Le Forum Catholique
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( 763541 )
Le décès d'un évêque apostat par Lycobates (2014-11-19 18:36:23)
Ce 11 novembre mourait au Brésil l'ex-évêque capucin Antônio (en religion: Caetano) Lima dos Santos, né à Altamira (au Brésil) le 26 octobre 1916, ordonné pour les Capucins le 15 décembre 1940, nommé évêque d'Ilhéus par le pape Pie XII et sacré le 10 août, fête de saint Laurent, 1958, par le cardinal da Silva.
Il démissionne (de fait) de sa charge fin 1969, prend femme et est défroqué (de fait) en 1970.
En voici la photo de famille pour ses 90 ans, en 2006:
Il est intéressant de noter que cet évêque fut un des, si j'ai bien compté, actuellement encore
20 survivants ayant participé à toutes les quatre sessions du grand désastre appelé par ses partisans (et par ses ignorants) le "Deuxième Concile œcuménique du Vatican."
Ces évêques sont aujourd'hui âgés d'entre 88 et 100 ans.
À part ceux qui ont vécu toutes les quatre sessions, il en reste 30 autres ayant participé à l'une ou l'autre des sessions, dont tous ayant participé à la fameuse quatrième et dernière.
Cela nous donne tout juste (sauf erreur de ma part), à presque un demi-siècle de l'aboutissement de ce rassemblement, 50 "pères conciliaires" survivants.
Si le Seigneur leur a prêté une si longue vie, c'est peut-être aussi pour leur faire entrevoir l'ampleur de la catastrophe de la "nouvelle Pentecôte" et de la Réforme qui a suivi et leur donner le temps de se ressaisir et de faire marche arrière et amende honorable.
Dieu sait s'il en a été ainsi ou s'il en sera encore ainsi pour les autres.
Prions pour eux !
Pour les amateurs de chiffres, notons encore qu'il reste en ce jour 7 ou 9 évêques nommés ou sacrés sous le pape Pie XII dont 4 Ordinaires du lieu subsistants ayant reçu de ce Pape la juridiction ordinaire, et par ailleurs 88 évêques latins répertoriés comme sacrés avant la date bien connue du 18 juin 1968.
Nisi breviati fuissent ...

( 763551 )
"Apostat"? par New Catholic (2014-11-19 21:18:58)
[en réponse à 763541]
Ces épisodes malheureusement très nombreux au lendemain du Concile nous rappellent ses problèmes. Et aussi que ces problèmes venait du pontificat pacellien.
Mais est-il juste de dire de lui qu'il était un "apostat"? Il est dit
ici (merci Google!) qu'il était un dévot de Notre-Dame de Fatima et que son dernier écrit était dédié au Saint-Suaire. Il me semble qu'il est resté malgré tout un homme qui aimait l'Église.
Je ne sais pas..., on voit la photo d'un homme qui a fait les procédures correctes pour laisser l'état épiscopal, qui laisse une nombreuse famille, qui semble avoir gardé son appartenance à l'Église... Cela ne suffit pas pour respecter sa mémoire?
(Requiescat in pace)

( 763552 )
"Homenagem a Dom Frei..." par AVV-VVK (2014-11-19 21:47:29)
[en réponse à 763551]
Même dans son nouvel état civil. Drôle. Où était la discrétion de sa part (et des autres) dans sa nouvelle vie ?

( 763555 )
Oui, mais il est clair dans le texte... par New Catholic (2014-11-19 21:58:18)
[en réponse à 763551]
...qu'il était appelé de "Prof. Lima" par tous.
Bien, je ne connais pas le cas, mais je pense qu'"apostat" c'est trop, c'est tout.

( 763570 )
"Apostata a religione" par Lycobates (2014-11-20 00:25:56)
[en réponse à 763551]
... non "a fide".
Comme le distingue aussi le droit canon. Comparer can. 1325-2 et 644.
Je vous remercie de votre réaction et du fait d'avoir mis le lien de l'article, d'où j'avais pris la photo, et que j'avais l'intention d'ajouter à la fin de mon message, mais en fin de compte, je l'ai oublié.
C'est donc fait désormais.
J'ai utilisé pour Mgr. Lima le terme "apostat" d'abord dans le sens (que connaît aussi M. Littré, plus accepté que moi je le crois dans les salons français, tout comme notre droit canon) de "celui qui a renié ses voeux monastiques", pas forcément (ce n'est pas avéré en effet) dans le sens d'avoir renié la foi chrétienne dans son entièreté, même si, ne l'oublions pas, le modernisme ambiant, qui est modaliste et arien, et donc apostat dans l'autre sens, et qui provoqua la chute après le Vatican d'Eux de ce jeune évêque (le daemonium meridianum aidant), doit l'avoir affecté beaucoup.
Vous parlez du "respect de sa mémoire".
Vous remarquerez, et ce n'est pas un vain mot de ma part, que j'ai proposé de prier pour lui et ses semblables, encore vivants pour certains d'entre eux, qui sont les premiers responsables du gâchis énorme que nous déplorons.
Mais il ne faut pas fermer les yeux aux torts objectifs, et qui sont immenses, de cet évêque et d'autres, même si le jugement de son âme ne nous concerne pas, sinon nos prières.
Par ailleurs si vous connaissez "les procédures correctes pour laisser l'état épiscopal" vous m'apprendrez une chose, car dans l'Eglise catholique (laissons de côté un moment le Wonderland montino-wojtylien) de telles procédures n'existent pas.
Certes, un clerc majeur (donc aussi un évêque, même si le CIC ne l'envisage pas explicitement) peut être réduit à l'état laïc, par une dispense, un rescrit, du Siège apostolique ou par un jugement d'une autorité compétente (pour un délit, p.ex., c'est la dégradation), mais dans ces cas la dispense du célibat (et du bréviaire) n'est jamais accordée, JAMAIS, sauf dans les cas, très rares, où le clerc peut faire valoir qu'il a été soumis aux ordres avec violence (avec metus gravis), et ce seulement dans les cas où ce clerc n'a jamais exercé les ordres après les avoir reçus involontairement (can. 214).
Or, Mgr. Lima fut prêtre (moine de surcroît !) depuis 1940, il a célébré la Messe tous les jours pendant presque 30 ans, dispensé les sacrements, et il fut évêque, exerçant pendant 11 ans. Il n'est donc pas question de dispense pour metus gravis.
Il n'y a pas de solution pour lui.

( 763571 )
Wonderland par New Catholic (2014-11-20 00:39:27)
[en réponse à 763570]
OK... C'est vous qui parlez comme si le code antérieur était en vigueur, et c'est moi qui suis dans la "Wonderland"...

( 763572 )
Exact ! par Lycobates (2014-11-20 00:42:06)
[en réponse à 763571]
Et faites attention de ne pas terminer down the rabbit hole.
En union de prières

( 763575 )
Par ailleurs ... par Lycobates (2014-11-20 01:15:41)
[en réponse à 763571]
le "code antérieur" était pleinement en vigueur à l'époque que nous traitons (1969-1970) ...
Et si quelqu'un dont vous acceptez je le crois l'autorité suprême pour ces dates s'en est fichu complètement et de façon massive et répétée, au fait pour des milliers de cas, il faudrait demander, même si par hypothèse on accepte sa légitimité (je dirais plutôt, pour rester dans notre figure littéraire, avec votre permission : Off with his head), il faudrait demander, dis-je, si on n'est pas ici devant un cas de témérité (absolue) invalidante. Ce terme du temerarium positivum, je le sais bien, vient de la dogmatique (p.ex. Scheeben I, 199 l'explique bien) et pas d'abord du droit (ecclésiastique de surcroît), ou de la morale, mais quand-même, je fais le parallèle.

( 763642 )
Jamais accordée, la dispense du célibat ? par Paterculus (2014-11-20 21:43:35)
[en réponse à 763570]
Il y en a eu des tas, de ces dispenses.
Il suffit que l'on constate après l'ordination une erreur de discernement des responsables de la formation du séminariste, ou une immaturité lors de l'engagement...
Me trompé-je sur le sens de vos propos ?
Votre dévoué Paterculus

( 763665 )
La dispense du célibat ... par Lycobates (2014-11-21 00:22:03)
[en réponse à 763642]
Il y en a eu des tas, de ces dispenses. Il suffit que l'on constate après l'ordination une erreur de discernement des responsables de la formation du séminariste, ou une immaturité lors de l'engagement...
Accordons-nous, cher Paterculus.
De quelle époque parlez-vous ?
Des années 60-70 ? avant ? d'une époque plus récente ?
Certes, le célibat des clercs est de droit ecclésiastique et donc, en principe, dispensable par une autorité compétente. Cela ne fait pas de doute.
Mais le droit de 1917 (que l'église conciliaire a gardé jusqu'en 1983, si pas appliqué ! Et elle se moque même souvent de son propre droit, comme, à vous lire ici, vous n'ignorez pas !), ce droit est clair.
Seule une pression indue dans la réception de l'ordre (
metus gravis) et (si l'on suit les commentaires du CIC et la jurisprudence de la Congrégation des Sacrements) l'ignorance des
onera ordini sacro adnexa ou un
vitium consensus avec ces mêmes
onera (cela revient peut-être en partie à ce que vous appelez "une immaturité lors de l'engagement" ?) rendent la dispense
possible.
Mais ce genre d'ignorance ou de pressions indues et les erreurs de discernement ne devraient plus être possibles depuis l'application des règles très strictes de la Congrégation des Sacrements du 27.12.1930 (AAS 23, 1931, 120 sqq.) et pour les réguliers, du 1.12.1931 (AAS 24, 1932, 74 sqq.).
Celles-ci prévoient une déclaration manuscrite et signée du candidat, au moins deux mois avant la tonsure et les ordres mineurs, de vouloir les recevoir librement. L'évêque doit en prendre connaissance pour chaque candidat. On fait des investigations.
Avant le sous-diaconat la procédure est répétée, mais de plus assortie d'un serment du candidat, de connaître et de vouloir librement prendre sur soi les obligations (dont le célibat) des ordres majeurs jusqu'à la fin de la vie. Si un doute surgit avant le diaconat et le presbytérat d'autres investigations sont à faire. Etc.
Pour les réguliers la première déclaration est requise avant la prononciation des voeux temporels, qui doit précéder obligatoirement la première tonsure.
Voir aussi les
Regulae servandae in processibus super nullitate sacrae ordinationis vel onerum sacris ordinibus inhaerentium (AAS 23, 1931, 457) pour les démarches à faire par le clerc qui veut introduire sa cause (le
supplex libellus ad petendam sacrae ordinationis aut onerum eidem adnexorum declarationem nullitatis à diriger au Pape même).
Évidemment après 30 ans de prêtrise et 12 ans d'épiscopat, comme dans notre exemple, un telle démarche ne saurait aboutir.

( 763667 )
Vers 1968-69, justement, il y eu une avalanche de "dispenses"... par Père M. Mallet (2014-11-21 01:01:16)
[en réponse à 763642]
...du célibat et autres autorisations accordées avec une largesse incroyable, au point que c'était presque une récompense accordée par Rome !
Je crois qu'il suffisait d'affirmer que le célibat sacerdotal et ce style de vie était vraiment, vraiment trop pénible. Et pouf !
Au bout d'un an ou deux (je ne sais plus les dates précises), Rome s'est ressaisi, et a accordé, toujours très largement, des réductions à l'état laïc sans dispense du célibat.
Bref, prions pour tous ces gens, et surtout gardons nous de nous croire meilleurs qu'eux...

( 763560 )
Défroqué et apostat sont deux choses différentes ! par Athanase (2014-11-19 23:16:10)
[en réponse à 763541]
Et ce ne sont pas les liseurs qui le démentiront: même des prêtres de communautés traditionnelles ont quitté le sacerdoce (c'est une façon de parler: on est évidemment prêtre pour l'éternité) sans abandonner la foi...

( 763563 )
Oui, mais le mot apostat a les deux sens par Père M. Mallet (2014-11-19 23:35:05)
[en réponse à 763560]

( 763565 )
Entendu ! par Athanase (2014-11-19 23:36:07)
[en réponse à 763563]
Merci Monsieur l'abbé.

( 763569 )
On doit au moins... par New Catholic (2014-11-20 00:10:53)
[en réponse à 763563]
...garder les définitions du Code de Droit Canon pour parler d'une chose si importante, n'est-ce pas?

( 763602 )
Canon 751 par Yves Daoudal (2014-11-20 12:31:10)
[en réponse à 763563]
Can. 751 - On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d'une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité; apostasie, le rejet total de la foi chrétienne; schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis.
Point barre.

( 763603 )
Point barre aussi ! par Meneau (2014-11-20 13:18:58)
[en réponse à 763602]
L'apostasie est une certaine façon de s'éloigner de Dieu. Il y a diverses manières de s'éloigner de Dieu, comme il y a diverses manières pour l'homme de s'unir à Dieu. Premièrement, en effet, on est uni à Dieu par la foi; deuxièmement, par une volonté dûment soumise, pour obéir à ses préceptes; troisièmement, par des engagements qui sont de surérogation, comme les voeux de religion, la cléricature ou les saints ordres. Or, si l'on ôte ce qui est en second, il reste ce qui est en premier; mais non pas inversement. Il arrive donc que quelqu'un apostasie loin de Dieu en se retirant de la vie religieuse dont il a fait profession, ou de l'ordre qu'il a reçu : c'est ce qu'on appelle l'apostasie de la vie religieuse ou des saints ordres.
IIa IIae q12
Je suppose que ce que vous voulez dire par votre conclusion péremptoire est que pour vous le seul Droit Canon en vigueur est celui de 1983.
Néanmoins, ce n'est pas parce que le droit canon évolue que tous les dictionnaires français sont changés...
Cordialement
Meneau

( 763604 )
Il me semble par Yves Daoudal (2014-11-20 14:13:20)
[en réponse à 763603]
que lorsqu'on est catholique on utilise les mots dans le sens que leur donne l'Eglise catholique, et non un théologien particulier ou un dictionnaire laïque.
Mais bon, à notre époque, il me faut dire que ce n'est que mon opinion... Même sur le FC...

( 763666 )
Mais le Droit Canon par Meneau (2014-11-21 00:31:38)
[en réponse à 763604]
n'est pas un dictionnaire de tous les termes catholiques et de tous leurs sens possibles !
Cordialement
Meneau

( 763751 )
Vaste problème mais en France par Aigle (2014-11-22 09:25:47)
[en réponse à 763666]
Il me semble que dans la pratique française habituelle de nos jours ( et depuis longtemps), la langue du droit est laissée aux seuls professionnels dans le cadre professionnel.
Je n'ai jamais entendu personne dire :" je viens de déménager tous mes meubles meublants" au prétexte qu'un "meuble meublant" désigné en droit ce que nous appelons en français courant un "meuble" ...
Pour le juriste un sac à main est un "meuble"... Mais aucune femme n'ira acheter un sac à main dans un magasin de meubles...
Pour le juriste, une villa ou un château ou une église sont des "immeubles"... Et un "immeuble" au sens courant ne désigne jamais une villa....bien au contraire !!!

( 763752 )
Vraiment par Ritter (2014-11-22 09:41:54)
[en réponse à 763751]
Un sac à main est il un meuble meublant? Alors pourquoi aller l'acheter dans un magasin de meubles meublants?
Et un "immeuble" au sens courant ne désigne jamais une villa....bien au contraire !!!
Le défaut porte peut-être sur le mot villa et non immeuble.
Une villa peut-être un immeuble à l'origine, et le sens du mot à glisser.
la langue du droit est laissée aux seuls professionnels dans le cadre professionnel.
Pas tout à fait, car en France, le droit est oral.
Même si... je sais... l'écrit est nécessaire, un simple poignée de mains peut conclure devant témoins une vente et la rendre parfaite.

( 763753 )
précision par Ritter (2014-11-22 09:45:16)
[en réponse à 763752]
immeuble ou ensemble d'immeubles.
Village plus tard.