Le Forum Catholique
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( 766048 )
Le mensonge pacifiste des modernistes, par le R.P. Michel par La Porte Latine (2014-12-17 16:56:02)
Le mensonge pacifiste des modernistes, par le R.P. Michel
Ce texte est tiré des notes du 01/02/1970 du R.P. Michel, prêtre de la Congrégation du Sacré-Coeur.
Le R.P. Michel était éducateur d'enfants dans un grand collège catholique de Béziers. Ne supportant pas les ravages causés par le Concile Vatican II, il fut contraint, la mort dans l'âme, de quitter sa congrégation pour pouvoir continuer à dire la messe de toujours.
En 1978, brisé par la douleur, la mort le cueillit sur la tombe de ses parents où il s'était arrêté en se rendant à Fanjeaux après avoir accepté d'être l'aumônier des Dominicaines enseignantes fondées par Mère Anne Marie Simoulin. R.I.P.
A lire ICI

( 766057 )
D'où deux des notions auxquelles je recours assez souvent. par Scrutator Sapientiæ (2014-12-17 20:29:23)
[en réponse à 766048]
Bonsoir et merci à La Porte Latine.
Ces deux notions sont
- l'antagophobie, l'appréhension ou la détestation a priori de tout antagonisme, en lieu et place de l'annonce de la vérité,
- l'irénolâtrie, l'adoration par principe de l'irénisme, en lieu et place de l'amour de la paix, du véritable amour de la véritable paix.
En l'occurrence, j'ai recouru à ces deux notions pour identifier deux des caractéristiques de la conception dominante du dialogue interreligieux, qui sévit, souvent, à l'intérieur, et parfois, au sommet de l'Eglise, surtout depuis le milieu des années 1980.
Soumise à l'antagophobie, l'annonce de la vérité consiste à prendre bien soin de faire taire les composantes de la vérité qui divisent.
Soumis à l'irénolâtrie, l'amour de la paix consiste à prendre grand soin de dire que toutes les religions sont autant de sources de paix.
Bonne soirée et à bientôt.
Scrutator.

( 766060 )
Vous en avez oublié une par Meneau (2014-12-17 21:03:45)
[en réponse à 766057]
Le "padamalgamisme"
Cordialement
Meneau

( 766068 )
Merci beaucoup + Une brève remarque sur le QSPJisme. par Scrutator Sapientiæ (2014-12-17 23:43:09)
[en réponse à 766060]
Bonsoir et merci, Meneau.
1. Vous avez raison, le padamalgamisme est l'une formes d'intervention répressive de la police de la pensée, y compris dans des domaines qui ne relèvent ni de la politique, ni de la religion ; je pense ici au padamalgamisme qui a sévi dans le domaine du cyclisme, et qui a abouti à ce qu'il soit, de facto, interdit de faire le lien, ou de poser la question du lien, entre le recours à des produits dopants et les performances de Lance ARMSTRONG, sur le Tour de France, puisque l'un des rares médecins qui osait faire, précisément, cet "amalgame", a été ostracisé, pendant plusieurs années, par la sphère médiatique.
2. Je formule par ailleurs une brève remarque sur le QSPJisme, id est sur l'ambiance actuelle, propice à la transformation du christianisme catholique en une religion du Qui Suis-je Pour Juger.
3. J'observe tout d'abord que les catholiques QSPJistes ont plutôt tendance...à juger, en des termes parfois tout à fait malveillants, négatifs, les catholiques qui ont le courage et la franchise de dire, à leur manière, qu'ils ne sont pas QSPJistes.
4. J'observe ensuite que le QSPJisme ne fonctionne pas seulement à la suspension du jugement critique, mais fonctionne aussi à la suspension du constat objectif, notamment face aux principes ou pratiques non fidèles à l'Ecriture, à la Tradition, ou au Magistère.
5. Ainsi, ce qui est le plus choquant, dans le Qui Suis-je Pour Juger,
- n'est pas seulement qu'il laisse entendre que le jugement critique est nécessairement illégitime, puisque celui qui l'exprime le formule "forcément" à l'égard de la personne concernée, alors que l'on peut très bien juger les idées, les actions, les principes et les pratiques d'une personne, sans juger cette personne elle-même ;
- mais est aussi qu'il fait l'impasse sur la part de constat objectif qui peut et doit constituer la matière première du jugement critique : qui sommes-nous pour ne pas constater, avant tout en nous-mêmes, mais aussi, le cas échéant, chez les autres (par le recours à la correction fraternelle), bien des contradictions ou velléités, qui nous empêchent de nous tourner davantage, non avant tout vers "l'avenir", ni avant tout vers "l'extérieur", mais avant tout vers Jésus-Christ ?
6. A quand le remplacement du "Va, et ne pèche plus" présent dans l'Evangile, par un "Va, Qui Suis-je Pour Juger ?", conforme à "l'esprit de l'Evangile" ? La question mérite d'être posée !
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.

( 766088 )
Bien vu ! "Va, et ne pèche plus" ou "Va, Qui Suis-je Pour Juger ?"... par Gaspard (2014-12-18 08:42:29)
[en réponse à 766068]
Je viens de lire vos derniers posts, merci de les avoir écrits ! Bonne journée à tous UDP

( 766126 )
Pourquoi déformer ? par Ion (2014-12-18 14:06:32)
[en réponse à 766068]
Dans votre post, l'allusion aux mots du Saint Père est évidente. Et pourtant le message de ce dernier n'est pas Qui suis-je pour juger ? mais Qui suis-je pour la juger (la personne) ?
Alors pourquoi déformer les propos du St Père sur un sujet aussi grave ? A moins que ce soit involontaire de votre part, une simple distraction ... auquel cas, vous allez, bien sûr, faire immédiatement amende honorable.
Ion

( 766138 )
Ne faites pas l'enfant par Yves Daoudal (2014-12-18 14:40:09)
[en réponse à 766126]

( 766181 )
Le QSPJisme est lui-même un stéréotype. par Scrutator Sapientiæ (2014-12-18 22:23:10)
[en réponse à 766138]
Bonsoir et merci, Yves Daoudal.
J'ai remarqué le slogan en anglais qui figure au bas du sweat-shirt qui apparaît dans votre message : "just say no to stereotypes".
Il me semble que le QSPJ, ou, si vous préférez, le "WATJ", est lui-même un stéréotype ; mais voilà, il y a des stéréotypes plus légitimes que d'autres, plus compatibles avec la ligne du temps que d'autres, et il y a des expressions papales, imprécises ou imprudentes, plus facilement transformables en de tels stéréotypes, que d'autres.
Je me trompe peut-être mais il me semble que le QSPJisme, dans l'acception neutralisatrice du regard chrétien dont je viens de "parler" à Ion, est l'une des sources d'inspiration des innovations que l'on a déjà commencé à légitimer au sein même de l'Eglise, à l'occasion du dernier Synode ; je vous remercie de me dire ce que vous en pensez.
Par curiosité, je suis allé voir quel usage est fait de cette expression du Pape François par des catholiques "miséricordistes", sur quelques blogs de chrétiens "de gauche" ; ces catholiques croient-ils que le Pape a vraiment dit : "Qui Suis-je Pour Juger", ou savent-ils que le Pape a vraiment dit : "Qui suis-je pour LE juger" ?
Peu importe, en un sens, car le mal est fait :
- d'une part, ce sont ces catholiques qui se croient ou se disent le plus en phase avec le véritable fond de la pensée du Pape François,
- d'autre part, ces mêmes catholiques répliquent : "Qui êtes vous, pour juger ?" ou "Croyez-vous pouvoir vous référer au Pape François, pour juger qui ou quoi que ce soit ?" dès que l'on CONSTATE quoi que ce soit, d'une manière, non consensuelle, éclairée par l'Evangile, mais pas inspirée par "l'esprit de l'Evangile".
Celui-ci, "l'esprit de l'Evangile", va devenir, ou est déjà, à l'Evangile, ce que "l'esprit du Concile" a été, ou est toujours, au Concile. Je me trompe peut-être, mais c'est ce que je vois venir.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.

( 766175 )
Le Pape s'est-il déjà démarqué de l'usage de cette expression ? par Scrutator Sapientiæ (2014-12-18 21:54:22)
[en réponse à 766126]
Bonsoir et merci, Ion
Ce jour là, fin juillet 2013, dans l'avion grâce auquel il revenait des JMJ, le Pape François a bien dit : "Qui suis-je pour LE juger", je le reconnais bien volontiers.
D'une part, je n'ai évidemment pas été le premier à "raccourcir" cette expression d'une manière consensualiste, fraternitaire, iréniste, miséricordiste, ou périphériste, comme vous voulez.
D'autre part, je ne sais évidemment pas tout, mais je n'ai pas connaissance du fait que le Pape François se soit, par la suite, publiquement démarqué de tous ceux qui font un usage tendancieux de son expression, en la déformant d'une manière déloyale.
Enfin, le moins que l'on puisse dire est que, par la suite, d'autres prises de position, notamment et surtout ad extra, du Pape François, ont eu la même tonalité QSPJiste, dans l'acception la plus neutralisatrice du regard chrétien sur les principes et les pratiques éloignés de / opposés à l'Evangile.
Cette acception découle davantage de la version raccourcie que de la version initiale et intégrale de cette expression papale, sans que l'on puisse nier que celle-ci se prête vraiment bien à ce raccourcissement et à cette acception.
Ainsi, j'ai la conviction que le QSPJisme, dans la même acception neutralisatrice, est la marque de fabrique des éléments les plus équivoques, ou les moins orthodoxes, qui ont été mis en avant, lors du dernier Synode, sans que le Pape les ait exclus de la suite du processus qui aboutira probablement à une tentative de légitimation de ces mêmes éléments, en 2015, ou en 2016.
Formulé autrement, cela revient à dire que je ne suis pas absolument persuadé que nous soyons en présence d'un détournement de finalité planétaire, orchestré par les médias, d'une manière aussi arbitraire qu'atlantiste, qui donnerait à cette expression, à coup sûr, un sens contraire au fond de la pensée du Pape François.
Et si tel est bien le cas, si détournement de finalité il y a, il ne tient qu'à lui, il ne tient qu'au Pape François, d'expliciter publiquement que son expression ne dit pas du tout ce que la plupart...des admirateurs ou sympathisants, catholiques ou non, du même Pape François, lui font dire.
Je suis convaincu que cette expression du Pape François est désastreuse en tant que telle, ou, si vous préférez, était désastreuse, dès sa formulation, ambivalente, originelle : il me semble en effet que le regard chrétien que nous portons sur ce qui est en nous, sur ce qui est autour de nous, n'est pas avant tout une question de jugements, mais est avant tout une affaire de constats ; en d'autres termes, ce n'est pas avant tout une question d'imprécations, mais c'est avant tout une affaire d'appréciations, éclairées par l'Ecriture, par la Tradition, par le Magistère.
Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour la longueur de ce message, mais j'ai essayé d'être le plus précis et le plus prudent possible, je vous remercie pour votre compréhension, et je vous souhaite une bonne nuit.
Scrutator.

( 766176 )
Cherchez par Quaerere Deum (2014-12-18 21:58:32)
[en réponse à 766175]
dans les homélies de Sainte Marthe. Il me semble qu'il a repris l'expression "Qui suis-je pour juger" une autre fois.

( 766178 )
Le 17 Mars 2014 par Meneau (2014-12-18 22:06:30)
[en réponse à 766176]
Mais pas vraiment dans le même sens...
Cordialement
Meneau

( 766179 )
Texte par Meneau (2014-12-18 22:08:54)
[en réponse à 766178]
Source.
Qui suis-je pour juger les autres? C’est la question qu’il faut se poser à soi-même pour laisser place à la miséricorde, l’attitude juste pour construire la paix entre les personnes, les nations et en nous. Et pour être des femmes et des hommes miséricordieux, il faut tout d’abord se reconnaître pécheurs et ensuite élargir notre cœur jusqu’à oublier les offenses reçues. C’est précisément sur la miséricorde que le Pape a axé l’homélie de la Messe du 17 mars, s’inspirant des passages du livre du prophète Daniel (9, 4-10) et de l’Evangile de Luc (6, 36-38). «Pour être miséricordieux deux attitudes sont nécessaires» a affirmé le Pape. La première est «la connaissance de soi-même». Donc, le premier pas «pour devenir miséricordieux est reconnaître que nous avons fait tant de choses qui ne sont pas bonnes: que nous sommes des pécheurs!». Il faut savoir dire: «Seigneur j’ai honte de ce que j’ai fait dans la vie». La deuxième attitude pour être miséricordieux «est d’élargir notre cœur». C’est précisément «la honte, le repentir, qui élargissent le cœur tout petit, égoïste, car ils laissent place à Dieu miséricordieux pour nous pardonner». Mais que signifie élargir son cœur? Tout d’abord, en se reconnaissant pécheurs, on ne regarde pas ce qu’ont fait les autres. Et la question de fond devient celle-ci: «Qui suis-je pour juger cela? Qui suis-je pour parler de cela? Qui suis-je, moi qui ai fait les mêmes choses, ou pire?». Du reste, «le Seigneur le dit dans l’Evangile: ne jugez pas et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés; pardonnez et vous serez pardonnés. Donnez et il vous sera donné: une mesure pleine, tassée, comble et débordante sera versée dans votre sein». Telle est la «générosité du cœur» que le Seigneur présente à travers «l’image des personnes qui allaient prendre le blé et qui élargissaient leur tablier pour en recevoir plus». En effet, si tu as un cœur large, grand, tu peux recevoir plus!». Et un «cœur grand ne se mêle pas de la vie des autres, ne condamne pas, mais pardonne et oublie», précisément comme «Dieu a oublié et pardonné mes péchés». Pour être miséricordieux, il faut donc invoquer le Seigneur — «parce que c’est une grâce» — et «avoir ces deux attitudes: reconnaître ses propres péchés en ayant honte» et oublier les péchés et les offenses des autres. C’est que «l’homme et la femme miséricordieux ont un cœur large: ils excusent toujours les autres et pensent à leurs propres péchés». Et si quelqu’un leur dit: «mais tu as vu ce qu’a fait celui-là?», ils ont la miséricorde pour répondre: «ce que j’ai fait moi me suffit». Tel est, a suggéré le Pape, «le chemin de la miséricorde que nous devons demander». Si «nous tous, les peuples, les personnes, les familles, les quartiers, nous avions cette attitude que de paix régnerait dans le monde, que de paix dans nos cœurs, car la miséricorde nous apporte la paix!».
Cordialement
Meneau

( 766193 )
Merci beaucoup. par Scrutator Sapientiæ (2014-12-19 00:27:39)
[en réponse à 766179]
Bonne nuit à Meneau,
Merci beaucoup pour ce texte du Pape François, qui renvoie à ceci :
Ici.
Ici..
Je ne regrette pas d'avoir été le plus précis possible, le plus prudent possible, sur cette question délicate, et sans doute ne l'ai je pas été assez, mais si je l'avais été davantage, j'aurais été encore plus indigeste.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.

( 766194 )
Soyons encore plus ... précis et ... prudent par Ion (2014-12-19 00:38:37)
[en réponse à 766193]
Ce n'est pas un texte du pape François, mais une relatio des propos du Pape.
Ion

( 766201 )
Pourtant par Quaerere Deum (2014-12-19 09:09:07)
[en réponse à 766178]
je pense que ce qu'il avait dit au retour des JMJ allait dans le même sens, à savoir qu'on ne juge pas les personnes.
Il a manqué seulement -- et c'est ce qui a créé l'ambiguïté -- le fait que l'on peut juger les péchés et que l'homosexualité en est un, laissant amalgamer le jugement du péché et du pécheur.

( 766189 )
Le Pape ... par Ion (2014-12-18 23:16:29)
[en réponse à 766175]
... n'a pas pour habitude d'apporter des précisions sur ses propos dès lors que certains les ont mal interprétés. Le P. Lombardi est éventuellement là pour cela. Et s'il le faisait pour certains propos, on lui reprocherait de ne pas le faire pour d'autres. Où commencer, ou finir ?
En revanche, sur ce même sujet, sa pensée est claire, limpide même. Il le dit tout le temps. Reconnaissons que nous sommes nous-mêmes pêcheurs, en suivant pour cela Jésus quand il s'adresse à ceux qui allaient juger la femme adultère. L'accent de sa phrase n'est donc pas tant sur le fait de juger ou de ne pas juger, mais sur le qui dans qui sommes-nous pour ... ce qui étant d'abord un pêcheur lui aussi. J'aurais pensé que vous l'auriez compris, car il me semble que vous ne lisez pas les textes à la légère, et encore une fois, la pensée du pape est ici tellement limpide. Et bien, malheureusement non, vous avez préféré emboîter le pas de tous ceux qui font un usage tendancieux de son expression.
Si nous autres rentrons dans ce jeu néfaste, qui restera-t-il pour rendre justice à la vérité ?
Ion

( 766188 )
Va et ne prêches plus! par Semetipsum (2014-12-18 23:10:08)
[en réponse à 766068]
Ca nous ferait des vacances!