
( 765577 )
Les maux suivants ne semblent pas être souvent tenus pour asservissants. par Scrutator Sapientiæ (2014-12-13 08:40:01)
[en réponse à 765451]
Bonjour à tous,
Les maux suivants sont-ils considérés par les hommes d'Eglise comme asservissants, comme des facteurs ou des vecteurs d'esclavage, non avant tout économique et social, mais avant tout axiologique et moral ?
1. Ainsi, les confusions contemporaines
- entre civilisation et divertissement,
- entre liberté et libertarisme,
- entre égalité et égalitarisme,
- entre fraternité et fraternitarisme,
- entre bonheur et plaisir,
- entre consensus et vérité,
- entre sympathie et sainteté,
- entre information et propagande,
sont-elles considérées comme dotées d'une neutralité axiologique, ou comme pourvues d'une nocivité axiologique, par les hommes d'Eglise ?
2. De même, les clercs considèrent-ils ou non le sécularisme et le sociétalisme, le relativisme et le subjectivisme, comme des sources d'asservissement et d'obscurcissement intérieurs, propices à une certaine forme d'esclavage, l'esclavage du conformisme atlantiste, dans le domaine de la connaissance et de la compréhension, de la mise en oeuvre et de la prise en compte, de la réception et de la transmission, des vertus naturelles et des vertus surnaturelles ?
3. De même encore, quel est le regard, la vision, des hommes d'Eglise, sur les logiques contemporaines falsificatrices, les processus actuels d'occultation de la vérité, notamment en matière religieuse, alors qu'ils s'expriment plus fréquemment et plus volontiers sur les logiques contemporaines inégalitaires, les processus actuels d'exploitation, dans l'injustice ? Ont-ils bien conscience du fait que les logiques d'occultation de la vérité, notamment dans l'ordre du croire, sont, elles-aussi, asservissantes, réduisent, elles-aussi, en esclavage, exonérateur et oblitérateur ?
4. N'y-a-t-il pas ou n'y aurait-il pas un déficit de contestation chrétienne des fondements mêmes du monde actuel, des principes mêmes de ce qui, dans le monde contemporain, est hégémonique, sinon dictatorial, dans le domaine "éthico-moral", si les hommes d'Eglise n'avaient pas la présence d'esprit de dénoncer comme il se doit tous ces facteurs ou vecteurs d'asservissement par obscurcissement, toutes ces sources ou tous ces types d'esclavage axiologique et moral, que je viens de répertorier rapidement ?
5. Une précision sur le fraternitarisme : celui-ci exclut, de fait, du bénéfice de la "fraternité", républicaine ou universelle, tous ceux qui sont un tant soit peu critiques, sur et contre le libertarisme et l'égalitarisme, entre autres confusions contemporaines, l'excommunication étant mise en oeuvre à grands coups de ringardisation et de stigmatisation "médiatiquement correctes".
6. En d'autres termes, je me demande vraiment jusqu'à quel point la soumission des hommes d'Eglise à l'angélisme, à l'irénisme, à l'utopisme, les empêche de reconnaître et de faire reconnaître DAVANTAGE la nocivité des "enchaînements intérieurs" évoqués ci-dessus ; pur le dire autrement, je me demande jusqu'à quel point ils minimisent ou sous-estiment la présence et l'action de ces mêmes "enchaînements asservissants", comme s'ils s'en accommodaient, ou comme si ces signes des temps n'étaient pas, selon eux, avant tout les signes extérieurs de l'importance et de l'influence, ASSERVISSANTE, de la ligne du temps.
Bonne journée et à bientôt.
Scrutator.