par le chanoine D.J. Lallement [2]. Le livret était intitulé Bienfaits spirituels de la nouvelle liturgie romaine de la messe ; tout un programme en ces années-là ! Il s’agissait de guider ces saintes religieuses dans une découverte approfondie de la liturgie romaine rénovée, susceptible de nourrir leur piété et leur foi dans le mystère eucharistique.

Cette lecture me fut, je crois, d’un grand profit pour discerner les richesses spirituelles et théologiques dont le nouvel ordomissae était porteur, mais qu’il n’était peut-être pas si évident de découvrir d’emblée. Je crains même que, trente ans plus tard, beaucoup n’aient toujours pas su déceler ces trésors ; d’où bien des misères et des malentendus susceptibles de survenir, voire de proliférer.

Aujourd’hui, la parole du Saint Père par rapport à la liturgie nous appelle à vivre un effort de réconciliation à l’intérieur de l’Eglise. Cette réconciliation pourrait sûrement se fortifier grâce à une attention commune à la mise en valeur de la liturgie, chacun s’efforçant de faire bénéficier l’autre des richesses entrevues. Dans ce contexte, il m’est apparu opportun d’évoquer quelques bienfaits méconnus -je le crois- des prières eucharistiques de la liturgie romaine de la messe rénovée à Vatican II, bienfaits qui sont certes aussi présents dans la forma antiquior de la liturgie, mais de façon peut-être moins explicite.

Je voudrais ainsi proposer quatre remarques.

1 – Explicitation du mystère trinitaire

Nul n’est besoin ici de souligner le caractère central, dans notre foi chrétienne, du dogme trinitaire et, en même temps, le déficit considérable, sur le plan catéchétique ou de l’intelligence de la foi, concernant la Trinité dans le peuple chrétien. Dans le contexte de pays de tradition chrétienne où se démultiplie la présence de fidèles musulmans, il est évidemment urgent, tant pour l’affermissement de la foi des plus jeunes que pour l’annonce explicite de la foi trinitaire dans notre monde, de nous fortifier à cet égard. La seule mention des trois personnes de la Sainte Trinité dans la doxologie finale ou les paroles accompagnant le signe de la croix, ne suffisent sans doute pas à ce que la liturgie puisse à cet égard jouer son rôle catéchétique. La fête de la Sainte Trinité étant bien souvent célébrée, en même temps que des premières communions ou des professions de foi, le rythme des catéchèses trinitaires reste bien faible !

Mais chaque dimanche, voire chaque jour, la participation à la célébration de la messe peut nous donner, à travers l’écoute des paroles des prières eucharistiques II, III ou IV, de réentendre non seulement l’évocation explicite de ces trois personnes divines, mais aussi l’évocation de leur mission propre et de leurs relations mutuelles [3] : adressée au Père, source de tout don parfait, la prière eucharistique nous fait lui demander d’envoyer l’Esprit-Saint pour sanctifier les oblats et réaliser la présence du Christ (dans le pain et le vin consacrés) -distinction des personnes, parfaite communion dans leur action ad extra-.

2 – Petite théologie de l’Esprit-Saint

Historiquement, dans l’antiquité chrétienne, la christologie a précédé la théologie de l’Esprit-Saint. Cela explique que certains textes très anciens n’évoquent la personne de l’Esprit-Saint que dans une rapide conclusion [4].

Dans un monde sécularisé, plus que jamais, chaque chrétien, dans le combat spirituel qu’il mène, doit pouvoir s’appuyer quotidiennement sur l’Esprit-Saint et ses sept dons, ce qui implique qu’il le connaisse et sache l’invoquer personnellement, au-delà des rudiments catéchétiques transmis notamment lors de la préparation à la confirmation. Les prières eucharistiques II, III et IV (avec leurs préface propres ou leur prologue, le cas échéant) offrent -et c’est nouveau- de multiples mentions explicites à l’Esprit-Saint, qui viennent éclairer ses missions propres et rendre plus familière aux fidèles leur relation à la 3ème personne de la Sainte Trinité dans leur propre prière.

Bien sûr, l’Esprit-Saint apparaît d’abord comme celui par qui le Père vient sanctifier notamment les oblats (épiclèse) ; l’Esprit-Saint apparaît encore comme celui qui vient opérer l’unité du corps (mystique) du Christ pour ceux qui seront sanctifiés par la communion à son corps eucharistique (2ème épiclèse). L’Esprit-Saint, dans la finale du prologue de la prière eucharistique n° IV, apparaît encore comme celui qui poursuit l’œuvre (du Christ) en ce monde et achève toute sanctification, reprenant par là les explicitations déjà présentes dans l’évangile selon saint Jean où l’Esprit-Saint est désigné comme le 2ème paraclet [5], ou dans la théologie des Actes où l’action de l’Esprit-Saint est décrite avec les verbes mêmes qui servent à qualifier l’action du Christ ressuscité [6].

3 – Acclamation au Christ

Après la consécration vient directement, dans la forme extraordinaire du rite romain, la prière Unde et memores qui souligne les deux éléments qui caractérisent le mystère eucharistique : « il est commémoration ou anamnèse et il est oblation ou sacrifice » [7].

Dans la liturgie rénovée après Vatican II, la dimension de commémoration ou d’anamnèse fait l’objet d’une proclamation par le peuple des fidèles qui prend place avant la prière Unde et memores (ou son équivalent dans les prières eucharistiques II, III et IV). Cette acclamation présente plusieurs caractéristiques qui méritent d’être soulignées et respectées, notamment par les auteurs de musique liturgique, faute de quoi, on risque d’en perdre tout le bénéfice. Cette acclamation donc s’adresse directement au Christ. C’est un point capital. Toute la prière eucharistique s’adresse au Père, mais à ce moment, la consécration ayant rendu le Christ présent dans le pain et le vin consacrés, le peuple des fidèles peut s’adresser à lui, pour manifester qu’il croit en sa présence sacramentelle dans les espèces consacrées.

Cette acclamation est encore l’occasion pour tout le peuple des fidèles de confesser explicitement sa foi au Christ mort et ressuscité, et de reconnaître que la liturgie de la messe nous met en présence du mystère de la croix ou -plus exactement- du Christ dans son mystère pascal : mort, résurrection et glorification.

Enfin, cette acclamation est aussi occasion de faire grandir l’espérance théologale des fidèles en renouvelant leur attente du retour du Christ en gloire, accomplissement de l’histoire du salut : Nous attendons ton retour dans la gloire.

4 – Espérance eschatologique

Dans cette acclamation d’anamnèse que nous venons d’évoquer se trouve un élément nouveau par rapport au contenu de la commémoration évoqué dans la prière Unde et memores du canon romain. Il s’agit précisément de cette proclamation de notre attente du retour du Christ en gloire. A proprement parler, il ne s’agit plus ici de commémoration, sinon de faire mémoire de la promesse faite par le Christ de son second avènement à la fin des temps [8]. C’est toute la spiritualité du temps de l’Avent (du moins de la 1ère partie de l’Avent jusqu'au 17 décembre) qui est ici proposée réintégrant la nécessaire perspective du second avènement dans le « jeu » des trois venues du Christ dont parle saint Bernard [9].

Cette espérance et cette attente du second avènement du Christ et de la vie éternelle, dans son lien avec la grâce propre de la communion eucharistique, étaient déjà admirablement formulées par saint Thomas d’Aquin dans l’antienne à Magnificat qu’il avait rédigée pour l’office du Très Saint Sacrement : « … recólitur memória passiónis eius, mens implétur grátia et futúrae glóriae nobis pignus datur.» ; nous ne saurions recevoir les arrhes sans désirer le tout. Cette antienne tout entière serait à mettre en regard de la proclamation d’anamnèse avec ses trois temps et la tension eschatologique qui l’anime : mémoire de la Passion, grâce de la présence, attente de l’accomplissement à la Parousie.

Cette invitation portée par l’anamnèse à s’associer au cri ultime de l’auteur de l’Apocalypse : « Amen, viens Seigneur Jésus ! » (Ap. 22, 20) se nourrit et s’accompagne d’une explicitation très heureuse de ce à quoi nous sommes appelés dans l’ordre de la vie éternelle : la prière eucharistique n° II dans le memento des défunts nous fait demander en leur faveur : eos in lumen vultus tui admitte, qui est un appel non seulement à être admis dans la lumière et la présence de Dieu, mais bien à le voir face à face, ce qui est l’objet de notre espérance eschatologique.

Ces différents points -évoqués de façon bien rapide- mériteraient sans doute une étude plus précise et approfondie. Mon intention modeste n’était pas d’épuiser le sujet, mais simplement de souligner comment l’attention aux mots de notre prière pouvait venir soutenir notre intelligence de la foi et –par là- nous permettre une célébration plus vive et plus fructueuse du mystère.

J’ai pris l’exemple des prières eucharistiques II, III et IV, qui me semble parlant et en bonne partie méconnu. Il y aurait sûrement matière à un exercice analogue avec le canon romain pour le faire « parler » davantage à l’intelligence croyante des fidèles, par exemple en le commentant à partir des catéchèses des basiliques de Ravenne où il est admirablement traduit dans les mosaïques qui les ornent..



Patrick LE GAL
Evêque aux Armées Françaises




[1] Ce texte reproduit in extenso une contribution écrite adressée aux organisateurs du Colloque organisé par le C.I.E.L. (Centre International d’Etudes Liturgiques) en novembre 2007.
[2] Le chanoine D.J. Lallement (1892-1977), disciple du Père Garrigou-Lagrange, enseigna la philosophie à l’Institut Catholique de Paris, à partir de 1921, restant avant tout un théologien et un spirituel.
[3] Dans la prière eucharistique n° II, cette double indication concernant les personnes de la Sainte Trinité est déjà anticipée dans la préface propre. Dans la prière eucharistique n° III, l’introduction évoque déjà les trois personnes de la Sainte Trinité, avant que l’épiclèse n’y revienne ; dans la prière eucharistique n° IV : l’articulation de l’action des trois personnes de la Sainte Trinité est soulignée à la fin du prologue.
[4] C’est le cas pour, par exemple, l’hymne Gloria in excelcis Deo. Dans les cantiques insérés dans la Bible grecque à la suite des psaumes, on trouve une version ancienne du Gloria qui ne comporte encore aucune mention du Saint Esprit. (LXX, éd. de Stuttgart, 1935, vol. II, 181)
[5] Cf. Jn 14,16 et 14,26
[6] Cf. Jules Lebreton, Les origines du dogme de la Trinité, Paris 1910, p. 286 ss
[7] J.-A. Jungman, Missarum Sollemnia, Paris 1953, Vol. II, p. 136
[8] On trouve déjà cet élargissement de l’anamnèse dans les constitutions apostoliques et plus encore dans de nombreux formulaires orientaux, notamment en Syrie dès le IVème siècle (cf. Jungman – op. Cit. II pp. 139-140)
[9] « Nous savons qu’il y a une triple venue du Seigneur. La troisième se situe entre les deux autres. Celles-ci, en effet, sont manifestes, celle-là, non. Dans sa première venue il a paru sur la terre et il a vécu avec les hommes, lorsque -comme lui-même en témoigne- ils l’ont vu et l’ont pris en haine. Mais lors de sa dernière venue, toute chair verra le salut de notre Dieu et ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé. La venue intermédiaire, elle, est cachée : les élus seuls la voient au fond d’eux-mêmes, et leur âme est sauvée. Ainsi il est venu d’abord dans la chair et la faiblesse ; puis, dans l’entre-deux, il vient en esprit et en puissance ; enfin il viendra dans la gloire et la majesté. » Sermon pour l’Avent 5, 1-3 – éd. cist. 4, 188-190

Pour se procurer l'ouvrage du P. Lallement, voir ICI

Source de l'article ICI
images/icones/neutre.gif  ( 766306 )Remarques par Meneau (2014-12-20 22:46:46) 
[en réponse à 766298]

Ad 1 - Explication du mystère trinitaire :

1.1 - le nouvel ordo a supprimé la récitation fréquente de la Préface de la Ste Trinité, qui évoquait très bien le mystère trinitaire.

Il est vraiment juste et nécessaire,
c’est notre devoir et c’est notre salut,
de vous rendre grâces toujours et partout,
Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant :
Avec votre Fils unique, et le Saint-Esprit,
vous êtes un seul Dieu, un seul Seigneur,
non dans l’unité d’une seule personne,
mais dans la Trinité d’une seule substance.
Car ce que nous croyons au sujet de votre gloire,
sur la foi de votre révélation,
de votre Fils et du Saint-Esprit,
nous le croyons aussi, sans aucune différence.
En sorte que, confessant la vraie et éternelle Divinité,
nous adorons et la propriété dans les personnes
et l’unité dans l’essence
et l’égalité dans la majesté.
etc


1.2 - le nouvel ordo a supprimé le Suscite Sancta Trinitas, acte d'offrande du sacrifice à la Ste Trinité, et le Placeat tribi Sancta Trinitas

Ad 2 - Esprit-Saint
2.1 - dans l'ancien Ordo, on récite le Credo systématiquement, dans lequel l'Esprit-Saint et sa relation avec les autres personnes de la Trinité est explicité. Dans le nouvel Ordo... on devrait le réciter aussi. On devrait...
2.2 - mais il est vrai que l'Esprit Saint apparaît plus souvent dans le nouvel ordo.

Ad 3 & 4 - acclamation et espérance eschatologique : reste à savoir si c'est une bonne chose, de déplacer l'attention sur la venue du Christ à la fin des temps, quand il vient tout juste de se rendre substantiellement présent, Corps et Sang sur l'autel. Ajouté au fait que la lecture des paroles de la consécration n'est plus mise en valeur comme par le passé, tout cela concourt à affadir la notion de Présence Réelle.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 766310 )Il est effectivement important de souligner ... par Ion (2014-12-20 23:37:16) 
[en réponse à 766298]

... la présence explicite, dans les prières eucharistiques 2, 3 et 4 de la double épiclèse. Par la première, l'Esprit Saint est appelé sur les oblats (la première offrande) et par la seconde sur l'assemblée tout entière (la deuxième offrande). Cela nous fait comprendre de manière lumineuse comment nous-mêmes devenons une éternelle offrande à la gloire du Père, en nous unissant à Son Fils.

Dans la prière eucharistique n°1 (canon romain), si la première épiclèse peut être considérée comme implicite au moment du Hanc Igitur, il est bien difficiel de trouver la deuxième.

Ion

images/icones/neutre.gif  ( 766316 )? par Meneau (2014-12-21 00:18:10) 
[en réponse à 766310]


Cela nous fait comprendre de manière lumineuse comment nous-mêmes devenons une éternelle offrande à la gloire du Père, en nous unissant à Son Fils.



C'est vrai de la III et de la IV, mais pas de la II. La II n'en fait pas plus que ne le faisant le Memento des vivants.

Cordialement
Meneau

images/icones/neutre.gif  ( 766317 )Cette fameuse II, d'ailleurs... par Meneau (2014-12-21 00:31:42) 
[en réponse à 766316]

... qui va même jusqu'à demander intercession pour les damnés, quand la IV ajoute au moins un ambigü "dont toi seul connais la foi"...

Cordialement
Meneau
images/icones/1n.gif  ( 766319 )Quoi ? par Ion (2014-12-21 01:28:23) 
[en réponse à 766317]

Je vous laisse traduire, et si vous y trouvez une notion de damnés pour lesquels on intercèderait ... alors ... c'est que votre latin est particulier !

Meménto etiam fratrum nostrórum, qui in spe resurrectiónis dormiérunt, omniúmque in tua miseratióne defunctórum, et eos in lumen vultus tui admítte.


Ion
images/icones/neutre.gif  ( 766327 )Encore une traduction française frauduleuse ? par Meneau (2014-12-21 08:55:36) 
[en réponse à 766319]

Vous avez bien entendu raison de vous référer au texte latin. La traduction que j'ai trouvée est la suivante (ICI, ICI, ou encore ICI):


P : Souviens-toi aussi de nos frères qui se sont endormis dans l’espérance de la résurrection, et de tous les hommes qui ont quitté cette vie : reçois-les dans ta lumière, auprès de toi.



N'est-ce pas la traduction en vigueur en France ? Manque-t-elle de fidélité au texte latin ? Parce que moi j'y vois qu'on demande intercession pour tous les morts sans distinction, donc damnés compris.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 766332 )Même la traduction française ... par Ion (2014-12-21 12:19:30) 
[en réponse à 766327]

... ne mérite pas votre interprétation d'intercession pour les damnés. Et ce, pour deux raisons :
- Ceux qui ont quitté cette vie. Ce cette indique tout naturellement la perspective d'une autre vie, et non pas la mort. Si on avait dit, ceux qui sont morts, ce serait peut-être différent.
- En tout état de cause, quand on a plusieurs nterprétations possibles d'une phrase, on la prend dans le sens que l'Eglise veut lui donner. Or, l'Eglise enseigne l'existence de l'enfer, et en la damnation éternelle, donc il n'y a pas de problème.

De même quand je dis le Notre Père et sa traduction défectueuse, en aucun cas je ne prononce ces phrases en voulant, dans mon coeur, demander à Dieu qu'il ne me soumette pas à la tentation, mais bien plutôt qu'il m'aide à éviter d'y succomber.

Mais, cher Meneau, ce que je regrette ici, comme souvent d'ailleurs, c'est que l'on ne puisse pas parler de la richsse d'un missel sans que cela soit considéré comme une critique de l'autre. Voilà un fil qui a commencé avec le simple désir de mttre en exergue certaines richesses du missel réformé notamment ans ses nouvelles prières eucharistiques. Il n'était pas question de critiquer l'ancien missel ni la prière eucharistique n°1.

Le jour où chacun pourra parler de ce qui le nourrit sans pour autant refuser que l'autre puisse se nourrir autrement, on aura tous fait un grand pas.

Ion

images/icones/neutre.gif  ( 766337 )Ben quoi ? par Meneau (2014-12-21 13:10:24) 
[en réponse à 766332]

On nous présente des arguments "mettant en exergue les richesses spirituelles et théologiques du rite du Bx Paul VI", et on n'aurait pas le droit d'en discuter ? Contrairement à ce que vous dites, je n'ai pas perçu le post initial de ce fil comme une critique de l'ancien Ordo, je me contente d'argumenter factuellement sur les "richesses spirituelles" qui nous sont présentées.

J'ai reconnu la présence accrue de l'Esprit Saint dans certaines prières eucharistiques, mais je me contente d'exposer factuellement pourquoi ce que vous dites n'est pas vrai de la II.

Quant à la traduction de la II, je suis désolé, mais votre argumentation n'est pas convaincante.


Ceux qui ont quitté cette vie. Ce cette indique tout naturellement la perspective d'une autre vie, et non pas la mort. Si on avait dit, ceux qui sont morts, ce serait peut-être différent.



Pour un catholique qui croit encore en quelque chose, il y a une vie après la mort. Fort bien. Mais cette vie après la mort est soit au ciel, soit en enfer (soit au purgatoire). Donc quand on dit "et de tous ceux qui ont quitté cette vie", surtout en opposition à "Souviens-toi aussi de nos frères qui se sont endormis dans l’espérance de la résurrection, ", on parle indistinctement des bienheureux et des damnés. Peut-être que vous, vous êtes bien formé, et savez à quoi vous en tenir quant au sens que l'Eglise veut donner à ce texte. Est-ce la cas de tous ceux qui entendent cela tous les dimanches à la Messe en français ?

Certaines traductions anglaisse, par exemple, semblent plus fidèle au texte officiel :

Remember also our brothers and sisters who have fallen asleep in the hope of the resurrection, and all who have died in your mercy:



D'autres par contre sont tout aussi déficientes :

Remember our brothers and sisters who have gone to their rest in the hope of rising again; bring them and all the departed into the light of your presence.



Oui, les traducteurs officiels du missel en français sont des faussaires ! (On pourrait aussi parler du "pro multis" traduit en "pour tous". Vous ne voyez pas la coïncidence ?).

Cordialement
Meneau
images/icones/1g.gif  ( 766340 )Décidément ... par Ion (2014-12-21 14:35:52) 
[en réponse à 766337]

... j'ai du mal à croire que vous avez une attitude sereine sur ces sujets. Votre insistance à me contredire me semble exagérée.

Vous semblez penser qu'il y a un risque que ceux qui entendent la prière 2 tous les dimanches (ce qui de toute manière n'est pas le cas car il y a souvent variation d'un dimanche à l'autre des prières eucharistiques) puissent en sortir en pensant que l'Eglise a changé sa doctrine sur l'enfer. Je n'en crois rien, restant convaincu, encore une fois, que le terme de cette vie est au contraire la manifestation de la croyance en une autre vie. Et non pas d'une autre vie dans la mort de l'enfer, mais une vie donnée par la nourriture du Pain de Vie qui fera que nous n'aurons plus jamais faim.

Quant à la Prière 2, je maintiens que l'invocation du Saint Esprit y est aussi particulièrement présente, notamment aux deux épiclèses. Que la notion d'offrande de toute l'assemblée ne soit qu'implicite à la deuxième épiclèse ne change rien au fait que les nouvelles prières eucharistiques se sont toutes les trois rapprochées de la spiritualité orientale qui met plus en valeur l'action de l'Esprit Saint au coeur du mystère eucharistique et de l'offrande du Fils au Père par l'Esprit.

Je ne vois pas qu'il soit ni juste ni nécessaire de contredire cela.

Ion
images/icones/1b.gif  ( 766342 )Et j'oubliais un dernier point par Ion (2014-12-21 15:03:51) 
[en réponse à 766340]

Pour répondre à votre "ceux qui entendent [la Prex 2] tous les dimanches", j'oubliais de rappeler que les rubriques du Missel précisent justement que cette prière eucharistique est plus indiquée pour les jours de semaine ... que pour le dimanche ! ne peut-on penser que ceux qui vont à la messe en semaine sont, comment dirais-je, plus formés ?

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 766347 )Là d'accord par Meneau (2014-12-21 16:15:52) 
[en réponse à 766342]

éventuellement pour ce qui est de ceux qui assistent à la messe en semaine. Il faudrait peut-être s'intéresser plus précisément à la question, mais en première approche OK.

Cela dit, les rubriques prévoient aussi la PREX II pour "des circonstances particulières".

Enfin, ce "en raison de ses caractéristiques propres" a toujours été pour moi un aveu implicite de la faiblesse de cette PREX.

Cordialement
Meneau
images/icones/1d.gif  ( 766431 )En passant par Nemo (2014-12-22 14:59:36) 
[en réponse à 766342]

Je ne lisais pas ce fil parce que je suis bien trop vieux pour me mettre au rite réformé malgré la promotion que lui font certains ici.

Mais je découvre une discussion sur l'influence de la doctrine exposée dans le canon sur les fidèles.

Je suis surpris car de toute antiquité le canon fut caché aux fidèles (arcane) à qui il ne s'adresse pas. Donc ce problème ne se pose que pour le célébrant exclusivement.
images/icones/1n.gif  ( 766504 )Mais le canon ne ... par Ion (2014-12-23 09:13:42) 
[en réponse à 766431]

... s'adresse pas plus au célébrant qu'aux fidèles ! Il s'adresse à Dieu le Père.

Et s'il est prononcé par le prêtre, il l'est au nom de tous les fidèles. Dire que les fidèles ne devraient pas se sentir concernés, car c'est ce que vous semblez sous-entendre, est une absurdité.

Ion

images/icones/neutre.gif  ( 766505 )Relisez par Quaerere Deum (2014-12-23 09:15:59) 
[en réponse à 766504]

ce que dit Nemo. Il ne dit pas que le canon s'adresse au célébrant.

Il dit que la question du canon ne concerne que le célébrant, qui le dit traditionnellement à voix basse.
images/icones/hein.gif  ( 766543 )Je ne dis pas ça par Nemo (2014-12-23 16:29:53) 
[en réponse à 766504]

Je dis simplement que pendant des siècles le canon a été caché aux fidèles, c'est du reste ce que voulait encore Dom Guéranger.
Donc celui qui est concerné dans cette formulation c'est le prêtre.
Or on peut penser que le prêtre a une certaine formation.
Le canon n'a jamais été destiné à l'enseignement des fidèles puisqu'il est dit à voix basse, sauf depuis la réforme.
images/icones/neutre.gif  ( 766345 )Je suis d'accord par Meneau (2014-12-21 16:05:18) 
[en réponse à 766340]

avec ça :

Quant à la Prière 2, je maintiens que l'invocation du Saint Esprit y est aussi particulièrement présente, notamment aux deux épiclèses. Que la notion d'offrande de toute l'assemblée ne soit qu'implicite à la deuxième épiclèse ne change rien au fait que les nouvelles prières eucharistiques se sont toutes les trois rapprochées de la spiritualité orientale qui met plus en valeur l'action de l'Esprit Saint au coeur du mystère eucharistique et de l'offrande du Fils au Père par l'Esprit.



Et c'est bien, et j'avoue que l'article de Signo m'en a fait prendre conscience.

Mais je ne suis (toujours) pas d'accord avec ça :

Je n'en crois rien, restant convaincu, encore une fois, que le terme de cette vie est au contraire la manifestation de la croyance en une autre vie. Et non pas d'une autre vie dans la mort de l'enfer, mais une vie donnée par la nourriture du Pain de Vie qui fera que nous n'aurons plus jamais faim.



qui est dans la droite ligne de la traduction du "pro multis" par "pour tous" ou "für alle" en Allemand. Et cette traduction "für alle" en Allemagne, malgré la correction officielle (de 2006 !!!), n'est toujours pas en vigueur...

Et je ne crois pas que "il y a un risque que ceux qui entendent la prière 2 tous les dimanches puissent en sortir en pensant que l'Eglise a changé sa doctrine sur l'enfer."

Je crois plus tôt, qu'il y a un risque que, comme la doctrine de l'Eglise sur l'enfer n'est plus que très très rarement, voire pas du tout rappelée, les fidèles n'aient en la matière que cette phrase tendancieuse qu'il est très facile de mal interpréter puisque le sens obvie des mots dit le contraire de ce que vous affirmez. Combien de catholiques croient encore en l'enfer ?

C'est pour ça qu'il est si délicat de toucher à la "lex orandi" de l'Eglise. Je ne dis pas que c'est infaisable, ni même que ce ne soit pas nécessaire, mais cela nécessite d'énormes précautions, car... vous connaissez l'adage.


Cordialement
Meneau
images/icones/1a.gif  ( 766346 )Et bien cette fois ... par Ion (2014-12-21 16:15:06) 
[en réponse à 766345]

... nous sommes à peu près d'accord.

Ion
images/icones/abbe1.gif  ( 766417 )La nouvelle traduction anglaise (aux Etats-Unis) est meilleure par Athanase (2014-12-22 11:24:07) 
[en réponse à 766337]



... et respecte mieux le texte ! Je viens de recevoir un missel commandé à la Conférence des Evêques des Etats-Unis et il semble assez honnête dans ses traductions. Les Etats-Unis sont l'un des rares pays à avoir révisé ses traductions.

Et le Missel d'autel est bon marché !

images/icones/hum2.gif  ( 766366 )Et ne nous soumettez pas par ptk (2014-12-21 21:06:11) 
[en réponse à 766332]

Dieu me soit témoin que je n'apprécie pas les nouvelles traductions plus que le nouvel ordo, mais cette traduction n'est pas si fautive.

Le petit Robert donne quatre significations à soumettre.

La première est: "mettre dans un état de dépendance",
la deuxième: "mettre dans l'obligation d'obéir",
la troisième: "présenter, proposer au jugement",
la quatrième: "exposer à une action, à un effet que l'on fait subir".

Ce que l'on reproche à la traduction c'est la quatrième signification, qui ferait de Dieu un tentateur, un être qui éprouve.

Si l'on ne retient que la première ou la deuxième signification, ne retrouve-t-on pas la même signification que dans "et ne nous laissez pas succomber à la tentation"?
images/icones/bible.gif  ( 766318 )Epiclèses de la II par Ion (2014-12-21 01:16:40) 
[en réponse à 766316]

Première épiclèse : Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit …

Deuxième épiclèse : Humblement, nous te demandons qu'en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l'Esprit Saint en un seul corps …
images/icones/1a.gif  ( 766323 )Aux origines de la PE II par Eucher (2014-12-21 03:06:20) 
[en réponse à 766318]

C’est Louis Bouyer qui contribua au moins l’un des textes par vous cités. Le Spiritus tui rore sanctifica (j’avais oublié que ceux qui continuent d’assister à la messe Paul VI en français sont encore privés de la rosée de l’Esprit-Saint ; merci de ce rappel) provient du Missale Gothicum, n. 271. Cf. Consilium ad Exsequendam Consitutionem de Sacra Liturgia, Schemata, n. 218, De Missali, 34bis, 19 martii 1967: Coetus X. De Ordine Missae, document tapuscrit, p. 49.

Cher Ion, vous qui semblez goûter cette version de la Messe, je vous conseille vivement la lecture des Mémoires du P. Bouyer. Vous connaîtrez ainsi mieux la genèse de cette prière eucharistique, entre autres.

-Eucher.
images/icones/neutre.gif  ( 766328 )Oui, donc par Meneau (2014-12-21 08:58:26) 
[en réponse à 766318]

La notion d'union au Corps Mystique y est bien, mais pas celle de l'éternelle offrande de nous-mêmes à la gloire du Père.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 766320 )Et quant au Memento des vivants ... par Ion (2014-12-21 01:42:38) 
[en réponse à 766316]

... de la Prex I, pour reprendre votre expression, et contrairement à ce que vous dites, il en fait beaucoup moins sur ce plan, les vivants ici réunis se contentant d'offrir ces présents comme sacrifice de louange, et non pas comme offrande d'eux-mêmes par l'action du Saint Esprit.

Ce n'est ni une critique, ni un jugement de valeur, juste un constat.

Ion

images/icones/neutre.gif  ( 766330 )Offrande d'eux-mêmes par Meneau (2014-12-21 09:00:20) 
[en réponse à 766320]

... qui est bel et bien absente de la PREX II.


Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, nous t’offrons, Seigneur, le pain de la vie et la coupe du salut, et nous te rendons grâce, car tu nous as choisis pour servir en ta présence. Humblement, nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps. Souviens-toi, Seigneur, de ton Église répandue à travers le monde... etc



Cordialement
Meneau