Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 765332 )Cardinal de Paolis sur les divorcés remariés : "conséquences d’une gravité inouïe" par Athanase (2014-12-10 14:45:53) 

Une très bonne étude sur les compétences d'un synode concernant la question: le cardinal affirme clairement que la question n'est pas disciplinaire, mais aussi que les conséquences d'une telle admission "seraient d'une gravité inouïe" (c'est aussi le fond de ma pensée). Un extrait de cet article:

Nous pouvons également nous demander s’il est de la compétence d’un synode des évêques de traiter une question telle que celle-ci : la valeur de la doctrine et de la discipline actuellement en vigueur dans l’Église, qui se sont formées au cours des siècles et qui sont sanctionnées par des interventions du magistère suprême de l’Église. Par ailleurs, qui est compétent pour modifier le magistère d’autres papes ? Cela constituerait un précédent dangereux. D'autre part, les nouveautés qui seraient introduites au cas où le texte de la proposition serait approuvé seraient d’une gravité inouïe :

a) la possibilité d’admettre à la communion eucharistique, avec l’approbation explicite de l’Église, une personne qui est en état de péché mortel, avec risque de sacrilège et de profanation de l'eucharistie ;

b) en agissant de cette façon, on met en discussion le principe général de la nécessité d’être en état de grâce sanctifiante pour pouvoir accéder à la communion eucharistique, en particulier maintenant qu’a été introduite ou qu’est en cours d’introduction dans l’Église une généralisation de l’accès à l’eucharistie sans qu’il y ait eu au préalable une confession sacramentelle, même lorsque l’on a conscience d’être en état de péché grave, avec toutes les conséquences néfastes que comporte cette pratique ;

c) admettre à la communion eucharistique un fidèle qui cohabite "more uxorio" signifierait que l’on met également en discussion la morale sexuelle, fondée en particulier sur le sixième commandement ;

d) de plus, en agissant de cette manière, on donnerait de l’importance au concubinage ou à d’autres liens, ce qui, de fait, affaiblirait le principe de l’indissolubilité du mariage.



images/icones/hein.gif  ( 765334 )"les propos du pape se prêtent une fois encore à des doutes" par Johanis (2014-12-10 15:15:06) 
[en réponse à 765332]

Le cardinal souligne bien l'ambigüité dont le pape manifestement ne veut pas sortir ; on a envie de dire :"assez de ruse maintenant"!

Ce qu'en dit la Cardinal :

"ET QU’EN DIT LE PAPE ?

À propos de l’accès des divorcés remariés à la communion, le pape François a exprimé une dernière fois sa pensée dans une interview qu’il a accordée à Elisabetta Piqué et qui a été publiée par le quotidien argentin "La Nación" le 7 décembre (photo) :

"Dans le cas des divorcés remariés, que pouvons-nous faire pour eux, quelle porte pouvons-nous leur ouvrir ? Il y a une inquiétude pastorale : alors est-ce que nous allons leur donner la communion ? Leur donner la communion, ce n’est pas une solution. À soi seul, ce n’est pas la solution ; la solution, c’est l'intégration. Ils ne sont pas excommuniés, certainement pas. Toutefois ils ne peuvent pas être parrains de baptême, ils ne peuvent pas lire les lectures à la messe, ils ne peuvent pas distribuer la communion, ils ne peuvent pas enseigner le catéchisme ; il y a sept choses qu’ils ne peuvent pas faire, j’en ai la liste ici. Si je les citais, on aurait l’impression qu’ils sont excommuniés de fait ! Alors, ouvrir un peu plus les portes".

Dans cette même interview, François a également revendiqué la clarté de ses formulations :

"Quelqu’un m’a dit un jour : 'Oui, certainement, le discernement c’est très bien, mais nous avons besoin de choses qui soient plus claires. Je lui ai répondu : 'Écoutez, j’ai écrit une encyclique et une exhortation apostolique, je n’arrête pas de faire des déclarations et de prononcer des homélies ; cela, c’est du magistère. Ce qu’il y a dans ces textes, c’est cela que je pense, et non pas ce que les médias affirment que je pense. Reportez-vous à ces textes et vous verrez qu’ils sont bien clairs".

Il n’en demeure pas moins que, dans cette interview, les propos du pape à propos de l’accès des divorcés remariés à la communion se prêtent une fois encore à des doutes quand il s’agit de les interpréter. On peut y lire, en effet, d’une part un refus de la "solution" consistant à leur donner la communion et d’autre part une approbation de cette même solution, vue comme faisant partie d’une "intégration" plus globale de ces mêmes personnes."
images/icones/neutre.gif  ( 765352 )les sept piliers de l'apostasie par Mingdi (2014-12-10 18:28:22) 
[en réponse à 765334]

Ils ne peuvent pas :
-être parrains de baptême
-lire les lectures à la messe
-distribuer la communion
-enseigner le catéchisme.
Il y a sept choses qu’ils ne peuvent pas faire.

Il en manque trois. Quelqu'un connaît-il la liste? Quelque chose comme :
-devenir diacre consacré?
-officialiser son remariage à l'Eglise?
-être dispensé de confesser sa faute?

Ou autre chose?
images/icones/hein.gif  ( 765464 )Ce n'est pas si évident. par Ritter (2014-12-12 09:43:35) 
[en réponse à 765334]

La partie qui pourrait paraître la plus ambigüe serait:


il y a sept choses qu’ils ne peuvent pas faire, j’en ai la liste ici. Si je les citais, on aurait l’impression qu’ils sont excommuniés de fait ! Alors, ouvrir un peu plus les portes".



Il ne dit en aucun cas qu'il va permettre qu'il fasse des choses qu'ils ne peuvent pas faire.
Il évoque la possibilité d'ouvrir un peu plus les portes, cela signifie quoi?
Pourquoi cela signifierait-il qu'il va permettre ce qui ne peut l'être?


On peut y lire, en effet, d’une part un refus de la "solution" consistant à leur donner la communion et d’autre part une approbation de cette même solution, vue comme faisant partie d’une "intégration" plus globale de ces mêmes personnes."



Où lisez vous quelque chose qui vous permette de conclure:


et d’autre part une approbation de cette même solution, vue comme faisant partie d’une "intégration" plus globale de ces mêmes personnes



L'intégration en aucun cas dans les propos du pape, à ce moment, évoque la possibilité d'autoriser ce qu'il ne peut l'être, mais simplement d'intégrer, et personne ne lui demande ce que signifie intégrer, ou bien quelles sont ces 7 choses qui ne peuvent leur être accordées.

images/icones/fleche2.gif  ( 765469 )Il répond parce qu'il est dans un jeu journalistique par Athanase (2014-12-12 11:33:25) 
[en réponse à 765464]


Il ne peut pas dire qu'il veut la communion des divorcés remariés, mais, en même temps, il ne peut se déjuger sur ce qui s'est passé et montrer qu'il veut un peu d'ouverture. D'où des phrases un peu ambigües. François a voulu se charger d'un dossier qui n'était pas que pastoral (le pastoral pur n'existe pas, et, en tout cas, il ne peut contredire aussi ouvertement la doctrine). Mais surtout, il évite de faire comme Jean-Paul II ou Benoît XVI qui avaient une congrégation pour la doctrine de la Foi pour traiter de cette question (de même, les papes précédents avaient des bureaux qui permettaient de répondre à ces questions: on se souvient des instructions du Saint-office. Désormais, c'est absorbé dans la comm'). Là, c'est l'hypetrophie pontificale qui aboutit à un message très cacophonique.
images/icones/hein.gif  ( 765335 )Le Synode pourrait-il être nul et non avenu ? par jejomau (2014-12-10 15:46:45) 
[en réponse à 765332]

Si on reprend les propos du cardinal de Paolis, ne peut-on penser que le Synode pourrait être nul et non avenu ? Il prononce en effet les mots suivants :

Dans la mesure où elle prévoit la possibilité de permettre aux divorcés remariés d’accéder à la communion eucharistique, la proposition (disciplinaire) constitue, de fait, un changement doctrinal. Et cela contrairement au fait que ses partisans affirment qu’ils ne veulent pas modifier la doctrine. D'autre part, la doctrine, de par sa nature même, n’est pas modifiable si elle est l’objet du magistère authentique de l’Église. Avant de parler et de discuter d’une éventuelle modification de la discipline qui est actuellement en vigueur, il est nécessaire de réfléchir à la nature de cette discipline. Lorsque l’on étudie cette question il faudrait, en premier lieu, réfléchir à cette doctrine et à son degré de fermeté ; il est nécessaire de bien étudier ce qui peut être modifié et ce qui ne peut pas l’être. Le doute a été insinué dans la proposition elle-même lorsqu’elle demande un approfondissement, qui doit être doctrinal et préalable à toute décision.

Nous pouvons également nous demander s’il est de la compétence d’un synode des évêques de traiter une question telle que celle-ci : la valeur de la doctrine et de la discipline actuellement en vigueur dans l’Église, qui se sont formées au cours des siècles et qui sont sanctionnées par des interventions du magistère suprême de l’Église. Par ailleurs, qui est compétent pour modifier le magistère d’autres papes ?


Pire. Dans le cas où le Synode entérinerait un tel changement : l'interrogation soulevée par le cardinal de Paolis laisse à mon avis planer l'idée sous-jacente d'un shisme terrible à venir au sein de l'Eglise, non ?
images/icones/fleche2.gif  ( 765336 )Un synode n'est rien par Rémi (2014-12-10 15:58:11) 
[en réponse à 765335]

par lui-même, de toutes façons. Ce qui compte c'est ce qu'en tire le Pape, et seulement cela.

Si le synode, une majorité qualifiée des Père voire tous unanimement disent "noir" mais que le Pape dit "blanc", ce sera "blanc" et pas autrement.
images/icones/fleche3.gif  ( 765337 )Et si le pape par jejomau (2014-12-10 15:59:28) 
[en réponse à 765336]

se trompe alors ?
images/icones/1e.gif  ( 765338 )Oui, au fait ? par Rémi (2014-12-10 16:17:01) 
[en réponse à 765337]

Si le Pape se trompe ?


Vous voulez nous faire croire que vous venez de débarquer sur le FC ou quoi ? Huhu.
images/icones/1e.gif  ( 765365 )Cher Rémi par Ritter (2014-12-10 21:47:49) 
[en réponse à 765338]

D'autres auraient écrit:

Et si le Pape nous trompe...
images/icones/fleche3.gif  ( 765339 )Ça, c'est LA question ! par Candidus (2014-12-10 16:20:31) 
[en réponse à 765337]

François veut "intégrer" les divorcés remariés, cela inclut qu'ils puissent recevoir la communion. Il va manoeuvrer pour parvenir à ce but et je pense que l'exhortation post-synodale "ouvrira la porte", comme il le dit, d'une manière limitée certes, avec des garde fous (un peu comme ce fut le cas pour la communion dans la main...) et beaucoup de circonlocutions, à cette pratique.

D'une certaine manière, je souhaite que François prenne cette décision. Cela clarifiera beaucoup de choses. On devra se positionner pour ou contre un vérité de foi remise en question par celui qui est censé confirmer ses frères dans la foi. La question du pape hérétique et de ses conséquences sera remise sur le tapis.

Et ensuite ? Que pourront faire, que devront faire, les membres de l'Eglise enseignante pour lesquels cette décision sera inacceptable ? Là, nous nous aventurons sur une terra incognita parsemée de mines et de chausse-trappes...

images/icones/neutre.gif  ( 765350 )passage en force par Mingdi (2014-12-10 18:14:05) 
[en réponse à 765339]

.La Nacion : Y en a-t-il qui sont complètement bloqués sur leurs positions?
François : Eh oui, il y en a un.
.La Nacion :De quoi avez-vous peur?
François : Je n'ai pas peur d'avoir choisi le chemin de la synodalité (...) Le pape est garant du chemin que Dieu nous demande.

Conclusion : on vire l'opposant Burke et on n'a pas peur du synode qu'on se charge de mater. Le pape Bergoglio est le contraire d'un libéral démocrate
images/icones/coeurbrise.gif  ( 765356 )On ne doit jamais souhaiter le pire, même en vue d'une "clarification" par Johanis (2014-12-10 20:04:47) 
[en réponse à 765339]

Pour l'instant il n'y a rien d'irréparable dans ce pontificat, et il ne faut pas souhaiter que ça arrive ; lorsque l'autorité du pape est rejetée par une partie importante des catholiques c'est le schisme.
Surtout l'Espérance doit rester plus forte que tout ce qui peut nous tenter pour nous en sortir par des moyens humains, style organisation d'un Eglise "fidèle" parallèle.
Cordialement,
images/icones/neutre.gif  ( 765361 )Que votre oui soit oui... par Candidus (2014-12-10 21:10:32) 
[en réponse à 765356]

Croyez-vous qu'une prise de position officielle de François en faveur de la thèse kasperienne serait pire que l'ambiguïté actuelle (assez relative) qu'il cultive ? Je ne le pense pas. Au moins la question serait claire et chacun pourrait se positionner par rapport à cela et tirer les conclusions qui s'imposent.
images/icones/radioactif.gif  ( 765364 )Il a parlé par Justin Petipeu (2014-12-10 21:39:37) 
[en réponse à 765361]

Comment refuser la communion aux divorcés remariés alors qu'il veut qu'ils la distribuent ??? Sa logique serait absurde ! S'ils ne sont pas en état de la recevoir, ils seraient donc en état de la donner ??? C'est ridicule.

D'autre part, relisez son interview lorsqu'ils parlent de la "minorité" qui reste butée sur ses principes ! Il faut prier pour que l'Esprit-Saint les éclaire et qu'ils se "convertissent" (sic) !!! Ainsi, les prélats qui défendent la Foi de l'Eglise sont relégués dans le rôle de vieux croutons qui n'ont rien compris et restent arc-boutés sur des habitudes victoriennes...

C'est transparent, hélas...
images/icones/fleche3.gif  ( 765373 )Qui est le premier acteur ? par Johanis (2014-12-10 22:59:19) 
[en réponse à 765361]

C'est bien ce que je disais : il est très humain de penser qu'on en sortira parce que "chacun se sera positionné". N'est-ce pas une issue simplement démocratique ? Chacun choisira ...
Et s'il importait d'intégrer en premier lieu l'action du Saint Esprit ? A commencer donc par une prière confiante. C'est vrai qu'on ne peut prévoir comment l'Esprit Saint agira.


Cordialement.
images/icones/neutre.gif  ( 765433 )J'avoue être d'accord avec Johanis par Meneau (2014-12-11 18:40:11) 
[en réponse à 765373]

Comment peut-on "espérer" que le successeur de Pierre pose "enfin" un acte d'apostasie ?

Cordialement
Meneau
images/icones/tao.gif  ( 765516 )Mais le peut-il tout simplement ? par Athanase (2014-12-12 17:37:49) 
[en réponse à 765433]

Le pape peut-il errer ouvertement, car on serait, si jamais une décision était prise (mais laquelle et sous quelle forme), dans une situation qui ne peut que toucher la doctrine (et dans une situation qui n'est plus celle de la communion dans la main) inédite qui aurait forcément des conséquences... Or, l'enseignement des théologiens est clair sur le sujet: un pontife hérétique perd sa fonction.

On est d'accord pour dire que la communion donnée à des personnes en situation de péché mortel est une chose grave, à moins de ne plus considérer le concubinage comme un péché, mais c'est la notion de péché qui disparaît et, même en un sens, l'économie sacramentelle (qui suppose l'existence du péché, même si la fin des sacrements va au-delà de la seule rémission des péchés en contribuant à notre incorporation divine). Dans ce cas, c'est une situation d'absurdité qui prévaut: à quoi bon donner la communion aux divorcés remariés, s'il n'y a pas de péché. C'est plonger alors dans l'immanentisme où la négation de notre sépararation avec Dieu. Comment expliquer alors le mal, les défauts inhérents aux hommes sur terre ? Sous prétexte de résoudre des problèmes, on en aura soulevé un nouveau. Et de poids.

Il sera impossible d'invoquer la pastorale (comment peut-elle dire l'inverse de la doctrine ? Par quel génie cela serait-il possible ?) et la décision qui autoriserait une telle "communion" ne pourrait qu'être eonée. On nous rétorque qu'un texte autorisant cela serait vague, mais cela suffit à soulever le problème de l'hétérodoxie: il suffit d'un détail pour qu'il y ait hérésie. A moins que le texte ne dise rien, mais, dans ce cas, c'est revenir à la case-départ et justifier la communion dès lors qu'il n'y a plus de péché (absence de cohabitation des divorcés remariés, etc.), ce qui est ne rien changer.

Une solution plausible: un prurit de communications journalistiques, des annonces pour dire que l'on change sans rien changer pour déboucher sur de nouvelles déclarations doctrinales qui ne peuvent que confirmer le décret de 1905 rappelant les conditions pour communier: l'intention droite et l'absence de péché mortel.

images/icones/radioactif.gif  ( 765374 )"Une terra incognita parsemée de mines et de chausse-trappes" par Athanase (2014-12-10 23:30:28) 
[en réponse à 765339]

"Et ensuite ? Que pourront faire, que devront faire, les membres de l'Eglise enseignante pour lesquels cette décision sera inacceptable ? Là, nous nous aventurons sur une terra incognita parsemée de mines et de chausse-trappes..."

J'aime - sans ironie - cette conclusion, car elle résume le problème: nous entrons forcément dans une situation nouvelle, pardon: inédite. Ce sera dur pour les défenseurs de la doctrine. A priori, oui. Mais c'est le point de vue humain et politique. Et l'Eglise est une société divine, même si cette divinité se manifeste mystérieusement. Mais réellement. En réalité, je crains que la difficulté se pose non pour l'Eglise, pas même pour les fidèles et les divorcés dits remariés, mais,
tout simplement, pour le pape lui-même. Je n'en dis pas plus. Cette position n'a rien d'incohérent: la doctrine traditionnelle nous enseigne qu'un pape hérétique perd sa fonction. Donc la Providence résoudrait elle-même le problème, à la lumière du fonctionnement de l'Eglise. (Il n'y a aucun sédévacantisme de ma part, car le sédévacantisme est un ecclésiovacantisme et infère l'idée d'une rupture non seulement dans la continuité de l'Eglise, mais dans l'être même de l'Eglise). Celui qui risque gros, c'est François. Pas les autres.