Le Forum Catholique
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( 763183 )
Tosatti: Une atmosphère malsaine dans l'Église par New Catholic (2014-11-16 19:51:23)
En italien.
Le commentaire de
Rorate, an anglais:
If one wants a reason why Synod special secretary Abp. Bruno Forte, a man currently very close to the Pope and one of his closest advisers, suffered a major defeat in this week's assembly of the Italian Bishops' Conference (CEI) in the election for Vice-President representing Central Italy (including the Latium...), one must only look to what was going on inside the assembly halls in Assisi, as Marco Tosatti reports below. Despite John Allen's spin to the contrary as not a big deal, the most ultra-liberal of Italian Vaticanists, Marco Politi, was right to identify it as a major message to the Vatican from Italian bishops who are honestly fed up. In an organization so marked by symbols, as the Catholic Church, this symbolic message by those bishops in the Bishop of Rome's own country, and own region, was a huge deal.
There is a general feeling not only of great unease with the direction a strong cabal around the Pope wants to take the Church on moral doctrine, undoing the hard work of Benedict XVI and in particular of John Paul II - a cabal in which Abp. Forte has a strong presence - but also with the heavy-handedness of it all. As Cardinal George is to say in an interview to be released tomorrow, it seems as if there is a desperate rush to implement irreversible change that is hard to understand - George identifies it perhaps with an apocalyptic view of history. (It is not that though: it is not so hard to understand it when one realizes that ultra-liberal clerics are in a race against time to refashion the Church.) Many bishops are feeling suffocated by the authoritarian fumes, a weight of unproclaimed persecution that is getting on the nerves not only of conservative prelates, but also of very many very moderate bishops, who form the immense majority of Italian bishops. By the way, a similar interpretation of the election of the United States Conference's four representatives in the 2015 Synod is not off the mark: most U.S. Bishops are also understandably alarmed. Not to mention the Bishops of Poland, in complete resistance to the very notion of the possibility of communion for "remarried" divorcees - the same position of the Bishops of Ghana at the end of their Conference's assembly this week.
Marco Tosatti shows just one example of what was going on in the CEI meeting in Assisi - in the middle of it all, the Papal Commissioner that has been destroying the Franciscan Friars of the Immaculate for over a year warning Italian bishops not to welcome those priests desperate to get out of their ordeal:

( 763189 )
L'atmosphère est malsaine depuis cinquante ans ! par Jean-Paul PARFU (2014-11-16 20:06:15)
[en réponse à 763183]
Elle n'est pas malsaine dans l'Eglise seulement depuis le dernier Synode parce que François s'en prend maintenant même à la morale !
L'attaque contre la morale catholique, c'est seulement, si l'on peut dire, l'aboutissement de la crise, la cerise sur le gâteau !
La crise est seulement désormais visible par tous !

( 763202 )
Absurde, cher Maître... par Justin Petipeu (2014-11-16 20:51:47)
[en réponse à 763189]
On ne s'en prend pas à la morale, au synode...on s'en prend à la Foi pour réformer la morale. Le péché, l'état de grâce, les sacrements, c'est bien de la Foi , que je sache !
Il faudra me dire où, dans Vatican II, il est question de ces sujets !

( 763206 )
ces sujets? par AVV-VVK (2014-11-16 21:15:44)
[en réponse à 763202]
On peut les retrouver dans la "table analytique" des documents.

( 763213 )
vous plaisantez je suppose AVV-VVK par Luc Perrin (2014-11-16 21:46:15)
[en réponse à 763206]
mais ce type d'humour n'est pas drôle du tout à mon avis.
Vous nous direz où Vatican II déclare autoriser le divorce "catholique" ... et la nullité automatique sur demande du sacrement de mariage ...
Déclarer comme le fait M. Parfu que saint Jean-Paul II = Kasper-Forte c'est aussi une mauvaise blague.
Il suffit de se reporter aux textes, textes que le cardinal Kasper a explicitement mis de côté comme il l'expliquait dans une interview pré-synodale, le Magistère traditionnel lui paraissant obsolète.

( 763226 )
Il y a une dynamique par Jean-Paul PARFU (2014-11-16 22:14:20)
[en réponse à 763213]
1) on s'en prend à la doctrine ;
2) on s'en prend à la messe ;
3) on s'en prend à la morale.
La morale vient en dernier parce que c'est ce qu'il y a de plus évident, de plus "gros", de plus visible et compréhensible en quelque sorte, pour la plupart des gens et donc de plus difficile à attaquer
Pour s'attaquer à la morale, il faut en effet que tout ce qui vient avant ait d'abord été sapé. Car si la morale a des connexions avec la foi et la théologie des sacrements, je ne le conteste bien évidemment pas, elle relève d'abord de la loi naturelle et donc de données anthroplogiques compréhensibles par tout le monde, même hors du monde chrétien.
En l'occurrence, en effet, c'est moins la théologie des sacrements que la morale elle-même que l'on veut attaquer !
Ce ne sont pas toujours les mêmes qui s'en prennent à la foi et à la morale. Certains s'en prendront à la foi, mais défendront la morale, parce qu'ils ne sont pas forcément conscients de collaborer à une oeuvre de destruction.
Car ce plan n'est pas un plan concerté au niveau des hommes, mais au niveau de ceux qui ne sont pas des êtres de chair et de sang, mais des puisances des ténèbres (Eph. 6.12).
Assise est aussi grave que Kasper-Forte !

( 763235 )
Sans blague ? par Justin Petipeu (2014-11-16 22:54:17)
[en réponse à 763226]
Vous voyez une dynamique entre Jean-Paul II, Benoît XVI et François Premier ?
Z'êtes rudement fort !

( 763245 )
Je vois depuis 50 ans une dynamique par Jean-Paul PARFU (2014-11-16 23:32:50)
[en réponse à 763235]
de destruction de l'Eglise ! Je n'en fais pas une affaire de personnes. Les faits parlent d'eux-mêmes !

( 763251 )
sauf que vos "on" changent chaque fois par Luc Perrin (2014-11-17 00:47:29)
[en réponse à 763245]
il y a bien 3 fronts (au moins) mais les assaillants et les défenseurs ne sont pas les mêmes.
Les questions morales ont par ailleurs été soulevées déjà à Vatican II mais les déviations ont été bloquées par le Bienheureux Paul VI qui pour cela au moins mérite un peu son élévation sur les autels.
Le pape actuel fait plutôt l'inverse.
"On" finit par trouver une "dynamique" avec tout en mélangeant tout.
La seule dynamique qui existe est bien celle des catho-libéralo-modernistes : là oui, il y a une continuité et une dynamique ou plutôt une spirale qui plonge un peu plus dans la mondanité et sous les hourras de son prince.
Mais les papes de Paul VI à Benoît XVI ont tous combattu ce groupe, mal, insuffisamment, avec naïveté (le sommet étant le dernier pape en fonction), je vous l'accorde cher M. Parfu volontiers.

( 763252 )
Etrange ! par Jean-Paul PARFU (2014-11-17 07:08:47)
[en réponse à 763251]
En rappelant que la crise de l'Eglise durait depuis 50 ans, je ne croyais vraiment pas faire face à un tel tir de barrage, tellement c'est évident.
En outre, je reprenais simplement l'analyse de l'abbé de Cacqueray, dans une vidéo de La Porte latine, à l'occasion de son départ comme prieur du district de France de la FSSPX.
C'est déjà passé sur le Forum, c'est à partir de la 9ème minute et c'est
ici

( 763339 )
La crise ne se limite pas à Rome. par PEB (2014-11-17 18:18:42)
[en réponse à 763252]
La crise, ce n'est pas le Pape. L'attitude des Souverains Pontifes successifs n'est que la partie émergée de l'iceberg du Titanic vers lequel les tempêtes et les matelots semblent diriger la barque. Le pacha se sent parfois impuissant dans tout ce bazar.
Ce qu'on peut dire, c'est que François est à la fois l’incarnation mais aussi le fruit de la crise. De tout son sacerdoce, il n'aura connu que Vatican II. Tous ses prédécesseurs ont connu, jeunes hommes qu'ils étaient, le monde d'avant 1945. Ils ont lutté contre le nazisme et le communisme.
Jose-Maria Bergoglio n'aura connu que les crises économiques et politiques d'une Argentine hésitant entre liberté économique et consumériste et autoritarisme, soit démagogiquement socialiste, soit bêtement militaire. Tout cela a fait un terreau pour la soi-disant théologie de la libération et, son pendant capitaliste, les sectes évangéliques.
Je caricature mais il y a un peu de ça.

( 763342 )
Il n'a connu que Vatican II et l'atmosphère post-conciliaire par Athanase (2014-11-17 18:46:57)
[en réponse à 763339]
De l'Église d'avant Vatican II, il n'aura retenu que quelques souvenirs d'enfance. Le pape a été ordonné dans le nouveau rite. Son Église, c'est celle des années 1970 ou 1980. La situation conciliaire fait partie de la normalité "brergoglienne". On peut le déplorer, mais c'est un fait.
Le pape est le fruit de la crise: il a connu une Eglise affaiblie, incertaine et divisée.
Le pape a certainement une responsabilité, mais il est aussi une victime et nos reproches doivent aussi prendre en compte cette situation. C'est bien la preuve que la crise conciliaire aura réussi a pourrir les institutions, y compris la tête.
Cela nous renforce aussi dans la conviction que la crise s'auto-entretient et que tout ce qui n'a pas été relevé pourri le reste.

( 763419 )
le ton avait été donné dès le départ par Mingdi (2014-11-18 11:45:26)
[en réponse à 763245]
"A peine les erreurs sont-elles nées qu'elles
s'évanouissent comme brume au soleil.
L'Eglise n'a jamais cessé de s'opposer à ces erreurs. Elle les a même souvent
condamnées, et très sévèrement. Mais aujourd'hui, l'Epouse du Christ préfère
recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité.
Elle estime que, plutôt que de condamner, elle répond mieux aux besoins de notre
époque en mettant davantage en valeur les richesses de sa doctrine. Certes, il ne
manque pas de doctrines et d'opinions fausses, de dangers dont il faut se mettre en
garde et que l'on doit écarter; mais tout cela est si manifestement opposé aux
principes d'honnêteté et porte des fruits si amers, qu'aujourd'hui les hommes
semblent commencer à les condamner d'eux-mêmes." (Jean XXIII, extrait du discours inaugural de Vatican II)

( 763304 )
Une très mauvaise blague, en effet par Athanase (2014-11-17 13:13:53)
[en réponse à 763213]
Je sursaute quand je vois que les positions de Saint Jean-Paul II et celles du bienheureux Paul VI sont assimilés aux élucubrations homosexualisantes et sexualisantes kaspéro-fortiennes... J'ai beau lire les écrits des deux papes et je vous avoue que le rapprochement avec les élucubrations citées me paraît assez microscopique, si ce n'est inexistant...
Le délabrement qui existe depuis 50 ans a pris des tournures différentes. Plutôt que parler d'un plan préétabli, il faut tout simplement noter la pression du monde qui existe depuis 50 ans, qui pousse beaucoup à transiger et à abandonner; la sécularisation continue de nos sociétés n'est pas étrangère aux positions de certains prélats, déjà peu capables de résister. Il est vrai que les effondrements théologiques et liturgiques ont certainement encouragé une moindre résistance au monde (même si je note que les oppositions au bergoglio-kaspéro-fortisme émanent de gens peu sensibles à la question liturgique). Mais je note que dans les années 1960, il y eut des prévarications morales, pratiques ou théoriques, de la part de certains clercs. Or, le pape Paul VI s'insurgea et dénonça cet érotisme pseudo-catholique en 1968. Ce fut assez intéressant pour un pape que l'on dit acquis aux sirènes du monde... Il est dommage que sa figure n'inspire pas certains prélats davantage soucieux de respectabilité mondaine, oubliant qu'ils auront des comptes à rendre au jugement dernier. Comme si la Parousie n'existait pas...

( 763256 )
Pour une fois par Aigle (2014-11-17 08:22:53)
[en réponse à 763189]
Je suis bien d'accord avec vous cher maître .
Nous voyons venir au jour des tendances qui existaient latentes depuis 50 ans: au nom de la miséricorde et et son primat absolu, on a un peu perdu de vue la nécessité de la philosophie, du droit, de la liturgie au profit du pardon général et systématique....
En 1968 Paul VI croyait sincèrement que le Concile ne serait qu'un aggiornamento et a mis un coup de frein inattendu, spectaculaire et incompris au dérapage en imposant la conservation de la morale traditionnelle. Aujourd'hui existe un courant qui veut rouvrir le débat et liquider la morale un peu comme la liturgie le fut...
Cela dit l'heure est doublement grave car d'une part le saint père semble être à la manœuvre et d'autre part et d'autre part il ne s'agit pas seulement d'attaque contre le magistère antérieur mais aussi de rupture avec la Tradition et la Sainte Écriture.
Bref à mes yeux de béotien, l'atmosphère est malsaine mais sans doute plus encore que dans les années 1960.

( 763279 )
Merci Aigle ! par Jean-Paul PARFU (2014-11-17 11:17:20)
[en réponse à 763256]
La vidéo est en bas de la 1ère page de la Porte Latine et les propos de l'abbé de Cacqueray qui nous intéressent peuvent être entendus à partir de 9 minutes 45 secondes exactement.

( 763299 )
Parfu n'a pas compris les enjeux ici par New Catholic (2014-11-17 12:49:22)
[en réponse à 763183]
L'"atmosphère malsaine" mentionnée par Tosatti n'est pas la question doctrinale elle-même, mais un climat général d’autoritarisme et de dictature. Les majorités contre le pape, dans les conférences d'Italie, des États-Unis, des Pologne, de Ghana, etc dans une seule semaine, les "avertissements personnels" du Reichskomissar pontifical Volpi aux évêques d'Italie, etc -- cela est l'atmosphère malsaine.
Cette atmosphère est bien sûr elle-même LIÉE à la question de la communion aux "remariés" et l'"accueil" aux homosexuels, mais dans le sens que même les évêques plutôt centristes sont mal à l'aise avec ce climat de "motus in fine velocior", d'une accélération et réversion désespérés des positions morales catholiques de toujours qui ont marqué les derniers pontificats.

( 763302 )
Absolument ! Nous sommes plus seulement dans le délitement, mais dans l'autoritarisme par Athanase (2014-11-17 13:00:54)
[en réponse à 763299]
Le malaise décrit n'est plus celui d'un contexte d'effondrement général - constatable depuis 50 ans -, mais bien le climat circonstanciel délétère produit par les intimidations, les vexations et les mutations à tel ou tel poste que connaît l'actuel pontificat. C'est contre ce climat pourri que s'insurgent des évêques mêmes modérés et centristes. Ce qui prouve que le style pontifical déplaît à beaucoup.
Climat d'autoritarisme et de dictature qui prouve que les commanditaires ne savent raisonner qu'en vase clos, dans une petite cour. La révolte synodale s'explique avant tout par ce ras-le-bol qui couvait depuis quelques mois.
Le drame de l'actuel pontificat aura été de conjuguer un modernisme pastoral avec une centralisme ultaromntain dictatorial.Cela en dit long sur cette pratique autoritaire des hommes d'Eglise, même libéraux. Je ne suis pas sûr que les évêques sud-américains sont des "potes", mais plutôt de grands seigneurs jaloux de leurs prérogatives...

( 763341 )
Le coup d'Etat permanent par PEB (2014-11-17 18:32:12)
[en réponse à 763302]
Le Saint-Père se disait assez proche du mouvement péroniste.
Or, si on regarde tout cela dans l'histoire argentine, il y a, à côté de beaux discours bien généreux sur et à destination des pauvres gens, un autoritarisme pour mettre en place une économie et une société centrées sur la puissance publique et l'armée. Ce socialisme non marxiste mais anticlérical est à rapprocher de la Révolution nationale de Vichy, de la phalange de Primo de Rivera et, d'une certaine manière, du fascisme italien première époque (1920-1932).
Tout cela donne des pratiques autoritaires du pouvoir qui n'étonnent plus personne.
Ce qui a de commun avec les expériences économiques socialistes, c'est que ça se termine toujours en dépressions économiques. Le délabrement actuel est un signe du caractère paralysant d'un exercice trop absolu du pouvoir.
Au contraire, d'un tyran, un monarque de droit divin ne doit se comporter qu'en se rapportant à la Tradition et à la Loi. On ne lui demande pas d'inventer l'eau tiède mais de transmettre et d'augmenter ce qu'il a reçu.