Le Forum Catholique

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images/icones/1a.gif  ( 764969 )de l'exhortation post-synodale à venir... par jejomau (2014-12-05 07:16:20) 

Sur le Metablog, une regard lucide sur l'Eglise.... et des conséquences qui en découlent ! Extraits :

La popularité du pape François, y compris auprès de publics éloignés de l’Église, est un phénomène massif et constant. Un pape qui fait l’objet de plusieurs couvertures de journaux à portée mondiale ; un pape qui suscite l’intérêt de personnalités éloignées de l’Église; etc. Certains hurleraient, d’autres s’en réjouiraient. Mais ce n’est pas la question. Et je crains que les discussions sur le pontificat bergoglien n’oublient certaines choses......



.....Il n’y aura pas de «génération François» non parce que le pape ne le mérite pas ou parce qu’il n’en est pas digne -ce n’est pas la question- mais tout simplement parce qu’il n’existe pas, en soi, de génération....... Je ne sais pas en quoi consistera l’exhortation post-synodale à venir, mais je crains qu’elle ne rate son coup en s’adressant à un public de vieilles dames, dont les questions matrimoniales apparaissent avec moins d’acuité…


Pas faux dans l'ensemble. Reste qu'il ne faut pas baisser la garde quand même pour les générations à venir..
images/icones/fleche2.gif  ( 764972 )Une génération François ? Pour annoncer quoi ou témoigner de quoi ? par Scrutator Sapientiæ (2014-12-05 08:06:41) 
[en réponse à 764969]

Bonjour et merci jejomau.

1. De mon point de vue,

- la question n'est pas avant tout celle du corps de bataille, affadi, attiédi, raréfié, timoré, vieillissant, dans le contexte du catholicisme européen et / ou occidental,

- la question est avant tout celle du corps du doctrine, alors que nous sommes en présence d'un Pape qui pratique "parfois" le grand écart entre ses discours ad intra et ses discours ad extra.

2. Un corps de doctrine doit servir à éclairer, et non à obscurcir ; un corps de bataille doit servir à mener une bataille,

- non seulement dans ses aspects et enjeux "positifs", donc pour un objectif,

- mais aussi dans ses aspects et enjeux "négatifs", donc contre les principes ou les pratiques qui s'opposent à la mise en mouvement ordonné, en direction de cet objectif.

3. Dans le cas présent, alors qu'avec Jean-Paul II (sauf en matière interreligieuse) et Benoît XVI, l'objectif était clairement identifié, avec une assez grande part de recentrage et de reconstruction ad intra, avec le Pape François, on est en droit de se poser quelques questions, sur ce qui est tenu pour prioritaire, par le Pape lui-même.

4. Je pense que nous en sommes arrivés à un degré de confusion non négligeable,

- avec, d'un côté, des catholiques qui ont plutôt des positions conservatrices, dans l'ordre de la foi et des moeurs, et qui peuvent prendre appui sur des propos du Pape, pour les mettre en avant,

et

- avec, d'un autre côté, d'autres catholiques, qui ont plutôt des positions rénovatrices, dans l'ordre du croire et de l'agir, et qui peuvent prendre appui sur d'autres propos du Pape, pour les mettre en valeur.

5. Une "génération François"

- qui serait inspirée plutôt par "l'esprit de l'Evangile", et non par l'Evangile lui-même, plutôt par les "valeurs" chrétiennes, et non par les vertus chrétiennes elle-mêmes ?

- qui serait tellement "miséricordiste" qu'elle tiendrait pour "fondamentalistes" tous les catholiques qui prendraient appui sur l'Ecriture, la Tradition, ou le Magistère (y compris une partie de celui du Pape François lui-même...) pour réfuter ce miséricordisme ?

- qui souscrirait à la vision selon laquelle l'Eglise a vocation à être ou à se faire avant tout "pauvre pour les pauvres", alors que l'Eglise regorge de richesses, dogmatiques, liturgiques, sapientielles, spirituelles, sacramentelles, surnaturelles, destinées et propices à la conversion et à la rédemption des pauvres et des riches, sous la conduite et en direction de Jésus-Christ ?

Très peu pour moi, et pas que pour moi, en tout cas, je l'espère.

6. Pour moi, c'est cela et pas autre chose, le fond du problème : si se formait effectivement une "génération François", mais si cette "génération François" était "axiologiquement post-moderne", au point de constituer un agent ou un facteur mutagène, situé au coeur de l'Eglise catholique, qu'aurions-nous gagné à cette formation ?

Bonne journée et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 764973 )À l'echelle mondiale par Aigle (2014-12-05 08:23:39) 
[en réponse à 764972]

Merci scrutator de votre excellente synthèse

Pour ma part, je ne cr ains guère d'effet François chez nous : notre catholicisme est désormais trop marqué , en particulier chez les prêtres de moins de 50 ans, par les figures de Jean Paul II et Benoit XVI pour être sensible au nouveau style.

De plus il existe un gallicanisme tradi ( qui est peut être condamnable dans son principe) qui nous conduit à regarder. Avec prudence les initiatives romaines. La discipline des années 1970 ayant conduit à l'échec que l'on sait dans notre pays.

Mais je crains un effet très négatif en Afrique ou en Asie, jeunes chrétientés, courageuses mais très étroitement liées à la discipline romaine. Si on leur tient un discours latino américain, ne va t on pas les désorienter ? Les livrer comme des agneaux aux loups de l'Islam ou de l'évangélisme ?
images/icones/fleche3.gif  ( 764978 )Redécouvir "Pascendi Dominici Gregis" de Saint Pie X par jejomau (2014-12-05 10:12:18) 
[en réponse à 764972]

Une ENCYCLIQUE écrite en 1907 et pourtant étonnament contemporaine :

1°) dans l'analyse qui est faite du Modernisme
2°) dans les remèdes surtout

Analyse pénétrante et parfaite :


Ces hommes-là (les modernistes) peuvent s'étonner que Nous les rangions parmi les ennemis de l'Eglise. Nul ne s'en étonnera avec quelque fondement qui, mettant leurs intentions à part, dont le jugement est réservé à Dieu, voudra bien examiner leurs doctrines, et, conséquemment à celles-ci, leur manière de parler et d'agir.

Ennemis de l'Eglise, certes ils le sont, et à dire qu'elle n'en a pas de pires on ne s'écarte pas du vrai. Ce n'est pas du dehors, en effet, on l'a déjà noté, c'est du dedans qu'ils trament sa ruine; le danger est aujourd'hui presque aux entrailles mêmes et aux veines de l'Eglise; leurs coups sont d'autant plus sûrs qu'ils savent mieux où la frapper. Ajoutez que ce n'est point aux rameaux ou aux rejetons qu'ils ont mis la cognée, mais à la racine même, c'est-à-dire à la foi et à ses fibres les plus profondes. Puis, cette racine d'immortelle vie une fois tranchée, ils se donnent la tâche de faire circuler le virus par tout l'arbre: nulle partie de la foi catholique qui reste à l'abri de leur main, nulle qu'ils ne fassent tout pour corrompre. Et tandis qu'ils poursuivent par mille chemins leur dessein néfaste, rien de si insidieux, de si perfide que leur tactique: amalgamant en eux le rationaliste et le catholique, ils le font avec un tel raffinement d'habileté qu'ils abusent facilement les esprits mal avertis. D'ailleurs, consommés en témérité, il n'est sorte de conséquences qui les fasse reculer, ou plutôt qu'ils ne soutiennent hautement et opiniâtrement.



une tactique des modernistes (ainsi les appelle-t-on communément et avec beaucoup de raison), tactique en vérité fort insidieuse, est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et de les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes



Les remèdes en quelques lignes :


Ainsi, ces propos de Saint Pie X indiquant à tous les évêques, les directeurs de séminaires, bref à tous les clercs de bonne volonté ce qui est une véritable barrière à cette hérésie terrible:


Trois choses, ils le sentent bien, leur barrent la route : la philosophie scolastique, l'autorité des Pères et la tradition, le magistère de l'Eglise.

A ces trois choses ils (les modernistes) font une guerre acharnée.


Et un peu plus loin encore :

Que le doctorat en théologie et en droit canonique ne soit plus conféré désormais à quiconque n'aura pas suivi le cours régulier de philosophie scolastique.... Défense est faite aux clercs et aux prêtres qui ont pris quelque inscription dans une Université ou Institut catholique de suivre, pour les matières qui y sont professées, les cours des Universités civiles. Si cela a été permis quelque part, Nous l'interdisons pour l'avenir. Que les évêques qui président à la direction de ces Universités et Instituts veillent à ce que les prescriptions que Nous venons d'édicter y soient fidèlement observées.


Etonnant, non, l'actualité de cette Encyclique ?